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Un plan social qui s’ignore

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TRPL

Un rideau rouge qui tombe pour la dernière fois est moins spectaculaire que des grilles d’usine qui se ferment, mais tout aussi cruel pour celles et ceux qu’il laisse sur le carreau. Longtemps craint, un plan social diffus est bien en cours dans le spectacle vivant.  

Encore difficile à chiffrer globalement, le véritable plan social aujourd’hui à l’œuvre se traduit par des suppressions de postes dans les structures, des saisons écourtées et donc des artistes qui ne jouent plus ou plus suffisamment. Conséquence logique de la baisse des financements, idéologique ou contrainte, dans un écosystème déjà fragilisé par de multiples crises, ce plan social pourrait s’aggraver encore ces prochaines années. « Pour continuer bon an mal an, nous n’avons pas eu d’autre choix que  de nous séparer de la moitié de l’équipe. Nous étions cinq et elles ne seront bientôt plus que deux, car pour ma part, je vais reprendre l’intermittence. Cela coûtera moins cher à la structure. » Basé à Cholet (Vendée), l’ex-Théâtre régional des Pays de la Loire (TRPL), rebaptisé Troupe réunie pour la poésie et la liberté, fait partie de ces nombreuses structures contraintes de réduire la voilure, comme on dit pudiquement. Autrement dit, de licencier. 

Son directeur, Camille de la Guillonnière, assure avoir fait ce qu’il pouvait pour sauver cette compagnie historique fondée par Jean Guichard dans les années Malraux. Après la suppression brutale des financements de la Région Pays de la Loire, qui représentaient 30 % du budget, le TRPL s’est tourné vers le mécénat, « notamment auprès d’entreprises très impliquées sur leur territoire comme le groupe Liebot, aux Herbiers. Les spectateurs nous font des dons, ce qui nous fait chaud au cœur, bien sûr, reprend le metteur en scène, car cela donne le sentiment que nous ne sommes pas qu’une ligne de dépense parmi d’autres, facile à supprimer ». 

Par Bruno Walter

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Légende photo : Contraint de licencier la moitié de l’équipe, le TRPL joue sa survie. Ici, à Feneu (Maine-et-Loire, avec L’Avare).

Crédit photo : D. R.

Faire face aux productions reportées ou annulées

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Spiritueux

Faute de moyens pour mener à bien leurs projets, les compagnies tentent de faire preuve de résilience. Jusqu’à quand ?  

Que faire lorsque les moyens de produire un spectacle font défaut ? Faut-il renoncer, décaler son  projet ou bien « y aller » malgré tout et jouer son va-tout sans trop  réfléchir ? C’est à ce dilemme que sont désormais confrontées toutes les équipes artistiques ou presque, lorsqu’elles sont dans l’incapacité de réunir suffisamment de coproductions. « La vie de compagnie a tellement changé, note Julien Rocha, metteur en scène de la compagnie Le Souffleur de verre, conventionnée DRAC. C’était il n’y a pas si longtemps, peut-être dix ans. On se projetait assez rapidement sur la saison suivante avec un nouveau projet. Aujourd’hui, c’est comme si le temps s’était étiré. Monter une production est quasiment impossible sans une anticipation à trois ou quatre ans. Et encore, les coproducteurs retardent toujours leur décision. » 

Lui garde l’espoir de monter Gynt, un texte de Marion Aubert commandé par sa compagnie dans une libre adaptation du Peer Gynt d’Ibsen, sur la saison 2027-2028. Elle devait être créée plus tôt, mais l’avalanche de désistements l’en a dissuadé. Alors, la compagnie a dû se réadapter, « créer des formes satellites, se redéployer dans un projet de territoire ». Non pas que Julien Rocha mésestime ce travail, mais la création, au cœur de la vie d’une compagnie, est entravée. « Je m’attache à ce qui vit, souligne-t-il, j’essaie d’avancer. » 

Par Cyrille Planson

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Légende photo :Avec un Spiritueux, Laurent Cazanave tient un beau succès, mais en réduisant considérablement les marges de production.

