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Budget 2026 : création et éducation à la culture sérieusement impactées

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assemblée nationale

Si les débats sur le projet de loi de finances pour 2026 vont à leur terme, le ministère de la Culture connaîtra un budget nettement en baisse par rapport à 2024. Le programme 131 perdrait 34 millions d’euros. L’EAC chuterait de 13 %.

Dans la copie du gouvernement, la Rue de Valois disposera de 3,75 milliards d’euros de crédits de paiement contre 3,92 milliards en 2024, soit une baisse de 4,3 %. C’est ce à quoi s’attendaient les organisations professionnelles, les plafonds de crédits ayant été révélés au cours de l’été.

Fortunes diverses
Au sein de la Rue de Valois, les fortunes sont diverses. Le secteur de la création (Programme 131) perd même 34 millions d’euros, soit -3,25 %. Dans les lignes de ce programme, -3,7 % pour le « soutien à la création, à la production et à la diffusion du spectacle vivant » et -7% pour le « soutien à l'emploi et structurations des professions. » Sur ce « 131 », si les dépenses de fonctionnement progressent de 3,25 %, celles d’investissement chutent de 15,6 %. Toutefois, « quand on voit ce que prennent les autres secteurs, 3,2 % de moins sur le programme 131 (Création), et 4,9 % sur le 361 (Transmission des savoirs et démocratisation de la culture), on se dit, fataliste, que ce n’est pas si mal », tempère gravement une experte des budgets. En effet, la seule mission Patrimoine perd 8,5 %. Et, mêmes réduits, les programmes de soutien se poursuivent. Mais la chute est dure pour le programme 361 « Transmission des savoirs et démocratisation de la culture » qui recule de 4,9 % en crédits de paiement. En son sein, la ligne « soutien à la démocratisation et à l'éducation artistique et culturelle » chute de 13 %. Une hécatombe ajoutée aux coupes des collectivités locales.

Réformes douloureuses
Dans ses objectifs, le ministère met en avant deux réformes. D’abord celle, épineuse, du Fonds national pour l’emploi dans le spectacle (Fonpeps) qui « est appelé à évoluer pour concilier les objectifs de soutien et d’insertion dans l’emploi avec les impératifs de soutenabilité financière ». Mais dans les comptes, le budget réserve seulement 35 millions d’euros à ce guichet d’aides à l’emploi, alors que, sous sa forme actuelle, il en consomme entre 55 millions et 60 millions d’euros. Le décret exposant ses nouveaux mécanismes n’est pas encore révélé, mais cette somme augure une réduction de la voilure redoutée par les professionnels. Dans le programme 361, nous vous l’avions annoncé (La Lettre du spectacle, le 17 octobre), la SAS Pass Culture devient un opérateur le 1er janvier. Du côté de ses moyens, la voilure est considérablement réduite : elle passe de 210 millions d’euros en 2025 à 127,5 millions pour la part individuelle. La part collective (ministère de l’Éducation nationale) passe à 61,8 millions d’euros contre 72 millions prévus en 2025, réduits à 65,2 millions en cours d’année. Reste « la consolidation » du plan Mieux produire, mieux diffuser (MPMD), qui se manifeste par 15 millions d’euros inscrits contre 9 millions en 2024 et 12 millions disponibles en 2025.

Opérateurs à la diète
Si le ministère assure qu’avec plus de 364,5 millions d’euros « les moyens des opérateurs nationaux de la création restent confortés en 2026, notamment pour assurer la préservation des marges artistiques », certains sont mis à contribution, comme le Centre national de la musique (lire page 2) qui perd 7 millions de subventions. Les dotations des opérateurs « sont en baisse de -2,08 millions d’euros » reconnaît cependant le ministère, qui les aussi réparties entre l’Opéra national de Paris (1 million d’euros), la Philharmonie de Paris (1 million d’euros), la Comédie-Française (750 000 euros), l’établissement public du Parc et de la Grande Halle de la Villette (500 000 euros) et le théâtre national de Chaillot  (150 000 euros). Deux hausses sont à observer, pour le Théâtre national de l’Odéon (600 000 euros) et celui de Strasbourg (220 000 euros). Au Parlement, les amendements sont déjà prêts à inverser la tendance particulièrement sur le Fonpeps et le CNM. Avant que la discussion ne se penche sur les dépenses afin de tenter de relever les fonds à la création.  

