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« Réinterroger la compétence culturelle obligatoire »

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Frédéric Maurin

Entretien avec Frédéric Maurin, président du Syndicat national des scènes publiques (SNSP).

Le SNSP a publié une lettre ouverte aux candidat(e)s à la présidentielle. Quel est le sens d’un renforcement du lien État/projets de territoire ? 
Les directions régionales des affaires culturelles manquent de personnel, de moyens et d’autonomie pour assurer l’ambition de la politique publique d’État. Quant aux collectivités territoriales, la question de la compétence culturelle obligatoire doit être réinterrogée. Demander à des petits communes d’avoir cette compétence culturelle obligatoire, c’est discutable. Un débat est nécessaire entre associations d’élus et syndicats de la culture.

Quelle visée a un programme de permanence artistique avec des aides à la résidence, l’implantation d’équipes artistiques, la mutualisation de tournées et un plan massif d’éducation artistique et culturelle ?
Nous devons, peut-être, aussi réfléchir au désengorgement des grandes métropoles, où il y a souvent surabondance d’équipes artistiques, vers des territoires ruraux avec de la place pour de belles aventures. Quant à l’éducation artistique et culturelle (EAC), il faut réunir en interministériel l’ensemble des acteurs qui travaillent dans le champ de l’EAC pour harmoniser efficacement cette volonté affichée depuis deux quinquennats. Nous regrettons que la pratique artistique et l’enseignement de l’histoire de l’art cessent à la fin du collège quand la personnalité des adolescents commence à s’affirmer.

Pourquoi demander de « préserver plus que jamais la liberté de programmation » des responsables de scènes publiques ?
Beaucoup de jeunes directeurs et directrices sont précaires, contractuels, en CDD. Si le maire souhaite interférer dans leur programmation, ils auront du mal à s’y opposer. Dans un grand théâtre de ville, une scène conventionnée ou labellisée, cette ingérence sera vite relayée. Il faut pérenniser emplois comme projets.

Propos recueillis par Nicolas Dambre

En partenariat avec La Lettre du Spectacle n°512

Crédit photo : D. R.

Cultures frontalières : Ekinox ou l’Europe à double face

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Compagnie L’Insomnante

Le Nest, CDN transfrontalier de Thionville, organisera la manfestation Ekinox aux deux instants de l’année où le jour a une durée égale à celle de la nuit sur l’ensemble du globe. Elle sera articulée en deux événements : la foire du sommeil, le 26 mars au Luxembourg et la Foire des rêves le 24 septembre à Aumetz en France, à une vingtaine de kilomètres de Thionville. Avec au Luxembourg un spectacle de la metteuse en scène et directrice du CDN Alexandra Tobelaim, une station radio mobile Radio Dodo avec deux animateurs comédiens, des performances de Sophie Langevin. Puis, en France, des spectacles à l’échelle d’une ville matérialisant les rêves collectés dans l’année (concert choral de berceuses par exemple). Ekinox s’inscrit dans le cadre du rôle que joue la ville luxembourgeoise d’Esch-sur-Alzette en tant que capitale européenne de la Culture (celle-ci finance d’ailleurs le festival à 63 %).

« Ce sera un événement un peu tentaculaire qui commencera en gare de Thionville, décrit Alexandra Tobelaim. Chaque jour, en provenance d’Allemagne, de Belgique, de France, 250 000 personnes viennent travailler à Luxembourg, parmi eux, 120 000 Lorrains de Thionville, avec des bouchons dès 6 h du matin. Nous avons embarqué aussi avec nous dans cette aventure trois classes de lycée, deux classes de Thionville et une de Esch-sur-Alzette, travaillant avec eux sur les notions d’eldorado, de rêve, de nocturne et diurne ». Des champs sémantiques qui ont tout leur sens à proximité du paradis fiscal Luxembourg niché au cœur de l’UE, avec ses énormes flux financiers. « C’est troublant de constater le vrai décalage existant entre ceux qui travaillent au Luxembourg 40 heures par semaine avec quatre heures de transport et ceux qui restent en France, ajoute la directrice. Pour explorer ce pile et face, cet événement au budget valorisé de 800 000 € fera aussi intervenir, en plus des 46 artistes (metteurs en scène, comédiens et musiciens), des médecins, chercheurs, chefs cuisiniers ou artisans.

