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Festivals : l’été de tous les contrastes

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Festival de Rocamadour

Impossible de dresser un bilan clair et homogène de cet été 2021 qui aura été marqué par des fortunes diverses pour les festivals.

Il y eut d’abord, dès le printemps une longue liste d’annulations, émanant pour la plupart des mastodontes du circuit. Le Main Square Festival, le Hellfest, les Eurockéennes, Rock en Seine, We love Green, Lollapalooza… Les jauges réduites, l’incertitude permanente et l’impossibilité de tenir un modèle économique complexe auront eu raison de leurs espoirs, laissant un grand vide dans l’été des festivals. Papillons de nuit a bien essayé de tenir ses engagements à honorer une nouvelle édition, mais renonçait un moins avant son lancement... Parmi les très gros, il y a ceux qui ont pu maintenir une édition quasi normale, comme le Festival d’Avignon, qui n’a compté que deux défections parmi les équipes artistiques de sa programmation (l’une venait de Grèce, l’autre d’Afrique du Sud). Pour 45 spectacles maintenus, ce sont environ 102 000 billets qui ont été vendus (sur les 112 000 proposés). De l’avis d’Olivier Py, l’obligation du contrôle du pass sanitaire pour les lieux de culture regroupant plus de 50 personnes, au 21 juillet n’a eu que très peu d’incidence : « Ce changement ne nous a pas aidés. Il a fallu déployer de nouvelles équipes pour le contrôle à l'entrée des théâtres. Mais ça s'est mis en place dans le calme et sans perte de spectateurs. » Et un festival « sans baisse de recettes », selon les termes de son directeur. Le Off affiche une fréquentation plutôt bonne avec 75 000 places au lieu de 97 000 en 2019 (avec 1 070 spectacles au lieu de 1 590), mais la présence des professionnels a été bien amputée avec 2 000 pros contre 3 250.

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Par Cyrille Planson

Légende photo : Au Festival de Rocamadour

Crédit photo : D. R.

Pass sanitaire : un principe, des résistances

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David Chauvet

L’obligation de pass sanitaire a des conséquences pour les salles de spectacles. Un casse-tête en interne et dans la relation aux publics.

Chaque maillon de la chaîne du spectacle est concerné. Mais tous n’ont  pas la même latitude dans le respect des normes sanitaires.

Lieux : des situations variables
Tous les employés au contact des usagers au sein des établissements recevant du public (ERP) sont tenus de présenter un pass sanitaire pour pouvoir y travailler, à quelques exceptions près (professionnels de l’éducation populaire travaillant à l’école, enseignants…). Cette obligation est valable, au moins, jusqu’au 15 novembre. Échappent donc à cette obligation les personnes qui ne sont enaucun cas en contact avec le public. « C’est l’ERP qui détermine l’obligation du pass, témoigne Gurval Réto, le directeur du THV, à Saint- Barthélemy- d’Anjou (49). Dans une équipe comme la nôtre – 9 personnes – chacun est à un moment ou un autre en contact avec le public parce que présent à l’accueil ou en salle. Même les régisseurs qui sont aussi SSIAP [Service de sécurité incendie et d’assistance à personne, NDLR] et parce que la régie est en salle. Je n’ai obligé personne mais tous les personnels sont à jour de leur pass pour la première représentation au théâtre. » 

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Par Cyrille Planson

Légende photo : David Chauvet, directeur-adjoint de la Garance, scène nationale de Cavaillon (84)

Crédit photo : D. R.
 

Une reprise au long cours

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Lionel Bidabé

Tous les acteurs du spectacle vivant ne sont pas égaux face à une reprise encore incertaine.
Les enjeux sont considérables sur les premières semaines de cette nouvelle saison.

1- Des équipes artistiques aux fortunes diverses
Le festival d’Avignon Off, avec son millier de projets, a été une bouffée d’oxygène pour beaucoup. Il reste que les situations individuelles sont des plus disparates. Certains ont joué beaucoup (les artistes « jeune public », ceux qui étaient dans le Off…) et d’autres presque pas ou très peu. C’est le cas, notamment, dans le secteur musical, faute de festivals. Pour les compagnies en émergence, c’est « le doute, la crainte d’être “invisibilisés”, de ne jamais entrer dans les radars », observe la jeune metteuse en scène Mélicia Baussan. « Les jeunes comédiens ont pris un vrai coup au moral, témoigne Marc Sussi, le directeur du jeune théâtre national (JTN), qui les accompagne dans leur insertion professionnelle à la sortie du TNS et du Conservatoire national supérieur d’art dramatique de Paris. Au-delà des reports et des annulations, il y a chez ceux des promotions 2020 et 2021, la crainte d’être bientôt dépassé par ceux qui sortiront des écoles au printemps prochain sans avoir pu montrer ce qu’ils savent faire. » Une année d’accompagnement supplémentaire a été ajoutée dans le dispositif du JTN. D’autres, pourtant bien plus aguerris, comme Jean-Pierre Dulin (compagnie Tafftas), s’interrogent. Au début de l’été, pas de date ou presque pour la saison prochaine, sur un projet créé juste avant la crise Covid. « J’ai bien un projet de création. Mais est-ce que je serai encore artiste à ce moment-là, si je ne peux plus tourner ? ». 

