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Entretien - Céline Rousseau : «En communication de crise, on doit anticiper et se préparer »

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Céline Rousseau

Céline Rousseau, cofondatrice de Mazette, présente son Manuel de communication de crise pour le secteur culturel, le premier outil pratique adapté aux réalités de la filière.

Pourquoi avez-vous été conduite à écrire cet ouvrage ?

J’accompagne des structures culturelles confrontées à des crises depuis plusieurs années. J’ai constaté qu’aucun manuel ne leur était destiné : les livres sur la communication de crise sont écrits le plus souvent via un prisme industriel sur un modèle lucratif. J’ai dû adapter la méthode, les matrices, les outils. J’ai beaucoup expérimenté aux côtés de collectifs accompagnés et j’ai réussi à mettre sur pied une méthode qui fonctionne. Je voulais la transmettre pour « empouvoirer » notre secteur, que j’estime essentiel, et si souvent confronté à des crises.

A qui s’adresse-t-il ?

Le livre a l’ambition d’être un outil pratique. Je pars des principes de base, je les illustre, et je n’utilise pas ou peu de jargon technique. Ce manuel s’adresse autant à la direction d’une structure, à une gouvernance associative bénévole, qu’à la direction de la communication. J’explique tout pas à pas : je dis pourquoi, mais surtout comment. Je détaille notamment l’animation d’une cellule de crise, comment se construisent les éléments de langage, comment évaluer les enjeux d’une crise… Il s’adresse aussi bien à une structure qui anticipe une crise qu’à celle qui en traverse une. La lecture vous donne les clés, à la manière des romans « dont on est le héros ».

Qu’est-ce qui caractérise la communication de crise dans la filière culturelle ?

La communication culturelle est avant tout une médiation. Elle est au service d’un projet dans un cadre contraint de valeurs et s’agissant du secteur subventionné, de missions déléguées de services publics. Contrairement à d’autres secteurs, la communication culturelle est « au service de ». Cela impose une grande humilité. Néanmoins, on lui demande beaucoup : la communication culturelle doit informer, converser, traduire une intention artistique, fidéliser bien sûr, mais conquérir aussi de nouveaux publics en permanence… Et on lui demande aussi de savoir formuler un discours et de développer une stratégie quand la structure subit une crise. Tout ça avec une dimension symbolique qui est l’objet d’une forte attention médiatique et politique. Personne ne vient commenter le goût d’un dentifrice, mais beaucoup expriment leur avis sur un spectacle centré sur l’univers queer, par exemple. La communication culturelle se situe entre une fonction de promotion commerciale et des missions d’intérêt général sans enjeu transactionnel. En cas de crise, une structure culturelle a plus à perdre que des parts de marché, elle s’adresse à de nombreux publics et doit maintenir le dialogue avec ses partenaires publics. Si on rajoute la dimension associative, dans laquelle les administrateurs bénévoles, sommés de décider, n’ont pas forcément de compétences juridiques, managériales ou de communication, on aboutit à un cocktail très périlleux.

Les cas sont-ils plus fréquents ?

Oui. Je forme des consultantes et des consultants du secteur culturel, car je n’arrive pas à faire face à toutes les sollicitations. 80 % des crises sur lesquelles on m’appelle, sont liées à des VHSS. C’est une statistique qui attriste, mais je reste optimiste en me disant que c’est le signe d’une parole enfin entendue et de comportements désormais explicitement inacceptables. À l’approche des élections, je vois aussi de nombreuses crises liées à des attaques politiques violentes (expulsion programmée de certains lieux, suppression arbitraire de subventions, etc.). J’observe aussi des attaques sur les réseaux sociaux avec des groupes coordonnés qui se disent « offensés » par des visuels, des spectacles, des textes. Les algorithmes favorisent la visibilité des contenus clivants, donc ce genre de « débats » peut dégénérer.

Le secteur est-il suffisamment préparé ?

Pas du tout. C’est tout l’objet de ce livre et des formations que j’anime : on doit anticiper et se préparer ! Et si jamais vous êtes déjà en crise, alors, adoptez les bons réflexes pour éviter de verser de l’essence sur la flamme. Une structure peut mourir précipitamment d’avoir mal géré sa communication durant une crise. Le secteur culturel subit en permanence des attaques comme un - boxeur qu’on cherche à mettre K.O. L’extrême droite est montée en compétence sur le sujet et mène des stratégies concertées. Il existe une théorie, des méthodes, des outils concernant la communication de crise : adoptons-les. Défendons nos collectifs et construisons un contre-récit à la hauteur de nos valeurs.

Que révèlent les exemples présentés dansl’ouvrage ?

Ils permettent de tirer des enseignements. Ils sont le plus souvent le fruit de stratégies défaillantes. Ils permettent de voir que les crises touchent toutes les disciplines et tous les types de structures. Le seul exemple qui est une démonstration réussie à la fois dans le fond, dans la forme, dans la stratégie de diffusion… ne vient pas du secteur culturel. Un signe, non ?

