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Safe zones : le nouvel incontournable

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Safe zones

Pour prévenir les malaises, crises d’angoisse et VSS, de nombreux événements mettent en place des « safe zones ». Sécurisants et rassurants, ces espaces offrent au public la possibilité de se reposer et de décompresser avant qu’il ne soit trop tard.

Pendant des années, malgré un fort intérêt pour les concerts, Marine Le Bars ne se sentait pas capable de se mêler à la foule. « J’ai longtemps souffert d’anxiété. Cela m’a parfois complètement empêchée de sortir de chez moi », dévoile l’influenceuse de 28 ans. Comme une thérapie, la jeune femme décide de mettre des mots sur ses difficultés face caméra. Et c’est finalement sa notoriété grandissante – sa chaîne YouTube dépasse aujourd’hui les 850 000 abonnés – qui a fini par lui rouvrir les portes des festivals, dans les espaces VIP. 

Éloignée de la foule, Marine Le Bars a ainsi redécouvert les joies du live en toute sérénité, mais en étant consciente d’être privilégiée. « La quasi-totalité des festivaliers n’a pas accès à ces conditions plus calmes. Dans la fosse, en cas de crise d’angoisse, il n’y a pas d’alternative à la tente des secouristes, souffle-t-elle, en confiant avoir vécu une telle situation. L’anxiété nécessite du temps, de l’espace et des ressources que les secouristes n’ont pas. Souvent, ils vous conduisent à la sortie sans que la crise soit réglée. Le cerveau enregistre cette expérience négative et il est ensuite très difficile d’imaginer revenir un jour en festival », explique l’influenceuse.

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Par Eliott Bureau

Légende photo : Marine Le Bars propose sa « Maison Bulle » sur les festivals de plein air.
Crédit photo : Story of Marco

Renforcer la convivialité d’un lieu

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convivialité lieux

De l’architecture aux aménagements intérieurs, en passant par de nouveaux usages, la question de la convivialité à destination des publics traverse un lieu, de sa conception jusqu’à la conduite de ses équipes.

Les théâtres, opéras ou salles de concert ne sont-ils que des lieux de diffusion de spectacles ? Rares sont ceux qui n’organisent pas des rencontres avec des artistes ou des actions d’éducation artistique et culturelle, rares aussi sont ceux qui n’ont pas un bar, un restaurant ou une librairie. 

Cependant, l’architecture de ces lieux peut participer de l’envie d’y entrer et d’y rester. À commencer par les abords du bâtiment. Le NEST, centre dramatique national transfrontalier de Thionville, vient de choisir le projet architectural qui remplacera les bâtiments en bois qui ont fait sa singularité, installés sur une ancienne friche industrielle, en bord de Moselle. Alexandra Tobelaim, sa directrice,  relate : « Le parvis sera un lieu de vie structurant, ouvert sur la Moselle et sur le quartier. Il sera un lien poreux entre le lieu et la ville. » Avec l’idée que des activités puissent s’y développer ou  des structures s’y installer, comme des chapiteaux. 

À Dijon, la scène de musiques actuelles (SMAC) La Vapeur a été réhabilitée en 2015. Un parvis a également été créé par l’Office parisien d’architecture, avec lequel travaille Frédéric Robbe, directeur de l’Astrolabe (SMAC d’Orléans), associé à la maîtrise d’ouvrage. « Ce parvis permet l’organisation d’activités parallèles à celles du lieu, comme un DJ set ou une brocante musicale. C’est devenu un lieu de vie convivial ouvert la journée sur le quartier. »

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Par Nicolas Dambre

Légende photo : Au CentQuatre (Paris), des espaces « ouverts, non définis, adaptables »  ont permis que des activités plus ou moins spontanés se développent.
Crédit photo : Quentin Chevrier

Passeport, itinéraire d’une pièce déprogrammée

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Passeport

L’annulation, par la Ville, de la pièce d’Alexis Michalik au théâtre de la ville de Castres a provoqué de vives réactions, et montré les difficultés que peuvent rencontrer certaines pièces aux sujets jugés trop politiques. 

