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Pourquoi il nous faut préserver les financements publics

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Daniel Urrutiaguer

Le basculement vers une économie semi-privée ferait peser des menaces, notamment sur la diversité de la création et l’accessibilité de tous à la culture.

Reposant sur une promesse d’égalité formulée à la Libération, les politiques culturelles ont placé au cœur la démocratisation de la culture, à laquelle s’est ajoutée plus récemment la notion de démocratie. Au fil du temps, ce modèle a révélé des fragilités et des limites, au point de se voir aujourd’hui remis en cause. « Il l’est soit pour des motifs économiques, explique Philippe Teillet, maître de conférences en sciences politiques à l’institut d’études politiques (IEP) de Grenoble, soit par ceux qui jugent que l’enjeu fondamental n’est pas l’égalité, mais la liberté. » Ainsi, plutôt que d’essayer de repenser les politiques, certains prônent l’abandon de ce qui a été accompli. 

Or, même si, rappelle Daniel Urrutiaguer, professeur d’économie et d’esthétique du théâtre à l’université Sorbonne Nouvelle, « l’hybridation entre une logique publique et une logique marchande existe déjà, des ressources propres venant compléter des subventions de fonctionnement », nombre de fondements du secteur perdurent grâce à l’implication de l’État et des collectivités territoriales. À commencer par le régime de l’intermittence, pivot du spectacle vivant, subventionné comme privé. Avant l’entrée dans la carrière se pose la question de la formation initiale, assurée en partie par le réseau de l’enseignement supérieur de la culture, riche de nombreuses écoles.

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Par Marie-Agnès Joubert

Légende photo : Daniel Urrutiaguer, professeur d’économie  et d’esthétique du théâtre  à l’université Sorbonne Nouvelle  

Crédit photo : D. R.

Comment mieux inciter aux mobilités douces ?

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véloparade

L’intention est partagée par de nombreux organisateurs d’événements. Pourtant, comment réellement bouger  les lignes ? Tour d’horizon des bonnes pratiques  en matière d’actions incitatives, de communication, mais aussi de mesures coercitives.  

Le diagnostic mené par  Sociotopie en 2023, dans  le cadre du programme Festivals en mouvement, s’appuie sur une cinquantaine d’événements volontaires. Il révèle que 59,2 % des festivaliers y sont venus en voiture, 13,7 % en train, 7,6 % à pied, 3,5 % en covoiturage et 3,1 % à vélo. L’étude relève par ailleurs que le choix de mobilité est principalement opéré par praticité, manque d’autre choix ou souci de rapidité. Le poids  de l’habitude et des représentations sociales est également pointé. Dans le viseur : les déplacements en voiture thermique, qui constituent 70 % du  bilan carbone de ces événements ! Mais comment bifurquer ?

Accompagner la venue à vélo
À Saint-Brieuc, le festival Art Rock mise sur l’incitation au vélo. Bien qu’ayant lieu en centre-ville, son public s’y rend principalement en voiture, « notamment 87 % des personnes venant de l’agglomération alors que cela n’est parfois pas si loin, de l’ordre de quinze à vingt minutes à vélo », explique Carole Meyer, sa directrice. Chaque année, le festival ajoute de nouvelles mesures pour faciliter la venue à vélo, parmi lesquelles un parking à vélo qui triple entre 2019 et 2025, affichant complet chaque soir. Le festival organise également, depuis 2022, une « véloparade ». L’événement festif et artistique – ayant rassemblé cette année 300 personnes – se veut « une façon détournée d’apporter un autre regard sur les mobilités ». 

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Par Julie Haméon

Légende photo : La « véloparade » du festival Art Rock contribue à changer le regard des publics  sur ce mode de transport doux.

Crédit photo : Gwendal Le Flem

Les seniors, un public à choyer

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Dominique Bluzet

Les spectateurs les plus âgés constituent un public nombreux, mais avec  des habitudes et des contraintes que les établissements doivent prendre en compte.   