éd. La Scène, 120 pages, 29 euros (https://www.lascene.com/ouvrages-outils/manuel-communication-crise-secteur-culturel)

Propos recueillis par Jérôme Vallette

En partenariat avec La Lettre du Spectacle n°598

Crédit photo : D. R.

Limoges : Face aux financements fragiles et tardifs, Les Zébrures se réinventent

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Zébrures

Les Zébrures de Printemps et d’Automne fusionnent cette année en un seul festival, à Limoges, organisé par Les Francophonies - Des écritures à la scène.

Les Francophonies - Des écritures à la scène ont décidé de se relancer face aux difficultés. Les Zébrures de Printemps et d’Automne vont fusionner dès cette année. Et l’événement devient « Les Zébrures, festival des écritures et des créations théâtrales francophones » (du 23 septembre au 3 octobre 2026). La raison ? « Les financements se faisant attendre, nous avons décidé de ne présenter qu’un seul rendez-vous, à l’automne », explique son emblématique directeur, Hassane Kassi Kouyaté. Une crise transformée en opportunité. « Plus on avance, plus on voit les avantages de cette solution », souligne-t-il. Ce festival unique réunira les lectures publiques et les créations. Unité de lieu, et de temps. Et cette décision a été intégrée dans la prochaine convention pluriannuelle d’objectif (CPO).

Des subventions qui tardent de plus en plus

La crise est née des notifications des subventions 2026 qui ne sont toujours pas parvenues à son directeur. Pourtant, Les Zébrures sont la deuxième structure que l’État finance dans le domaine du théâtre, après le Festival d’Avignon, dit-il. Ces retards deviennent « récurrents », constate Hassane Kassi Kouyaté, et encore plus cette année alors que l’État et les collectivités ont voté leurs budgets en début d’année. « À l’heure actuelle, les commissions d’attributions n’ont toujours pas siégé », poursuit le directeur qui était dans l’incapacité d’engager les fonds pour cette édition printanière. « Je respecte trop les artistes pour faire une Zébrure à l’aveuglette, moi-même je suis un artiste. Et je suis trop soucieux de la pérennité de la structure pour la mettre en danger. »

Les Francophonies - Des écritures à la scène réussissent chaque année à réunir un budget d’environ 1,6 million d’euros, dont 1,3 million de subventions publiques venues de la Drac (810 000 euros), de la région Nouvelle-Aquitaine (270 000 euros), du département de la Haute-Vienne (89 348 euros), et de la ville de Limoges (145 000 euros) qui, en sus, héberge l’association, prête ses théâtres et ses espaces publicitaires. Un budget assez mince, d’autant plus que les coûts augmentent, notamment ceux de transport et d’hébergement.

Des états généraux

Face à ce constat d’une forme de désengagement pour sa matière, Hassane Kassi Kouyaté souhaiterait réunir les parties prenantes pour des « états généraux de la création théâtrale francophone », afin de demander, notamment aux tutelles : « Que voulez-vous faire avec cette création francophone ? », dit-il, lui qui a déjà annoncé son départ, fin 2027.

Pourtant, le festival a su se réinventer pour attirer des publics très éloignés. Notamment en lançant dès 2024 des prix libres qui ont entraîné 60 % de croissance de la billetterie. « On a vu que notre public s’est régénéré, on a vu des familles, des jeunes, et on a eu une augmentation de la fréquentation de 30 %. » Preuve que cette création a trouvé son public.

Propos recueillis par Jérôme Vallette

En partenariat avec La Lettre du Spectacle n°598

Crédit photo : Anne-Sophie Dubreuil

Municipales : le spectacle vivant entre en campagne

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Municipales

L’Union syndicale des employeurs du secteur public du spectacle vivant (USEP-SV) demande à 300 candidats de s’engager sur 27 points pour « un service public de la culture », et lance des débats dans les régions avant le premier tour.

L’Union syndicale des employeurs du secteur public du spectacle vivant (USEP-SV) s’est lancée dans la campagne, tardivement pour certains, car « le service public de la culture est un choix politique pour l’avenir ». Formée par Scène ensemble, les Forces musicales et le Syndeac, l’union interpelle les candidats avec « 27 engagements » précis (https://culture-et-municipales2026.fr). Ils ont été présentés à 300 candidats. « Libre aux autres de s’emparer du questionnaire », dit l’USEP-SV. Le tout dans un contexte de « versatilités et d’imprévisibilité du fait politique », redoute Céline Portes, coprésidente de Scène ensemble.