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Par Cyrille Planson

Légende photo : Lionel Bidabé, tourneur Le Mur du songe.

Crédit photo : Stéphane Kerrad

Étude : radiographie des festivals d’est en ouest

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graphique France Festivals

Une cartographie a été présentée lors des états généraux des Festivals à Bourges le 28 juin dernier. Diligentée par France Festivals, focalisée sur trois régions test, la Bretagne, l’Île-de-France et le Grand-Est, elle a été réalisée, outre un questionnaire numérique via les réseaux sociaux, à travers la collecte d’informations provenant des fichiers issus des Drac et des collectivités territoriales, agrégées à d’autres issus des agences régionales, de collectifs de festivals et d’organismes de gestion collective.

En Bretagne, la cartographie fait ressortir une multiplication des événements de ce type à l’échelle du territoire, en particulier autour de la métropole rennaise et surtout à partir des années 2000, comparé à la situation qui prévalait avant 1980. Près de 600 festivals parsèment la Bretagne, contre un peu moins de 500 dans l’Est, mais les ressources de la population ne sont pas les mêmes et le territoire breton compte très peu de poches géographiques avec un niveau de vie médian de plus de 34 000 euros annuels. Le Grand-Est partage le même pourcentage de festivals dédiés à la musique que Paris et sa grande couronne élargie (42 %).

Mais au global, dans un contexte florissant pour les festivals de littérature, de cinéma et audiovisuel, d’arts visuels et numériques, le spectacle vivant ne pèse que 60 % dans la sphère francilienne contre encore 67 % dans l’Est. La cartographie permet d’identifier une véritable « festivalisation » du territoire national. Avec une explosion des manifestations d’avant-saison (du 1er janvier au 21 juin) et d’après-saison (5 septembre au 31 décembre). Même la Bretagne n’échappe pas à cette tendance, en particulier sur des agglomérations comme Rennes, Brest, Quimper ou Saint-Brieuc. Le territoire breton reste néanmoins celui où l’ancrage estival pour ce type d’événements fait de la résistance.

Nicolas Mollé

En partenariat avec La Lettre du Spectacle n°498

Source : France Festivals

Paris : ouverture de la Philharmonie des enfants

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La maquette du lieu

La Philharmonie des enfants, à Paris, ouvrira ses portes le 29 septembre. Cet espace dédié aux 4-10 ans est un concept unique au monde selon sa directrice générale, Mathilde Michel-Lambert : « Trente-deux installations, des stations de jeu, sont réparties en cinq univers thématiques. Les enfants les découvrent et les manipulent en autonomie, sans médiation. Cela afin d’être complémentaires des activités proposées par la Philharmonie : concerts, ateliers, contes… » Des instruments géants permettent, par exemple, aux enfants d’appréhender leurs différentes fonctionnalités, les jeunes visiteurs peuvent diriger virtuellement l’Orchestre de Paris grâce à la reconnaissance gestuelle développée par l’Ircam, ou encore jouer sur une mini-scène de rock. Le groupe Bayard Presse est l’un des principaux partenaires quant aux contenus éducatifs. Toutes les 20 minutes, une quarantaine d’enfants et accompagnants pourra accéder aux 1 000 m2 du bâtiment.

La Philharmonie des enfants devrait ouvrir sept jours sur sept au grand public et aux établissements scolaires, pour un plein tarif de 14 euros, 5 euros pour le champ social. « L’enjeu est important pour la Philharmonie puisque nous espérons tripler la fréquentation familiale pour atteindre 150 000 à 200 000 visiteurs par an, avec un chiffre d’affaires de 1,5 million d’euros », détaille Mathilde Michel-Lambert. Une SAS, filiale de la Philharmonie de Paris, avait été créée, avec notamment la Banque des territoires. État, Ville de Paris et Région Île-de-France ont chacun apporté une subvention de 600 000 euros. Le business plan prévoit la création d’un autre lieu sous licence de marque à l’international. Le projet porté par la Cité musicale de Metz est à l’arrêt après le changement de majorité municipale, mais un lieu pourrait voir le jour dans le Val-d’Oise.

