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Festivals : face aux risques climatiques, un cadre commun devient impératif

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escales 2026

Suite aux annulations de l’été et au manque de soutien, les professionnels réclament une politique publique de temps long.

Le diagnostic a été fait, où est la vision ? C’est, en substance, ce que les professionnels des festivals demandent au ministère de la Culture, après une saison bouleversée par les canicules, y compris dans des régions jusqu’ici épargnées. Ces épisodes ont fait remonter les difficultés du modèle festivalier, qui ont déjà fait l’objet de concertations avec la Direction générale de la création artistique (DGCA). Mais le budget a montré que les festivals n’étaient pas une priorité.

Annulations peu lisibles
Et les annulations d’événements ont souvent été mal comprises par les professionnels qui se sont, pour la plupart, déjà adaptés en déployant depuis de longues années des protocoles pour atténuer les effets des fortes chaleurs sur les publics, les artistes et les équipes. « Ce qu’on n’a pas aimé, c’est qu’on laisse croire que nos événements étaient à fort danger pour le public alors que ce sont des professionnels qui les gèrent, avec beaucoup d’expérience », détaille Malika Séguineau, directrice générale d’Ekhoscènes. « Les autorités ont assez peu pris en compte la capacité d’adaptation du secteur. » Sentiment confirmé par Alexandra Bobes, directrice de France Festivals, qui demande de la visibilité : « Nous avons été confrontés à des décisions d’annulation parfois incompréhensibles, tout cela malgré d’importants  dispositifs d’adaptation, et donc des coûts supplémentaires. »

Des règles claires
« Nous voulons donc un processus clair de décision », complète la directrice de France Festivals. « Ça n’existe pas. Parfois, il y a eu des raisons d’annulation qui ont montré que, de nouveau, la culture, dont les festivals, n’est ni essentielle ni prioritaire. » Sur le terrain, des festivals ont été contraints à la demande de préfets. Toutefois, certaines décisions ont semblé contradictoires, résume Aurélie Hannedouche, qui pointe des inégalités territoriales : « Nous avons pu avoir, sur deux régions proches, et avec la même météo, un festival annulé et l’autre pas ». Difficile à comprendre, poursuit la directrice du Syndicat des musiques actuelles (SMA), « comme lorsqu’un festival est annulé alors que le Tour de France passe devant ». Son syndicat s’est pourtant démené pour équiper ses adhérents en outils techniques et administratifs pour assurer leurs éditions. La directrice d’Ekhoscènes synthétise la demande : « Le sujet n’est plus de savoir si nous devons nous adapter. Mais comment ? Et surtout, dans quel cadre collectif ? » La DGCA devait lancer en septembre une concertation, sans calendrier à ce jour, alors que les équipes préparent déjà l’été 2027. Mais, avertit Malika Séguineau, « Ce cadre n’est pas seulement climatique : il s’inscrit dans un contexte plus large de fragilité économique. » France Festivals poussera la question plus loin, lors du grand débat de SoFest! (https://www.francefestivals.com/focus-actualites/sofest-forum-france-festivals-2026) : « Veut-on encore des festivals ? »

Où sont les aides ?
Selon plusieurs professionnels, le ministère n’a pas prévu sur 2026 d’accompagner les festivals qui ont été touchés durement par les canicules. Et après ? Fin 2025, la concertation de festival avait pointé « la nécessité d’accompagner sur le long terme des festivals engagés dans des projets de mutation en profondeur. » La DGCA travaille à une boîte à outils d’adaptation des lieux de spectacles vivants. Mais pour les festivals, il devient difficile d’investir dans l’adaptation d’autant plus que les subventions publiques ont été rabotées. Et que l’épisode estival a révélé un autre risque : « L’assurabilité des événements de demain est en question », prévient Malika Séguineau. « En 10 ans, on est passé de 1,26 % à 2,24 % » du budget consacré à l’assurance, a relevé Aurélie Hannedouche. Et l’extension intempérie prend désormais le dessus, quand elle est garantie !  Sur ce point, le Centre national de la musique doit lancer une concertation en présence des assureurs.