Nicolas Mollé

En partenariat avec La Lettre du Spectacle n°512

Légende photo : La Compagnie L’Insomnante sera présente.

Crédit photo : Raoul Gilibert

SCH en route vers le Vélodrome

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SCH

Tournée. Prix de l’album le plus streamé lors des dernières Victoires de la Musique, le rappeur SCH a déploré lors de cette cérémonie les grands oubliés du rap. Il en était le seul représentant avec Orelsan. Les deux artistes entament chacun une importante tournée. SCH, qui sortait d’une série de concerts en SMAC avant la pandémie, commencera le 6 mai une tournée des Zénith et vise les 45000 places du Stade Orange Vélodrome de Marseille, le 22 juillet 2023, mises en vente depuis le 9 février.

À l’origine prévue en février-mars, la tournée de 14 dates a été décalée en mai (3 dates) et en septembre-octobre, pour préserver les exclusivités demandées par les festivals de l’été. Elle est coproduite par Olympia Production et Baron Rouge, le label créé par SCH. Yuma Prod en assure la production exécutive, son directeur général, Éric Bellamy, explique : « Les ventes de places démarrent bien. En vue du Vélodrome, nous devons raconter une histoire qui incitera le public des Zénith à faire le voyage jusqu’à Marseille pour le revoir. » Ces 37e Victoires de la Musique ne comportaient plus que 11 catégories. Certains professionnels y voient l’ingérence de France Télévisions. Éric Bellamy constate : « Les Victoires n’ont plus d’effet sur les ventes de concerts. Les musiques urbaines devraient créer leurs propres récompenses. »

Nicolas Dambre

En partenariat avec La Lettre du Spectacle n°511

Crédit photo : D. R.

Streaming : cruciales négociations pour les musiciens

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streaming

Sous l’égide du ministère de la Culture ont actuellement lieu des négociations pour une garantie de rémunération minimale proportionnelle à la valeur économique vers les artistes dont les titres génèrent des recettes notamment sur les plateformes de streaming. Elle surviennent alors que la cour d’appel de Versailles a condamné le 27 janvier un syndicat de salariés mais aussi producteurs phonographiques (SNEP et UPFI) à payer des dommages et intérêts de 50 000 € et 25 000 € à la Spedidam et au syndicat dissident Samup du fait d’une clause hors la loi. « Dans un “salaire de base” de 156,97 € étaient ainsi englobés à la fois la prestation de travail d’enregistrement, mais également la cession de droits voisins sur cet enregistrement, dont l’exploitation sous forme de streaming », remarque la Spedidam. Or les revenus du streaming ne compensent pas le manque à gagner des différents reports, annulations alors que « les adhérents du SNAM-CGT gagnent principalement leur vie avec le spectacle vivant, note son secrétaire général, Philippe Gautier.

Les taux de rémunération pratiqué pour les interprètes (0,000735 $ par titre écouté en stream sur Apple Music, 0,00437 $ sur Spotify, 0,00069 $ sur YouTube) sont très faibles. Reste qu’une augmentation de 22 % du chiffre d’affaires de Spotify au quatrième trimestre 2021 correspond aussi logiquement à 22 % de droits d’auteurs supplémentaires. Si les barèmes accordés aux auteurs compositeurs se situent aux environs de 15 % selon la Sacem, commence aussi ici le règne de la négociation de gré à gré ; les gros vendeurs s’entendant avec les producteurs pour des taux adaptés, y compris comme interprètes. « Jusqu’aux années 1990, les musiciens parisiens enregistraient dans la journée et se produisaient “live” le soir, ce n’est plus imaginable aujourd’hui où les enregistrements se font sans musiciens, la technologie et les esthétiques ont considérablement changé, constate Philippe Gautier. Le nombre de syndiqués SNAM-CGT aussi a évolué, avec une vague d’adhésions importante pendant la crise sanitaire : plus d’un tiers en plus, portant ses effectifs à près de 2 500 musiciens. Parmi eux, nombre de concertistes de jazz et d’ensembles symphoniques.

