Arrivée début avril au poste de directrice déléguée du Festival d’Avignon, Clémentine Aubry a succédé à Pierre Gendronneau, parti en juin 2025. Elle évoque les contours de cette 80e édition, prévue du 4 au 25 juillet.
Vos premières impressions ?
J’ai pris le train en marche la semaine de l’annonce de la programmation. Je découvre une équipe en plein travail qui a des attentes fortes vis-à-vis de mon poste. Je vais beaucoup apprendre sur le terrain. Cependant, mes premières expériences professionnelles furent au Festival d’automne à Paris et aux Rencontres de la photographie d’Arles.
Le festival offre davantage de places et un nouveau système de réservation.
Effectivement, 136 000 places contre 121 000 l’an passé, grâce à des séries plus longues. Nous veillons à équilibrer les premières et la répartition des publics sur les trois semaines en travaillant sur les jauges journalières. 47 spectacles soit 300 levers de rideaux sont prévus. Nous proposons des inscriptions à des créneaux d’achat dédiés, mais le système habituel demeure, avec des contingents de places pour chaque mode de réservation.
Comment se porte financièrement le festival ?
Les comptes sont à l’équilibre. Le budget prévu pour 2026 est de 16,7 millions d’euros [contre 16,4 en 2025, NDLR], avec une subvention stable du ministère de la Culture de 4,2 millions et un objectif de mécénat de 1,4 million d’euros. Nos trois plus grands mécènes restent le Crédit Coopératif, le groupe AXA et la Fondation Hermès (cette dernière soutient Transmission impossible, le programme d’immersion avec la chorégraphe Lia Rodrigues). Des partenaires nous rejoignent, comme le Korea Arts Management Service (KAMS) ou le Centre culturel coréen de Paris. Localement, de nouveaux mécènes sont à nos côtés, comme GSE, pour le Hamlet itinérant. Nous coproduisons pour la première fois avec le Holland festival et le Festival d’édimbourg – nés eux-aussi en 1947 – un spectacle, celui de Christiane Jatahy et Wagner Moura. Il est important de dire que le Festival d’Avignon ne travaille jamais seul, il est constamment dans une logique de coopération.
Certains tarifs augmentent, comme dans la Cour d’honneur, à 45 et 55 euros…
Nous pensons davantage en termes de politique tarifaire que de tarifs, avec des cartes pour les étudiants ou les personnes en situation de handicap. Les tarifs de théâtre restent bien inférieurs à ceux de certains grands concerts. Le vrai frein économique pour les spectateurs, c’est surtout l’hébergement et la restauration à Avignon.
Propos recueillis par Nicolas Dambre
En partenariat avec La Lettre du Spectacle n°602
Légende photo : Clémentine Aubry
Crédit photo : Christophe Raynaud de Lage