Propos recueillis par Jérôme Vallette

En partenariat avec La Lettre du Spectacle n°591

Crédit photo : D. R.

Thierry Teboul (Afdas) : « Nous rentrons dans une période compliquée »

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Thierry Teboul 

Le directeur général de l’Afdas évoque des perspectives délicates pour l’opérateur de compétences en 2025 et le besoin d’être créatif pour pallier des fonds publics en baisse et des besoins de formation en hausse. Propos recueillis par Jérôme Vallette

2024 a-t-elle été une bonne année pour l’AFDAS ?
C’est, en tous les cas, une année qui est conforme aux tendances : l’augmentation du nombre d’apprentis, y compris dans le spectacle vivant, et avec de plus en plus d’adéquation entre ce que l’offre de formation permet et la façon dont les employeurs peuvent recruter des apprentis. L’alternance se développe dans notre secteur, c’est un sujet intéressant sur des métiers rares, et les organismes de formation comprennent que s’ils veulent faire de l’alternance ils doivent s’adapter.

Et les perspectives pour les années suivantes ?
L’année 2025 annonce de vraies difficultés sur le sujet avec une forme de déremboursement de l’apprentissage. Quand on retombe, après les aides Covid et post-Covid, au niveau de financement de droit commun, et c’est moins facile. Ensuite, il y a une tendance qualitative sur les formations. On voit apparaître de vrais sujets sur le management, particulièrement dans le spectacle vivant, avec un vrai questionnement : c’est quoi se former au management dans nos organisations ?

D’autant que les modèles semblent bouger…
Oui, sur les grandes mutations économiques et sociales, nous sentons qu’il y a la volonté de se poser deux secondes, de passer de la phase de sensibilisation à une vraie phase d’action. Deux sujets touchent en particulier le spectacle vivant : l’intelligence artificielle générative, qui impacte aussi des métiers du spectacle, comme la billetterie. Et l’immersif, dans un spectacle vivant, augmenté, qui nécessite de nouvelles compétences. Ce sont des orientations pour plusieurs années. Mais il y a par ailleurs un gros sujet sur les modèles économiques du spectacle vivant. On voit que le désengagement de l’État nécessite de revoir les modèles, de réfléchir à de nouvelles formes de commercialisation, de nouveaux fonds pour financer ses événements, par exemple. Et ce sont de nouveaux sujets de formation, par exemple pour les professionnels des festivals. 

Cela impacte votre activité ?
Oui, avec une baisse des subventions de l’État à la formation, qui a soutenu le secteur dans la crise et dans sa reprise, et qui nous demande de fonctionner plus sur nos fonds propres que sur des aides conditionnalisées. Cela devient compliqué de trouver un équilibre entre nos capacités de financement et les demandes croissantes du secteur. Car il y a une explosion des demandes de formation des intermittents du spectacle (entre 20 et 30 % en 2024 et 2025) et des artistes-auteurs. Et aujourd’hui, nous n’avons pas les ressources qui permettraient de faire face à toutes ces demandes. Nous allons rentrer dans un cycle de régulation qui va nous obliger à prendre des mesures un peu radicales, toutes choses égales par ailleurs, soit avec autant de gens en formation, mais un peu moins de temps de formation, soit en régulant un peu les dispositifs en travaillant sur les conditions d’accès. 

Comment analysez-vous cette forte demande ?
S’il y a un peu moins de travail, cela réinterroge chacun sur ses besoins pour rester employable sur un marché qui évolue vite. On voit que les aides aux productions commencent à baisser dans le spectacle. Les intermittents le sentent. Et, paradoxalement, ce n’est pas quand les choses vont bien que l’on se forme. 

Est-ce inquiétant ?
Nous rentrons dans une période compliquée. Nous sommes au bout d’un cycle, mais il faut être créatif : il y a plein d’opportunités de changer la manière de se former, de construire les programmes de formation, voire de les financer. Mais je suis inquiet de l’amalgame qui peut être fait entre notre utilité politique et sociale et le fait qu’on puisse nous remplacer par une structure guichet. 