Jérôme Vallette

En partenariat avec La Lettre du Spectacle n°610

Légende photo : Aux Escales 2026
Crédit photo : Éric Deguin

Rillieux-la-Pape : le CCN retrouve enfin ses locaux

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CCN Rillieux-la-Pape

Six mois après l’incendie de leurs locaux, l'équipe du Centre chorégraphique de Rillieux-la-Pape rentrent à la maison.

Enfin, Moncef Zebiri et son équipe du Centre chorégraphique de Rillieux-la-Pape (Métropole de Lyon) rentrent à la maison ! Il y avait dix ans qu’entre l’incendie de 2017 – l’enquête n’a jamais trouvé le “gone” qui en brûlant une voiture a gravement endommagé le bâtiment –, et celui de mars 2026, déclenché pendant des troubles qui visaient la municipalité, les équipes du CCN n’avaient plus accès à leur lieu de travail. Elles assuraient leur mission depuis les locaux temporaires à Velette Services [du nom du quartier où est installé le CCN].

« Tous les obstacles sont aujourd’hui levés »
Mais en juillet, l’équipe a enfin réintégré ses bureaux et le Grand Studio, situé au troisième niveau ; en janvier le « studio fosse » et le rez-de-chaussée seront aussi disponibles et en novembre tout sera terminé. « Il y a une volonté de tout le monde, ville comme ministère, pour que tout s’achève bien », se félicite Moncef Zebiri qui assure que tous les obstacles y compris financiers sont aujourd’hui levés : « C’est le toit qui posait problème. Certains éléments n’existent plus, mais comme l’architecture est classée “bâtiment remarquable” il fallait le refaire à l’identique. Aujourd’hui tout est réglé. »

Travail de terrain
Quant à l’insertion dans le quartier, le chorégraphe, nommé il y a un an, assure qu’elle ne pose aucun problème : « Nous faisons un gros travail de terrain, sur le rapport humain, dans la discussion avec les familles. Elles ont été impliquées même dans le choix de la charte graphique. » Et d’ajouter qu’il y a une attente de la part des habitants. « Il n’y a pas longtemps, une mère du quartier est entrée dans le bâtiment pour nous demander où l’on pouvait s’inscrire et qu’est-ce que l’on pourrait voir ! » Dès que seront levées les réserves quant aux espaces qui ont été réaménagés – la campagne de travaux récente (mars 2025) visait à « renforcer la connexion » au quartier – mais n’ont pu faire leurs preuves avant d’être endommagés, la priorité sera de renforcer cette implication. « La ville de Rillieux est divisée par des frontières invisibles ; pour le quartier, avoir le CCN c’est une fierté et quand nous proposons des fins de résidences, il y a des gens de Lyon qui viennent, mais aussi beaucoup de gens du quartier. » Jusqu’ici, c’était dans une école où un gymnase. Moncef Zebiri espère rapidement retrouver la même ferveur au cœur même du bâtiment restauré. Car, tout en assurant mettre l’accent sur la création – une grande pièce est prévue pour mai 2027 –, Moncef Zebiri cache mal une impatience certaine à clore, avec cette réouverture, un chapitre qui reste douloureux pour tout le monde.

Philippe Verrièle

En partenariat avec La Lettre du Spectacle n°610

Légende photo : Moncef Zebiri, directeur du CCN de Rillieux-la-Pape
Crédit photo : Tony Noel

Audrey Ardiet : « Cette saison reflète ce qui fait l’ADN du lieu depuis 50 ans »

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Audrey Ardiet

Cette année, La Rose des vents, scène nationale de Villeneuve-d’Ascq (Nord) fête ses 50 ans. Sa directrice, Audrey Ardiet, revient sur son identité au long cours, mise en avant dans cette saison anniversaire. 