Faire naître le débat

Le choix a été fait de s’adresser aux candidats « identifiés par leurs délégations régionales afin d’engager un dialogue direct et approfondi ». Ils ont jusqu’au 28 février pour rendre leur copie. Pour l’USEP-SV, il s’agit d’éviter les « déclarations d’intention » et de conduire à « des engagements clairs, écrits, assortis d’indicateurs vérifiables. »

Le premier objectif est de « mettre la culture au cœur de cette campagne », dit Joris Mathieu, coprésident du Syndeac. L’union souhaite que ces candidats « s’engagent publiquement. » Ces questionnaires seront analysés début mars afin de produire de la matière pour organiser des débats dans les régions. Une analyse globale des réponses sera aussi présentée avant le premier tour.

Risque sur les financements croisés

En tête, pour le spectacle vivant, le risque qui plane sur les financements territoriaux dont l’échelon municipal est le pilier. Déjà en baisse, ceux-ci pourraient nettement reculer en 2027. Une crainte évoquée par le directeur général de la création artistique, Christopher Miles en décembre (La Scène, décembre 2025) : « La question des moyens se posera à nouveau après les élections municipales dans un contexte budgétaire qui ne va pas s’améliorer. À cela s’ajoutera l’arrivée d’une nouvelle génération d’élus. » D’où la demande de garanties envoyée par les organisations professionnelles. « Dans un moment où il est remis en question, nous rappelons quelles sont les conditions minimales d’éclosion d’un service public de la culture », détaille Céline Portes. Toutefois, insiste-t-elle, « ce questionnaire n’est pas une motion de défiance, mais une  interpellation : nous avons besoin de nous réentendre sur ce pacte de confiance. »

Des principes et des engagements

Il est demandé aux candidats d’acter des « principes fondamentaux » : la culture est « un service public » qui répond à des « besoins essentiels de la population » ; la liberté de création et de programmation « doit être défendue et réaffirmée avec force ». Puis de répondre sur leurs intentions en matière de gouvernance culturelle et, nerf de la guerre, « a minima » sur la stabilité budgétaire, la « pluriannualité des subventions » et le respect des financements croisés. Ils doivent aussi se positionner sur la liberté de création, sur la protection des programmateurs, l’indépendance artistique et à ne pas « utiliser le Contrat d’engagement républicain comme outil de pression ou de censure ». Plusieurs questions évoquent « l’accès de toutes et tous à la culture », la médiation culturelle, l’inclusion. Un volet explore des engagements sur la transition écologique. Enfin, une question toute syndicale sur l’instauration « d’un dialogue régulier avec les organisations professionnelles ».

« Tous ces volets se répondent », ajoute Céline Portes. « Tout ça recoupe des axes structurants qui permettent la vitalité du service public de la culture. C’est donc une base pour débattre avec les candidats. » Des débats qui devraient débuter dans 15 jours. 

L’intersyndicale écrit au Premier ministre

Dans une lettre ouverte du 16 février, l’intersyndicale avertit Sébastien Lecornu « sur la situation d’une gravité exceptionnelle » du service public du spectacle vivant « fragilisé comme jamais » par les effets « déstabilisateurs » de la loi de finances : « situations de trésorerie critiques », sous-financement du Fonpeps qui pèse sur l’emploi, et contraction « massive » du programme d’éducation artistique et culturelle. Mais ils craignent surtout « l’effondrement du financement croisé territorial » et ses effets « domino ». Débute ainsi « un plan social diffus », observent-ils et ce alors que des menaces pèsent sur le régime de l’intermittence (lire page 3). Les organisations demandent le retour d’un vrai dialogue, car il a été « altéré », disent-ils depuis deux ans. « Le spectacle vivant public n’est ni un adversaire ni un lobby sectoriel : il est un partenaire de l’État au service de l’intérêt général », assure l’intersyndicale.

Propos recueillis par Jérôme Vallette

En partenariat avec La Lettre du Spectacle n°598

Crédit photo : D. R.

Musiques actuelles. Le Normandy de Saint-Lô en travaux

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Le Normandy

La scène de musique actuelle de la Manche fait peau neuve. Cet ancien manège à chevaux, épargné par les bombardements de 1944, sera rénové, avec une extension créée par l’agence d’architecte Encore Heureux.

« Il aura fallu dix ans pour répondre à la demande pour que le bâtiment corresponde à notre projet. Le lieu sera plus optimal, avec plus de confort pour les artistes, comme pour le public et les utilisateurs, précise Nicolas d’Aprigny, directeur et programmateur de l’association Écran sonique. L’enjeu est aussi que le Normandy soit inscrit sur certaines tournées. »

La SMAC conservera une salle de 900 places avec une possibilité de jauge mixte avec gradins, et sera complétée par une seconde salle, le Club, de 279 places, plus adaptée pour les concerts découvertes. Les travaux, qui dévoileront la charpente bois existante, permettront aussi la création d’un hall, la mise aux normes de l’accessibilité et une meilleure performance énergétique, le tout pour un budget de 10 millions d’euros financé par la ville de Saint-Lô, propriétaire depuis 2017, et par l’Europe, l’État, la région Normandie, le département de la Manche, Saint-Lô Agglo et le Centre national de la musique.