Nicolas Mollé

En partenariat avec La Lettre du Spectacle n°511

Crédit photo : D. R

Calais : Feux d’hiver victime d’une rivalité politique

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Feux d’hiver

« Les conditions ne sont pas réunies pour organiser Feux d’hiver en 2022, constate Francis Peduzzi, directeur de la scène nationale du Channel, qui pilote cet événement depuis 1999 (après une interruption de 2009 à 2017, il avait été relancé par Xavier Bertrand). Proposant théâtre de rue et spectacles en salle, le festival, qui se déroule à un rythme biennal pendant les cinq derniers jours de l’année, génère une fréquentation comprise entre « 40 000 et 50 000 personnes » selon Francis Peduzzi. « Nous sommes à 100 % de jauge de sept heures du matin à minuit, notre seule possibilité aurait été d’augmenter l’offre artistique, en installant des chapiteaux en face du Channel ». Il aurait fallu pour cela passer des 1,2 M€ du budget actuel à 1,450 M€.

Le Département, lui, n’est pas dans la boucle concernant Feux d’hiver mais « nous subventionnons le Channel à hauteur de 448 000 €, signale-t-on au conseil départemental du Pas-de-Calais. Soit à peu près ce que la Ville de Calais a amputé au Channel au cours des trois dernières années. « Ils nous ont supprimé 200 000 € de subventions la première année, 100 000 € en 2021 et encore 100 000 € en 2022 », précise Francis Peduzzi.

De son côté, la Ville de Calais déclare qu’elle était prête « comme en 2019, à soutenir la manifestation à hauteur de 100 000 € ». Feux d’hiver fait les frais de la rivalité politique grandissante entre Xavier Bertrand, président du conseil régional et candidat malheureux à l’investiture de LR et Natacha Bouchard, maire de Calais. La présidente de la communauté d’agglomération Grand Calais Terres & Mers s’est récemment rangée du côté d’Emmanuel Macron et met désormais en scène son accueil des réfugiés ukrainiens après avoir mis nombre de bâtons dans les roues des Africains forcés à l’exode (elle s’était même opposée à la venue de la marionnette Amal, symbole du voyage des exilés).

Face à l’absence de soutien financier de la Région Hauts-de-France à la compagnie de danse contemporaine Hervé Koubi installée à Calais par Natacha Bouchard, celle-ci a continué à réduire ses subventions au Channel. « Je ne peux que regretter ces problèmes d’entente entre Francis Peduzzi et Natacha Bouchard car j’entretiens de très bonnes relations avec les deux, commente Hervé Koubi. Francis Peduzzi signale pourtant avoir reçu « mandat du conseil d’administration du Channel pour tenter de réunir les conditions d’organisation de Feux d’hiver en 2023 ».  

Nicolas Mollé

En partenariat avec La Lettre du Spectacle n°511

Crédit photo : Vincent Muteau

Vers une communication trimestrielle ?

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Marie-Pia Bureau

Guidé par le contexte sanitaire, ce changement de périodicité autorise une plus grande souplesse dans la délivrance de l’information mais peut aussi contrarier la lisibilité d’un projet dans sa globalité.