Issa, un jeune migrant érythréen, est laissé pour mort dans la jungle de Calais. Ce récit d’exil de Passeport, Alexis Michalik l’a imaginé alors qu’il était en voyage. « C’est avant tout une histoire humaine, je savais que le sujet était différent de mes pièces précédentes, mais quand une pièce trouve son public, elle tourne. » La pièce est effectivement un succès populaire, avec près de 900 représentations à ce jour. Début juin, c’est par une spectatrice, étonnée de ne pas la voir dans le programme, que le metteur en scène apprend son annulation au théâtre municipal de la ville de Castres. 

Florian Azéma, jeune maire (RN) fraîchement élu à la faveur d’une fragmentation de la droite, affirmait en juin à l’AFP que Passeport d’Alexis Michalik « [fait] la promotion des clandestins et [propose] un traitement assez particulier des forces de l’ordre, évidemment, cela ne correspond pas à ce que j’avais défendu pendant la campagne ». Et ajoutait souhaiter « que l’argent public, l’argent des Castrais, soit dépensé correctement » avant de cesser toute communication avec la presse. Nos demandes d’interview sont restées lettre morte. Si la pièce a rencontré son public, Castres n’est pas la première difficulté que Passeport rencontre depuis sa création en 2023 au Théâtre de la Renaissance, à Paris. 

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Par Pauline Demange-Dilasser

Légende photo : La décision d’annulation de la Ville de Castres n’est pas la première difficulté que Passeport a rencontrée depuis sa création, en 2023.
Crédit photo : Alejandro Guerrero

Coproduire au plus simple

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Gorfou-Tornade

Sans frais de constitution, sans contraintes de publication légale, la société en participation (SEP) permet de sceller une collaboration sur un projet précis et de se dissoudre de plein droit une fois la tournée achevée.

Qu’il s’agisse de partager les risques financiers d’une création, d’unir des compétences artistiques complémentaires ou de structurer une tournée, l’alliance entre deux compagnies est une pratique courante. Pourtant, le choix du modèle juridique approprié suscite régulièrement des interrogations. Faut-il fonder une nouvelle association, créer une société commerciale commune, ou se contenter d’un simple contrat de coproduction ? La société en participation (SEP) offre une alternative particulièrement efficiente. La société en participation se distingue fondamentalement de la plupart des formes juridiques par une caractéristique majeure : elle ne possède pas la personnalité morale. Elle n’est pas immatriculée au registre du commerce et des sociétés (RCS) et ne dispose d’aucun patrimoine propre. Elle naît de la seule volonté contractuelle des parties, formalisée par la  rédaction de statuts sur mesure. Elle peut demeurer « occulte » (seuls les associés en connaissent l’existence) ou devenir « ostensible ». En pratique, c’est presque exclusivement la forme ostensible qui est retenue. La SEP s’affiche ouvertement auprès des coproducteurs, des diffuseurs, des organismes de subvention et du public. Pour autant, vis-à-vis des tiers, ce sont les compagnies associées – et non la SEP  elle-même – qui restent titulaires des droits, des contrats et du matériel. La SEP fonctionne comme un contrat sur mesure pour donner vie à un projet artistique précis, sans les contraintes d’une structure permanente.

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Par Cyrille Planson

Légende photo : Gorfou-Tornade, cartoon théâtral, verra le jour en janvier, dans le cadre d’une SEP entre la compgnie Delta Bergamote et la Criée.
Crédit photo : Delta Bergamote

Festivals : un été de canicules

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Canicule

Annulés dans leur intégralité  ou seulement pour une soirée, affectés par des températures exceptionnelles, les festivals ont été durement touchés par les vagues de chaleur de l’été 2026. Au point de devoir changer leur modèle ?