Crédit photo : D. R.

Création et santé mentale, une équation difficile

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Alan Lemesle

Grande cause nationale du gouvernement en  2025 et 2026, la question de la santé mentale reste un tabou dans les filières artistiques. La parole commence cependant  à se libérer.  

Alan Lemesle se souvient de son burn-out comme si c’était hier. « C’était dans le Jura,  en octobre 2023, souffle le réalisateur et producteur de chansons. Ce jour-là, il y a eu un enchaînement d’évènements qui, mis bout  à bout, ont fait déborder le vase. J’étais incapable de monter sur scène. » L’artiste breton ne manquait pourtant pas d’expérience. Guitariste professionnel depuis le début des années 2000, Alan Lemesle s’est lancé en 2010 dans un concept de « one man conférence » sur l’histoire de la musique, sous le nom de Sapritch. Son premier spectacle rencontre le succès. « J’ai pu vivre les bons côtés du métier : une belle boîte de prod, un projet qui tourne et un certain confort en tournée », retrace-t-il. Mais pour l’homme aux désormais six spectacles, la situation s’est dégradée avec la crise du covid. « Avant le confinement, je remplissais encore régulièrement des salles de 200 places. Mais pour ma première date de 2021, je n’ai fait que sept entrées. Depuis, ça ne revient pas. » Suivent alors plusieurs mois d’incertitude, de difficultés financières et de désillusions… Jusqu’au burn-out. Puis cette prise de conscience : de la genèse d’un projet à la tournée, en passant par l’enregistrement, les répétitions ou encore la promotion, le quotidien d’un musicien professionnel présente « énormément de facteurs de risques psychosociaux ». Un axe encore tabou dans le secteur, d’après Alan Lemesle.

À désormais 45 ans, le Breton a décidé de mettre son expérience à profit  dans un rôle d’accompagnement à mi-chemin entre agent et manager, avec un accent particulier placé sur la santé mentale. À la demande d’artistes ou d’exploitants, il intervient pour « faire le lien entre deux mondes qui ne se comprennent pas bien ». Son premier conseil ? 

Par Elliott Bureau

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Légende photo : Alan Lemesle, musicien et coach

Crédit photo : D. R.

Diffusion en berne : comment faire face ?

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Sandrine Anglade et Alain Rauline

Lorsque les dates se raréfient, les compagnies tentent de sauver l’essentiel en faisant preuve de résilience.   

En mars 2024, dans une tribune au titre signifiant (« Qui survivra ? ») publiée sur Les Trois Coups, la metteuse en scène Phia Ménard alertait sur la baisse drastique des diffusions d’« une immense majorité des compagnies », condamnées alors  à « disparaître ». La compagnie Non Nova, la sienne, était alors elle-même en danger. « Entre 2023 et 2024, on a perdu 50 % des recettes de ventes de spectacles, passant de 800 000 à 400 000 euros », précise Claire Massonnet, sa  codirectrice. De son côté, la compagnie Sandrine Anglade, dans le Val-de-Marne, constate une diminution évidente de sa diffusion depuis au moins deux ans, avec seulement une quinzaine de dates en 2024-2025, rapportent Alain Rauline, administrateur, et Sandrine Anglade, directrice et metteuse en scène. 

Pour d’autres, le bât blesse plus fort encore. Dotée d’un rayonnement régional, la compagnie Betty Blues, basée à Bordeaux et portée par les comédiennes, musiciennes et metteuses en scène Alice Amanieu et Marie Gambaro, souffre d’une raréfaction de ses représentations depuis 2022-2023, à la suite du report des spectacles post-covid. Malgré la perpétuelle sensation de faire du « colmatage » pour continuer d’exister, selon Sandrine Anglade, ces compagnies tentent de préserver au mieux leurs rémunérations entre décisions contraintes et stratégies fécondes.

Par Hanna Laborde

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Légende photo : Sandrine Anglade et Alain Rauline, metteuse en scène et administrateur de la compagnie Sandrine Anglade.