Missions hors les murs

La salle ne doit rouvrir au public qu’au printemps 2028. « Pendant les travaux, nos missions continuent, mais différemment, explique Nicolas d’Aprigny. On ira dans les écoles. On travaille avec les structures existantes à Saint-Lô : le théâtre municipal, la médiathèque, l’école de musique… L’idée est de s’adapter. Par exemple, le Normandy accompagne des groupes plutôt dans des phases de fin de résidence, alors que pendant les travaux, ce sera plus en début de création dans les autres lieux. Nous proposerons des concerts à Saint-Lô, mais pas que, car nous sommes la SMAC de la Manche. Il y aura des partenariats avec Jazz sous les pommiers ou avec le Circuit à Cherbourg. » L’association Écran sonique prépare aussi les 17e Rendez-vous soniques, hors les murs du 10 au 14 novembre 2026. Le festival avait accueilli 12 000 spectateurs l’automne dernier.  

Propos recueillis par Christine Raout

En partenariat avec La Lettre du Spectacle n°597

Crédit photo : Phillipe Esterrellas

Entretien. « Nous imaginons plusieurs scénarios afin que nos partenaires puissent s’engager »

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Christine Malard

Le département de la Creuse, propriétaire de la Scène nationale d’Aubusson, ne peut plus assurer seul la charge d’entretien du bâtiment qui doit faire face à 4 millions d’euros de travaux. Sans réponses à ses demandes auprès des autres collectivités, il lance un ultimatum avec une Autorisation d’occupation temporaire (AOT) dont l’échéance est fixée au 5 juillet. Y aura-t-il un théâtre à la rentrée ? Christine Malard, sa directrice, nous détaille la situation. 

De quelle nature sont les problèmes de votre bâtiment ?

C’est un bâtiment qui a été en partie mal conçu, en 1981. À tel point qu’il y a eu à l’époque, un contentieux. Nous avons des toits plats qui ont des creux de 10 cm. Il y a deux salles dans lesquelles l’eau s’infiltre depuis 45 ans. Vous imaginez l’état aujourd’hui. S’y ajoute un défaut d’entretien au fil des ans, problème récurrent pour beaucoup de collectivités.

Cela vous empêche de jouer ?

La chance qu’on a, c’est que la partie théâtre – la boîte noire avec les gradins, là où on accueille les artistes et le public – a été bien conçue. Donc, nous pouvons jouer. Par contre, nos salles de résidence ou d’enseignement artistique ont été fermées, parce qu’elles prennent l’eau. Nous avons perdu un lieu de résidence et les élèves de la filière théâtre du lycée voisin ont perdu leur lieu d’enseignement. Cela s’est produit en juin 2025. Il nous reste 2 salles plus petites, mais cela impacte les résidences et la filière théâtre du lycée.

Vous devez donc faire des travaux ? L’État vous aide ?

L’État financerait à hauteur de 50 % la rénovation [estimée à 4 millions d’euros, NDLR], avec 10 % supplémentaires via des fonds spécifiques pour le département, et la région 20 %, dans le cadre du contrat de plan État-région. En théorie, la loi impose au propriétaire des lieux, le département, de financer au moins 20 % des travaux.

Et le département ?

Il ne veut plus être propriétaire. Ses élus alertent depuis plusieurs années les autres partenaires en disant qu’il n’y a aucune raison qu’il soit la seule collectivité à supporter ses frais de fonctionnement. En plus du théâtre, il y a une bibliothèque intercommunale, la filière théâtre du lycée, qui dépend donc de la région. Sans réaction, le département a lancé un ultimatum au 5 juillet : il conditionne le renouvellement de l’AOT pour le théâtre à une gouvernance partagée du bâtiment. Le problème est qu’avec les élections municipales et intercommunales, le devoir de réserve s’est imposé, et les élus ne peuvent plus inscrire une charge financière nouvelle si près de l’élection. Il faut attendre avril pour réunir tout le monde.

L’avez-vous tenté de votre côté ?

Oui, nous sommes dans une optique constructive de dire : mettez-vous tous autour de la table, en disant : « Si vous cherchez tous ensemble avec nous une solution, nous allons la trouver ». Même si le contexte budgétaire est ce qu’il est. J’ai été interrogée sur France Inter et une foncière solidaire nous a contactés le jour même pour nous proposer son aide afin de financer des rénovations. Il y a clairement d’autres possibilités que celles que les collectivités ont en tête, et qui pourraient soulager tout le monde. Encore faut-il se mettre autour de la table pour choisir une option. Ce sont des choix politiques.

Un collectif vous soutient...

Oui. Ce sont des personnes qui nous fréquentent, mais au sens large : des usagers de la médiathèque, des parents d’élèves dont les élèves font du théâtre ici, et des associations qui ont une pratique amateur, notamment en danse. Enfin, évidemment, des spectateurs de la scène nationale. Ils ont organisé un premier événement le dimanche 1er février.

