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Anne Sauvage : « L’union des forces devrait permettre un nouvel engagement pour la danse à Paris »

Infoscènes
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Anne sauvage

La fusion entre Micadanses et le CDCN l'Atelier de Paris pose quelques questions. Si beaucoup reste à résoudre, Anne Sauvage, directrice du CDCN apporte quelques réponses.

 

L’Atelier de Paris n’a pas été demandeur de la fusion avec Micadanses. Qui vous a présenté ce projet ?

Christophe Martin m’a informée en juin 2025 des discussions qui avaient eu lieu les mois précédents dans le contexte de son départ en retraite. L’aboutissement de celles-ci a été partagé à la présidence de l’Atelier de Paris fin septembre. Après quelques réunions rassemblant les présidences des deux associations, la DRAC Île-de-France et la Ville de Paris, un texte posant les grands principes d’une fusion entre les deux associations est aujourd’hui en cours d’élaboration.

Quels ont été les arguments pour justifier cette fusion ?

D’après ce qui a été énoncé, la fusion des deux associations a un double objectif. D’un côté, la préservation des activités de Micadanses et de la formidable diversité chorégraphique que l’on retrouve dans les studios de la rue Geoffroy-l’Asnier. De l’autre, l’accompagnement de la dynamique au service des publics et des artistes portée depuis 25 ans par l’Atelier de Paris. L’union des forces et des ressources d’un label chorégraphique (centre de développement chorégraphique national) et de l’association ADDP devrait permettre un nouvel engagement, dont la danse à Paris et en Île-de-France a besoin.

Quelles sont les contraintes d’une implantation à la Cartoucherie, et était-il confronté à des difficultés nouvelles ?

L’Atelier de Paris bénéficie à la Cartoucherie d’espaces rénovés ou conçus spécifiquement pour la danse, avec une possibilité d’hébergement pour les résidences. Grâce à un environnement exceptionnel, les artistes y trouvent la possibilité de se concentrer sur leur travail tout en profitant d’être à Paris pour mener parallèlement leurs rendez-vous et s’immerger dans la vie artistique. Quant au public, la fréquentation est au rendez-vous (93 % pour June Events en 2025). Tous les théâtres de la Cartoucherie sont attentifs aux conditions d’accès qui se sont améliorées ces dernières années ; une nouvelle navette relie le site au métro les soirs de spectacles et une station Vélib’ est située sur le parking. L’Atelier de Paris est confronté aux mêmes difficultés que l’ensemble du secteur, mais a bénéficié contrairement à d’autres structures sur d’autres territoires du maintien de ses subventions en 2025. Cette relative stabilité, conjuguée au travail de l’équipe, lui a permis de maintenir son niveau de soutien aux compagnies. Certains projets ont même pu se déployer, comme« Danses en territoires » (nouvelle mesure dont bénéficient les CDCN et les CCN pour œuvrer pour la diffusion de la danse) ou encore « StudioD Emergence » soutenu pour 3 ans par le mécénat de la Caisse des dépôts.

L’Atelier de Paris et Micadanses, bien que relativement proches, sont assez difficiles à joindre, il faut prévoir une heure pour ne pas rater son rendez-vous.

Dans l’hypothèse de la fusion, où installerez-vous votre bureau ?

À l’échelle d’une ville et d’une région capitale, les deux sites ne sont pas si éloignés que vous le pensez ! Le temps de trajet est d’une demi-heure en vélo ou en transports en commun… Comme je partage aujourd’hui mon temps entre l’Atelier de Paris et les déplacements, je partagerai celui-ci en tenant compte d’une nouvelle organisation.

Vous travaillez avec le futur ex-directeur de Micadanses  à la programmation de Faits divers 2027. Dans votre esprit, prévoyez-vous aussi un festival June Event 2027 ?

June Events dont la 20e édition aura lieu en juin prochain, est un festival qui, au-delà de son identité artistique, est marqué par le site Cartoucherie, par le rythme soutenu, la concentration des spectacles et propositions et par son mode d’organisation – assez rare dans le secteur chorégraphique pour être souligné – puisque porté en quasi-totalité par l’équipe du CDCN. Les deux festivals, assez différents pour être complémentaires, sont nécessaires à la diffusion de la danse et à l’écosystème du secteur.

Propos recueillis par Philippe Verrièle

En partenariat avec La Lettre du Spectacle n°596

Crédit photo : Patrick Berger