Pourquoi ?
La valeur ajoutée de l’Afdas n’est pas dans sa fonction de guichet, mais dans le conseil qui est essentiel. Nous ne sommes pas qu’un banquier de la formation. Et ça, désormais, nous devons le démontrer tous les jours. Il y a quand même une vigilance à avoir. Posons-nous plutôt la question, dans ce moment de concours Lépine pour supprimer des opérateurs : si l’Afdas n’existait pas, que se passerait-il ? Car nous servons réellement à quelque chose dans la chaîne de valeur. De fait, nous travaillons sur l’offre de service. Si nous ne sommes plus capables de financer à hauteur de ce qu’on faisait, c’est essentiel.  Nous ne sommes plus dans une phase de croissance. Mais nous avons plein de possibilités. L’hybridation des programmes de formation constituera un des moyens majeurs pour essayer de compenser une baisse ou une stagnation de nos ressources. Et nous avons déjà des expériences concluantes. 

Propos recueillis par Jérôme Vallette

En partenariat avec La Lettre du Spectacle n°590

Crédit photo : Moland Fengkov

 

François Gabory : « Je pars avec une grande satisfaction et un énorme attachement au réseau Chainon »

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François Gabory

Le président du réseau Chainon depuis plus de quinze ans quittera les commandes  en fin d’année. De l’arrivée du festival à Laval à la multiplication par 5 du nombre d’adhérents, il retrace pour La Lettre du Spectacle une aventure singulière qui a fait du Chainon manquant  un « petit Avignon » au cœur de la Mayenne. 
 

Vous présidez le Chainon depuis 15 ans…
Ça fait même presque 16 ans. J’ai pris la présidence juste avant 
que notre festival, le Chainon manquant, s’installe à Laval (Mayenne), en mars 2010. Je suis des Pays de la Loire [il était à cette date directeur du Jardin de verre, à Cholet, NDLR] et j’ai un peu initié cette arrivée dans la région. C’était assez logique que je devienne président à ce moment. Rester quinze ans à sa tête, en revanche, je ne l’avais pas prévu. Ça s’est fait comme ça. Je me suis beaucoup investi pendant dix-douze ans, moins ces dernières années dans ma fonction de président aussi parce que j’ai changé de travail [il est depuis 2022 directeur culture de la Cité des Congrès de Nantes et administrateur général de la Folle Journée, NDLR]. Il n’était pas du tout question que je reste 20, 30 ans, ça n’avait aucun intérêt.

Comment a évolué ce réseau ?
Par paliers. Quand nous sommes arrivés à Laval, il n’y avait plus que 80 adhérents dans le réseau, aujourd’hui nous sommes 400. À l’époque, le festival était en perte de vitesse et le réseau aussi en ce qui concerne l’image. Cahors, où avait lieu le festival, c’était loin pour tout le monde. Laval a été une opportunité géniale : il y a le TGV, c’est à une heure et quart de Paris, dans une région culturellement dynamique avec des équipements de qualité et une vraie volonté de la Ville et des acteurs culturels d’accueillir le Chainon manquant, qui a vraiment une identité lavaloise aujourd’hui. Toutes les planètes se sont alignées à cette époque. En plus, en concernant l’accueil des programmateurs et des artistes, nous avons ici de bonnes conditions, ce qui n’était pas le cas à Cahors ou à Figeac, où on montait beaucoup de chapiteaux. 

Il y a ce festival, mais aussi  un réseau important…
Nous avons retrouvé une vitrine, une crédibilité pour ce réseau, souvent appelé « le petit Avignon ». D’une certaine manière ça l’est, même si ça peut ressembler à un élément de « com » dit comme ça. Nous avons surtout une programmation qui tient la route. L’arrivée de Kevin Douvillez (en 2015), directeur artistique, nous a beaucoup aidés en ce sens. Nous avons aussi simplifié notre raison d’être avec le conseil d’administration, pour être un réseau de diffusion, et non un syndicat bis. C’est ce qui nous a permis de renouer avec le ministère de la Culture. Aujourd’hui, la DGCA nous aide à hauteur de 160 000 euros, dont 60000 euros en plus cette année. C’est une reconnaissance. Nous avons fait avec la DGCA un vrai travail partenarial qui s’est construit au fil du temps avec une attention précise sur ce qu’on faisait. Chaque année, c’est quand même 1 000 à 1 200 dates qui sont achetées pendant le festival. Nous avons un crédit qu’on n’avait plus il y a 15 ans, la reconnaissance des professionnels. 