« Peut-être qu’un jour, on envisagera de faire le Festival d’Avignon à Pâques ou à la Toussaint. » Ces mots sont ceux de Catherine Pégard, ministre de la Culture, le jour de l’ouverture de la 60e édition du Festival d’Avignon. Et alors qu’une première vague de chaleur frappait la France, le thermomètre dépassant allègrement les 40 ° C dans l’Ouest et le Centre, jusqu’alors préservés de ces épisodes précoces. Certes, Avignon n’est sans doute pas le meilleur exemple en la matière : la quasi-totalité des salles y sont climatisées. Mais l’intervention publique de la ministre traduit une réalité. 

Quelques jours auparavant, plusieurs festivals ont été annulés en raison du dérèglement climatique. Solidays, Chambord Live, Garorock, Rétro C trop… D’autres l’ont été partiellement, au moins pour une soirée, à l’image d’Europavox, à Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme), en raison d’un épisode orageux. Tout cela pose clairement la question du devenir des manifestations estivales désormais soumises à des événements climatiques qui n’ont plus rien d’exceptionnel. Les défis qui se présentent sont nombreux, tant en matière de gestion des projets, de prévention des risques et de maîtrise des coûts afférents.

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Par Cyrille Planson

Légende photo : Au festival Europavox, les publics ont fait l’objet de toutes les attentions les jours de grosse chaleur.
Crédit photo : D. R.

Les scènes nationales, colosses aux pieds d’argile ?

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Arnaud Meunier

Il y aura bien une saison 2026-2027 pour Le Channel, à Calais, et pour la MC2, à Grenoble. Mais il s’en est fallu de peu. Dans les deux établissements, les derniers mois ont été marqués par des alertes financières et institutionnelles suffisamment sérieuses pour mettre en question la poursuite même de l’activité. Deux situations singulières, qui disent pourtant quelque chose d’un malaise beaucoup plus général.

À Calais, le coup de tonnerre est venu en avril. Les conclusions d’un audit mené par Laurent Solignac proposaient un remède de cheval au Channel : une fermeture pour six mois, le temps de remettre l’établissement à flot. Le personnel aurait alors été placé au chômage technique. Un séisme. L’étude, commandée par la directrice, Sophie Mugnier, nommée en octobre 2025, avait comme objectif de « démontrer aux institutions, depuis une parole neutre et un point de vue extérieur, la nécessité absolue de maintenir les subventions de fonctionnement du lieu ». Les conclusions de « l’audit Solignac » ont été bien évidemment fortement contestées. Après un second audit  financier, confié cette fois à Nathalie Van Vliet, ancienne administratrice de l’Orchestre national de Lille, et l’assurance du soutien financier des tutelles, le conseil d’administration a acté fin juin la poursuite de l’activité. De son côté, Cyrille Seassau – qui a notamment dirigé le Syndeac entre 2014  et 2018 – a été chargé d’une mission  de médiation avec le personnel, très éprouvé ces derniers mois.  

Le spectre de la  cessation d’activités  
Le risque immédiat écarté, reste néanmoins la question qui a traversé toute la crise : celle du modèle économique. « S’il existe des divergences de conclusions sur la temporalité entre les deux audits, celui de Nathalie Van Vliet écartant tout risque de cessation de paiement à court ou moyen terme, sur le fond, il est nécessaire de revoir le modèle économique », prévient la première adjointe de la Ville de Calais, Faustine Maliar. L’élue précise : « Il faut réduire la dépendance de la maison Channel aux subventions publiques. » 

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Par Bruno Walter

Légende photo : Arnaud Meunier, directeur de la MC2, à Grenoble
Crédit photo : Pascale Cholette

« Des ajustements en cours de saison, ce n’est pas idéal »

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Harriague

Martin Harriague, directeur du Ballet d'Avignon, vient de présenter  la prochaine saison... qu'il ne finira pas, puisque son mandat au CCN Ballet Biarritz débute le 1er janvier 2027. Une situation complexe  à négocier avec doigté. 