Nicolas Dambre

En partenariat avec La Lettre du Spectacle n°498

Légende photo : La maquette du lieu

Crédit photo : D. R.

Le SNAM-CGT alerte sur la baisse de revenus des intermittents

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graphique snam-cgt

Une perte de revenu nette de 870 euros en moyenne sur l’année 2022 pour les musiciens. C’est le spectre qui plane sur ce secteur de l’intermittence, si l’on s’en tient à l’étude du SNAM-CGT menée auprès d’un échantillon de 506 participants du 3 juin 2021 au 20 juin 2021. Avec un volume d’emploi de 2021 qui va directement se répercuter sur le montant des allocations journalières de 2022, perpétuant les baisses de revenus sur au moins une année, deux pour ceux qui tomberont dans les fameux « filets de sécurité ».

Rappelons qu’au 31 décembre 2021, trois « filets » de ce type prendront le relais de l’année blanche : une extension de la période d’affiliation pour parvenir à rassembler les 507 heures nécessaires au maintien dans le régime d’assurance chômage, une « clause de rattrapage » moins exigeante et une allocation de professionnalisation et de solidarité (APS) pour ceux ne parvenant pas à réunir le nombre d’heures nécessaires à leur ré-inclusion dans l’intermittence. D’après la CGT, 73 % des personnes concernées auront effectué moins de 507 heures entre mars 2020 et décembre 2021. Pour ces artistes, en particulier ceux qui ont ouvert des droits début 2020, c’est la date de l’ancienne inscription au guichet qui déterminera leur prise en charge dans les « filets de sécurité » et donc une baisse de ressources avec même le risque d’un basculement vers le régime général.

Contrairement à ceux qui se sont inscrits au printemps ou à l’été 2019 qui pourront conserver une allocation journalière satisfaisante grâce aux mesures d’allongements de la période de recherche. La CGT regrette à ce propos que le très faible volume d’emploi de l’an dernier mette en péril les primo- entrants dans le régime de l’intermittence, ceux qui y ont mis un pied début 2021. Toujours selon l’étude, pour la période juin-août 2021, les individualités sondées avaient en moyenne prévu 124,7 heures de travail, volume amputé de plus de 50 % par rapport à 2019 (250,3 heures). Cette moyenne s’effondre en septembre-décembre 2021, presque divisée par quatre, pour atteindre un poussif total de 55 heures contre 213 heures en 2019. Le SNAM-CGT réclame « plus que jamais, une prolongation des droits jusqu’à un an après la reprise réelle et totale du travail » ainsi qu’un « plan de soutien ambitieux à l’emploi pour que cette reprise puisse enfin avoir lieu ».

Nicolas Mollé

En partenariat avec La Lettre du Spectacle n°498

Source : SNAM-CGT

Nice : une SMAC à deux salles

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La cour de la friche le 109

La Ville de Nice annoncera prochainement l’ouverture d’une salle dédiée aux musiques actuelles. Celle-ci comprendra deux salles de concert distantes de 10 kilomètres, le Nikaïa Live, accolé au Palais Nikaïa, et le Frigo 16 au sein d’une friche culturelle, le 109. La Ville fera passer ces anciens abattoirs d’une gestion municipale à une SCIC (société coopérative d’intérêt collectif). Les musiques y auront leur place, aux côtés du centre national de création musicale, des arts plastiques et numériques, du théâtre et du cirque. Pour créer ce que la municipalité ambitionne de devenir une scène labellisée de musiques actuelles (SMAC), ce sont donc deux bâtiments préexistants qui seront utilisés plutôt que la construction d’un nouvel édifice. Le maire, Christian Estrosi, a déjà promis deux investissements culturels pour le Palais des expositions et le Théâtre national de Nice.