C’est ce qui permet de tenir quand la région Pays  de la Loire se désengage complètement ?
C’est exactement ça, si nous n’avions pas un réseau solide – nous avions déjà expérimenté ça puisqu’on a été le premier festival à se maintenir à la fin de la période Covid – nous n’aurions pas réussi cette dernière édition (La Lettre du Spectacle, le 3 octobre). Nous avons eu deux enjeux après ces coupes de subvention : préserver l’emploi des quatre salariés et organiser le festival. Le ministère de la Culture nous a accompagnés un peu plus, ce qui nous encourage à maintenir notre travail. Nous voyons, du point de vue professionnel et du côté réseau, un véritable attachement à ce festival très bien placé dans le calendrier, où les gens se sentent bien, avec une convivialité naturelle. 

Et ce coup de la Région ?
Nous sommes venus en Pays de la Loire parce que l’ancienne majorité régionale, que nous avions sollicitée, voulait accueillir un tel festival sur son territoire. Nous sommes arrivés avec 200 000 euros de subventions. Avec la bascule de majorité, on est passé de 200 000 à 161 000 euros. Puis de 161 000 à 0 euro. Je l’ai en travers de la gorge, comme tout un tas d’acteurs. Nous n’oublierons pas ce qui s’est passé, c’est clair. Et puis, il y a la baisse de subventions, mais aussi le mépris. Je n’ai été appelé par personne. Ce qu’ils ont fait est absolument lamentable pour tous les acteurs du réseau qui sont des bénévoles.

Le budget, c’est un enjeu ?
Oui, il y a cet enjeu de retrouver un budget à la hauteur des ambitions du réseau. Mais il y en a d’autres. Nous avons un rôle majeur dans la diffusion culturelle en France. Nous devons aussi mieux travailler la porosité des réseaux afin qu’il y ait plus de partenariats, par exemple avec la musique classique ou baroque. Cela peut vraiment être un espace de rencontre des différentes esthétiques. Et il y a un travail à l’international à développer au-delà de notre réseau francophone. Enfin, le festival dure quatre jours, il y a matière à proposer davantage de spectacles que les 65 propositions actuelles pour aller à 80 propositions. Ce sont vraiment des questions de moyens, car nous payons tous les artistes. Ensuite, le réseau peut encore grossir, mais avec certaines limites : il ne peut pas y avoir une hégémonie avec 1 000 adhérents, ça n’aurait pas de sens. Toutefois, il y a encore des régions sur lesquelles nous ne sommes n’est pas ou très peu présents comme la Bourgogne-Franche-Comté. Mais le réseau est solide, bien structuré avec un conseil d’administration et un bureau très mobilisé. 

Des successeurs ?
Aujourd’hui, « aux manettes », ce sont Audrey Levert (vice-présidente), Benoît Betchen (vice-président) et Éric Wolff (trésorier). Je ne sais pas comment ils souhaitent organiser la suite, mais c’est parmi eux qu’on trouvera soit une présidence ou une coprésidence, je sais qu’ils y réfléchissent. Je me suis retiré de ces débats.  Avec le départ de Kevin Douvillez, c’est une fin de cycle et le bon moment pour mon départ. Je n’ai pas participé au recrutement du nouveau directeur artistique, Antoine Thibault, mais j’ai donné mon avis en son sens. Je sais qu’il est vraiment dans une logique de travailler en collaboration, de se nourrir de ce que sont tous les collègues, de leur expertise… Le rôle du directeur artistique est aussi d’être un entonnoir : on lui amène toutes nos idées, il a les siennes et il doit filtrer le tout pour sortir, en cohérence, le reflet de ce que nous sommes. Et ça, Kevin Douvillez l’a parfaitement fait. Il a été un grand directeur du Chainon manquant. 

Quel sera votre dernier jour de président ?
Il y aura un conseil d’administration avant Noël qui élira la nouvelle présidence. Je resterai adhérent de base. Cela a été 16 années superbes, je suis assez fier de tout cela, mais j’ai une certaine fatigue. Je pars avec une grande satisfaction, aucun regret, et un énorme attachement à ce réseau. Ce fut une superbe aventure. 

Propos recueillis par Jérôme Vallette

En partenariat avec La Lettre du Spectacle n°590

Légende photo : François Gabory

Crédit photo : François Parmentier

 

Assemblée nationale - La commission culture désormais présidée par Alexandre Portier

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Réunion de la commission

La commission des affaires culturelles et de l’éducation de l’Assemblée nationale a renouvelé le 2 octobre son bureau avec l’élection, comme président, d’Alexandre Portier (LR), éphémère ministre délégué chargé de la Réussite scolaire et de l’Enseignement professionnel de Michel Barnier. Il remplace Fatiha Keloua-Hachi (PS). Le député du groupe Droite républicaine, qui siège dans la commission depuis 2022, a obtenu 40 suffrages contre 29 à Fatiha Keloua Hachi. 