Vous avez donné votre dernière création avec le Ballet d’Avignon. Quel est votre prochain projet ?
Ce n’est pas la dernière création ! Les projets se montent à l’avance et Synergy inc., « ou comment réparer un cœur brisé », doit être co-chorégraphié avec Emilie Leriche, ma partenaire dans le duo Crocodile, pour une première le 27 avril à Berne et mi-mai à Avignon. Car c’est une coproduction entre le Ballet de l’Opéra Grand Avignon et le Bühnen Bern Ballett rassemblant l’ensemble des danseurs. Ils seront 26 ! Et d’ici là, je vais créer un Don Quichotte, pour le CCN Ballet Biarritz en décembre 2026, pour un programme mixte avec l’Amour Sorcier, de Thierry Malandain [fondateur et actuel directeur du CCN Ballet Biarritz, NDLR]. Ce sont l’un et l’autre des projets très importants.

Le Ballet Biarritz va-t-il changer ?
Pour le moment, il est prévu de recruter quatre danseurs, sans aller au-delà de l’effectif actuel  (22). La difficulté vient de ce que ces danseurs choisis par Thierry se sentent à l’aise dans mon travail. Des ajustements en cours de saison, ce n’est pas idéal. Cela revient à envisager une double programmation avec certains danseurs qui vont partir. Nous y verrons un peu plus clair lors du Temps d’Aimer 2027. Je pense au thème d’une pièce pour l’ensemble de la compagnie. Une grande forme adaptable à des théâtres plus petits pour répondre aux enjeux de diffusions. Par ailleurs, je voudrais inviter d’autres chorégraphes, mais se pose la question budget. Chaque production avec un invité demande un budget supplémentaire. J’attends de savoir où nous en serons, avec les coupes budgétaires réelles, et d’avoir élaboré des stratégies pour des financements complémentaires. J’aimerais faire revenir Thierry Malandain pour une création en 2028, à l’occasion des 30 ans du CCN. Lui n’a plus trop envie ; il a besoin de se détacher. Mais d’ici quelques mois, ce serait très bien.

Comment est perçue votre arrivée ?
Très bien. Les habitants me connaissent. Mais il a fallu envisager la problématique du conseil d’administration [Catherine Pégard en a quitté la présidence]. Le président, Clément Hervieu-Léger [administrateur général de la Comédie-Française], malgré ses fonctions, s’implique beaucoup. Tout le monde est très vigilant, mais sans inquiétude. Nous allons vers 4 à 6 % de réduction des financements quand un remontage d’une pièce d’un autre chorégraphe représente 50 000 euros de droits ! Dans l’immédiat, mon projet le plus important, c’est d’apprendre le basque. Bien que né à Anglet, je ne le parle pas et je sais que dès qu’on pratique la langue, une confiance particulière s’installe. C’est surtout vrai de l’autre côté de la frontière. Et comme je souhaite continuer à nourrir et à développer le travail transfrontalier, il me semble important de faire cette démarche, même pour des raisons artistiques. 

Propos recueillis par Philippe Verrièle

En partenariat avec La Lettre du spectacle n°608

Crédit photo : D. R. 

Hilaire Multon : « Il y aura une saison au Channel cette année »

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Hilaire Multon

Dans la tourmente à la fin du printemps, le Channel a retrouvé de la visibilité avec ses partenaires qui maintiennent leur soutien, une mission d’accompagnement et une saison complète à venir, détaille Hilaire Multon, DRAC des Hauts-de-France.