C’est un public fidèle, qui a souvent du temps, de l’argent… et des  exigences. Dans leur volonté de diversifier  et de rajeunir leurs spectateurs, certaines salles de spectacle peuvent délaisser ce public, souvent considéré comme acquis et peu pris en compte par les politiques culturelles. En matière de gestion de la relation client (CRM), ils sont difficiles à identifier, faute de date de naissance renseignée lors des achats ou faute de tarif spécifique. L’Opéra de Toulon pratique un tarif pour les moins de 30 ans, mais pas pour les seniors. « Mais on les voit parmi nos publics. Ce sont des fidèles, nous essayons donc de les chouchouter », explique Valérie Caranta, directrice  de la communication et des publics.  

Isabelle-Anne Person, directrice des publics au Théâtre des Champs- Élysées, expose : « La moyenne d’âge  est de 63 ans, ce qui n’est pas si élevé,  mais les personnes de plus de 70 ans sont surreprésentées dans notre établissement par rapport au reste de la population. Ce public apprécie d’être connu et reconnu. Ce n’est pas un spectateur lambda, il veut se sentir comme à la maison. Je demande au personnel d’accueil et de contrôle d’être très attentif. Certains les connaissent et discutent avec eux. » C’est pourquoi l’établissement ne fait pas appel à des prestataires extérieurs, les personnels sont permanents et connaissent  parfaitement le lieu, son public et la programmation.

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Par Nicolas Ambre

Légende photo : Dominique Bluzet, directeur du Grand Théâtre de Provence, face aux seniors  et leurs accompagnants

Crédit photo : D. R.

Monter un projet transfrontalier

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Stéphane Segreto-Aguilar

Profitable à plus d’un titre pour affermir ses pratiques professionnelles, une telle démarche requiert l’élaboration d’une stratégie et s’avère complexe  en matière d’ingénierie.  

Certaines compagnies et lieux de diffusion établis dans une région limitrophe d’un pays étranger souhaitent, à un moment donné de leur  parcours ou du développement de  leur ligne artistique, profiter de cette  opportunité pour monter un projet transfrontalier. Celui-ci peut être de dimension et de nature différentes, mais doit toujours être conçu dans l’optique d’une coopération (faire circuler des savoirs, des idées, des œuvres, etc.) et relever de l’expérimentation. Ainsi, penser que l’on va pallier une difficulté à créer ou à diffuser sur son territoire en s’inscrivant dans une logique transfrontalière est illusoire, et ne saurait constituer un objectif en soi.   

La stratégie 
La première étape consiste donc à définir une stratégie : pourquoi élaborer un tel projet, avec qui, et pour quels  attendus ? « Il s’agit avant tout de partir d’une problématique que l’on essayera  de faire basculer vers un autre état de  l’art », explique Stéphane Segreto-Aguilar, directeur du Relais culture Europe. Ce sera, par exemple, enrichir ses compétences ou les transmettre à de jeunes générations, se confronter  à d’autres publics que ceux que l’on  côtoie habituellement, soutenir des créateurs émergents, ou encore faciliter la circulation des artistes dans un espace où elle est entravée. 

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Par Marie-Agnès Joubert

Légende photo : Stéphane Segreto-Aguilar, directeur du Relais culture Europe 

Crédit photo : Jaycee Chaumet

La nouvelle convention « culture et santé »

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projet Momentum

Un dispositif désormais renforcé peut vous accompagner dans les projets que vous souhaitez monter avec des structures de soins.  

Le 21 juillet dernier, le ministère de la Culture et le ministère du Travail, de la Santé, des Solidarités et des Familles signaient une nouvelle convention interministérielle « culture et santé », ouvrant de nouvelles perspectives à ce partenariat  institué dans une première convention voici vingt-cinq ans. À travers ce nouvel outil, les ministères signataires entendent s’adresser à l’ensemble des  écosystèmes du soin et de l’accompagnement : personnes malades, âgées ou en situation de handicap, mais aussi familles, aidants et soignants. En effet, le champ de la convention se trouve très largement élargi. 