Et d’ici juillet ?

Nous préparons le terrain. Nous essayons de lister, d’imaginer plusieurs scénarios, différentes hypothèses, de manière à les présenter aux élus, pour qu’ils tranchent et annoncent leur engagement financier. Ils n’ont évidemment pas tous la même capacité, entre la région Nouvelle-Aquitaine et la commune d’Aubusson qui n’a que 3 400 habitants.

La scène nationale existe car toutes les collectivités disent ensemble à l’État : « On s’engage à donner les moyens, donc un bâtiment, des finances à ce théâtre pour assumer les missions du label scène nationale. » C’est forcément une volonté collective, et c’est ça qui fait la réussite en général des projets.

Propos recueillis par Philippe Verrièle

En partenariat avec La Lettre du Spectacle n°597

Crédit photo : Phillipe Esterrellas

Vie syndicale. Élections : le Syndeac mise sur son maillage régional pour se faire entendre

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Clémentine

Réélus pour trois ans, les deux coprésidents du Syndeac (536 adhérents) Claire Guièze et Joris Mathieu veulent « mailler le territoire avec des délégations régionales très fortes » afin d’affronter la longue séquence électorale et ses possibles conséquences

Le nouveau mandant de trois ans qu’aborde le duo de pilotes du Syndeac débute avec « un bureau largement renouvelé entre équipes artistiques et lieux », précise Joris Mathieu. Preuve de cette dimension territoriale, complète Claire Guièze « pour la première fois, le Conseil national s’ouvre à des lieux ultramarins » avec Lolita Tergemina (suppléante et membre du bureau), directrice du CDN de l’océan Indien – Théâtre du Grand Marché (La Réunion), et Manuel Césaire, à la tête de Tropiques Atrium, scène nationale de Martinique. L’enjeu local est désormais au cœur du financement des labels avec les difficultés budgétaires croissantes des collectivités. « Des feux s’allument dans tous les territoires », résume Joris Mathieu, avec maintenant une question de survie qui se présente pour certaines structures (Scène nationale d’Aubusson, Place de la danse CDCN Toulouse Occitanie). D’où la nécessité de muscler ses délégations en région, les combats se jouant moins au niveau du ministère cette année. De fait, le duo mise sur « l’autonomie d’action » des délégués régionaux pour « faire face a l’empilement des situations critiques et de menaces qui pèsent ».

Croissance continue des adhérents

Toutefois, le rôle central du syndicat en soutien de ses adhérents reste un axe fort de la mandature, assure Claire Guièze : « Nous avons un syndicat opérationnel avec une équipe renforcée, car il y a un besoin d’être soutenu de la part de nos adhérents ». Ainsi, illustre Joris Mathieu, le « renforcement du service juridique est un signe très fort, car le droit va être notre meilleur allié dans ces temps troublés. » Sur 13 permanents le Syndeac compte désormais 2,5 salariés au service juridique.

Le premier syndicat de la branche du spectacle vivant public a connu une croissance constante du nombre de ses adhérents, notamment ces 5 dernières années. À l’automne 2024, il dépassait le seuil symbolique des 500 adhérents pour atteindre aujourd’hui 536 structures dans ses rangs (380 adhérents juste avant la crise Covid), toujours à parité entre équipes artistiques et lieux. « Nous sommes marqués par la croissance de nos adhérents, ça en dit long sur le besoin de se syndiquer dans notre secteur », assure Joris Mathieu. Et « le gros des dernières adhésions, ce sont des compagnies », ajoute Claire Guièze.

Et pour ces dernières, comme pour nombre d’autres structures, le combat pour le refinancement du Fonpeps (lire page 2), malmené dans la séquence budgétaire après son renouvellement pour trois ans, est une autre priorité, l’emploi artistique étant « déjà fragile et fragmenté ». Pour les patrons de lieux, Claire Guièze observe « des risques psychosociaux dans toutes les maisons et à tous les niveaux hiérarchiques, avec une pression sur les équipes », qu’il faut accompagner. Si, pour le moment, on n’observe pas de licenciement à grande échelle, il y a « souvent une non-reconduction de départs en retraite ».

Le syndicat s’est lancé dans la séquence des municipales, avec une plateforme programmatique déployée en USEP-SV, et un questionnaire envoyé aux candidats de villes identifiées. Il agit aussi avec le collectif Nos services publics dans cette campagne en insistant avec une mesure : « le renoncement aux appels à projets et le passage à une contractualisation pluriannuelle. » Mais le Syndeac envisage toute la séquence électorale. Il craint notamment la volonté de certaines figures de la droite de ne pas s’inscrire « dans une logique de barrage républicain » en 2027. Une campagne qui va accaparer le syndicat.

