Aller au contenu principal

Infoscènes

Le Jardin du Michel en danger

Infoscènes
Image
Jardin du Michel

Le festival le Jardin du Michel organisé du 3 au 5 juin à Toul (Meurthe-et-Moselle) n’a réuni que 10 000 spectateurs, alors qu’elle en attendait 18 000, ce qui devrait générer un déficit de 300 000 € sur un budget d’un million d’euros. La société coopérative Turbul’Lance, qui organise ce festival de musiques actuelles, est placée en redressement depuis l’édition déficitaire de 2016, et doit effectuer des remboursements mensuels jusqu’en 2027. Cindy Dodin, coordinatrice et administratrice, livre : « Les passes 3 jours et les billets jour ne se sont pas bien vendus, même en dernière minute. Les habitudes de consommation ont changé, la météo prévoyait de violents orages, alors qu’il n’y a finalement eu que quelques grosses averses. »

Faute de grande tête d’affiche, Poupie, Ska-P ou Lujipeka n’ont pas permis d’atteindre les 80 % de taux de remplissage pour l’équilibre financier. Plusieurs reports dans des salles voisines ou des événements gratuits (à Vittel ou à Nancy), ont sans doute concurrencé le festival. « Si nous ne remboursons pas nos dettes, nous devrons déposer le bilan. Nous en appelons aux dons des festivaliers et au soutien des partenaires privés comme publics », glisse Cindy Dodin.

Nicolas Dambre

En partenariat avec La Lettre du Spectacle n°520

Crédit photo : Vincent Zobler

Financements : Musica se tourne vers l’étranger

Infoscènes
Image
Only the Sound Remains

Le festival de musique contemporaine (Strasbourg, du 15 septembre au 2 octobre) doit faire face à plusieurs financements en baisse. D’abord ceux des organismes de gestion collective, depuis quelques années. Stéphane Roth, directeur de Musica, se souvient : « Lors de mon arrivée en 2019, la Sacem était un grand partenaire, à hauteur de 90 000 €. En 2022, ce devrait être 25 000 €, d’autant qu’elle ne soutient que les projets d’artistes sociétaires. L’Adami ne nous a soutenus qu’en 2021, la SACD abonde à hauteur de 5 000 €. Nous devons monter de plus en plus de dossiers de demandes pour des aides de plus en plus réduites. » Le festival pourrait embaucher un salarié à mi-temps pour déposer ces demandes.

Autre baisse annoncée, celle de la Ville de Strasbourg, qui réduira de 1,5 à 2 % ses subventions aux dix plus gros acteurs culturels. Ville et Région Grand Est financent à parité la manifestation avec l’État, soit 1,6 million à eux trois, pour un budget global de 2,13 millions d’euros. Plus de la moitié de ce budget va à la production artistique, avec des créations (près de 25), mais aussi de nombreux aménagements techniques. Musica investit une quarantaine de lieux, souvent non dédiés à la musique. Notamment avec cette année les « Concerts pour soi », donnés pour un ou deux spectateurs dans un loft, un atelier ou une cave. Mini Musica s’adresse au jeune public. Le festival s’ouvrira avec la création mondiale de Migrants du compositeur grec Georges Aperghis. Une 40e édition traversée par la question de l’intimité – rarement abordée en musique contemporaine – qui se clôturera à Nancy.

Les montres Rolex soutiennent le festival à hauteur de 45 000 €, pour la nouvelle production de l’opéra Only the Sound Remains de la finlandaise Kaija Saariaho. La Fondation Karolina Blaberg est mécène pour 20 000 €. Le directeur lorgne du côté de partenaires parapublics étrangers. « Le British Council ou Dutch Performing Arts Fund ont été approchés pour programmer des artistes britanniques ou néerlandais. » Une collaboration avec le plus ancien festival de musique contemporaine au monde, celui de Donaueschingen en Allemagne, semble compliquée, ce dernier ne proposant fin octobre que des créations mondiales exclusives.