Que représentent pour vous ces 50 ans ?
Je suis fière de cette longévité. C’est dans la durée qu’on peut construire des fidélités et accompagner tous les publics. La Rose des vents s’est inscrite dans une forte dynamique territoriale, en lien avec des lieux qui vont aussi fêter des anniversaires : en 2028, La Maison de la culture de Tournai, un partenaire historique, aura 60 ans, et Le Méliès, le cinéma rattaché à la scène nationale, 50 ans. Et certaines périodes ont été importantes pour elle : dans les années 1990, elle a accueilli la nouvelle scène flamande, créant un vrai choc esthétique en France, et la création du Next Festival en 2008 a donné de la puissance à sa programmation internationale, déjà existante.

Comment avez-vous conçu cette saison spéciale ? 
Je ne voulais pas être dans la nostalgie, donc je n’ai pas invité des artistes phares du lieu. J’ai plutôt pensé à ce qui fait son ADN, notamment la danse : des grandes formes et une diversité d’esthétiques (du flamenco avec Rafaela Carrasco, du hip-hop avec Sofiane Chalal), la nouvelle scène française (Leïla Ka) et, bien sûr, flamande actuelle, dont la jeune chorégraphe belge Femke Gyselinck. J’ai aussi mis l’accent sur la programmation internationale, y compris dans le festival 100 % Magie qui compte une magicienne espagnole et une britannique. Par ailleurs, de manière intuitive, la dimension politique et sociétale dans cette programmation s’est révélée plus forte qu’avant.

Vous fêtez cet anniversaire dans un bâtiment rénové…
Oui, c’est continuer ainsi à célébrer sa réouverture. D’autant qu’on retrouve désormais ce qui a toujours fait sens à La Rose des vents : on peut réaccueillir des artistes en résidence, donc soutenir la création – neuf en 2026, dont Hugues Duchêne qui crée ici cette saison – et la nouvelle Grande Salle permet d’y jouer les grandes formes, dont celles en coréalisation avec nos partenaires.

Comment intégrez-vous le public à cette célébration ? 
Cette question était importante. En 50 ans, le public est resté curieux, et a aussi évolué. Certains sont là depuis le début, et nous en avons gagné d’autres lors de notre nomadisme par un travail de proximité. Outre un recueil de témoignages, on organise le 7 novembre Le Bal arrangé avec la compagnie La Halte-Garderie, une fête dansée inclusive, ouverte à tous les publics avec ou sans handicap, où les aidés deviendront les aidants.

Un vœu pour les 50 ans à venir ? 
Que La rose des vents reste un lieu de curiosité, et hospitalier pour les artistes, les publics et les équipes. 

Propos recueillis par Hanna Laborde

En partenariat avec La Lettre du Spectacle n°610

Crédit photo : D.R.

Nouvelles mobilités avec les véhicules intermédiaires

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nouvelle mobilités

Aux dernières Trans Musicales de Rennes, les « vélis » ont fait leur entrée. Ces véhicules légers intermédiaires aux formes variées – à mi-chemin entre le vélo et la voiture – sont-ils l’avenir des mobilités au sein des festivals ?

Rappelons que 80 % de l’impact carbone d’un festival réside dans les déplacements du public et des équipes. C’est ce constat qui pousse le collectif des réseaux régionaux R2D2 a expérimenter des alternatives à la voiture thermique, à travers le programme Festivals en mouvement. Les véhicules légers intermédiaires (vélis) permettraient-ils de réduire la facture ? L’Ademe en prend le pari et lance l’« Extrême défi » en 2022 : un parcours visant à imaginer, prototyper, expérimenter et accompagner la production de vélis. L’ambition est de « faire dix fois mieux que l’automobile : dix fois plus simple, dix fois plus durable, dix fois plus économique », lance Gabriel Plassat, son initiateur. Fin 2025, l’agence de la transition écologique s’allie au Collectif des festivals pour une expérimentation au sein des Trans Musicales de Rennes. Une stratégie à trois vitesses.  

