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Des lunettes connectées pour tous

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lunettes connectées

Egalement utilisées par les publics en situation de handicap, elles permettent aux spectateurs étrangers d’avoir accès au surtitrage.

Le Festival d’Avignon et la start-up franco allemande Panthea ont proposé cet été un service de surtitrage individuel multilingue sur lunettes connectées. Les spectateurs ont pu lire les surtitres (en anglais, polonais ou chinois, selon les spectacles concernés) sans jamais quitter le spectacle des yeux. L’utilisateur pouvait notamment choisir la position et la taille du texte. Le dispositif était par ailleurs compatible avec les lunettes de vue. 50 paires de lunettes connectées étaient mises à disposition sur les représentations de cinq spectacles du In. Un millier de spectateurs pour 34 représentations, étrangers mais aussi en situation de handicap, ont ainsi pu en bénéficier.

Avec cet outil, qui intéresse de nombreux théâtres en Europe, et l’appui du logiciel Specticular également développé par Panthea, il a été possible de répondre aux demandes spécifiques des productions : types de police, effets de couleur, fondu-enchaîné… En 2015, Panthea avait imaginé le surtitrage sur lunettes de réalité augmentée, réalisant ainsi une première mondiale et recevant pour cette innovation le Prix European Living Lab 2015. « En réalité augmentée, les lunettes maintiendront toujours les surtitres dans le champ de vision des spectateurs, ce qui leur permettra de suivre facilement les performances des acteurs tout en lisant simultanément les surtitres, explique Marianne Eyraud, au sein de l’équipe de Panthea. L'écran haute définition et lumineux offre une image nette, ce qui permet de lire facilement les textes, tandis que la surface inutilisée de l’écran disparaît permettant aux surtitres de se fondre parfaitement dans le monde réel. »

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Par Cyrille Planson

Légende photo : Au Festival d’Avignon, 34 représentations étaient accessibles aux programmateurs non francophones avec ces lunettes.

Crédit photo : Ian Wallman

Vrai/Faux : les spectateurs achètent leurs places à la dernière minute

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Vrai / Faux

Vrai !

Depuis une bonne décennie, les habitudes de consommation des spectateurs changent. Les responsables de billetterie le confirment. « Il y a plus de spectateurs de dernière minute qu’il y a quinze ans, c’est certain. Désormais, les spectacles ne sont complets que quelques semaines, parfois quelques jours avant la représentation », affirme Cécile Trichet, chargée de billetterie au Lieu unique (LU), scène nationale de Nantes (44). Elle précise : « Aujourd’hui, nous avons davantage d’appels, de ventes web et au guichet la semaine précédent le spectacle. » Le Lieu Unique a donc adapté sa communication en publiant des posts sur les réseaux sociaux peu de temps avant chaque événement de sa saison. Selon Cécile Trichet, il est impossible de dresser un profil type de ce public de dernière minute, d’autant qu’au Lieu Unique la billetterie est en  vente à l’intérieur de ce qui est aussi un espace de bar. « C’est l’identité de cette salle : les gens viennent boire un verre et se laissent aussi tenter par le spectacle du soir. »  

L’ère Internet 
Au Théâtre Michel, à Paris, même constat pour l’administratrice Emmanuelle Tachoires : « De plus en plus de spectateurs prennent leur place au dernier moment. » Le phénomène s’explique « par l’omniprésence d’Internet, l’ère d’Internet qui a tout changé ». Hier, il fallait appeler ou se déplacer. Désormais, les ventes sur le web s’arrêtent une heure avant la représentation.

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Par Mégane Arnaud

Crédit photo : D. R.

Les Eurockéennes contestent leurs frais de sécurité

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Le site du festival de Belfort

Le festival des Eurockéennes, à Belfort, a déposé un recours auprès de la Direction départementale des finances publiques pour contester la facture d’indemnisation des forces de l’ordre. En 2018, la préfète avait établi un premier devis à 254 000 euros (contre 30 000 en 2017), que le festival avait refusé de payer. La préfecture avait alors consenti à réduire le montant à 100 000 euros.