Un nouvel audit a été rendu. Que révèle-t-il sur le Channel ?
L’audit présenté au conseil d’administration en transparence montre la soutenabilité d’une saison, aménagée dans ses temporalités, mais en soutien au projet artistique de la directrice. Il met des points de vigilance de moyen terme sur la question de la diversification des ressources, mais rappelle aussi que tous les partenaires se sont fortement mobilisés et ont consolidé ses ressources pour 2026. C’est le cas de la ville, principale contributrice, qui est revenue à un montant [800 000 euros, NDLR] supérieur aux années précédentes, avec un engagement sur 2026 et 2027. C’est le cas de l’État qui, dans le contexte de baisse de 5 % du programme 131, est en stabilité à l’euro près (700 000 euros), avec, le cas échéant, des aides au projet (l’option théâtre au lycée Berthelot, et l’option cirque sont maintenues), et probablement dans le cadre de l’itinérance et des missions auprès des habitants. C’est le cas de la région. Le département, très volontariste – nous avons trois scènes nationales dans le Pas-de-Calais –, maintient son niveau de 2025. Depuis un mois, nous sommes tous mobilisés, 7 jours sur 7 sur le cas du Channel. De ce fait, l’équipe est de nouveau en activité. La saison sera présentée à la rentrée, et commencera de manière légèrement décalée pour les grandes formes. Mais le Channel est un lieu hybride avec la librairie Actes Sud, l’activité liée au partage de l’outil, à l’accueil des structures, qui reprendront dès la rentrée.

Pas de saison blanche, donc ?
Pas du tout. Il y aura une saison au Channel, revue en partie, mais respectueuse du cahier des charges d’une scène nationale. Elle sera un peu décalée par la force des choses, car il fallait sécuriser l’activité des équipes approchées. Ce sera le cas.

Faut-il revoir le modèle ?
C’est l’enjeu de la négociation d’une nouvelle convention pluriannuelle d’objectifs. Le Channel a des coûts de fonctionnement qui ne se sont pas améliorés avec le temps. Nous allons installer des comités de suivi pour travailler sur le coût énergétique du bâtiment. La mission d’attention au personnel va se poursuivre. Les partenaires ouvrent une réflexion sur les tarifs et la fidélisation des publics. La DRAC y sera attentive. L’enjeu est de faire vivre l’esprit du Channel et de le repenser avec cette confiance renouvelée. Après un travail intense et le concours de deux experts très capés, nous sommes arrivés à une situation où les partenaires sont unis autour d’un projet de soutien à la directrice et d’un nouveau récit. Le climat que l’on a créé permettra de consolider ces ressources. L’État, qui n’a pas vocation à se substituer à la gouvernance, est le garant d’un accompagnement qui va se poursuivre, parce qu’on a identifié, après 30 ans de direction de Francis Peduzzi, cette nécessité.

Son départ pèse-t-il encore financièrement sur le Channel ?
Je suis respectueux de clauses de confidentialité définies dans la rupture conventionnelle. Les partenaires publics ont assumé largement ce départ en le prenant en charge. Cela n’a pesé que très marginalement sur la structure. Et c’est derrière nous. 

Propos recueillis par Jérome Vallette

En partenariat avec La Lettre du spectacle n°608

Crédit photo : P. Brounais 

Musique : les 15 propositions du Syndeac pour « une filière plus juste »

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LL608-Musique

Sous le titre « Des enjeux publics aux logiques privées », le Syndeac vient de livrer 15 propositions stratégiques autour de trois axes pour la musique : « découvrir, redistribuer, consolider », dans une période où le syndicat a engrangé depuis trois ans de nouvelles adhésions venues du champ musical.

« Mécanismes marchands »
Son constat –« concentration économique, montée des logiques de plateforme, pression sur les modèles de production et de diffusion, injonctions à la rentabilité immédiate, fragilisation des équipes artistiques » – est que la musique est soumise à des « mécanismes marchands » qui s’étendent peu à peu désormais à tout le spectacle vivant. Le syndicat estime que le champ musical a besoin d’une « parole syndicale politique » proposant « une vision du service public de la culture », le Syndeac proposant sa « représentativité » de tous les champs du secteur (Smac, ensemble, CNCM, festivals, etc.) en ce sens.
Au cœur de ses propositions, le syndicat veut « passer d'une logique de répartition à une logique de redistribution » avec de « vrais transferts de ressources » des structures les plus profitables vers les plus fragiles.