Un renouvellement sous tension
Ce scrutin s’inscrit dans le cadre du renouvellement de toutes les instances de l’Assemblée nationale, mais n’a pas été du goût de tous les membres de la commission. « Le résultat de ce vote, très éloigné des équilibres que l’on imaginait, suscite en moi un peu d’émotion et d’inquiétude », a ainsi regretté Erwan Balanant (Les Démocrates), rapporteur pour avis sur le projet de loi de finances pour 2026 (lire l’encadré). Avant de poursuivre : « En réalité, le résultat de ce scrutin ne suscite pas en moi de l’émotion, mais un choc. » La raison ? Benjamin Lucas-Lundy (Écologiste et Social-EcoS) a pointé le vote de parlementaires Rassemblement national (RN) pour le nouveau président : « Nous ne pouvons pas choisir qui vote pour nous, ni trier les voix. Mais rappelons-nous des précédents. Dans les années 1990, lors d’élections régionales, des candidats de votre famille politique [la droite, NDLR] avaient été élus avec les voix de l’extrême droite ; certains avaient démissionné, refusant d’être ses obligés. Notre commission traite de questions culturelles et éducatives, au sujet desquelles on connaît le projet réactionnaire de l’extrême droite : vous vous honoreriez, monsieur le président, à remettre en jeu votre mandat. » 
Plus direct, Alexis Corbière (EcoS), s’est adressé à ses collègues « dits du bloc central : vous venez d’élire, avec le RN, le président d’une commission traitant des questions scolaires, de la culture et de la presse. Or l’école est à la base de la République. Que le RN choisisse son président, c’est une chose. Mais que vous participiez à cette manœuvre, c’est une tache indiscutable sur cette commission ! ». Par ailleurs, le bureau se complète des vice-présidents Céline Calvez (EPR), Delphine Lingemann (DEM), Jérémie Patrier-Leitus (HOR) et Sophie Taillé-Polian (EcoS), et des secrétaires Béatrice Bellamy (HOR), Soumya Bourouaha (GDR), Ayda Hadizadeh (SOC) et Graziella Melchior (EPR). Le député RN Bruno Clavet a reçu 24 suffrages (36 étaient nécessaires pour l’élection) et n’a ainsi pas été élu vice-président de la commission. Le député Bartolomé Lenoir (Union des droites pour la République, allié au RN) n’a pas réussi à obtenir les 35 voix nécessaires pour être élu secrétaire de la commission. 

Jérôme Vallette

En partenariat avec La Lettre du Spectacle n°590

Légende photo : Réunion de la commission des affaires culturelles et de l’éducation en 2022.

Crédit photo : Assemblée Nationale

Les rapporteurs pour avis du budget
Les débutés de la commission des affaires culturelles et de l'éducation de l’Assemblée nationale ont désigné cet été leurs « rapporteurs pour avis » sur le projet de loi de finances pour 2026, qui devait être présenté au Parlement le 14 octobre. Erwan Balanant (Les Démocrates) se chargera de l’avis pour la partie « Création, transmission des savoirs et démocratisation de la culture », Jérémie Patrier-Leitus (Horizons & Indépendants) de « Culture : Patrimoines », Philippe Ballard (Rassemblement national) de « Médias, livre et industries culturelles », Florence Hérouin-Léautey (Socialistes et apparentés) de « Sport, jeunesse et vie associative », et Aymeric Caron (La France insoumise) de l’avis sur « Avances à l’audiovisuel public ». 

Peut-on optimiser sa consommation énergétique ?

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Hadra Trance Festival

Spoiler : oui ! La flambée du prix de l’énergie a rendu le sujet brûlant. Souvent méconnus, les leviers sont pourtant nombreux pour faire baisser sa consommation énergétique, aussi bien côté lieu que côté festival.