«Nous refusons toujours de payer, déclare le directeur de la manifestation, Jean-Paul Roland, car le bouclier tarifaire introduit par la circulaire n’est pas appliqué. La préfecture ne reconnaît plus le caractère non lucratif de notre association, Territoire de Musiques, car nous sommes assujettis à l’impôt. Pourtant, elle le reconnaissait dans nos conventions de 2015 et 2016. Cela montre la libre interprétation locale de la circulaire. Nous demandons l’application stricte de la loi. Nous déposerons s’il le faut un recours auprès du tribunal administratif

L’association a constaté des incohérences entre les heures comptabilisées et les sommes demandées ces dernières années. Pour l’édition 2019, les effectifs de gendarmerie devraient être divisés par deux, mais la facture augmenterait de 20 000 euros.

Nicolas Dambre

En partenariat avec La Lettre du Spectacle n°441

Légende photo : Le site du festival de Belfort
Crédit photo : D. R.

CDN : un tandem s’installe à Colmar

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Emilie Capliez et Matthieu Cruciani

Matthieu Cruciani et Emilie Capliez, comédiens et metteurs en scène, viennent de succéder à Guy-Pierre Couleau à la tête de la Comédie de l’Est-centre dramatique national de Colmar. Ils expliquent avoir pensé leur projet artistique en fonction du territoire et de l’histoire de la maison. Le duo a réuni un collectif : Alice Laloy et Catherine Umbdenstock seront artistes associées, et on y retrouvera également Pierre Maillet et de jeunes artistes : Paul Shirck, David Séchaud ainsi que l’écrivain François Bégaudeau. En premier lieu, les directeurs souhaitent mener «un travail autour du théâtre musical», et rappellent que dans les locaux de la Comédie se trouve l’Opéra Studio des jeunes chanteurs lyriques de l’Opéra du Rhin. Au-delà du lyrique, Emilie Capliez appelle de ses vœux des «musiques plurielles». Le tandem proposera la création d’une forme lyrique pour les jeunes publics.

L’adresse à la jeunesse constitue un axe fort du projet, qui prévoit de «rendre cette maison visible pour les plus jeunes, et de développer la programmation pour les publics familiaux», avec des projets ambitieux. Une synergie sera recherchée avec le festival Momix et le TJP-Strasbourg. Le duo porte une «réflexion sur le transfrontalier», dans une ville, Colmar, proche des frontières allemande et Suisse. Il prévoit un temps fort, «Europe Express», pour faire venir des compagnies des pays frontaliers et les «mettre en résonance avec des propositions émergentes d’autres pays européens». Ils expriment la volonté de rayonner en itinérance, en proposant des résidences hors les murs, ainsi qu’un travail «en direction des publics amateurs» avec la mise en place d’un projet «Encrages» qui donnera lieu à l’écriture d’une pièce de théâtre à partir de paroles recueillies.

Mathieu Dochtermann

En partenariat avec La Lettre du Spectacle n°441

Légende photo : Emilie Capliez et Matthieu Cruciani
Crédit photo : D. R.

Tentative de censure contre Les Deux Frères et les lions

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Au Théâtre Poche-Montparnasse, en janvier

La pièce Les Deux Frères et les lions, d’Hédi Tillette de Clermont Tonnerre, aurait pu rester un succès théâtral parmi d’autres. Elle va devenir emblématique de la résistance à une tentative de censure. David Barclay, homme d’affaires britannique qui, avec son frère jumeau, a inspiré l’histoire de la pièce, assigne en justice l’auteur, mais aussi la compagnie Théâtre irruptionnel, l’éditeur l’Avant-Seine, le Théâtre Poche- Montparnasse à Paris dirigé par Philippe Tesson, et le tourneur Atelier Théâtre actuel (ATA). Il réclame l’interdiction pure et simple de l’œuvre et 110 000 euros de dommages et intérêts pour atteinte au respect de la vie privée et diffamation. Le procès aura lieu le 13 mai à Caen. La pièce a été créée en 2012, à la suite d’une commande de la scène nationale de Cherbourg. Elle a vraiment commencé à tourner à partir d’Avignon 2015 et a connu un succès public et médiatique depuis sa série de la saison dernière, au théâtre Poche-Montparnasse. Elle y sera reprise à partir du 8 janvier, ce qui était prévu de longue date.