Crédit photo : Alain Rauline

Artiste associé, un point d’ancrage

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Émilie Rousset

Ce statut offre des moyens, mais surtout du temps, des échanges et un autre rapport à un territoire et au public. 

Dirigés par des artistes, les centres dramatiques nationaux ont dans leurs missions de partager leurs lieux et leurs moyens avec d’autres artistes : les artistes associés. « Nous sommes un port d’attache auquel les artistes associés peuvent s’adresser en fonction de leurs besoins pour développer leurs idées », considère Isabelle Ellul, directrice  déléguée du Théâtre national Bordeaux-Aquitaine (TNBA). Si beaucoup de lieux accompagnent trois à quatre artistes, le TNBA en a choisi neuf. « Avec Fanny de Chaillé [artiste-directrice depuis 2024, NDLR], ces artistes étaient au cœur de notre projet. Nous  souhaitions qu’ils soient différents dans leurs esthétiques, dans leurs façons de faire, leur renommée ou leurs origines géographiques, ce qui permet des échanges constants entre eux. » 

Ces associations doivent-elles être formalisées ? Chloé Dabert, directrice de la Comédie de Reims, se souvient : « Elles l’étaient beaucoup lors de mon premier mandat, mais chaque artiste  a des envies et des rythmes différents. À nous de nous adapter. Il ne s’agit pas non plus de donner tant de moyens en échange d’actions d’éducation artistique et culturelle. Ici, chacun a des missions qu’il a choisies. » Par exemple, Noëmie Ksicova réalise une cartographie sensible avec des habitants de quartiers, tandis qu’Elsa Agnès travaille notamment avec les musées de la ville.

Au TNBA, « on ne leur demande rien, la question est : lorsque vous êtes présents, qu’est-il possible de faire ? Nos “Ateliers surprises” leur permettent de choisir les modalités des rencontres avec les publics. Comme tous les porteurs de projets qui passent dans nos murs, nous les incitons à rencontrer les jeunes de notre école », indique Isabelle Ellul. La Comédie de Reims héberge elle aussi une école de théâtre qui tisse des liens avec les créateurs.

Par Nicolas Dambre

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Légende photo : Émilie Rousset, directrice du centre dramatique national d’Orléans.

Crédit photo : Romy Alizée

Deux artistes pour un théâtre

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Nathalie Garraud et Olivier Saccomano

La codirection nécessite souplesse, communication et projets communs. Trois duos livrent leur expérience.  

Faut-il être de vieux amis pour diriger à deux un théâtre ? Les codirectrices et codirecteurs rencontrés témoignent tous d’un parcours commun de longue date. Angélique Clairand et Éric Massé, à la tête du Théâtre du Point du Jour de Lyon depuis janvier 2019, se rencontrent lors de leur formation au CDN de Saint-Étienne, puis montent en 1998 la compagnie des Pumas. L’envie de codirection d’une maison peut naître de l’attrait pour de nouveaux horizons et défis. Depuis huit ans, Nathalie Garraud et Olivier Saccomano codirigent le Théâtre des 13 vents – CDN de Montpellier. « Nous travaillons ensemble depuis vingt ans, comme metteuse en scène et auteur, et nous venons d’une pratique de troupe, d’une expérience fondée sur la construction collective dans le temps long, racontent-ils. Pour nous, cette durée, ces fidélités ont été des conditions essentielles à la création, et à un moment donné, nous avons éprouvé la nécessité d’ancrer cette aventure dans un lieu, sur un territoire, de l’inscrire dans un tissu social. »

Au Théâtre du Point du Jour, Angélique Clairand se charge en priorité des  ressources humaines, Éric Massé, des relations publiques. La communication, le budget et l’administration  se gèrent en duo. Parfois, ce sont les disciplines qui définissent les terrains respectifs. Nathalie Garraud est metteuse en scène et Olivier Saccomano, auteur, « naturellement l’un est plus requis par l’organisation des soirées Poésie ou les projets d’édition et l’autre par les questions de production », expliquent-ils. Pour eux, l’important réside dans l’attention particulière pour que les questions de direction – « c’est-à-dire, le sens que l’on donne au projet » – soient toujours partagées, discutées et portées d’une seule voix. 