« En 2022, notre budget fluides a subi une augmentation de 228 % », évoque Lætitia Perrot, ancienne directrice de La Nef, avant de raconter comment la salle a réussi, en trois mois et sans travaux, à diminuer de 40 % sa consommation d’électricité et de 34 % celle de gaz. Dans cette interview, publiée par la structure d’accompagnement Incub’, elle revient sur les leviers déployés : une utilisation réduite de la ventilation, une coupure de l’eau chaude sanitaire ou encore une régulation personnalisée pour « arrêter de chauffer les espaces et plutôt chauffer les humains ».
À Zébulon Régie, on planche sur le sujet depuis 2017. Le prestataire, spécialisé dans l’ingénierie événementielle, tire de ces années d’expérience un premier constat : la production d’énergie est systématiquement surdimensionnée, de l’ordre de deux à cinq fois. Il l’explique notamment par un mauvais calcul des besoins et le cumul de marges de sécurité (par les exposants, régisseurs, directions techniques et prestataires, etc.). « Comme dans une maison, la puissance n’est jamais la somme de tout en même temps », explique Samuel Brouillet, son directeur. Le premier objectif est donc de « casser les marges au maximum ». 

[...]

Par Julie Haméon

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Légende photo : Pour le Hadra Trance Festival, Zébulon Régie a mené un diagnostic complet sur la consommation d’énergie.

Crédit photo : D. R.

Mieux communiquer avec l’aide de l’IA

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Élisabeth Gravil

Si elle est bien maîtrisée, l’IA générative peut permettre de déployer une communication plus personnelle sans perdre la cohérence de son projet. 

L’intelligence artificielle (IA) va-t-elle bouleverser la façon dont on peut communiquer autour de ses projets ? Oui, indéniablement, répondait l’un des experts de la question, Alain Garnier, fondateur de Jamespot, aux journalistes du magazine Stratégies, voici quelques mois. Comme bien d’autres, il parle de « game changer », d’une nouvelle façon de communiquer, « réellement personnalisée, dynamique et percutante ». Ainsi, concluait-il, « c’est la fin de l’ère du “one-size-fits-all” en communication ». L’IA analytique est présente depuis longtemps dans notre quotidien. C’est elle qui analyse la fréquentation des sites Web, mesure les performances des newsletters, évalue l’engagement sur les réseaux sociaux et optimise les stratégies de billetterie. Pour autant, l’arrivée de l’IA générative peut transformer nos vies professionnelles. Les acteurs culturels, déjà rompus pour nombre d’entre eux à l’analyse de la data fournie par leurs logiciels de billetterie, vont voir leurs capacités d’interaction, fine et structurée, avec les publics démultipliées. Élisabeth Gravil est la fondatrice et présidente de Museovation. 

[...]

Par Cyrille Planson

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Légende photo : Élisabeth Gravil, présidente de Museovation, spécialiste en stratégie numérique

Crédit photo : Julien Pebrel

La médiation par le jeu : l’escape game s’invite dans les coulisses

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Les Trois Mousquetaires

Entre énigmes et faux crimes, des institutions culturelles transforment scènes et coulisses en terrains de jeu grandeur nature.

Et si, le temps d’une soirée, le théâtre se transformait en vaste terrain d’enquête ? Dans les années 2010, des sociétés d’événementiel se lancent dans une nouvelle offre qui rencontre un grand succès : les escape game et autres murder parties. Le principe ? En équipe, des joueurs résolvent des énigmes afin d’accomplir une mission ou d’élucider une affaire criminelle fictive. Après avoir séduit des musées et des monuments historiques, ces expériences immersives s’imposent désormais comme un outil de médiation à part entière pour certains théâtres et opéras. À l’Opéra de Nice, depuis 2021, une fois par mois d’octobre à juin, spectateurs et curieux peuvent franchir le seuil de l’institution par ce biais. Catapultés en 1625, les joueurs s’immergent pendant deux heures dans l’univers de cape et d’épée des Trois Mousquetaires, moyennant 35 euros par personne. « C’est un jeu, mais aussi une visite du théâtre à 360 degrés, raconte Bertrand Rossi, directeur de l’opéra. Les participants s’approprient le lieu, visitent les coulisses, la salle, montent sur le plateau. » À Chaumont, la scène conventionnée Le Nouveau Relax s’est lancée dans l’aventure avec une intrigue digne d’un roman policier. « Cet événement n’était pas destiné à nos habitués, confie le directeur, Rémi Sabau. Notre objectif était de faire venir des personnes qui n’osent pas pousser la porte du théâtre. » 

[...]

Par Pauline Demange-Dilasser

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Légende photo : A Nice, l’Opéra a proposé un escape game sur Les Trois Mousquetaires.