Côté organisation : pour tous les usages 
Si la cyclo-logistique est de plus en plus répandue sur les festivals, les vélis offrent de nouvelles possibilités. « Certains organisateurs peuvent penser qu’il n’y a pas de solution adaptée pour eux. Or, il y a une large palette de choix », note Elsa Rouland, responsable des projets transition sociale et environnementale au sein du Collectif des festivals. 

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Par Julie Haméon

Légende photo : Aux Trans Musicales de Rennes, pas moins de dix modèles de vélis ont été testés. 
Crédit photo : Élodie Le Gall

Structures : quel dialogue en temps de crise ?

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Véronique Bellin

Alors que le secteur culturel traverse régulièrement des crises, les structures cherchent à maintenir un dialogue fluide et constructif.

Des financements publics qui fondent comme neige au soleil, une crise de sens qui touche le monde du travail, un management en mutation… les structures font face à de nombreuses difficultés. À celles-ci, ou en conséquence de celles-ci, viennent s’ajouter des relations interpersonnelles plus tendues au sein des équipes, des incompréhensions, une gouvernance et un élan collectif altérés. « Les conditions économiques sont aujourd’hui très dégradées et s’additionnent à une crise de sens qui existe depuis la professionnalisation du secteur culturel, souhaitée par la profession mais pas forcément anticipée concernant les changements dans les rapports sociaux au sein des structures », analyse Carole Le Rendu, consultante en direction et management de projet culturel et directrice de l’ITEMM, au Mans. Pour assurer un dialogue serein avec les équipes, les structures composent. 

Au Théâtre public de Montreuil, les équipes permanentes sont en CDI, un statut qui « sécurise beaucoup », témoigne la directrice adjointe, Véronique Bellin. Depuis quelques années, elle observe moins de mouvement dans les services. « Alors que notre région était très riche en offres, nous commençons à connaître ce que vivent des scènes de région, avec une raréfaction des opportunités. » La direction préfère anticiper les frustrations liées à l’ennui et à l’impossibilité d’évoluer sur son poste qu’entraîne ce marché figé. « Nous accompagnons les salariés sur la question de l’employabilité à travers l’entretien professionnel et les formations afin de les aider à définir leur projet d’avenir, détaille-t-elle. C’est parfois difficile parce que lorsque l’on demande à une personne comment elle voit son évolution, elle peut croire que nous la poussons  dehors, mais nous cherchons simplement à engager  un dialogue avant la naissance de tensions. » 

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Par Pauline Demange-Dilasser

Légende photo : Véronique Bellin, directrice adjointe du Théâtre public de Montreuil
Crédit photo : D. R.

Jumeau numérique : une révolution ?

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Jumeaux numériques

Du montage à la maintenance, le jumeau numérique commence à trouver sa place dans les équipements culturels. S’il promet de fiabiliser les données et de réduire les temps de préparation, son déploiement reste exigeant.  

Qu’il soit issu d’une modélisation 3D brute ou d’un nuage de points capturé par un scanner, le jumeau numérique est une réplique virtuelle qui permet de corriger les imprécisions des plans d’architectes, souvent faux ou obsolètes. Mur pentu, parois aux courbes organiques, aspérités dans le sol, trappe ou décalage de quelques centimètres sur une passerelle, la numérisation à l’aide de capteurs enregistre avec une précision millimétrique le moindre détail. 

À la Philharmonie de Paris, l’investissement dans la modélisation des trois salles ouvre ainsi des perspectives inédites. Si le travail s’annonce particulièrement fastidieux en raison des courbes iconiques du bâtiment imaginé par Jean Nouvel, les usages potentiels sont nombreux. Grâce à cette maquette 3D enrichie de données dans le logiciel Vectorworks, les équipes peuvent non seulement se balader virtuellement dans le bâtiment, sur le gril, au plateau, dans les dessous, mais aussi s’asseoir dans un fauteuil en salle pour vérifier la visibilité du spectacle. Surtout, elle permet d’extraire des informations comme des listes de matériel, des données techniques liées aux appareils d’éclairage, ou de tester différents éléments techniques et artistiques. 