Par Pauline Demange-Dilasser

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Légende photo : Nathalie Garraud et Olivier Saccomano codirigent le Théâtre des 13 vents –  CDN de Montpellier, depuis huit ans.

Crédit photo : Jean-Louis Fernandez

Des créateurs de contenu plutôt « influents »

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Mathis Grosos

Parce qu’ils s’adressent  à de très larges  publics, avec un fort  taux d’adhésion, ils deviennent aujourd’hui incontournables.  

Ils sont aujourd’hui un peu plus nombreux que par le passé  et leur influence s’étend peu  à peu dans les lieux de spectacle vivant ; les créateurs de contenu deviennent aujourd’hui des interlocuteurs des services de communication des théâtres, au même titre que les journalistes. Chacun cultive sa singularité, son regard sur le monde de la création et s’inscrit sur un territoire plus ou moins vaste : Paris, sa proche banlieue ou d’autres villes en France, dans une relation de grande proximité avec sa « communauté ». La plupart ont donné leur orientation à leur compte depuis moins de trois ans. Mathis Grosos (Dramathis) propose des reels de décryptage des créations, Marie Mercader (Le théâtre avec Marie) parle de son activité de prof de théâtre, et des meilleurs spectacles à découvrir à Lyon, Laëtitia Fremaux (3615RECO) s’attache à valoriser l’offre en banlieue parisienne, avec des coups de cœur pour le cabaret, le théâtre immersif et la magie nouvelle. 

Leur univers, c’est Instagram, parfois TikTok. D’autres s’épanouissent sur YouTube, à l’image de Theatreuxe. Tous peuvent être des relais des théâtres parce qu’ils s’adressent en direct aux publics, et à ceux qui ne le sont pas encore. Certes, le périmètre du spectacle  vivant n’a rien à voir avec celui du cinéma ou de la littérature, et son  audience reste relativement réduite. Mathis Grosos, l’un des plus en vue, compte un peu plus de 40 000 followers sur Instagram et bénéficie d’une large écoute en podcast, Marie Mercader 4 000, Laëtitia Fremaux 3 000. 

Par Cyrille Planson

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Légende photo : Mathis Grosos (Dramathis) compte 40 000 followers sur Instagram. 

Crédit photo : Lucas Moriceau

Décret son : des évolutions possibles ?

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Frankie and The Witch Fingers

Alors que des riverains se saisissent du décret son pour attaquer des festivals en justice, deux propositions ont été formulées par un groupe de travail technique.  

Le « décret son » n’en finit pas de faire du bruit. Un groupe de travail technique a présenté mi-mars des  solutions pour répondre aux contraintes imposées par le décret relatif à la prévention des risques liés aux bruits et aux sons amplifiés. En  effet, ce texte législatif et son arrêté d’application posent d’importantes difficultés aux événements de plein air, beaucoup le jugeant même impossible à mettre en œuvre. Lancé en juin 2025, ce groupe de travail réunissait 15 structures : des professionnels du secteur musical (Agi-Son, Ekhoscène, SMA et Fedelima), des acousticiens et bureaux d’études, des sonorisateurs et caleurs système, des services de contrôle (ARS, préfecture de police de Paris) et des services des ministères de la Culture, de la Santé, et de la Transition écologique. 

Rendue en mars 2026, l’analyse du groupe de travail confirme que les festivals d’une durée inférieure à quatre jours sont exonérés du respect du niveau limite d’émergence sonore. En effet, un flou subsistait dans la circulaire ministérielle concernant l’arrêté, qui englobait les événements supérieurs ou égaux à trois jours calendaires sur trente jours consécutifs, tandis que le terme « égal » avait disparu dans l’arrêté. Les manifestations de trois jours consécutifs ou moins doivent elles aussi réaliser une étude d’impact des nuisances sonores (EINS), mais sans obligation de résultat.

Par Nicolas Dambre

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Légende photo : Frankie and The Witch Fingers, à La Route du Rock 2025.