« La première convention de 1999 concernait uniquement les établissements hospitaliers, celle de 2010 s’ouvrait, à titre expérimental, aux établissements médico-sociaux. Cette nouvelle convention confirme pleinement la prise en compte du champ du handicap et du médicosocial », explique-t-on au ministère de la Culture, contacté par La Scène. Dès lors, il sera désormais possible de conduire des projets « avec de nouveaux acteurs, notamment de  la prévention, et de nouveaux publics,  notamment les personnes qui bénéficient du maintien à domicile ». La convention signée cet été « insiste sur la territorialisation », veillant à associer davantage les collectivités territoriales, « notamment les départements, au titre de leurs compétences sociales ». 

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Par Cyrille Planson

Légende photo : Avec le projet Momentum, des artistes  ont pu travailler avec les pensionnaires d’un Ephad.

Crédit photo : D. R.

Festivals : enfin un lieu à soi

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Musicalarue

Certains organisateurs de festivals gèrent des lieux permanents : une activité complémentaire avec des possibilités de développement culturel ou de diversification.   

Une salle de spectacle de 500 places dans un village de 700 âmes ? Les Cigales ont été inaugurées en 2015 à Luxey, dans les Landes, entre Bordeaux et Mont-de-Marsan. Chaque été, le bourg reçoit plus de 15 000 visiteurs par jour qui viennent assister au festival Musicalarue. La manifestation gère Les  Cigales via une délégation de service public de dix années. Pourquoi un festival s’est-il lancé dans cette aventure ? François Garrain, président de l’association Musicalarue, répond : « Ce lieu permet de pérenniser notre activité et  notre structure. C’est un lieu de vie pour les salariés du festival, un outil de travail pour de l’accompagnement artistique et de la diffusion. Quant à la jauge, elle n’est jamais idéale : trop petite pour des artistes reconnus, trop grande pour de la découverte. » 

Avec l’inauguration de ce lieu, l’équipe salariée de l’association est passée de 3,5 à 9 équivalents temps plein. S’est alors posée la question du fléchage de leurs actions et des moyens. Les permanents consacrent environ la moitié de leur temps aux Cigales et aux  actions à l’année. Les subventions sont également fléchées, certaines sont spécifiquement destinées au lieu (devenu siège social de l’association), comme celles de la commune ou de la communauté de communes Cœur Haute Lande, propriétaire du bâtiment.

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Par Nicolas Dambre

Légende photo : Dans les Landes, Les Cigales est un lieu de diffusion géré par le festival Musicalarue.

Crédit photo : Musicalarue

De la solidarité en temps de crise

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Yvann Alexandre

Qui Vive ! implique 24 lieux et 62 équipes artistiques durant trois mois en réponse  aux coupes budgétaires de la Région Pays de la Loire.  

L’opération est sans doute inédite à l’échelle d’une métropole. Pendant un trimestre, 24 lieux culturels associés expérimentent une nouvelle forme de coopération « par la mise en commun de leurs moyens d’action dans un contexte de fragilisation économique de la culture, afin de soutenir et de valoriser la richesse de l’écosystème culturel local », expliquent les promoteurs de ce projet. Parmi eux, Yvann Alexandre dirige le Théâtre Francine-Vasse – Les Laboratoires vivants, qui est chargé de la coordination de cette expérimentation intitulée « Qui vive ! ». 

L’idée remonte au mois de février 2025, quelques semaines après l’annonce  par la Région Pays de la Loire de l’arrêt d’un très grand nombre de dispositifs finançant les projets culturels (création, festivals, résidences, etc.).  « On s’est tous réunis, artistes et lieux, pour se demander comment nous allions affronter la situation et ce qui était  possible à notre échelle, se souvient Yvann Alexandre. Les coupes budgétaires étaient énormes, les perspectives de  création et de diffusion s’amenuisaient considérablement et la Ville, bien que  très engagée, n’allait pas pouvoir combler toutes les pertes. » Surtout, assure-t-il, « nous ne voulions pas subir cette situation ». Dès lors s’est engagé un processus de collecte d’informations, complété par des « appels solidaires » auprès des équipes artistiques et des lieux.  Il s’agissait d’identifier les projets  en difficulté, les résidences non  financées, les tournées inabouties,  les créations qui pourraient ne pas  voir le jour.

