Aller au contenu principal

Infoscènes

Réglementation : bras de fer sur le décret son

Infoscènes
Image
Ko Ko Mo

Le rapporteur public du Conseil d’État a demandé, lundi 26 novembre, de rejeter la requête en annulation du décret sur les limitations sonores, déposée par la Chambre syndicale des lieux musicaux, festifs et nocturnes (CSLMF). Ce décret, entré en vigueur le 1er octobre, impose des seuils en décibels (dB A et C) aux salles et festivals. Aurélien Dubois, président de la CSLMF, expose : «Le rapporteur a rappelé que rien ne peut entraver l’objectif santé publique du décret. Il considère que le coût des nouveaux équipements de mesure, d’enregistrement et d’aménagement n’est pas si élevé. La salle l’Ubu à Rennes l’a pourtant chiffré à 30 000 euros ! Nous nous étonnons du silence du ministère de la Culture.» L’arrêté d’application n’est pas encore paru.

Un projet de texte a été présenté en Conseil national des professions du spectacle  (CNPS) le 14 novembre. Il sera discuté au colloque du 5 décembre, à Rennes et ne sera certainement publié que début 2019. Le CNPS a demandé un décret modificatif pour revoir l’obligation d’études d’impact des nuisances sonores pour les événements en plein air ou la limitation des dB(C) (infrabasses). Angélique Duchemin, coordinatrice nationale d’Agi-Son, analyse : «Si l’on suivait stricto sensu le texte, aucun festival de plein air ne pourrait avoir lieu. Quant au niveau de 118 dB(C), il est difficile à appliquer au reggae ou à l’électro. Placer les caissons de basse en hauteur n’est pas possible partout

À Paris, la préfecture de police a informé de nombreuses salles qu’elles devaient se conformer au décret, alors que les solutions n’existent parfois pas encore. Plusieurs lieux pourraient déposer des recours auprès des tribunaux. La CSLMF craint que certains concerts et soirées se déroulent désormais dans la clandestinité.

Nicolas Dambre

En partenariat avec La Lettre du Spectacle n°439

Légende photo : Ko Ko Mo au festival VIP is Life/Life is VIP
Crédit photo : Eric Deguin

Hortense Archambault, femme de convictions

Infoscènes
Image
Hortense Archambault

La directrice de la MC93 défend l’engagement social et citoyen d’un lieu auprès d’un territoire, de ses habitants et des artistes.

Après avoir dirigé le Festival d’Avignon, pendant 10 ans, à quoi aspiriez-vous ?
C’était une vraie question. J’avais l’impression d’avoir réalisé quelque chose d’assez complet avec ces dix années au Festival d’Avignon. Je n’avais pas le sentiment d’un manque quelconque. Il y a eu la conjonction de deux situations. Je n’avais jamais travaillé dans un lieu fixe. Au début de mon parcours, j’étais au Parc de la Villette, qui construisait des projets dans une logique festivalière. Donc, ce que l’on peut imaginer dans le quotidien d’un lieu m’intéressait. Avec la fin de l’aventure avignonnaise, j’étais restée sur une forme de frustration avec la FabricA. C’était un projet important, qui nous a beaucoup mobilisés. Nous n’avions pas d’idée sur sa localisation. La Ville et le Département ont pensé à Monclar, ce quartier dit populaire ou sensible d’Avignon. Pendant les deux années qui ont été celles du chantier, nous avons beaucoup réfléchi sur ces questions du rapport à un quartier. Je ne peux pas dire que j’ignorais ces problématiques parce que j’avais travaillé à la Villette sur les Rencontres des cultures urbaines, mais tout à coup, cela devenait très concret. Il y avait là un enjeu fort, pour moi, de travailler dans un service public de la culture dans ces quartiers sensibles. 

C’est donc le sens de votre présence à Bobigny ? 
Quand la ministre, Aurélie Filippetti, m’a demandé : «Que souhaiteriez-vous faire ?», je lui ai écrit pour lui dire que j’aimerais beaucoup, si c’était possible, diriger un lieu important, doté de moyens de création notamment, dans un quartier sensible.

[…] Lire La suite dans La Scène n°91 – Hiver 2018.

Propos recueillis par Cyrille Planson

Crédit photo : Julien Pebrel

Festivals : faire face au harcèlement

Infoscènes
Image
Marie Bienvenu

Les mouvements spontanés #balancetonporc et #metoo ont contribué à libérer la parole sur les festivals. Ils sont de plus en plus nombreux à tenter de prévenir les violences de genre.