Propos recueillis par Philippe Verrièle

En partenariat avec La Lettre du Spectacle n°597

Crédit photo : D. R.

Anne Sauvage : « L’union des forces devrait permettre un nouvel engagement pour la danse à Paris »

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Anne sauvage

La fusion entre Micadanses et le CDCN l'Atelier de Paris pose quelques questions. Si beaucoup reste à résoudre, Anne Sauvage, directrice du CDCN apporte quelques réponses.

 

L’Atelier de Paris n’a pas été demandeur de la fusion avec Micadanses. Qui vous a présenté ce projet ?

Christophe Martin m’a informée en juin 2025 des discussions qui avaient eu lieu les mois précédents dans le contexte de son départ en retraite. L’aboutissement de celles-ci a été partagé à la présidence de l’Atelier de Paris fin septembre. Après quelques réunions rassemblant les présidences des deux associations, la DRAC Île-de-France et la Ville de Paris, un texte posant les grands principes d’une fusion entre les deux associations est aujourd’hui en cours d’élaboration.

Quels ont été les arguments pour justifier cette fusion ?

D’après ce qui a été énoncé, la fusion des deux associations a un double objectif. D’un côté, la préservation des activités de Micadanses et de la formidable diversité chorégraphique que l’on retrouve dans les studios de la rue Geoffroy-l’Asnier. De l’autre, l’accompagnement de la dynamique au service des publics et des artistes portée depuis 25 ans par l’Atelier de Paris. L’union des forces et des ressources d’un label chorégraphique (centre de développement chorégraphique national) et de l’association ADDP devrait permettre un nouvel engagement, dont la danse à Paris et en Île-de-France a besoin.

Quelles sont les contraintes d’une implantation à la Cartoucherie, et était-il confronté à des difficultés nouvelles ?

L’Atelier de Paris bénéficie à la Cartoucherie d’espaces rénovés ou conçus spécifiquement pour la danse, avec une possibilité d’hébergement pour les résidences. Grâce à un environnement exceptionnel, les artistes y trouvent la possibilité de se concentrer sur leur travail tout en profitant d’être à Paris pour mener parallèlement leurs rendez-vous et s’immerger dans la vie artistique. Quant au public, la fréquentation est au rendez-vous (93 % pour June Events en 2025). Tous les théâtres de la Cartoucherie sont attentifs aux conditions d’accès qui se sont améliorées ces dernières années ; une nouvelle navette relie le site au métro les soirs de spectacles et une station Vélib’ est située sur le parking. L’Atelier de Paris est confronté aux mêmes difficultés que l’ensemble du secteur, mais a bénéficié contrairement à d’autres structures sur d’autres territoires du maintien de ses subventions en 2025. Cette relative stabilité, conjuguée au travail de l’équipe, lui a permis de maintenir son niveau de soutien aux compagnies. Certains projets ont même pu se déployer, comme« Danses en territoires » (nouvelle mesure dont bénéficient les CDCN et les CCN pour œuvrer pour la diffusion de la danse) ou encore « StudioD Emergence » soutenu pour 3 ans par le mécénat de la Caisse des dépôts.

L’Atelier de Paris et Micadanses, bien que relativement proches, sont assez difficiles à joindre, il faut prévoir une heure pour ne pas rater son rendez-vous.

Dans l’hypothèse de la fusion, où installerez-vous votre bureau ?

À l’échelle d’une ville et d’une région capitale, les deux sites ne sont pas si éloignés que vous le pensez ! Le temps de trajet est d’une demi-heure en vélo ou en transports en commun… Comme je partage aujourd’hui mon temps entre l’Atelier de Paris et les déplacements, je partagerai celui-ci en tenant compte d’une nouvelle organisation.

Vous travaillez avec le futur ex-directeur de Micadanses  à la programmation de Faits divers 2027. Dans votre esprit, prévoyez-vous aussi un festival June Event 2027 ?

June Events dont la 20e édition aura lieu en juin prochain, est un festival qui, au-delà de son identité artistique, est marqué par le site Cartoucherie, par le rythme soutenu, la concentration des spectacles et propositions et par son mode d’organisation – assez rare dans le secteur chorégraphique pour être souligné – puisque porté en quasi-totalité par l’équipe du CDCN. Les deux festivals, assez différents pour être complémentaires, sont nécessaires à la diffusion de la danse et à l’écosystème du secteur.

Propos recueillis par Philippe Verrièle

En partenariat avec La Lettre du Spectacle n°596

Crédit photo : Patrick Berger

Odile Grosset-Grange : « Nous affirmons qu’un CDN va défendre des projets jeune public »

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Odile Grosset-grange

La directrice du Théâtre Nouvelle Génération – CDN de Lyon, Odile Grosset-Grange, organise une fête le 24 janvier lançant sa programmation de demi-saison. Un avant-goût de son projet dédié à l’enfance et la jeunesse : un lieu de vie, adressé à tous. 