En raison de l’incertitude persistant sur la reprise totale de l’activité et des nombreux reports de spectacles, certains lieux ont choisi la saison dernière de privilégier une communication trimestrielle. « Cela nous permettait d’être plus réactifs, comme nous le sommes grâce aux canaux numériques », explique Frédéric Durnerin, directeur de L’Agora, Pôle national Cirque de Boulazac, qui a en outre édité un programme pour la période estivale, de la mi-mai à la fin juillet 2021. La scène nationale Chambéry Savoie abritant également en ses murs un tiers-lieu (ce qui accroît son activité), la décision de faire paraître un document tous les trois mois, en plus de la plaquette de saison, s’est naturellement imposée depuis deux ans déjà. La directrice, Marie-Pia Bureau, y a vu la possibilité de ne plus focaliser l’information sur les seuls spectacles en soirée mais de mettre en lumière les multiples propositions (dont les actions de médiation) inscrites au calendrier et de favoriser ainsi une mixité des usages du lieu. Chaque livraison compte près d’une centaine de pages illustrées et s’apparente à un journal, avec des contenus qui diffèrent donc de la brochure annuelle. « Ce document véhicule une autre image de la scène nationale, un état d’esprit », ajoute Marie-Pia Bureau.

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Lire la suite dans La Scène n°104 - Printemps 2022

Par Marie-Agnès Joubert

Légende photo : Marie-Pia Bureau, directrice de Malraux, scène nationale Chambéry Savoie

Crédit photo : D. R.

Des Youtubeurs pour toucher les publics ?

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Ronan Ynard

Encore peu nombreux, ils développent un propos singulier pour mobiliser des publics jeunes, curieux et rompus aux codes des réseaux sociaux.

Depuis quelques années, les « youtubeurs » ont ouvert une brèche dans la communication et la médiation, partageant  leurs passions et jouant un rôle de vulgarisateurs auprès des moins de 35 ans. En dehors du champ de la critique musicale, ils sont très peu nombreux à avoir ouvert des chaînes thématiques ayant pour sujet principal le spectacle vivant. Avec sa chaîne, Ronan au théâtre (6 300 abonnés, et jusqu’à 30 000 vues), Ronan Ynard fait figure de pionnier dans ce petit milieu. Il a lancé sa chaîne en 2016, une éternité dans un univers où il a identifié « une multitude de tentatives avortées. Il faut du temps pour installer une chaîne. J’ai failli tout lâcher à plusieurs reprises ».

En premier lieu, l’objet même de la chaîne, le théâtre pour Ronan Ynard : « Le problème, c’est que le théâtre n’est pas un produit culturel consommable dans l’immédiat et à distance, à la différence d’un film ou d’un livre par exemple, observe-t-il. Lorsque vous en parlez sur votre chaîne, vos fans peuvent immédiatement s’en emparer. Alors que pour le théâtre, il leur faudra peut-être attendre 6 mois ou un an pour voir la pièce dont vous parlez. En revanche, vos vidéos ont une vie plus longue. Je peux presque suivre la géographie des tournées en regardant d’où proviennent les vues de certaines vidéos un peu anciennes. »

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Par Cyrille Planson

Légende photo : Ronan Ynard, fondateur de la chaîne Ronan au théâtre

Crédit photo : Arnaud Bertereau

Préserver les liens avec sa communauté

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Émilie Tisserand

Avec deux années sans édition, beaucoup de festivals ont maintenu une communication différente avec leurs fidèles.

Le 14 avril 2020, le festival Garorock annonce l’annulation de son édition prévue fin juin à Marmande (Lot-et-Garonne). Commence alors une communication de crise autour du remboursement ou du report des billets achetés. « Nos festivaliers ont 21,5 ans de moyenne d’âge, ils sont donc très présents sur les réseaux sociaux. Il fallait s’y exprimer tout de suite et avec précision car tout peut vite circuler par ce canal de communication », livre Émilie Tisserand, responsable marketing et promotion de l’événement. Après cette communication dans l’urgence, les festivals ont dû maintenir le lien avec leurs communautés afin qu’elles ne les oublient pas. D’autant qu’après des concerts de Feder, Mezerg, Bon Entendeur et Biga Ranx, organisés mi-septembre devant 3 500 spectateurs masqués et distanciés, Garorock annule à nouveau son édition 2021, comme bien d’autres festivals. « Il a fallu trouver des façons de rebondir et de rester présents dans les esprits. Garder le lien avec ceux qui souhaitaient venir et conquérir de nouveaux publics », note Émilie Tisserand.