Foule, ambiance, excitation, alcool, le tout combiné parfois à la consommation de produits moins licites, les festivals sont des lieux propices au harcèlement. Sans doute plus que la rue elle-même, selon les associations qui militent sur ces questions. En Belgique, une enquête de l’ONG Plan international Belgique a révélé qu’une femme sur six dit avoir déjà été agressée pendant un festival. En Grande-Bretagne, un autre sondage évoque le 43% de femmes de moins de 40 ans ayant déjà fait l’objet de harcèlement sur un festival. Et 40% des témoins avouent s’éloigner sans agir.

L’étude britannique va plus loin puisqu’elle précise que 80% des victimes ne portent pas plainte et que seulement 2% des incidents seraient signalés au staff des festivals. En France, les dépôts de plainte ont, à titre d’exemples, déjà concerné Garorock, Panoramas, Rock en Seine, le Hellfest ou les Eurockéennes. En Suède, le festival Bravalla, 55 000 spectateurs, l’un des plus gros du pays, a même été définitivement stoppé en 2018 après le dépôt de 4 plaintes pour viol et 23 pour attouchements. Ces agissements ne sont pas toujours dénoncés car les victimes peinent souvent à réaliser que la situation qu’elles viennent de vivre relève du harcèlement.

[…] Lire La suite dans La Scène n°91 – Hiver 2018.

Cyrille Planson

Légende photo : Marie Bienvenu, cofondatrice des Impudentes : «Beaucoup de femmes sont venues échanger avec nous sur ce qui est grave, ce qui ne l’est pas

Crédit photo : D. R.

Auteurs : changements sur le statut social

Infoscènes
Image
Dominique Paquet

Du prélèvement à la source au recouvrement des cotisations sociales à l’Urssaf, des évolutions sont prévues au 1er janvier qui, pour certaines, posent question aux auteurs.

Auteurs atteints de phobie administrative, préparez-vous à vivre des moments difficiles à compter du 1er janvier ! Plusieurs changements sont à prévoir en plus de l’arrivée du prélèvement à la source (voir encadré). Leur régime social sera soumis à des changements à compter de janvier, prévoyant le précompte des cotisations retraite à partir du premier euro de revenu et un transfert du recouvrement de l’ensemble des cotisations sociales au régime général de l’Agessa vers l’Urssaf. «Jusqu’à présent, les auteurs devaient s’affilier eux-mêmes afin de cotiser à l’assurance vieillesse sur leurs droits d’auteurs. C’est une démarche qui était obligatoire mais beaucoup d’auteurs l’ignoraient et n’ont donc pas cotisé, indique Véronique Perlès, directrice en charge des affaires sociales à la SACD. Le précompte permettra d’éviter ces situations. Les auteurs qui n’auraient pas réglé leurs cotisations passées ont la possibilité de se mettre à jour de celles-ci jusqu’en 2021

Le taux actuel de cette cotisation est de 6,90%, dans la limite du plafond annuel de la Sécurité sociale (39 732 €). «Les revenus des auteurs seront grevés de 6,90%, mais ils se verront entrer dans des droits à la retraite beaucoup plus rapidement qu’auparavant. Ils pourront obtenir un trimestre en ayant cotisé sur un revenu équivalent à 150 fois le smic horaire alors que jusqu’à présent il fallait 900 fois la valeur du smic horaire pour s’inscrire à l’Agessa et cotiser à l’assurance vieillesse», ajoute Véronique Perlès.

[…] Lire La suite dans La Scène n°91 – Hiver 2018.

Tiphaine Le Roy

Légende photo : Dominique Paquet, autrice et déléguée générale des Écrivains associés du théâtre (EAT) : «Nous regrettons le flou sur l’avenir de l’Agessa tant sur sa gouvernance que sur ses missions

Crédit photo : Eric Deguin

Production : déployer une Amacca

Infoscènes
Image
Olivier Lanoë

L’Amacca constitue un bon outil pour permettre à des citoyens de se mobiliser autour de la question culturelle sur leur territoire.

Théorisé par Olivier Lanoë en 2007, le concept d’Association pour le maintien des alternatives en matière de culture et de création artistique (Amacca) marque une volonté de placer une communauté de citoyens (artistes, militants associatifs, élus…) au centre du développement culturel d’un territoire. Si une Amacca peut être créée pour mener un projet spécifique, ceci ne constitue pas une obligation, et il est même préférable de ne pas se forger d’idée préconçue sur les objectifs qui seront poursuivis. «Chaque Amacca, précise Olivier Lanoë, doit mesurer les besoins du territoire, les endroits où il est en souffrance mais aussi ceux où s’expriment des désirs particuliers.»