Nicolas Dambre

En partenariat avec La Lettre du Spectacle n°520

Légende photo : L’opéra Only the Sound Remains

Crédit photo : Tokyo Bunka Kaikan Koji lida

StudioFact, des histoires vraies sur scène

Infoscènes
Image
Christophe Barbier

Christophe Barbier dirige la filiale spectacle vivant du groupe StudioFact, qui va lancer trois productions théâtrales sur trois thématiques : vie politique, histoire et faits divers. Il confie : « Les histoires vraies ont toujours nourri le théâtre, mais avec un temps de décantation nécessaire pour les auteurs, lesquels ont besoin de constater ce qu’il en reste dans la mémoire collective. Travailler une matière à chaud n’est pas vraiment le réflexe des auteurs de fiction, davantage celui des journalistes. » StudioFact a été créé en 2021 par Roxane Rouas-Rafowicz (ex-Fremantle France) et Jacques Aragones (ex-TV Presse Productions).

Spécialité ? Les histoires vraies et l’écriture du réel, à travers la production de documentaires, de fictions, de podcasts et l’édition d’ouvrages. Le journaliste à l’écharpe rouge mène depuis longtemps une carrière de comédien et d’auteur de théâtre : « Nous dévoilerons à la rentrée les trois pièces que nous créerons, avec une partie de la distribution. De bons sujets pourront aussi se décliner en livre, en documentaire ou en fiction. La littérature ou le cinéma se sont déjà emparés de faits divers récents. Au théâtre, Bernard-Marie Koltès fut l’un des rares à le tenter avec Roberto Zucco. » Les Deux frères et les lions, inspirée des frères Barclay, avait fait l’objet d’un procès (La Lettre du Spectacle du 6 septembre 2019), ce qui peut expliquer l’autocensure d’artistes ou la frilosité de directions de théâtres. StudioFact Live, dont Christophe Barbier est l’unique salarié, veut démontrer que l’Histoire en marche génére de puissants récits dramatiques.

Nicolas Dambre

En partenariat avec La Lettre du Spectacle n°520

Légende photo : Christophe Barbier

Crédit photo : Eric Garault

Le double fond du « Moine noir »

Infoscènes
Image
Le Moine noir

Spectacle phare d’Avignon 2022, donné dans la cour d’honneur du Palais des Papes du 7 au 15 juillet (relâche le 11), Le Moine noir du Russe Kirill Serebrennikov se révèle hors normes pour plusieurs raisons. D’abord parce que cette adaptation d’Anton Tchekov, réflexion sur la subjectivité du récit et la relativité de la vérité, sera donnée en plein conflit russo-ukrainien. Pro-démocratie et pro-LGBT, Kirill Serebrennikov n’est pas en odeur de sainteté dans la Russie de Poutine, où il a déjà été assigné à résidence et condamné à de la prison avec sursis. En 2021, le festival d’Avignon était producteur délégué de son temps fort, La Cerisaie, de Tiago Rodrigues. Pour Le Moine Noir, c’est le Théâtre Thalia de Hambourg (Allemagne), où la première a eu lieu le 22 janvier, qui assume la production déléguée, d’un budget de 600 000 €, Avignon n’intervenant qu’en coproduction, notamment pour l’adaptation de la pièce aux dimensions de la cour d’honneur.

« Notre intervention est de 300 000 €, précise Anne-Mathilde di Tomaso, directrice de production du festival. Cela couvre les frais techniques et de résidence, de production et une partie des salaires. » La semaine dernière, l’équipe de cinquante personnes est arrivée en résidence au Palais des papes depuis Moscou et Hambourg pour un temps de travail en amont des représentations. Les répétitions s’incarnent à travers acteurs, danseurs comme pour Outside, de Kirill Serebrennikov, donné en 2019 à Avignon, et même un chanteur d’opéra. Le Théâtre de la Ville prévoit quatre représentations du 16 au 19 mars 2023 du Moine noir, « dans le cadre d’un hors les murs prévu au Théâtre du Châtelet, précise Anne-Mathilde di Tomaso. Inna Solodkova du Gogol Center, qui soutient ce spectacle, doute qu’il soit donné à Moscou, « même la saison prochaine ». Une donne confirmée par Anna Shalashova, l’assistante de Kirill Serebrennikov. La raison ? « La guerre, énonce Anna Shalashova. Et notre théâtre à Moscou  s’annonce fermé pour toujours. »