Élargir la taxe billetterie 
Dans le détail, l’organisation demande l’élargissement à toutes les esthétiques de la taxe billetterie afin que le Centre national de la musique (CNM) puisse toutes les aider. Dans la même veine, il veut la reconnaissance de tous les statuts économiques pour demander le soutien du CNM, et l’instauration d’un plafond d’aide en commission et en droits de tirage (plafond identique de 300 000 euros par an). Sur son fonctionnement, le Syndeac souhaite une « réelle représentativité » de la filière musicale alors que 55 % des sièges vont au secteur privé. Sur le champ lyrique, il demande de lancer une « réforme des cahiers des charges » des maisons d’opéras pour plus de soutien à la création. Concernant la Sacem, le Syndeac veut une concertation pour « renforcer la logique de filière musicale au sein de [sa] politique d’action culturelle ». Il demande une démocratisation de sa gouvernance et de rejoindre la fédération Tous pour la musique hébergée par la Sacem. Enfin, le syndicat demande à l’État d’orienter en priorité son soutien vers « les équipes artistiques féminines » et de « débureaucratiser » les demandes de soutien en simplifiant ses procédures. 

Jérome Vallette

En partenariat avec La Lettre du spectacle n°608

Légende photo : The Bloyet Brothers
Crédit photo : Éric Deguin 

30 ans d’engagement

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30 ans La Scène

La Scène a 30 ans. Ce n’est pas rien. En trente ans, tout a changé. Ou presque. La structuration professionnelle du secteur, les politiques culturelles, nationales ou locales, les rapports public-privé, les modes de production, l’organisation de la diffusion… Mais aussi un certain engagement sur la place de l’art dans notre société, pour la culture, cette culture aujourd’hui bousculée de toutes parts quand ce qui doit être considéré comme un service public n’est pas tout simplement remis en cause dans ses  fondements les plus profonds. 

À l’été 1996, aucun magazine professionnel ne couvrait le champ du spectacle vivant, dans toutes ses composantes. Il faut dire que le pari était osé, dans un secteur se caractérisant (déjà) par sa fragilité économique et la fragmentation de ses acteurs. Aujourd’hui, on imagine difficilement une filière professionnelle comme le spectacle dépourvue  de sa presse spécialisée. Nous avons su tenir bon, déplacer des montagnes (en particulier de papier !), maintenir nos paginations, et braver toutes les tempêtes, les « crises » qui se sont succédé en trente ans, économiques, sanitaires, multifactorielles. Souvent, nous disons que La Scène est en crise… depuis trente ans. 

Depuis sa création, en juin 1996, La Scène a souvent changé de costume. Et de formule. Pour s’adapter à vos nouveaux besoins ainsi qu’à la  naissance et à l’essor d’Internet et des réseaux  sociaux qui ont percuté le rapport à l’information, notamment professionnelle. Mais nous avons conservé le même esprit et la même ligne directrice : rester indépendants, vivre sans subventions avec des moyens « artisanaux », être au cœur de vos métiers, de vos structures, de vos fonctions, faire vivre la pensée, scruter les évolutions et les tendances, confronter des pratiques et des expériences, animer une communauté, publier, dans le sillage du magazine, des ouvrages spécialisés, lancer des événements comme les Biennales Internationales du Spectacle. En résumé, être à vos côtés, au service de la création artistique, depuis trois décennies. 

Ces trente bougies, nous sommes fiers de les souffler avec vous dans un paysage médiatique – hélas – chahuté par le contexte économique, politique  et idéologique. À cette occasion, nous tenons à  remercier chaleureusement et sincèrement toute l’équipe – fidèle – du magazine, dont la passion et l’engagement sont sans faille, nos lecteurs – fidèles aussi – et nos annonceurs – fidèles encore – de participer à cette belle aventure de presse. 

Que sera le paysage culturel et médiatique dans dix ans ? Notre prochain défi : continuer à vous  proposer un magazine utile et inspirant et fêter, avec vous, nos 40 ans !   

Nicolas Marc, fondateur  
Cyrille Planson, rédacteur en chef