Dans la Vallée de La Roya (Alpes-Maritimes) ainsi, la naissance d’une Amacca en 2013 a été impulsée par un collectif d’artistes (danseurs, comédiens et clowns) désireux de s’ancrer dans le département. «Nous faisions ce constat, explique Nathalie Masséglia, codirectrice artistique de la Compagnie de L’Arpette (Breil-sur-Roya), d’une absence de diversité culturelle sur le territoire et d’une confusion entre culture et divertissement, professionnels et amateurs.» À l’issue d’un processus de réflexion d’un an auquel fut conviée la population, l’Amacca  de La Roya s’est donnée pour vocation la diffusion (dans la rue, dans des salles municipales, des églises…) et l’irrigation culturelle d’un territoire comptant 5 000 habitants.

[…] Lire La suite dans La Scène n°91 – Hiver 2018.

Marie-Agnès Joubert

Légende photo : Olivier Lanoë, initiateur des Amacca : «En lançant une Amacca, on parvient à démarchandiser la culture

Crédit photo : Julien Pebrel

Le digital va-t-il tuer le papier ?

Infoscènes
Image
Caroline Moreau

Sites Internet, réseaux sociaux, newsletters et applications ont pris de plus en plus de place dans la communication des structures culturelles. Où en est le papier face à cet essor du numérique ?

Non, le digital ne va pas tuer le papier, du moins pas à court ni à moyen terme. Toutefois, la place, l’ampleur des outils print, est régulièrement repensée. C’est ce qu’assurent les responsables de la communication de trois structures culturelles françaises. Le Tetris, scène de musiques actuelles (SMAC) du Havre, né en 2013, a un temps développé un support type «fanzine collaboratif» où se mêlaient bio d’artistes, témoignages et dessins réalisés avec des membres extérieurs à l’équipe. «C’était un très bel objet graphique mais trop chronophage», souligne Caroline Moreau, la responsable de la communication qui reconnaît que «pour développer plus de contenu, le Web est plus adapté que le papier».

Notamment grâce aux pastilles vidéos relayées via les réseaux sociaux. Aujourd’hui, le principal outil papier de la SMAC reste la programmation bimestrielle, une sorte de fascicule-agenda «qu’on peut mettre dans sa poche» et dont le volume a diminué de 10 000 exemplaires à 5 000-6 000 «car au début nous avions du mal à estimer les besoins de diffusion», explique Caroline Moreau. «Aujourd’hui, il nous en manque toujours alors qu’avant, il en restait toujours. Je préfère ça», assure-t-elle.

[…] Lire La suite dans La Scène n°91 – Hiver 2018.

Anaïs Coignac

Légende photo : Caroline Moreau, responsable de la communication du Tetris (Le Havre) :
«Pour développer plus de contenu, le Web est plus adapté que le papier

Crédit photo : D. R.

Réussir une saison hors les murs

Infoscènes
Image
Romaric Daurier

Démarche complexe, une saison hors les murs peut s’avérer très porteuse pour un lieu.
À condition de bien s’y préparer.

Poursuivre l’activité hors les murs le temps de travaux de rénovation représente une aventure risquée à plus d’un titre. Le théâtre doit continuer d’exister dans le paysage, défendre la même ligne artistique en d’autres espaces et surtout entretenir avec ses publics un lien qui, en raison de la mobilité qu’on leur impose, peut se distendre. Afin de ne pas déstabiliser les spectateurs durant la fermeture, la plupart des structures estiment ainsi nécessaire de prévoir un lieu d’information et de billetterie dans l’environnement immédiat. «Nous avons transféré le nôtre dans une maison de quartier du centre-ville proche de la salle, et maintenu le jour des abonnements début septembre», explique Éric Bruneau, responsable du Théâtre de Dreux.

Quand une seule partie du théâtre est occupée par le chantier, il apparaît judicieux de conserver certains services (relations publiques, réservations…) dans les murs. Tel est le choix effectué par Le Phénix, scène nationale de Valenciennes, son directeur Romaric Daurier rappelant, par ailleurs, que «la billetterie en ligne, où 40% des ventes sont réalisées, constitue un autre point de repère important». À la MC 93 de Bobigny, dont la rénovation (qui coïncidait avec la nomination d’une nouvelle directrice) avait contraint à déplacer les bureaux assez loin, on a précisément misé sur une reconstruction du site web.

[…] Lire La suite dans La Scène n°91 – Hiver 2018.

Marie-Agnès Joubert

Légende photo : Romaric Daurier, directeur du Phénix, scène nationale de Valenciennes :
«Même si le théâtre est en travaux, il reste un lieu central, à partir duquel le public va se promener sur le territoire

Crédit photo : Julien Pebrel

Faut-il communiquer sur la nudité ?

Infoscènes
Image
Laurent Dréano

Pour avertir sur la nudité, les stratégies diffèrent, mais elles insistent généralement sur la communication auprès des familles.