Nicolas Mollé

En partenariat avec La Lettre du Spectacle n°519

Légende photo : Le Moine noir

Crédit photo : Krafft Angerer

Hellfest : Fiançailles avec la compagnie La Machine

Infoscènes
Image
La Gardienne des Ténébres

Le Hellfest a choisi d’annoncer son union avec la compagnie La Machine en pleine célébration de son statut de plus important festival français payant, avec 60 000 festivaliers par jour. Un rang temporaire puisque le festival metal, punk et dérivés devrait aussi repasser derrière les Vieilles Charrues lorsqu’il reviendra sur un seul week-end et ne se déroulera plus en deux salves comme cette année, du 17 au 19 juin puis du 23 au 26 juin. La convergence entre les rockers de Benjamin Barbaud et la compagnie La Machine de François Delarozière était inévitable : le Hellfest draine une population sans égal de festivaliers étrangers tandis que les fameuses machines fantasmagoriques nées sur l’île de Nantes, loin de se limiter au fameux éléphant, ont migré vers Liverpool, Yokohama, Ottawa ou Pékin. Les deux entités, pour La Machine une savante imbrication entre une société publique locale et une association, statut qui concerne aussi le Hellfest, s’associent donc pour lancer La Gardienne des ténèbres. Cette sculpture en mouvement est capable de s’élever jusqu’à 10 mètres en hauteur et peut transporter 25 personnes. Elle promet d’être un nouveau pôle d’attractivité à l’année pour Clisson, les imposants automates animaliers de Nantes attirant déjà une population importante, notamment en provenance de Basse-Bretagne.

« Le budget est encore en cours d’élaboration mais avoisinera les 12 M€, souligne Benjamin Barbaud, qui précise que son association a déjà investi 12,5 M€ en infrastructures, sculptures, routes. L’enjeu de l’acheminement des flux de public est d’ailleurs crucial sur le site de Clisson, où pullulent encore des enfilades de véhicules malgré une nouvelle aire de stationnement de 12 000 à 13 000 places. « Nous avons élaboré un Plan climat-air-énergie territorial sur lequel nous ne pourrons pas transiger, souligne Jean-Guy Cornu, président de Clisson Sèvre et Maine Agglo. La question de la mobilité est importante, plus de public à l’année nécessitera de les faire venir par les transports en commun et les liaisons douces ». La maire de Nantes, Johanna Rolland, souhaitait une présentation de la machine dès juin 2024 avec un grand spectacle d’ouverture à Nantes même. « Deux ans de fabrication seront nécessaires donc le Hellfest 2024 sera effectivement le bon horizon, confirme François Delarozière, nous espérons concurrencer les JO de Paris en ramenant un peu plus de monde de ce côté-ci de la France ».

Nicolas Mollé

En partenariat avec La Lettre du Spectacle n°519

Légende photo : La Gardienne des Ténébres

Crédit photo : D. R.

Les festivals vivent un moment économique charnière

Infoscènes
Image
festival Hellfest

En cette période de reprise où le rythme des billets vendus s’accélère, les festivals adaptent leur modèle aux poussées inflationnistes, sur les cachets et les coûts de production.

Pour Paul Rondin, coprésident de France Festivals, qui rassemble 80 structures de ce type en France, « les festivals sont aujourd’hui en voie de stabilisation, les cadences de billetterie fonctionnent bien, nous avons retrouvé nos marques ». Si les contaminations dues au Covid connaissent actuellement un certain regain, « pour l’instant, il n’y a pas de baisse de fréquentation. Nous ne sommes plus dans l’idée d’une gestion de crise. Ce qui ne veut pas dire que la remontée du taux d’incidence n’inquiète pas les publics, pointe l’actuel directeur délégué du Festival d’Avignon. Paul Rondin pointe d’ailleurs des changements d’usage avec une nette tendance aux achats de dernière minute. « 99 % des recettes de billetterie ne sont désormais pas générées au-delà de trois mois à l’avance, constate-t-il. Ces achats de dernière minute fragilisent les économies des structures, surtout dans la préparation de l’événement ». C’est le cas par exemple du festival de découvertes Wine Nat White Heat à Nantes, très pointu et associé aux vins naturels, dont l’économie demeure fragile. « Les entrées ne pèsent que 18 % de notre budget », signale Alexandre Labbé, son programmateur.