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Par Arzelle Caron

Légende photo : À la Philharmonie de Paris, un nuage de points quadrille l’intégralité de la grande salle Pierre-Boulez.
Crédit photo : D. R.

Communiquer, malgré la crise

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Theatre Venissieux

Alors que les théâtres voient leurs subventions rognées, voire annihilées par leurs tutelles, comment préserver un budget de communication décent ? Les arbitrages sont repensés, mais communiquer reste essentiel pour être connu et reconnu, à la fois du public et des pouvoirs politiques. 

Quand la Région Auvergne-Rhône-Alpes a rendu son verdict concernant ses subventions en matière culturelle en mai dernier, la Machinerie de Vénissieux (Rhône) a été particulièrement touchée en rebond de la DRAC, qui s’était prononcée un mois plus tôt : la direction régionale des affaires culturelles lui avait ôté 15 000 euros, soit 10 % de baisse, comme pour toutes les scènes conventionnées. Et la Région lui a retiré la totalité des 80 000 euros de l’année précédente. 

Dans ce contexte, pourtant, la communication est choyée par la directrice, Duniému Bourobou, d’autant plus qu’arrivée à la tête de ce double établissement qui regroupe le Théâtre de Vénissieux et la salle de concert Bizarre ! en 2024, elle est toujours en cours de lancement d’un nouveau projet : « Il faut qu’il soit entendu, saisi. En conséquence, la communication est le dernier endroit que l’on va toucher. » Les 85 000 euros qui lui sont dévolus dans un budget de 1,5 million d’euros sont maintenus. Car « si on y touche, on sera moins repéré et on ne pourra pas développer nos publics, ça va fragiliser nos ressources propres alors qu’on a besoin de les solidifier ».

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Par Nadja Pobel

Légende photo : Au Théâtre de Vénissieux, le budget communication a été préservé pour aller vers les publics.
Crédit photo : D. R.

Safe zones : le nouvel incontournable

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Safe zones

Pour prévenir les malaises, crises d’angoisse et VSS, de nombreux événements mettent en place des « safe zones ». Sécurisants et rassurants, ces espaces offrent au public la possibilité de se reposer et de décompresser avant qu’il ne soit trop tard.

Pendant des années, malgré un fort intérêt pour les concerts, Marine Le Bars ne se sentait pas capable de se mêler à la foule. « J’ai longtemps souffert d’anxiété. Cela m’a parfois complètement empêchée de sortir de chez moi », dévoile l’influenceuse de 28 ans. Comme une thérapie, la jeune femme décide de mettre des mots sur ses difficultés face caméra. Et c’est finalement sa notoriété grandissante – sa chaîne YouTube dépasse aujourd’hui les 850 000 abonnés – qui a fini par lui rouvrir les portes des festivals, dans les espaces VIP. 

Éloignée de la foule, Marine Le Bars a ainsi redécouvert les joies du live en toute sérénité, mais en étant consciente d’être privilégiée. « La quasi-totalité des festivaliers n’a pas accès à ces conditions plus calmes. Dans la fosse, en cas de crise d’angoisse, il n’y a pas d’alternative à la tente des secouristes, souffle-t-elle, en confiant avoir vécu une telle situation. L’anxiété nécessite du temps, de l’espace et des ressources que les secouristes n’ont pas. Souvent, ils vous conduisent à la sortie sans que la crise soit réglée. Le cerveau enregistre cette expérience négative et il est ensuite très difficile d’imaginer revenir un jour en festival », explique l’influenceuse.