 

Que représente pour vous le jeune public ?

Comme artiste, il est au cœur de ma création : en s’adressant à lui, on peut aborder tous les sujets, rassembler tous les âges et les catégories sociales, et aller partout, dans un village ou une scène nationale, avec les mêmes exigences. J’ai intitulé mon projet « La Fabrique de souvenirs », car on a besoin de se ré-émerveiller ensemble, ce que permettent les spectacles jeune public.

Qu’implique de porter un projet jeune public pour un CDN ?

Le TNG a été le premier CDN jeune public en France, ce qui a motivé ma candidature, entre autres. L’appel à projets indiquait de faire de l’EAC de la crèche à l’université. Mais pour moi, il faut aussi proposer des spectacles pour ces publics-là. Le jeune public est le parent pauvre du théâtre, surtout financièrement, mais, aujourd’hui, nous affirmons qu’un CDN va le défendre, avec des projets compréhensibles à partir d’un âge particulier ; et ce, en créant aussi des liens avec les CDN tournés vers la jeunesse (le TJP de Strasbourg, Les Tréteaux de France), les scènes conventionnées enfance et jeunesse, les médiathèques et salles lyonnaises (dont l’Opéra), voire les réseaux jeune public dans l’Ouest, que ma compagnie connaît bien.

Vous ciblez des âges qui le sont encore parfois peu : les tout-petits et les adolescents…

En effet. Même si une création exigeante pour les publics de 6 mois se développe, elle manque de moyens et est très peu proposée dans les CDN. Quant au créneau de l’adolescence, il est difficile à clarifier, ce qui complexifie la diffusion, quoique davantage de CDN s’y intéressent. Mon but est de développer des productions avec des artistes associés qui s’adressent à tous (dont la compagnie Entre eux deux rives), y compris à partir de 6 mois ou de l’adolescence. C’est en réflexion, mais j’imagine créer un comité d’adolescents, qui liraient et choisiraient des pièces, avant de les monter eux-mêmes.

Comment se conçoit une  programmation jeune public ?

D’ici juin, il y a trois spectacles pour les tout-petits, trois pour les 6-9 ans, et trois pour les adolescents. Parmi ces derniers, certains n’ont pas été créés pour eux, mais on sent pourtant qu’ils leur sont aussi adressés, tel Fauxfaire fauxvoir, de Thierry Collet. Je défends un axe dédié aux écritures contemporaines, pensées pour la jeunesse. Des artistes sortis d’école mettront en scène des textes d’auteurs associés pour favoriser la transmission, car la création jeunesse est peu abordée en formation.

À terme, je souhaite créer un temps fort pour la création jeunesse, avec une dimension professionnelle – ce qui n’existe pas dans la région – pour permettre le repérage de compagnies régionales. Et dès la saison prochaine, j’aimerais augmenter les séries de représentations et le nombre de spectacles en ruralité.

La région a retiré sa subvention en 2023...

J’espère qu’un nouveau dialogue se créera. Nous allons lui présenter le projet, qui me semble s’inscrire dans son cahier des charges, et dont elle-même bénéficierait. L’idéal serait que toutes les tutelles soient réunies. Le CDN n’est pas encore stable financièrement, mais l’État (1 374 000 euros en 2025), la ville (613 000), et Lyon Métropole (83 942) nous soutiennent, avec constance.

Propos recueillis par Hanna Laborde

En partenariat avec La Lettre du Spectacle n°596

Crédit photo : Olivier Allard

Salia Sanou : « Notre projet est ambitieux, structurant et ouvert sur de nouveaux horizons »

Infoscènes
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Salia Sanou

Le nouveau directeur du Centre chorégraphique national de Nantes (CCN), Salia Sanou, n'a pas la tâche facile : il porte un projet tourné vers l'Afrique alors que les relations sont très difficiles et il prend la tête d’une institution qui sort d’une période financièrement complexe. 

 

Comment arrivez-vous  à Nantes ?

J’arrive de Ouagadougou (Burkina Faso) où j’étais pour le festival que j’ai créé, Dialogue de corps, et je m’installe à Nantes en ce début d’année. Ma compagnie a été mise en sommeil et les spectacles que je vais donner maintenant font déjà l’objet d’une convention avec le CCN de Nantes. Mon équipe de Montpellier ne vient pas, en particulier Stéphane Maisonneuve qui était directeur délégué de ma compagnie Mouvements perpétuels. Je vais m’appuyer sur celle déjà en place, avec Erika Hess, directrice déléguée du CCN avec Ambra Senatore (directrice de 2015 à 2025). D’ailleurs toute une partie de l’équipe vient de Claude Brumachon (1992 à 2015).

