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Salia Sanou : « Notre projet est ambitieux, structurant et ouvert sur de nouveaux horizons »

Infoscènes
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Salia Sanou

Le nouveau directeur du Centre chorégraphique national de Nantes (CCN), Salia Sanou, n'a pas la tâche facile : il porte un projet tourné vers l'Afrique alors que les relations sont très difficiles et il prend la tête d’une institution qui sort d’une période financièrement complexe. 

 

Comment arrivez-vous  à Nantes ?

J’arrive de Ouagadougou (Burkina Faso) où j’étais pour le festival que j’ai créé, Dialogue de corps, et je m’installe à Nantes en ce début d’année. Ma compagnie a été mise en sommeil et les spectacles que je vais donner maintenant font déjà l’objet d’une convention avec le CCN de Nantes. Mon équipe de Montpellier ne vient pas, en particulier Stéphane Maisonneuve qui était directeur délégué de ma compagnie Mouvements perpétuels. Je vais m’appuyer sur celle déjà en place, avec Erika Hess, directrice déléguée du CCN avec Ambra Senatore (directrice de 2015 à 2025). D’ailleurs toute une partie de l’équipe vient de Claude Brumachon (1992 à 2015).

Pour la Termitière [Le CDC est installé à Ouagadougou, NDLR] et le festival, ce sont deux institutions auxquelles je suis très attaché. J’aurai à cœur de poursuivre ce lien, d’apporter un regard d’aîné et de continuer à œuvrer pour le développement de la danse en Afrique. J’ai proposé une direction collégiale et me suis associé avec trois jeunes pédagogues et chorégraphes très engagés à mes côtés depuis longtemps : Wilfried Souly, Vicky Idrissa Kafando et Ousseni Dabaré, alias Esprit.

Est-ce qu’une institution nationale française pourra collaborer avec des structures burkinabés ?

La coopération officielle entre la France et le Burkina Faso est actuellement à l’arrêt, mais je forme le vœu qu’elle puisse reprendre, pour le bien de nos populations respectives. Cela dit, une institution nationale française peut continuer à collaborer avec des structures culturelles burkinabés par le biais de programmes européens de soutien à la création artistique et à la coopération internationale, notamment ceux portés par la Commission européenne.

La situation financière du CCN de Nantes était sensiblement tendue ces dernières années. Quelle est la situation présente ?

La situation reste effectivement fragile, mais nous travaillons en confiance et en dialogue avec nos tutelles pour maintenir le cap. Ce défi nous engage collectivement : rester vigilants, renforcer nos partenariats existants et en construire de nouveaux pour assurer la pérennité et le rayonnement du centre.

Avez-vous eu des engagements budgétaires des tutelles, en particulier la région ?

À ce jour, le CCN ne bénéficie plus du soutien financier de la région Pays de la Loire. Le ministère de la Culture, la ville de Nantes ainsi que le département de la Loire-Atlantique maintiennent leurs subventions. J’espère que la situation évoluera positivement au regard de notre projet, que je souhaite ambitieux, structurant et ouvert sur de nouveaux horizons.

Propos recueillis par Philippe Verrièle

En partenariat avec La Lettre du Spectacle n°596

Crédit photo : Antoine Tempé