Hellfest 
À l’autre bout du spectre, quoique lui aussi associé aux vignobles de Muscadet de sa commune d’adoption, le Hellfest à Clisson, près de Nantes, bat record sur record quant à la rapidité d’écoulement de ses pass 3 jours. Mais au bout de 15 ans de développement soutenu, le festival cherche à se diversifier et à davantage entrer en résonance avec les collectivités locales proches ou plus lointaines : Mairie de Clisson, communauté d’agglo Sèvre et Maine et même Ville de Nantes. Farouchement attaché à son indépendance, très peu subventionné (seulement 0,1 % de son budget), le Hellfest s’est pourtant fait peur pendant la pandémie, endurant pendant deux ans des « pertes astronomiques » selon Benjamin Barbaud, son cofondateur. Une situation à laquelle les élus locaux ne peuvent qu’être attentifs. « Nous ne nous sommes pas encore mis d’accord sur notre niveau de soutien, nos capacités budgétaires ne sont pas celles de grosses collectivités mais la Ville de Clisson sera là, affirme le maire Xavier Bonnet. Jean-Guy Cornu, président de la Communauté d’agglo, note la résonance internationale du festival mais sur une période trop limitée. 

[...] 

Nicolas Mollé

En partenariat avec La Lettre du Spectacle n°519

Légende photo : Au festival Hellfest

Crédit photo : D. R.

 

Levitation teste des équilibres inédits

Infoscènes
Image
Automatic

Pour sa première édition sur trois jours, le festival Levitation, les 3, 4 et 5 juin à Angers (49) a presque réussi à atteindre son point d’équilibre de 5 800 personnes, avec 5 100 festivaliers au total. « 1 600 le vendredi, 1 750 pour le samedi ainsi que pour le dimanche, détaille Christophe Davy, l’un des organisateurs. Et ce, dans un contexte météorologique national calamiteux qui a forcé le festival parisien We Love Green à annuler samedi soir. Le déluge qui aura perturbé le concert du groupe Servo ce soir-là n’aura été que passager à Angers. Permettant des conditions optimales pour la tête d’affiche du soir, Kim Gordon, autrice de Girl in a band, autobiographie d’une ex-bassiste de Sonic Youth férue d’art contemporain autant que réflexion sur l’âme féminine dans le rock.

La présence de groupes quasi ou exclusivement composés de musiciennes tels qu’Automatic, Death Valley Girls, Gustaf ou des Japonaises Kuunatic témoignait d’ailleurs d’un tropisme féminin particulier. « On ne se pose pas la question quant à la mixité, analyse pourtant Marion Gabbaï, une des trois têtes pensantes de la programmation avec Christophe Davy et Rob Fitzpatrick, fondateur de la « maison mère », le Levitation Festival, à Austin, au Texas. Même si on est d’accord qu’il faut y accorder une attention particulière. On a longtemps pu croire que dans ce genre d’esthétique, il n’y avait que des hommes, la preuve que non. »

Cette année, Levitation a pu puiser dans un vivier bien plus attractif pour sa programmation. « Car on se retrouve en juin au milieu de festivals comme le Wide Awake à Londres, Primavera à Barcelone ou Bad Bonn Kilbi en Suisse, sur cette période, il y a beaucoup plus de groupes sur la route, ajoute Marion Gabbaï, qui dirige la société de production et de booking My Favorite. Sur ses 450 000 euros de budget, le festival n’en consacre qu’un peu moins d’un quart (environ 100 000 euros) à l’artistique. « Nous n’avons pas les moyens d’exclusivités européennes mais, pourtant, cette année, cela a tout de même été le cas avec The Brian Jonestown Massacre qui a décalé sa tournée en Europe, mais a décidé de maintenir sa date à Angers ». Le leader de la formation américaine, Anton Newcombe, était déjà venu à Levitation, que ce soit avec son groupe ou avec l’épée, son projet commun avec les Pyrénéens de The Limiñanas. 