Pour la Termitière [Le CDC est installé à Ouagadougou, NDLR] et le festival, ce sont deux institutions auxquelles je suis très attaché. J’aurai à cœur de poursuivre ce lien, d’apporter un regard d’aîné et de continuer à œuvrer pour le développement de la danse en Afrique. J’ai proposé une direction collégiale et me suis associé avec trois jeunes pédagogues et chorégraphes très engagés à mes côtés depuis longtemps : Wilfried Souly, Vicky Idrissa Kafando et Ousseni Dabaré, alias Esprit.

Est-ce qu’une institution nationale française pourra collaborer avec des structures burkinabés ?

La coopération officielle entre la France et le Burkina Faso est actuellement à l’arrêt, mais je forme le vœu qu’elle puisse reprendre, pour le bien de nos populations respectives. Cela dit, une institution nationale française peut continuer à collaborer avec des structures culturelles burkinabés par le biais de programmes européens de soutien à la création artistique et à la coopération internationale, notamment ceux portés par la Commission européenne.

La situation financière du CCN de Nantes était sensiblement tendue ces dernières années. Quelle est la situation présente ?

La situation reste effectivement fragile, mais nous travaillons en confiance et en dialogue avec nos tutelles pour maintenir le cap. Ce défi nous engage collectivement : rester vigilants, renforcer nos partenariats existants et en construire de nouveaux pour assurer la pérennité et le rayonnement du centre.

Avez-vous eu des engagements budgétaires des tutelles, en particulier la région ?

À ce jour, le CCN ne bénéficie plus du soutien financier de la région Pays de la Loire. Le ministère de la Culture, la ville de Nantes ainsi que le département de la Loire-Atlantique maintiennent leurs subventions. J’espère que la situation évoluera positivement au regard de notre projet, que je souhaite ambitieux, structurant et ouvert sur de nouveaux horizons.

Propos recueillis par Philippe Verrièle

En partenariat avec La Lettre du Spectacle n°596

Crédit photo : Antoine Tempé

Centre national de la musique : Un budget sur la réserve et en retrait

Infoscènes
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Émilie Simon

Au total, le CNM « limite la baisse de son budget d’intervention à 4 % par rapport à son niveau de 2025 » affirme l’opérateur, toutefois les représentants de la filière s’y sont opposés en évoquant une « impasse ».

-26 % de subventions
Dans ce contexte, le conseil d’administration a voté un budget à 133 millions d’euros (137,6 millions en 2025), dont 113,4 millions d’interventions. « Le CNM parvient à confirmer son soutien à la filière musicale et des variétés dans un cadre contraint », estime sa direction qui déplore que sa subvention pour charges de service public diminue de 7 millions d’euros (20 millions d’euros au total), soit -26 %. Un changement d’époque, puisque pour « la première fois » la dotation budgétaire couvre uniquement le fonctionnement de l’établissement. En contrepartie de ce choix gouvernemental, les plafonds des deux taxes affectées augmenteraient de 8 millions d’euros, celui de la taxe sur les spectacles vivants musicaux et de variété passant à 58 millions, et celui sur le streaming musical à 21 millions. Toutefois, les prévisions de rendement de la taxe streaming (18 millions) étant inférieures au plafond, ces rehaussements ne permettront pas de compenser la baisse des subventions. De sorte que le CNM a eu besoin de mobiliser 6 millions d’euros de crédits 2025 non consommés, annulations d’aides et droits de tirage prescrits, « afin de maintenir les aides financières sectorielles à un niveau permettant de répondre aux besoins de la filière (80,8 millions d’euros au total) et de limiter la baisse des aides transversales (20,5 millions d’euros au total) » – s’y ajoutent 12 millions du plan pluriannuel de soutien à la transition des lieux. Le Syndicat des Musiques actuelles (SMA) a voté contre ce budget, qui « prévoit une baisse de 1 million d’euros pour les salles de concert, 900 000 euros pour les tournées de musiques actuelles, 500 000 euros pour l’innovation. »

Vives oppositions
Outre le SMA, Ekhoscènes a également voté contre : « En réduisant les moyens de l’opérateur tout en maintenant ses missions, l’État place le CNM dans une impasse budgétaire et fragilise l’ensemble de la filière musicale. » Pour l’organisation patronale leader, ce budget « marque un tournant : celui d’un opérateur contraint de gérer la pénurie plutôt que d’accompagner la transformation du secteur. » C’est une « rupture assumée avec le projet fondateur ». Toute la filière milite (encore) pour le déplafonnement des taxes affectées alors que la loi de finances n’est pas votée. Le plafonnement de la taxe billetterie ayant déjà « privé le secteur de 5,8 millions en 2024, et d’au moins 8 millions en 2025 », rappelle Ekhoscènes. Selon l’UPFI, « l’État renonce manifestement à l’ambition qui l’animait », en maintenant l’écrêtement et en réduisant les subventions.

Propos recueillis par Jérome Vallette

En partenariat avec La Lettre du Spectacle n°595

Légende photo : Émilie Simon

Crédit photo : Éric Deguin