«L’assignation nous a effrayés, raconte Hédi Tillette de Clermont Tonnerre. Les demandes sont disproportionnées, alors que ce n’est pas du tout une pièce à charge, ni contre le capitalisme, ni contre l’évasion fiscale. Elle pose plutôt la question de savoir ce qui se passe quand on oublie l’intérêt général et qu’on est guidé uniquement par l’intérêt personnel. Je me suis servi de ce qui était disponible dans les journaux et, quand il y avait des trous, j’ai fait œuvre de fiction. La pièce n’a rien d’un biopic, elle ne raconte pas leur histoire.» Son avocat parle d’une fable satirique et dénonce une atteinte délibérée à la liberté d’expression. Les faits relatés qui évoquent les frères Barclay relèvent du domaine public, même si les deux hommes ont le goût du secret, en raison de leur rayonnement dans la vie économique et parce qu’il y a eu des publications dans la presse. Dans le domaine du roman, il existe une abondante jurisprudence de condamnations pour atteinte à la vie privée. Le plus souvent, elles renvoient à la divulgation de faits liés à la vie intime d’une personne.

Yves Perennou

En partenariat avec La Lettre du Spectacle n°441

Légende photo : Au Théâtre Poche-Montparnasse, en janvier
Crédit photo : C. Waksmann

La programmation, point névralgique des scènes locales

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Une partie des participants à la rencontre de la Sorbonne

Une journée d’étude était organisée le 20 novembre sur la programmation artistique dans les scènes subventionnées, à l’initiative du SNSP, Syndicat des scènes publiques, et de l’Université Sorbonne nouvelle UFR Arts et cultures dirigé par Olivier Thévenin. La rencontre était axée sur l’ouvrage de Catherine Pessin et François Ribac, La fabrique de la programmation culturelle (éditions La Dispute). Y participaient plusieurs doctorants et étudiants. Pour le SNSP, rappelait son président Michel Lefeivre, c’était l’occasion de faire un point sur l’état de la liberté de programmation, deux ans après la loi LCAP d’août 2016, mais aussi d’engager la réflexion sur les relations entre élus et directeurs de lieux, à quinze mois d’élections municipales. Dans leur approche sociologique du “métier” de programmateur, Catherine Pessin et François Ribac ont observé les professionnels, leur agilité à gérer les éléments de cahiers des charges, leur maîtrise du compromis entre contraintes économiques ou politiques et le modèle des scènes nationales.

«Notre propos n’est pas de déconstruire, mais que l’on puisse discuter comment on produit de l’intérêt commun», explique François Ribac. Sa consœur Catherine Pessin met le doigt sur la notion de compétence, faisant observer que les groupes de travail professionnels ne parlent pas vraiment de qualité artistique. Qu’est-ce qui fonde l’expertise du programmateur ? L’expérience et l’effort de curiosité, ont répondu les membres du SNSP invités, Cécile Marie, directrice du Théâtre Paul Eluard à Choisy-le-Roi, Frédéric Maurin, directeur de l’Hectare, à Vendôme et Alexandre Krief, directeur du Théâtre Romain Rolland, à Villejuif. Ce dernier précisait que la programmaiton n’était qu’un des volets du travail de direction. La question du pouvoir lié à la programmation a cependant été survolée. Cécile Marie soulignait que la fonction est partagée à Choisy-le-Roi.

Les universitaires ont voulu les attirer sur le sujet délicat de la participation des publics à la programmation et, au-delà, à la quête d’une assise citoyenne qui consoliderait les projets artistiques. Car les remises en question de l’indépendance artistique par de nouveaux élus sont nombreuses «de la part d’une nouvelle génération d’élus qui a perdu les valeurs fondamentales d’une politique des arts et de la culture», pointe Frédéric Maurin. Or, en cas de conflit (exemples du Blanc-Mesnil ou plus récemment de Frouard), le soutien de la population n’est guère efficace. Michel Lefeivre, au nom du syndicat, demande un nouvel effort pour que la charte entre dans les mœurs, sur la base de quelques principes : formulation du projet culturel de la Ville, évaluation du travail mené et mise en œuvre progressive de la mutation du projet artistique si cela est nécessaire.

Yves Perennou

En partenariat avec La Lettre du Spectacle n°440

Légende photo : Une partie des participants à la rencontre de la Sorbonne

Crédit photo : D. R.