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Par Cyrille Planson

Légende photo : Yvann Alexandre, directeur  du Théâtre Francine-Vasse –  Les Laboratoires vivants

Crédit photo : Mathilde Guiho

Contrats de cession : jusqu’où négocier ?

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Claire Guieze

Si les critères de négociation des contrats de cession sont parfois subjectifs, certaines lignes rouges  ne peuvent être franchies. 

Dans un contexte de raréfaction des financements publics, la négociation des contrats de cession cristallise plus que jamais les tensions. Tout se joue sur une étroite ligne de crête, entre la nécessité pour les lieux de diffusion de sauvegarder leur volume d’activité et le besoin des compagnies d’assurer leur viabilité économique. Or, dans un secteur fragilisé par la crise, cet équilibre devient chaque année plus difficile à maintenir. Pour tenter d’instaurer un cadre équitable, le Syndeac  a élaboré, en février 2025, une charte des bonnes pratiques entre les établissements culturels et les équipes artistiques. Le texte rappelle un principe essentiel : « Aucun contrat de cession  ne doit être conclu en dessous du coût  de plateau afin que le producteur ne joue jamais à perte. » 

Selon Claire Guièze, coprésidente du Syndeac, cette démarche collective « permet, dans une période de tension extrême, à tous les adhérents de regarder ensemble dans la même direction. » Ancienne chargée de production, elle défend un coût de plateau correspondant à « un spectacle en ordre de marche » intégrant non seulement les dépenses artistiques et techniques, les consommables, mais aussi les frais de fonctionnement  (salaires de production, diffusion, communication, comptabilité, etc.).  « L’objectif est de garantir que la compagnie puisse couvrir ses charges et dégager une marge supplémentaire pour son développement ». 

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Par Arzelle Caron

Légende photo : Claire Guièze, coprésidente du Syndeac

Crédit photo : Eric Deguin

Artistes, qu’attendez-vous des retours des professionnels ?

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Fuuu, compagnie Titanos

Ce n’est pas tant la forme des retours qui interroge  les artistes, mais plutôt  la manière d’en obtenir. Ceux que nous avons rencontrés en manque cruellement.

Discuter avec de potentiels diffuseurs de visu, en visio, au téléphone, par e-mail… La manière importe peu pour les artistes que nous avons questionnés, car toutes et tous disent à quel point ils sont en déficit de  retours. À une précision près : « Le dialogue est très articulé avec les partenaires en production », selon Maïanne Barthès, associée à la Comédie de Saint-Étienne et dont la dernière création en date, Mélancolikea, a été accompagnée aussi par la Comédie de Valence et Les Célestins–théâtre de Lyon. « Les échanges ont été précieux, longs, constructifs,  critiques. Parfois, des doutes ont été émis sur des points précis et j’ai choisi de  modifier ou pas ce qui avait été soulevé. » Mais hors de ce cadre privilégié, elle reconnaît que, notamment au tout  début de sa carrière, elle a fait « face à des retours très intrusifs, déstabilisants, voire violents ». Une programmatrice lui a même conseillé, à l’oral, et « gentiment » d’arrêter sa carrière. « J’étais très soutenue par ailleurs, mais ça aurait pu être bloquant. »

Début de carrière ou pas, Pierre Galotte, codirecteur de la compagnie des arts de la rue Titanos, à Nancy, constate que ce n’est toujours pas  évident d’avoir des retours, pour des raisons pratico-pratiques dans un premier temps. En juin, à Sotteville-lès-Rouen, avec ses camarades, ils ont créé Fuuu. Trois heures de démise sont  nécessaires à la fin du spectacle, donc « quand on sort de scène, on ne peut pas aller voir les pros, c’est speed, et à la fin du festival, on se croise à la fête mais on ne parle plus vraiment boulot ». 