Nicolas Mollé

En partenariat avec La Lettre du Spectacle n°518

Légende photo : Automatic

Crédit photo : Eric Deguin

L’ex-Daft Punk avec Angelin Preljocaj

Infoscènes
Image
Angelin Preljocaj

Thomas Bangalter, ex-musicien du duo Daft Punk, vient de rejoindre Angelin Preljocaj à l’Opéra national Bordeaux Aquitaine pour les trois semaines de répétitions qui vont précéder la première de la nouvelle création du chorégraphe, prévue le 1er juillet, intitulée Mythologies. Angelin Preljocaj a noué des liens depuis 3 ans avec le héraut des musiques électroniques françaises, suite à l’utilisation de la musique de Daft Punk pour le spectacle Gravité. Il confie : « Je lui ai donné un livret de 4-5 pages sur lequel s’appuyer pour qu’il puisse travailler seul, tel “un artisan furieux”, selon l’expression de René Char. C’est un peu comme un palimpseste, Thomas a composé seul pendant un an cette musique pour orchestre, qui m’inspire à nouveau. Rien ne sera donc littéral dans ce spectacle. » Cette collaboration est l’aboutissement d’un autre partenariat tout autant inédit, durant trois années, entre l’Opéra National Bordeaux Aquitaine et le Ballet Preljocaj. Ce dernier a permis la reprise de son répertoire par le Ballet de l’Opéra, avant cette création. Mythologies réunit vingt danseurs, issus à parité des deux ballets. Une expérience déjà tentée en 2010, avec le Ballet du Bolchoï, à Moscou.

Deux premières pour l’ancien Daft Punk : composer pour un spectacle de danse et pour un orchestre symphonique (une centaine de musiciens). Pas d’électronique dans cette œuvre, voulue très organique. Thomas Bangalter s’est donc appuyé sur ce livret réunissant quelques textes et sur différentes vidéos des danseurs. Nicole Saïd, directrice du Ballet Preljocaj, dévoile : « De la musique a très rarement été créée pour le ballet. Et c’est l’occasion de travailler avec un orchestre, d’autant qu’il n’y en a pas à Aix-en-Provence [où se trouvent le ballet et le centre chorégraphique national, NDLR]. » La musique a été achevée en avril, quelques ajustements de durée sont en cours pour les répétitions de l’Orchestre national Bordeaux Aquitaine. Un enregistrement des musiciens sera réalisé, car cette coproduction de plus de 500 000 euros doit pouvoir tourner sans orchestre symphonique. Après Bordeaux début juillet, Mythologies sera donné à Lyon, Aix, Rouen et Paris (Théâtre du Châtelet), avec orchestre pour ces deux dernières villes. Un enregistrement discographique pourrait être commercialisé pour satisfaire la curiosité des fans de Daft Punk. 

Nicolas Dambre

En partenariat avec La Lettre du Spectacle n°518

Légende photo : Angelin Preljocaj

Crédit photo : D. R.

Crise et tabous du Liban

Infoscènes
Image
Jogging

C’est un spectacle issu d’un Liban en crise que présentera Hanane Hajj Ali, au Festival d’Avignon, du 20 au 26 juillet. Jogging est un seul en scène qu’elle a écrit, inspiré de sa vie à Beyrouth. Hanane Hajj Ali : « Deux choses m’aident à tenir : le théâtre et le jogging. Cette pièce défie le triangle des Bermudes des tabous que sont la religion, la politique et le sexe. Elle n’est donc pas la bienvenue dans de nombreux pays arabes. » Hanane interprète quatre femmes, dont Médée et elle-même, qui assume de porter le voile tout en étant comédienne. Un « work in progress » initié en 2017 à Beyrouth. Après la guerre civile (1975-1990), la crise politique et financière, puis l’explosion du port de Beyrouth en 2020, dans tout le spectacle vivant, le système D prédomine. « Un ministère de la Culture a été créé en 1993, dont aucun politique ne voulait, totalement inactif. Une grande solidarité s’est mise en place, par exemple avec la création de l’Arab Funds for Arts and Culture (AFAC) ou de l’association Al Mawred, que j’ai cofondée », témoigne la comédienne.