Pass culture : retard confirmé

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graphique

Franck Riester a confirmé dans une interview au Journal du Dimanche (3 décembre) que l’expérimentation du pass culture, prévue pour novembre 2018, débutera en février 2019 auprès de 10 000 jeunes de 5 départements. Alors qu’était envisagée une extension progressive à 200 000 jeunes au cours de l’année 2019, l’objectif est désormais d’atteindre les  50 000 jeunes avec une deuxième vague qui ouvrirait à l’été 2019. Et il se refuse à fixer une date pour la généralisation de l’offre à l’ensemble de la classe d’âge : «L’année 2021 était pressentie pour la généralisation après la montée en puissance progressive par vagues de l’expérimentation. Mais je ne veux pas fixer de date.» Parmi les éléments nouveaux annoncés par le ministre, la possibilité de financer des abonnements presse avec le crédit de 500 euros et sa volonté d’éditorialiser les contenus sur l’application du pass culture, par exemple en valorisant les films d’auteurs. Jusqu’ici, les concepteurs de l’application ne prévoyaient pas d’éditorialisation en dehors des éléments saisis par les producteurs des spectacles eux-mêmes. 

Le Sénat vigilant sur l’évaluation
«L’une des craintes actuelles est que le pass culture ne puisse, au final, renforcer les inégalités territoriales entre les jeunes citadins et ceux qui vivent au contraire dans les zones rurales ou dans les quartiers prioritaires de la politique de la ville, alerte la sénatrice Sylvie Robert (PS). C’est d’ailleurs ce qui rend les questions de médiation et de mobilité si aiguës : sans une réponse appropriée à ces questions et une forte association des acteurs non-culturels, à l’instar de la SNCF ou des sites d’offres de covoiturage, le pass ne pourra pas être un véritable levier pour améliorer l’accès à la culture des jeunes qui en sont les plus éloignés.» Sylvie Robert émet ce commentaire dans son rapport sur les crédits à la culture du budget 2019.

Elle observe qu’un quart des crédits pour l’éducation artistique et culturelle (EAC) sont dédiés au pass culture (voir camembert ci-contre). Elle fait aussi observer que les indicateurs de performance retenus pour mesurer l’impact de l’EAC en matière d’accès à la culture «ne rendent pas correctement compte de la situation». Un même enfant peut être comptabilisé à plusieurs reprises et aucun indicateur ne permet de mesurer le nombre de conventions signées avec les collectivités territoriales en matière d’EAC. En ce qui concerne l’évaluation, la sénatrice appelle à une grande vigilance pour l’expérimentation du pass culture : «La qualité des organismes qui en seront chargés sera, à ce titre, déterminante», insiste-t-elle.

Yves Perennou

En partenariat avec La Lettre du Spectacle n°440

Source : Commission de la culture, de l’éducation et de la communication

Campagne contre le décret son

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Campagne son

Un colloque était organisé le 5 décembre à Rennes, pendant les Trans Musicales, par le Centre d’information et de documentation sur le Bruit, Agi-Son et l’école des hautes études en santé publique (EHESP). Les trois ministères à l’origine du décret avaient été invités : Santé, Transition écologique et Culture, mais ce dernier n’était pas représenté, au grand dam des professionnels du spectacle qui sont nombreux à réclamer l’abrogation pure et simple du décret. Les représentants des deux ministères ont entendu les reproches envers ce texte en vigueur depuis le 1er octobre. La nouveauté est venue des représentants de plusieurs collectivités.

Des techniciens des villes de La Rochelle, Nantes ou Montpellier ont expliqué qu’ils redoutaient des contraintes accrues sur les événements musicaux en plein air. Ils souhaitent mobiliser des organisations représentatives, celle des Régions ou celle des maires, pour demander la modification ou la suppression du texte dont l’arrêté d’application n’est toujours pas paru. Par ailleurs, le Prodiss, l’association Agi-Son et la Sacem ont publié, en commun, un appel à réviser le «décret son». Ces organisations soulignent que le décret met en danger l’expression artistique et la diversité musicale, qu’il va impacter les festivals et les scènes les plus fragiles. Elle mettent à disposition une affiche, un flyer ainsi que des bandeaux web pour relayer la campagne. Une pétition est également en ligne #Live en danger, sur change.org.

Yves Perennou

En partenariat avec La Lettre du Spectacle n°440

Crédit photo : D. R.