Le Volume, lieu associatif de centre-ville dévolu aux musiques actuelles, n’avait pu être relogé suite à un désaccord entre la Ville et le Département des Alpes-Maritimes. Le nouveau projet est coordonné par Fabrice Lextrait, chargé de mission pour le 109 et cofondateur de la friche La Belle de mai à Marseille, et André Santelli, directeur général culture et patrimoine de la ville. L’association Panda Events, producteur niçois de concerts et de festivals (Crossover, Plages Électroniques…), devrait gérer le Frigo 16 (400 places debout) avec le Nikaïa Live (900 debout), qu’elle pilote depuis 2019. Si les budgets d’investissement et de fonctionnement n’ont pas encore été révélés, cette SMAC à deux lieux pourrait employer sept permanents. Les aménagements au 109 seront réalisés sur deux à trois ans, prioritairement les issues de secours, des loges et des aménagements acoustiques. La nouvelle entité devrait accueillir ses premiers spectateurs à l’automne. Près de 70 concerts seront programmés chaque saison, dont deux festivals, avec une programmation plus pointue au Frigo 16. La Ville, la DRAC et la Région devraient arbitrer les modes de gestion et de conventionnement retenus avec Panda Events. 

Nicolas Dambre

En partenariat avec La Lettre du Spectacle n°497

Légende photo : La cour de la friche le 109 qui accueillera une partie de la SMAC.

Crédit photo : D. R.

Gestion de droits : enjeux de la directive droit d’auteur

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Linda Corneille

La transposition de la directive sur le droit d’auteur et les droits voisins dans le marché numérique unique apparaît comme providentielle pour les sociétés d’auteurs. Même si elle était prête depuis deux ans. La pandémie et ses phénomènes de réclusion forcée ont, en effet, favorisé la consommation de culture en ligne. La Sacem a lancé des répartitions spécifiques destinées à rémunérer les concerts, sets de DJ et sketches (secteur qu’elle se partage avec la SACD) des artistes ayant investi gratuitement la toile pendant le confinement. Avec pour seule condition que les diffusions soient « événementielles » et uniques sur Internet tout en ayant recueilli un minimum de 10 000 vues. Bob Sinclar a réuni plus de six millions de personnes en direct le temps d’un DJ set, le concert d’une heure de Jean-Louis Aubert sur Facebook a généré deux millions de vues.

Sur Instagram, propriété de Facebook, 850 000 fans de hip-hop du monde entier ont assisté au duel de DJ Premier et de RZA. On est loin des niveaux de fréquentation générés quotidiennement par YouTube en France, qui se comptent en milliards de vues, même si une grande partie des flux d’images et de sons qui y transitent échouent à se transformer en rémunération pour les auteurs-compositeurs. « Il est certain qu’on a vécu une réelle accélération sur Internet pendant le confinement », confirme David El Sayegh, secrétaire général de la Sacem. « Mais les retombées, s’agissant des revenus, mettront du temps à devenir concrètes, il faut être patient. Ce boom du numérique n’a pas compensé la chute de plus de 60 % de ce qui était généré par le spectacle vivant. La Sacem a beaucoup souffert pendant la crise sanitaire, avec une baisse de 11 % de ses recettes. Nous sommes certains que 2021 ne sera pas une bonne année. Nous paierons six mois d’arrêt pendant un an à un an et demi. »

Forfaits 
Le théâtre, lui, est beaucoup moins interconnecté au Web. Sur YouTube, certaines pièces référencées peuvent facilement atteindre les dizaines de milliers de vues mais le streaming reste ici une pratique marginale. Nombre de mairies ou compagnies ont voulu rendre disponibles, pendant la crise sanitaire sur leurs sites Internet, des captations à titre gratuit. La SACD s’est pliée à cette demande. « Le buy-out, ce système forfaitaire anglo-saxon d’où le droit moral est absent, qui considère la culture comme un bien commercialisable, est basé sur la rentabilité de l’œuvre. Il est très différent du droit latin, qui privilégie l’auteur, la création », rappelle Linda Corneille, directrice du spectacle vivant et de l’action culturelle à la SACD. Pourtant, une brèche a été ouverte le temps du confinement avec la définition de quatre types de forfaits pour la « diffusion audiovisuelle temporaire d’un spectacle ». 260 demandes d’autorisations de diffusion à titre gratuit sont parvenues à la SACD à partir d’octobre 2020. « Mais, depuis l’annonce de la réouverture officielle des salles, on constate un important tassement des demandes d’autorisations », conclut Linda Corneille.