Ces deux structures soutiennent son spectacle, donné plus de 350 fois au Liban, mais aussi aux États-Unis, en Grande-Bretagne ou en France. « La crise bancaire nous a fait perdre du jour au lendemain tout l’argent que nous y avions déposé. Par exemple, une aide de l’AFAC. Plusieurs théâtres, comme le KED, le Théâtre arménien ou le Théâtre Gemmayze ont été détruits par l’explosion du port, mais reconstruits grâce à des initiatives privées. » Le réseau électrique ne fonctionne qu’une heure par jour, ces lieux s’appuient sur des groupes électrogènes. Face à l’inflation galopante, Hanane Hajj Ali et d’autres se produisent  gratuitement. Elle vit de représentations à l’étranger, de cours et vend le texte de sa pièce à l’issue des représentations. À ces contraintes s’ajoute la censure par le Bureau de la sûreté générale, même si Hanane Hajj Ali ne leur a pas soumis le texte de Jogging. Elle s’inquiète du niveau d’éducation des jeunes Libanais, alors que, depuis 2019, beaucoup d’universités n’ouvrent que de façon sporadique : « La situation libanaise est catastrophique, c’est pourquoi l’art et la culture sont quelque chose d’aussi vital que le pain. »

Nicolas Dambre

En partenariat avec La Lettre du Spectacle n°518

Légende photo : Jogging, seul en scène écrit par la comédienne et auteure Hanane Hajj

Crédit photo : Marwan Tahtah

Optimiser les préventes de billets

Infoscènes
Image
Pierre-Henri Deballon

Différentes stratégies sont envisageables pour susciter l’engouement des futurs spectateurs et s’assurer ainsi des revenus bien avant la tenue d’un événement.  

Compte tenu des difficultés de trésorerie engendrées par la crise sanitaire, la prévente de billets représente aujourd’hui un enjeu crucial pour les festivals. Si l’on ajoute à cela, souligne le PDG de Weezevent, Pierre-Henri Deballon, que « le deuxième pic d’achats, juste avant l’événement, correspond au même volume qu’à l’ouverture des ventes », on comprend encore mieux la nécessité de bien préparer le lancement de son offre.

Une fois la date des préventes fixée (quatre à six ou neuf mois en amont, pour la première salve), se pose certes la question de la réduction tarifaire que l’on consentira aux acheteurs, mais plus encore de la cible visée. Ici doit s’opérer une distinction entre les publics « captifs » (les afficionados, aisément repérables grâce aux données collectées lors des précédentes éditions) et les « non-captifs », qui n’ont pas forcément prévu d’assister à la manifestation. Considérant qu’il n’est peut-être pas judicieux de proposer un tarif attractif à des spectateurs dont la présence est quasi assurée, Pierre-Henri Deballon préconise d’effectuer une vente spécifique à leur intention (afin de les récompenser), mais en quantité limitée. On pourra les inviter à se préinscrire et en profiter, en fonction du taux de réponses, pour jauger l’appétence à l’événement et définir ainsi le bon nombre de billets à mettre en préventes. Choyer ses fans (en organisant aussi des jeux-concours, par exemple) produit un autre effet bénéfique : les transformer en ambassadeurs auprès de leurs amis ou sur les réseaux sociaux. 

[...]

Lire la suite dans La Scène n°105 - Eté 2022

Par Marie-Agnès Joubert

Légende photo : Pierre-Henri Deballon, PDG de Weezevent

Crédit photo : D. R.