Manifeste des CDN : la création au centre de gravité

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Robin Renucci et Joris Mathieu

Renforcer les moyens de création, replacer la part artistique du budget au centre, arrêter d’opposer les crédits de la création et de l’action culturelle, accompagner la mutation des CDN en lieux de vie, repenser le renouvellement des postes permanents en lien avec l’artistique (appelé à changer à chaque mandat), considérer les emplois techniques à l’égal des emplois artistiques, adapter les dispositifs à la transdisciplinarité, réviser l’accord de 2003 sur l’emploi des artistes, revoir le Fonpeps pour un soutien à l’emploi artistique... Ces revendications figurent dans le manifeste publié le 21 novembre par l’Association des centres dramatiques nationaux (ACDN). Il réaffirme la nécessité de ce réseau dédié à la création théâtrale et, au-delà du réseau, le besoin d’un soutien plus solide à la création décentralisée.

Le premier chapitre met en cause la politique culturelle nationale : «Il n’y a pas eu de réel réinvestissement intellectuel et financier depuis les années Mitterrand-Lang, écrivent-ils. Si le service public est mis en concurrence avec la présomption de meilleure rentabilité et d’efficience du secteur privé, c’est bien parce que l’État a manqué depuis trop longtemps de vision.» Le manifeste est d’abord une adresse à l’état : qu’il décentralise plus équitablement, qu’un chantier interministériel redonne à l’art et à la création leur place dans la société. Les CDN défendent leur expertise pour mettre en œuvre des projets «innovants et singuliers», et veulent être considérés dans une logique de service public : «La création d’une œuvre avec de l’argent public ne peut pas avoir comme objectif que sa diffusion compense son coût de production», écrivent-ils.

Yves Perennou

En partenariat avec La Lettre du Spectacle n°439

Légende photo : A gauche, Robin Renucci, directeur des Tréteaux de France et président de l’ACDN et à droite, Joris Mathieu, directeur du TNG à Lyon et vice-président de l’ACDN.
Crédit photos : D. R. 

Au CFPTS, les ambitions d’un outil rénové

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Un stage réseaux

L’achèvement de cinq années de chantier du CFPTS sera célébré par une inauguration, le 3 décembre, à Bagnolet. Ce site historique de la formation technique du spectacle vivant sera rebaptisé «La Filière-Centre national de formation». Car la remise à neuf s’accompagne de projets d’avenir. Aujourd’hui, la Filière réunit deux structures, le Centre de formation professionnelles aux techniques du spectacle (CFPTS) pour la formation permanente et le Centre de formation des apprentis du spectacle vivant et audiovisuel (CFA-SVA) pour la formation initiale. Les deux sont dirigés par Patrick Ferrier qui, arrivé en 2008, s’est retrouvé face à des locaux vétustes. «Si on ne rénovait pas on fermait, résume-t-il. La Région nous a suivis jusqu’à 6,5 M€ et le ministère de la Culture a octroyé 4,7 M€ de subvention. Nous sommes fiers de les avoir menés en site occupé sur cinq ans, dans les délais et sans dépassement de budget.» Celui-ci est de 14 M€ HT tout inclus. «Nous avons gardé la maîtrise d’ouvrage en interne, en utilisant les compétences de nos équipes», ajoute le directeur.

Dans les quatre bâtiments rénovés autour d’une cour intérieurs, sont organisés ateliers, bureaux, théâtre avec cage de scène au cintre complètement équipé et studios de régie son et image connectés et insonorisés... Patrick Ferrier voudrait aussi conserver les ateliers loués à Pantin pendant les travaux. «On veut développer l’apprentissage, suite à la nouvelle loi sur la formation et, pourquoi pas, dans l’avenir, j’aimerais que des artistes viennent ici en résidence. Ce serait un plus pour nos stagiaires qui ont besoin de garder le contact humain avec les artistes.» La Filière accueillerait, dans ce cas, une troisième entité associative à vocation plus artistique, ce qui consoliderait une expertise approfondie dans son secteur.

De la direction technique à la peinture et accessoire en passant par la spatialisation du son et le mapping, le centre couvre à peu près tous les métiers sauf le costume et le maquillage. Mais la réforme nationale de formation inquiète Patrick Ferrier : «La disparition du CIF risque d’être dramatique pour nous. Je ne sais pas si le nouveau circuit du compte personnel de formation va bien comprendre notre fonctionnement.» Il pense à la prise en charge de coûts pédagogiques supérieurs à la moyenne, dans un secteur où les petites entreprises sont très nombreuses et ont du mal à compléter les budgets de formation.

Yves Perennou

En partenariat avec La Lettre du Spectacle n°439

Légende photo : Un stage réseaux
Crédit photo : D. R.