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Egalité H/F : beaucoup de bruit pour rien ?

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Marion Aubert

L’égalité homme-femme devait être « la » grande cause du quinquennat Macron. Deux ans après, pourtant, dans la culture comme ailleurs, il ne s’est rien passé ou presque. 

C’est une grande cause, mais un budget minuscule : 530 M€ tous ministères confondus. Bien sûr, tout n’est pas qu’affaire de gros sous. Les représentations, les stéréotypes, la visibilité, l’égalité des chances se mesurent à d’autres critères et dans ce domaine, la Culture est en première ligne. On ne peut nier certaines avancées depuis le premier rapport Reine Pratt paru en 2006. Comme le confirme la présidente de la SACD, Sophie Deschamps, «une prise de conscience a eu lieu. Les jurys sont paritaires et la place des femmes dans les grands festivals a changé, cela se voit, même si pour les autrices, cela reste difficile. Maintenant, il faut appliquer la loi à tous les endroits pour une véritable égalité des chances et des moyens ». 

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Par Anne Quentin

Légende photo : Marion Aubert, autrice, codirectrice de compagnie

Crédit photo : Francesca Mantovani

Olivier Neveux, l’urgence du politique

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Olivier Neveux

L’universitaire pointe la dépolitisation de la politique culturelle et la rupture entre le théâtre et les « élites ». La culture n’occuperait plus la même position « symbolique » dans la société. 

Dans un entretien au Monde, vous parlez d’une indifférence de « l’élite » pour le théâtre.
De quelle élite parlez-vous ?
Je n’ai pas fait d’enquête approfondie sur les « élites » et ne suis pas tout à fait certain de savoir ce qu’elles désignent précisément, ni même de trouver le terme adéquat. Disons, en l’occurrence, que j’entendais par élite la partie dominante de la classe dominante. Il faut tout de même préciser le caractère circonstanciel de cette affirmation. Le Monde a choisi de titrer sur ce point, qui n’est que marginal dans l’entretien. Je répondais à une question, en regard d’un paragraphe du livre Contre le théâtre politique dans lequel sont cités le sociologue Emmanuel Ethis et Olivier Py. Les deux constatent la désaffection des « élites » du Festival d’Avignon. Je crois, en effet, qu’il est possible de vérifier, empiriquement, qu’à la tête de l’état, du patronat, du haut-fonctionnariat, de l’oligarchie politique et financière, des grandes écoles, la question culturelle n’est plus un marqueur ni une instance de distinction comme elle a pu l’être auparavant : le théâtre n’occupe plus la même position symbolique.

Quels sont les ressorts de cette rupture ?
On en est réduit à des hypothèses. Parmi celles-ci : la modification des formes du capitalisme ces dernières décennies et du rôle escompté de l’état. Ce dernier est tout à fait subordonné aux intérêts de la finance.

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Propos recueillis par Cyrille Planson

Crédit photo : Vincent Arbelet

Philippe Sidre : de l’éducation populaire à la marionnette

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Philippe Sidre

Directeur de l’institut international de la marionnette, Philippe Sidre a renforcé au fil de sa carrière son attention pour les esthétiques liées à ce genre.

Natif des Vosges, Philippe Sidre a découvert le théâtre dans le cadre scolaire : « J’ai un souvenir très précis de ma découverte du théâtre, au milieu des années 1970. C’était au collège et des comédiens professionnels étaient venus jouer les Fables de la Fontaine. Il s’agissait d’une forme légère pour la salle de classe qui m’a complètement emballé. » Directeur depuis un an de l’Institut national de la marionnette et de l’École nationale supérieur des arts de la marionnette, à Charleville-Mézières (08), il souligne l’importance qu’il porte à la transmission et aux principes d’éducation populaire depuis le début de sa carrière dans l’animation. Philippe Sidre débute comme éducateur dans un foyer rural à Bouxières-aux-Dames, dans les environs de Nancy (54).

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Par Tiphaine Le Roy

Crédit photo : Christophe Loiseau

Quand l’aide au projet se dérobe

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Philippe Mangenot

Cette épée de Damoclès pèse sur tous. Que faire lorsque l’aide à la création de la DRAC ne vous est pas accordée ? Comment trouver des alternatives ? 

Bien que rien ne soit dû, parfois, la réponse négative d’une aide au projet de la DRAC apparaît comme une véritable douche froide. Philippe Mangenot, qui ne l’a pas demandée à chacune de ses créations, s’est fendu, via la présidente de sa compagnie L’Entre-deux, d’une lettre publique à l’hiver dernier pour dire son incompréhension : « Dois-je annuler la création de Pig Boy, rompre mes engagements avec les théâtres, les artistes et les techniciens qui soutiennent le projet ? Dois-je la maintenir en risquant de travailler dans l’illégalité, sans pouvoir rémunérer les artistes pendant la période des répétitions ? ». Metteur en scène – il était encore cet été, dans le Off d’Avignon, au Petit Louvre, avec deux petites formes, Duo Juan et Regardez la neige qui tombe, délicate fable sur Tchekhov mais, il a pour Pig Boy 1986-2358, sa prochaine création (en novembre, à Andrézieux-Bouthéon dans la Loire où il est entre autres lieux, associé) des besoins plus grands : cinq acteurs au plateau et un texte ultra-contemporain de Gwendoline Soublin, lauréat du comité de lecture du Rond-Point en 2018, sur le monde paysan hier et dans deux siècles.