Crédit photo : Éric Deguin

Le « piège » du contrat d’engagement républicain

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Maître Marion Ogier

Signé par les structures sollicitant une subvention publique, ce contrat peut devenir un instrument de pression affectant  la liberté de création et de programmation.  

Le contrat d’engagement républicain (CER), entré en vigueur le 1er janvier 2022 dans le cadre de la loi du 24 août 2021 confortant le respect des principes de la République (loi dite « séparatisme »), est au cœur d’un vif débat juridique en France. Ce dispositif impose notamment à toute association sollicitant une subvention publique, un agrément d’État ou l’accueil d’un volontaire en service civique de s’engager à respecter sept grands principes. Parmi eux figurent le respect des lois de la République, la liberté de conscience, l’égalité, la fraternité, le rejet de la violence et l’absence de troubles à l’ordre public. En cas de manquement constaté, l’administration a le pouvoir de refuser l’attribution de l’aide, ou d’exiger le remboursement des fonds publics accordés. Initialement conçu pour endiguer l’islamisme radical et les replis communautaires, le CER a vu son application s’étendre à des actions de contestation politique ou environnementale. Cette évolution suscite l’inquiétude de nombreuses organisations de la société civile, qui dénoncent un outil dont l’interprétation administrative est susceptible d’entraver la liberté d’expression et le droit d’interpellation démocratique. Deux affaires emblématiques illustrent ces tensions juridiques. 

Le champ culturel a déjà été impacté par l’application du CER, comme en témoigne la situation de la compagnie Arlette-Moreau, en 2023. Cette compagnie de théâtre de rue propose des spectacles engagés sur des sujets sociétaux et féministes, notamment sur la sensibilisation aux violences sexistes et sexuelles.

Par Cyrille Planson

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Légende photo : Maître Marion Ogier, avocate à la cour, à Paris

Crédit photo : D. R.

Financements privés : diversifier ses approches

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Jean-Baptiste Goxe

L’injonction à faire appel aux financements privés s’est étendue des lieux aux artistes. Des stratégies qui nécessitent cependant un lourd investissement, et parfois un petit pas de côté, pour espérer être « rentable ».  

Location, privatisation,  espace VIP… les « offres entreprises » se répandent au sein des lieux culturels, sous la pression de budgets contraints, voire déficitaires. Mais comment raccrocher cette nécessité  à son projet ?Au Chabada, le contexte n’a pas vraiment laissé de choix. Face à un déficit de 64 000 euros en 2023, dû aux multiples crises, notamment énergétiques, la salle de musiques actuelles angevine développe le recours aux  financements privés, avec une attention particulière : « Faire du lien avec le projet artistique et culturel », évoque Jean-Baptiste Goxe, directeur adjoint. Au-delà des séminaires accueillis, elle propose aux entreprises désireuses d’organiser des journées de team building des ateliers d’écriture et de pratique musicale, des sorties de résidence ou encore des concerts d’artistes locaux (au Chabada ou au sein de l’entreprise). En bonus, un déjeuner au catering, « comme les artistes ». Une offre qui permet de « faire d’une nécessité une opportunité ». 
En effet, selon les observations de la salle, seul 10 % de ce public est venu dans la salle auparavant. Ces temps professionnels leur permettent de  « dépasser une barrière psychologique et de découvrir la programmation », parfois moins éloignée de leurs goûts qu’ils ne le pensent. En 2025, 13 entreprises ont ainsi fait appel aux offres du Chabada, générant un chiffre d’affaires de 70 000 euros. Une stratégie qui sonne comme une réussite : « C’est clairement ce qui a permis d’absorber notre déficit structurel ainsi que le retrait de la Région Pays de la Loire », explique Jean-Baptiste Goxe. Il évoque néanmoins être « au maximum des potentialités, car la salle ne permet pas la coactivité ». La perspective d’un nouveau lieu, dont l’ouverture est prévue début 2029, devrait permettre « d’en faire plus ». 

Par Julie Haméon

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Légende photo : Jean-Baptiste Goxe, directeur adjoint du Chabada, à Angers

Crédit photo : D. R.