Nicolas Mollé

En partenariat avec La Lettre du Spectacle n°497

Légende photo : Linda Corneille

Crédit photo : E.R. Espalieu

Festivals : le pass sanitaire, un frein à la réservation

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Rio Loco 2021

Le Syndicat des musiques actuelles dénonce « une situation intenable » pour les festivals de l’été, à cause de la mise en place d’un pass sanitaire pour tous les événements de plus de 1 000 personnes. « Les publics, n’adhèrent manifestement pas à l’accumulation des contraintes sanitaires », note le SMA, les ventes de billets sont souvent à l’arrêt. Une situation que confirme Alain Navarro, directeur artistique du festival Pause Guitare (Albi) : « Nous souhaitons l’annulation du pass sanitaire. Il est fortement rejeté par le public alors que le taux d’incidence est très bas. Une trentaine de festivals m’ont confié que leurs ventes stagnaient. Nous n’avons vendu mi-juin que 40 % des 25 000 billets nécessaires pour atteindre l’équilibre financier. » Pause Guitare est passé de 4 soirées à 10 soirs de concerts devant 3 000 personnes. Musicalarue, à Luxey dans les Landes, s’est lui aussi rallongé, sur 9 jours, afin de respecter la contrainte de 5 000 personnes, assises et distanciées. Son président, François Garrain, pressent : « Certains festivaliers devront se faire tester trois fois pendant Musicalarue puisque le test est valable 48 heures. Luxey, 700 habitants, n’a ni médecin, ni laboratoire, ni pharmacie. Beaucoup de personnes attendront le dernier moment, c’est-à-dire le résultat de leur test, avant d’acheter leurs billets. »

Europa Vox, organisé du 25 au 27 juin à Clermont-Ferrand, a pris les devants pour inciter le public à venir, avec une opération de dépistage par tests PCR salivaires – et non nasopharyngés – organisée par la préfecture et l’Agence régionale de la Santé et l’assurance qu’un pass sanitaire valide présenté le premier jour du festival fera foi pour les jours suivants. À Toulouse, Rio Loco (du 13 au 20 juin) a essuyé les plâtres du pass sanitaire et mis en place à ses frais un centre de dépistage à son entrée. « Les deux premiers jours, 20 à 25 % des gens ayant acheté un billet ne se sont pas présentés. Sans doute découragés par le test PCR, ou par le fait de devoir prendre rendez-vous pour l’effectuer. Nous avons alors massivement communiqué sur notre centre de dépistage qui a vu passer près de 200 personnes par jour », livre Virginie Choquart, directrice des musiques à la Ville de Toulouse.

Jérôme Tréhorel, directeur du festival des Vieilles Charrues, analyse : « Les gens ne comprennent pas le pass sanitaire. C’est compliqué, entre par exemple les 14 jours après une vaccination à deux doses, ou 28 jours après un vaccin unidose pour valider le pass… Il ne pourra pas durer cet automne, sinon le public n’ira pas deux ou trois fois par semaine à des concerts. En milieu rural, se faire tester est difficile et ce n’est pas notre métier. » Le festival indique au public les endroits où se faire tester. L’obligation de ce pass et son coût (embauches, billetteries en berne…) sont dénoncés par le SNES (Syndicat national des entrepreneurs de spectacles), qui y voit une iniquité par rapport aux musées ou aux parcs de loisirs. Lors de la réunion, le 21 juin, de neuf organisations professionnelles autour du président de la République, ce dernier a fait savoir que le pass sanitaire était non négociable pour les rassemblements de plus de 1 000 personnes.

Nicolas Dambre

En partenariat avec La Lettre du Spectacle n°497

Légende photo : Rio Loco 2021, à Toulouse 

Crédit photo : D. R.

Quel été pour les arts de la rue ?

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Pierre Duforeau

Espaces de jeu délimités, jauges restreintes et contrôlées, déambulations interdites… Les festivals devront composer avec des contraintes qui vont à l’encontre de l’essence des arts de la rue.

Après l’annulation de tous les festivals l’an passé, le secteur des arts de la rue n’entend pas revivre une telle désillusion ; d’autant que l’attente est forte du côté des organisateurs comme des compagnies. Si le maintien des manifestations s’avère donc impératif, l’adaptabilité constitue le second maître-mot d’un été 2021 placé sous le signe des contraintes sanitaires. Pour permettre la diffusion d’un même nombre de productions (quelque 150 équipes artistiques accueillies du 21 au 25 juillet 2021) que lors de l’édition 2019, Chalon dans la rue a dû se plier à plusieurs exigences : installer des enceintes ou « quartiers de jeu », imposer des jauges de public assis avec un contrôle d’accès et mettre en place une billetterie pour les 900 représentations. Un tel dispositif comporte deux conséquences. Financière tout d’abord. « Il nous en coûtera environ 350 000 €, somme que nous ne possédons pas. Et nous ignorons qui de la Ville, de la Région ou du ministère de la Culture la supportera », indiquait fin avril le directeur artistique du festival, Pierre Duforeau.

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Par Marie-Agnès Joubert

Légende photo : Pierre Duforeau, directeur artistique de Chalon dans la rue 

Crédit photo : Michel Wiart