Un festival en numérique, Garorock Experience, est organisé et diffusé en streaming le 25 juin. L’audience n’est pas énorme, la réouverture des bars ayant peut-être éclipsé l’événement. Fin octobre, la manifestation est l’une des premières à reprendre la parole sur les réseaux sociaux pour communiquer sur sa programmation de 2022.

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Par Nicolas Dambre

Légende photo : Émilie Tisserand, responsable marketing et promotion du festival Garorock

Crédit photo : D. R.

Emergence : atouts et faiblesses des festivals

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Mathias Zakhar

Les festivals de jeune création se multiplient. Ils offrent une visibilité aux jeunes compagnies mais ne doivent pas masquer les besoins en accompagnement.

Depuis de nombreuses années, les festivals dédiés à la jeune création se développent. L’un des plus anciens est le festival Impatience, dont la 13e édition se déroulait du 4 au 16 décembre. Sa particularité est la tenue d’un jury professionnel qui remet un prix. Deux autres sont remis, l’un par des lycéens, l’autre par le public. Si la sélection au festival Impatience est un gage de qualité des spectacles, la présence de prix est à double tranchant, ce fonctionnement pouvant induire un aspect concurrentiel entre des compagnies encore fragiles.

Autre manifestation, parisienne à l’origine mais qui irrigue désormais de nombreuses structures en région, le festival Fragments a un autre mode de fonctionnement, basé sur la présentation d’étapes de travail. Coordonné par La Loge, il est organisé avec de nombreux partenaires, dont les théâtres du réseau Puissance 4 (La Loge, Le Théâtre Olympia à Tours, le Théâtre universitaire de Nantes, Le Théâtre Sorano à Toulouse et le Théâtre 13 à Paris). « Pour une compagnie comme la nôtre, basée à Rennes, le Festival Fragments est une belle opportunité pour montrer notre travail hors du territoire breton, où nous nous développons principalement, et donc de rencontrer des professionnels de structures au niveau national »,remarque Delphine Battour, metteuse en scène de la Zamak compagnie. Elle note aussi l’intérêt de rencontres préparatoires pour les porteurs de projets.

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Par Tiphaine Le Roy

Légende photo : Mathias Zakhar, metteur en scène

Crédit photo : Julien Pebrel

Ensatt : une fondation pour la diversité

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Laurent Gutmann

Afin de favoriser la diversité de ses étudiants et donc de mieux considérer leur sortie d’études, l’Ensatt a créé, avec le Théâtre national de la Colline, une fondation pour rechercher des financements.

« Entrée en scène » a été présentée publiquement le 21 octobre dernier à l’école nationale supérieure des arts et techniques du Théâtre (Ensatt) en présence de potentiels mécènes et de personnalités de théâtre. Cette fondation a été imaginée par Laurent Gutmann dès son arrivée à la tête de l’école en 2018. Olivia Château, directrice du développement et des partenariats, insiste sur la nécessité de « sécuriser la sortie des étudiants » pour que, par jeu de boomerang, la diversité soit au rendez-vous du recrutement à l’entrée de l’école. Or, ce qui nuit à la diversité sont les frais engendrés avant l’école, pendant et après.

« Il faut que les étudiants qui prennent la peine de suivre ces trois années de formation après un concours très sélectif, puissent en vivre après car ils font des calculs très rationnels, rappelle Laurent Gutmann, entre ce que coûte et rapporte cet effort. Pour un enfant de pauvre, le capital symbolique et culturel de ce type d’études ne suffit pas et c’est bien normal. » Il y a bien les bourses du Crous attribuées à un tiers des 180 étudiants, Hermès qui finance l’intégralité de la scolarité de six étudiants mais cela ne comble pas tous les manques. Si La Comédie de Saint-étienne notamment a été précurseur avec les classes préparatoires intégrées, l’Ensatt s’appuie donc sur le modèle de la fondation pour représenter au mieux la diversité dans ses effectifs.

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Par Nadja Pobel

Légende photo : Laurent Gutmann, directeur de l’Ensatt

Crédit photo : Béatrice Cruveiller