Crédit photo : nice24.fr

Financements : animer un club d’entreprises

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Samy Rebaa

Au-delà de l’intérêt financier, se doter d’un tel club permet de développer des projets innovants, et d’apporter la culture au sein des entreprises. 

Fréquemment incitées à développer des ressources propres, les structures culturelles se tournent volontiers vers le mécénat. Afin d’offrir à leur démarche un caractère pérenne, certaines ont décidé de créer un club d’entreprises. Un choix qui s’explique par deux principales motivations. La première tient aux missions d’intérêt général qui sont les leurs, « en particulier celle d’aller à la rencontre de tous les publics, dont les entreprises et leurs salariés », fait valoir Samy Rebaa, expert mécénat auprès de la scène nationale Grand Narbonne (Aude) ; laquelle abrite depuis 2016 un club de mécènes fondé par l’ancienne directrice, Marion Fouilland-Bousquet, qui compte aujourd’hui 50 membres. Second argument avancé, la dimension d’innovation et de créativité induite par la collaboration entre les sphères culturelle et économique. C’est précisément ce qui a séduit Romaric Daurier, directeur du Phénix, scène nationale de Valenciennes (Nord), à l’initiative dès 2012 du « Club Phénix » fédérant une dizaine d’entreprises.

[...]

Par Marie-Agnès Joubert

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Légende photo : Samy Rebaa, expert mécénat auprès de la scène nationale Grand Narbonne.

Crédit photo : Luc Jennepin

Festivals : gérer les comportements à risques

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Musiques métisses

Différentes initiatives peuvent être développées afin d’améliorer la sécurité des milieux festifs, qui peuvent être propices à des agissements dangereux.  

Confrontés depuis toujours à des problématiques liées notamment à la consom- mation d’alcool et de drogues, les organisateurs de festivals ont longtemps misé uniquement sur la répression. Plus récentes, et devenues aujourd’hui un enjeu majeur, sont les démarches mises en œuvre en matière de prévention. « Auparavant, on ne se préoccupait pas de l’alcoolémie des spectateurs, constate Nathalie Solia, directrice de La Fiesta des Suds, à Marseille. La question est apparue via la prévention routière, et l’émergence de nouvelles réglementations qui ont obligé les événements à prendre des mesures. » À cette fin, la plupart d’entre eux se sont rapprochés d’associations spécialisées qui, en leur enseignant de bonnes pratiques mais aussi en s’implantant sur les sites des événements, ont contribué voici environ vingt ans à un changement de posture. En outre, à la prévention des risques engendrés par l’alcool et les stupéfiants s’est ajoutée la lutte contre les violences et harcèlements sexistes et sexuels (VHSS).

[...]

Par Marie-Agnès Joubert

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Légende photo : À la sortie des concerts, Musiques métisses distribue des éthylotests aux festivaliers.

Crédit photo : Plume Bleue vidéo

Ces compagnies qui ont misé sur le pass Culture

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Théâtre du Héron

Si la part collective du pass Culture peut représenter un levier efficace pour la diffusion, le dispositif n’est pas sans risque.

La mise en place de la part collective du pass Culture, adossée à sa plateforme Adage, a rebattu les cartes de l’éducation artistique et culturelle (EAC). Désormais, les parcours cousus main se heurtent à une logique centralisée qui modifie les stratégies de diffusion. Dans ce nouvel écosystème, certaines compagnies ont su tirer leur épingle du jeu. Le Théâtre du Héron, à Rezé (Loire-Atlantique), en est l’exemple le plus marquant. Moins de quatre ans après sa création, la compagnie caracole en tête des bénéficiaires avec 933 900 euros perçus en 2024. « Le bouche-à-oreille a fonctionné très vite, notamment sur les îles ultra-marines », raconte son directeur artistique, Gaspard Legendre. Pendant le confinement, il diffuse gratuitement ses captations de spectacle sur Vimeo et multiplie les ateliers en ligne. « Le facteur décisif a été la diffusion du Malade imaginaire, qui s’est retrouvé l’année suivante au programme du bac », explique le comédien et metteur en scène formé au Conservatoire de Paris, puis à Londres et à New York. 

[...]

Par Arzelle Caron

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Légende photo : Avec plus de 900 000 euros de recettes, le Théâtre du Héron est en tête des compagnies bénéficiaires du pass Culture.

Crédit photo : Sli-K