La présence de scènes de nudité est assez fréquente dans les spectacles contemporains et le public y est relativement habitué. Est-il nécessaire cependant d’avertir les spectateurs que le spectacle qu’ils envisagent de voir contient du nu ? Pour un même spectacle, tous les établissements de spectacle vivant n’adoptent pas la même stratégie de communication. Le spectacle de cirque Projet.PDF du collectif Portés de femmes, en tournée cette saison, en est un exemple. Le dossier de diffusion conseille le spectacle à partir de 10 ans. Le Cratère, à Alès (30), précise dans sa plaquette, à la page de présentation du spectacle : «Certaines scènes sont dénudées et les textes, sans aucune vulgarité, abordent des questions sensibles

D’autres lieux comme Onyx, à Saint-Herblain (44) ou l’Espace 1789 à Saint-Ouen (93) n’en font pas mention. La plupart des salles qui programment le spectacle suivent la recommandation du collectif d’une adresse à partir de 10 ans, tandis que le Théâtre de Bourg-en-Bresse (01) le propose à partir de 7 ans. «Nous prévenons toujours les équipes qui souhaitent programmer le spectacle et nous les laissons communiquer comme elles le souhaitent», précise Coline Froidevaux, artiste du collectif Portés de femmes.

[…] Lire La suite dans La Scène n°91 – Hiver 2018.

Tiphaine Le Roy

Légende photo : Laurent Dréano, directeur de la Maison de la Culture d’Amiens : «La liberté de programmation n’interdit pas le dialogue entre programmateur, artistes et publics

Crédit photo : Julien Pebrel

Scénographie et développement durable

Infoscènes
Image
Jean-Marc Bernard

Concevoir des décors dans une logique écoresponsable exige d’abandonner certains réflexes, mais se révèle très profitable sur de nombreux plans.  

Bien que la scénographie touche à des sujets que les festivals explorent depuis plusieurs années (l’empreinte carbone, le tri des déchets, le recyclage…), la question plus précise de la seconde vie des matériaux scénographiques reste, selon Nicolas Dahan, directeur Recherche et développement au sein de l’association Les Connexions, «plus floue», et les avancées «totalement disparates». Deux mondes séparent les événements qui mettent en œuvre des politiques de réemploi fortes, et d’autres pour lesquels le jetable est la norme.

Malgré tout, un point central pourrait convaincre les réticents d’adopter un comportement en phase avec le développement durable : les économies réalisées. «Étant donné les budgets serrés qui sont les leurs, les festivals sont réceptifs lorsqu’on leur propose d’utiliser du matériel de récupération ou recyclé pour construire des décors», affirme le scénographe Jean-Marc Bernard. Le second aspect, non négligeable, est cette prise de conscience que concevoir ainsi une scénographie ne signifie pas travailler au rabais ni être contraint par une esthétique.

[…] Lire La suite dans La Scène n°91 – Hiver 2018.

Marie-Agnès Joubert

Légende photo : Jean-Marc Bernard, scénographe : «Les festivals sont réceptifs lorsqu’on leur propose d’utiliser du matériel de récupération ou recyclé

Crédit photo : Delphine Perrin

Les séries de représentations se font plus rares

Infoscènes
Image
Vrai-faux

Vrai !

Accompagnant le ralentissement de la diffusion, la diminution des séries en théâtre semble une tendance générale observée par les compagnies, surtout dans les scènes conventionnées, les théâtres municipaux et, pour une moindre part, les scènes nationales. «Hormis à La Comédie de Reims ou au TAPS de Strasbourg, nous jouons une ou deux fois nos productions, et sur les deux représentations l’une est souvent réservée aux scolaires», confie Christine Berg, directrice de la Compagnie Ici et maintenant Théâtre (Châlons-en-Champagne). Plusieurs facteurs viennent expliquer ce phénomène. Le premier tient à la baisse des budgets dont disposent les lieux.

Ayant moins de moyens pour programmer, les diffuseurs doivent, de surcroît, réserver une place à d’autres formes d’écriture – le cirque, les arts visuels, le hip-hop... Leur volonté de diversifier l’offre commande d’effectuer des choix, qui ne sont pas toujours favorables au théâtre, «discipline de moins en moins phare», selon Christine Berg. Autre cause pesant de plus en plus sur les structures, l’obligation de remplir la jauge. «Celles situées dans de petites villes et possédant donc un bassin de population plus limité peuvent difficilement proposer des séries», constate le codirecteur artistique de L’Agence de voyages imaginaires (Marseille), Philippe Car.

[…] Lire La suite dans La Scène n°91 – Hiver 2018.

Marie-Agnès Joubert

Crédit photo : D. R.