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Par Nadja Pobel

Légende photo : Fuuu, compagnie Titanos

Crédit photo : Baptiste Cozzupuli

Scène nationale de beauvais : une nomination qui a du mal à passer

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Scène nationale de beauvais

La nomination d’Emma Buttin, conseillère spectacle vivant de Rachida Dati, à la tête du Théâtre du Beauvaisis, scène nationale, a notamment entraîné la démission de l’ensemble des membres associés de l’association de gestion du théâtre.

Le 1er octobre, la présidente de l’association gestionnaire et son vice-président ont démissionné le lendemain de l’annonce au conseil d’administration de la nomination d’Emma Buttin. Depuis, huit autres membres de l’association Comité de gestion du Théâtre du Beauvaisis (CGTB) ont claqué la porte, le 28 octobre. 

Rififi au CGTB
Suite à la démission de sa présidente, le CGTB avait délégué à une présidence transitoire d’organiser une assemblée générale. Les membres associés ont présenté deux candidats, mais une troisième candidature a été déposée la veille de l’AG, cette dernière a été « expressément initiée par le DRAC» (Le Parisien, le 29 octobre), disent-ils.

Ce candidat, c’est Bruno Ory-Lavollée, voisin de Compiègne où il pilote le Festival des Forêts, mais surtout ancien directeur général de la Comédie-Française puis de l’Adami. « Ma candidature a le sens de la contribution à la continuité du service public dans les Hauts-de-France », nous a-t-il expliqué. « Elle était destinée à permettre une transition de se faire afin d’éviter un vide de gouvernance. C’était une candidature au conseil d’administration, à l’exclusion de la présidence. » Au sein du CGTB, 10 membres associés et 15 représentants des tutelles, membres de droit (État, région, département et agglomération). Ces derniers ne peuvent pas piloter l’association. En revanche, le jury de candidatures était lui composé de 5 représentants des tutelles, et 2 de la CGTB. 

Quatre noms dans la short-list
« Ce qui m’interroge le plus c’est qu’Emma Buttin était en poste au cabinet quand elle a candidaté », s’étonne Xavier Croci, actuel directeur de la scène nationale. « Le jury n’est donc pas complètement indépendant, deux personnes étant sous l’autorité de leur tutelle : la représentante de la DGCA et le DRAC. » Si l’expérience d’Emma Buttin est, dit-il, « respectable, elle n’a jamais été directrice ou sous-directrice d’une scène nationale. » Dans la short-list, on trouvait Mehdi Britt (chef du service spectacle vivant de la région Île-de-France), Joséfa Gallardo (directrice de La Rampe La ponatiere, Scène conventionnée danse et musiques à Échirolles), et Stephanie Féret (directrice adjointe, secrétaire générale du théâtre du Beauvaisis). Maïté Pinsard Rivière, devenue directrice du Théâtre de Lisieux en septembre, s’est retirée en cours de recrutement. Selon Xavier Croci, « à Beauvais, toutes les étoiles politiques étaient alignées, avec Caroline Cayeux (DVD), présidente de l’agglomération et principal financeur du théâtre), Xavier Bertrand (LR), président de la Région Hauts-de-France, et le maire Franck Pia (UDI) ». Il nous assure avoir interrogé la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP), sur le cas de la conseillère ministérielle, sollicité le procureur de la République et le défenseur des droits.

Selon un fin connaisseur de ces situations, le problème est dans le statut de la structure. « C’est une scène nationale financée à 80 % par les fonds publics, en réalité c’est un établissement public. Donc ce sont les collectivités qui font la loi. » En 2020, la Chambre régionale des comptes considérait : « en effet, que l’association actuelle, regroupement de personnes privées se cooptant entre elles, n’est plus adaptée pour gérer et animer un équipement culturel largement financé sur fonds publics et à rayonnement intercommunal, ainsi que le service public qui y est attaché. Elle recommande d’engager [...] une réflexion sur l’évolution du statut vers celui d’un établissement public de coopération culturelle. » 

Propos recueillis par Jérôme Vallette

En partenariat avec La Lettre du Spectacle n°592

Crédit photo : D. R.