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« Le succès du WET ne s’est pas effrité en dix ans »

Infoscènes
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Bérangère Vantusso

Du 27 au 29 mars, avait lieu la 10e édition du festival WET. Dédié à la jeune création, sa programmation est confiée à la Jeune Troupe du Théâtre Olympia - CDN de Tours. Retour sur cette décennie avec Bérangère Vantusso, sa directrice. 

Votre regard sur ces dix ans ?
Le WET a très vite eu du succès à sa création, car il répondait au besoin d’un autre focus sur la jeune création. Et depuis, il ne s’est pas effrité. Le nombre de professionnels, conséquent, s’est stabilisé. Quant au public, on note de plus en plus un effet de rajeunissement. C’est la deuxième année consécutive que le taux de remplissage est de 99 %. Et nos partenaires – tels le CCNT ou La Pléiade pour les lieux – sont les mêmes depuis quelques années.

Quel tremplin le WET est-il devenu ? 
Confier la programmation à des artistes sortis d’écoles, qui ont donc un sous-réseau, permet de repérer rapidement des compagnies encore sous les radars. Et en dix ans, le festival a accueilli des artistes qui aujourd’hui sont très présents sur les scènes, avec différents degrés de visibilité – Marion Siéfert, Camille Dagen, Eddy D’Aranjo, ou le Collectif OS’O. Après le WET 9, des compagnies ont aussi bénéficié d’une longue exploitation au Théâtre de La Tempête.

Le profil des candidatures a-t-il changé ?
Cette année, on a reçu 250 candidatures. C’est copieux, mais guère plus qu’avant. Parmi elles, se trouvent désormais des compagnies qui ne devraient plus candidater car elles sont trop structurées ou ont déjà créé plus de trois spectacles. Mais comme le paysage est dégradé, ce qui augmente la précarité et la pression de réussir, elles tentent leur chance au WET. On constate un effet de rupture de parcours après l’émergence. Lors de la journée professionnelle pendant le festival, nous avons discuté de solutions à envisager pour resserrer les mailles à cet endroit. Pour autant, les critères de sélection du WET ne sont pas assouplis, sinon il perdrait son essence.

Quid de sa situation financière ? 
Nous n’avons pas de subventions fléchées pour le WET. Il y a dix ans, le choix a été fait de prendre 150 000 euros sur le disponible artistique, ce qui est toujours le cas. On peut donc considérer qu’il s’agit d’une diminution, puisque tout le reste a augmenté, y compris les logements. Certaines éditions, le WET a accueilli dix spectacles, cette année, il y en a huit. En dessous, ce serait dommage…

Quelles sont vos perspectives ?
Un plafond est atteint quant à la fréquentation, ce qui crée de la frustration auprès des spectateurs qui ne peuvent pas avoir de places. Nous devons réfléchir à une réouverture de l’espace, peut-être en démarrant un jour plus tôt. Ainsi les spectacles joueraient une fois de plus, ce qui favoriserait le repérage et permettrait au public du territoire de les voir. 

Propos recueillis par Hanna Laborde

En partenariat avec La Lettre du Spectacle n°602

Légende photo : Bérangère Vantusso

Crédit photo : C. Loiseau