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Par Eliott Bureau

Légende photo : Marine Le Bars propose sa « Maison Bulle » sur les festivals de plein air.
Crédit photo : Story of Marco

Renforcer la convivialité d’un lieu

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convivialité lieux

De l’architecture aux aménagements intérieurs, en passant par de nouveaux usages, la question de la convivialité à destination des publics traverse un lieu, de sa conception jusqu’à la conduite de ses équipes.

Les théâtres, opéras ou salles de concert ne sont-ils que des lieux de diffusion de spectacles ? Rares sont ceux qui n’organisent pas des rencontres avec des artistes ou des actions d’éducation artistique et culturelle, rares aussi sont ceux qui n’ont pas un bar, un restaurant ou une librairie. 

Cependant, l’architecture de ces lieux peut participer de l’envie d’y entrer et d’y rester. À commencer par les abords du bâtiment. Le NEST, centre dramatique national transfrontalier de Thionville, vient de choisir le projet architectural qui remplacera les bâtiments en bois qui ont fait sa singularité, installés sur une ancienne friche industrielle, en bord de Moselle. Alexandra Tobelaim, sa directrice,  relate : « Le parvis sera un lieu de vie structurant, ouvert sur la Moselle et sur le quartier. Il sera un lien poreux entre le lieu et la ville. » Avec l’idée que des activités puissent s’y développer ou  des structures s’y installer, comme des chapiteaux. 

À Dijon, la scène de musiques actuelles (SMAC) La Vapeur a été réhabilitée en 2015. Un parvis a également été créé par l’Office parisien d’architecture, avec lequel travaille Frédéric Robbe, directeur de l’Astrolabe (SMAC d’Orléans), associé à la maîtrise d’ouvrage. « Ce parvis permet l’organisation d’activités parallèles à celles du lieu, comme un DJ set ou une brocante musicale. C’est devenu un lieu de vie convivial ouvert la journée sur le quartier. »

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Par Nicolas Dambre

Légende photo : Au CentQuatre (Paris), des espaces « ouverts, non définis, adaptables »  ont permis que des activités plus ou moins spontanés se développent.
Crédit photo : Quentin Chevrier

Passeport, itinéraire d’une pièce déprogrammée

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Passeport

L’annulation, par la Ville, de la pièce d’Alexis Michalik au théâtre de la ville de Castres a provoqué de vives réactions, et montré les difficultés que peuvent rencontrer certaines pièces aux sujets jugés trop politiques. 

Issa, un jeune migrant érythréen, est laissé pour mort dans la jungle de Calais. Ce récit d’exil de Passeport, Alexis Michalik l’a imaginé alors qu’il était en voyage. « C’est avant tout une histoire humaine, je savais que le sujet était différent de mes pièces précédentes, mais quand une pièce trouve son public, elle tourne. » La pièce est effectivement un succès populaire, avec près de 900 représentations à ce jour. Début juin, c’est par une spectatrice, étonnée de ne pas la voir dans le programme, que le metteur en scène apprend son annulation au théâtre municipal de la ville de Castres. 

Florian Azéma, jeune maire (RN) fraîchement élu à la faveur d’une fragmentation de la droite, affirmait en juin à l’AFP que Passeport d’Alexis Michalik « [fait] la promotion des clandestins et [propose] un traitement assez particulier des forces de l’ordre, évidemment, cela ne correspond pas à ce que j’avais défendu pendant la campagne ». Et ajoutait souhaiter « que l’argent public, l’argent des Castrais, soit dépensé correctement » avant de cesser toute communication avec la presse. Nos demandes d’interview sont restées lettre morte. Si la pièce a rencontré son public, Castres n’est pas la première difficulté que Passeport rencontre depuis sa création en 2023 au Théâtre de la Renaissance, à Paris. 

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Par Pauline Demange-Dilasser

Légende photo : La décision d’annulation de la Ville de Castres n’est pas la première difficulté que Passeport a rencontrée depuis sa création, en 2023.
Crédit photo : Alejandro Guerrero