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Par Nadja Pobel

Légende photo : Philippe Mangenot, metteur en scène de la compagnie L’Entre-deux

Crédit photo : D. R.

Pôles nationaux cirque, 10 ans et après ?

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Patricia Kapusta

Les PNC ont maillé le territoire pour accompagner le cirque dans sa diversité. Le 15 novembre prochain, La Nuit du cirque célébrera la discipline à l’échelle nationale.

Né dans le sillage de l’Année des arts du cirque lancée par le ministère de la Culture en 2001, le label pôles nationaux des arts du cirque (PNC) a éclos en 2010, venant entériner l’action menée par des lieux repérés sur le territoire. « Il émanait alors d’une volonté politique de mettre le cirque contemporain en lumière, de reconnaître l’artiste de cirque en tant qu’auteur, d’organiser la ressource autour de la discipline », se souvient Patricia Kapusta, codirectrice du Prato à Lille. Au nombre de 10 au début, ces PNC intègrent dans leur cahier des charges des missions de création et de production, de diffusion, de rayonnement territorial et en direction des publics, et d’accompagnement à la profession. Dès sa création, ce label reconnaît la diversité des profils de structures – cirques en dur, chapiteaux, salles de spectacles… – et de contextes. « Une convergence a eu lieu entre des lieux, pour certains scènes conventionnées, tel le Carré magique, d’autres plus atypiques, comme le Prato ou la Brèche. C’était des aventures humaines, territoriales, portées par les créateurs de chacun d’entre eux », constate Philippe Le Gall, directeur du Carré magique à Lannion. 

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Par Julie Bordenave

Légende photo : Patricia Kapusta, codirectrice du Prato à Lille

Crédit photo : Julien Pebrel

DAC : un métier en souffrance ?

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Carole Ziem

Réorganisation administrative, restrictions budgétaires, alternance politique... Autant d'éléments qui ont complexifié les missions des DAC, fragilisant leurs projets et leurs équipes.

Beaucoup de DAC sont en souffrance et nous militons pour des DAC heureuses », assure Carole Ziem, présidente de l’association des DAC d’Île-de-France. En 2017, elle organisait une première rencontre qui a fait émerger un mal-être dans certaines administrations. « Le poste de directeur des Affaires culturelles est très complexe, il nécessite beaucoup d’agilité. Il y a un vrai besoin de reconnaissance du métier, affirme la responsable qui est également vice-présidente de la Fnadac et directrice des Affaires culturelles à Fontenay-sous-Bois (94). Nous faisons beaucoup de ressources humaines, de gestion, de budget. Même mes équipes ne comprennent pas toujours bien ce que je fais. » En cause, la place accordée aux DAC tant d’un point de vue budgétaire – « nous n’avons pas toujours les moyens de travailler correctement » –, qu’humain, – « nous ne sommes pas toujours associés aux décisions ».

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Par Anaïs Coignac

Légende photo : Carole Ziem, présidente de l’association des DAC d’Île-de-France et directrice des Affaires culturelles à Fontenay-sous-Bois

Crédit photo : Julien Pebrel

Les spectateurs associés à la programmation

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Gurval Réto

Certains lieux développent des projets innovants visant à transformer les spectateurs en véritables acteurs de la programmation.

Tout en demeurant responsables de la programmation qui constitue le cœur de leur projet, certains directeurs de structures souhaitent associer les publics au choix des spectacles. La démarche la plus ancienne est celle menée par le Théâtre Albarède à Ganges (34), où l’implication des spectateurs est intimement liée à l’histoire du lieu. Voici une trentaine d’années, les habitants de cette zone rurale ont entrepris d’être acteurs de la culture en organisant, au fil du temps, la venue de quelques spectacles puis une saison. Intéressés par cette initiative, les élus leur confient une ancienne usine, par la suite remise à neuf et rachetée par la communauté de communes ; laquelle, tout en embauchant une équipe de trois permanents, décide que celle-ci continuera de collaborer avec un comité de spectateurs. Depuis, la programmation est co-construite par le directeur et ce groupe composé d’une douzaine d’adultes qui se déplacent dans les salles et les festivals, se conseillent et débattent des propositions artistiques. L’expérience de ces publics aguerris (connaissance des budgets, des contraintes et enjeux d’une tournée) s’avère très précieuse pour l’actuel directeur du théâtre, Frédéric Stein, qui apprécie en outre la richesse de tels échanges. 

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Par Marie-Agnès Joubert

Légende photo : Gurval Réto, directeur du Théâtre de l’Hôtel de ville de Saint-Barthélemy-d’Anjou

Crédit photo : D. R.

Festivals : miser sur les espaces de convivialité

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Frédéric Rémy

Lieux de restauration et de détente à l’écart de l’agitation de la foule et des scènes, zones ombragées où se retrouver entre amis, les festivals multiplient les lieux de convivialité.

Dans un secteur toujours plus concurrentiel sur les territoires, les festivals estivaux tentent de se distinguer. Pour cela, l’aménagement d’espaces de convivialité est au coeur des préoccupations des organisateurs. Au Cabaret vert, à Charleville- Mézières (08), Jean Perrissin, le responsable développement durable, l’a bien compris : « C’est devenu une priorité, ce qui n’était pas le cas il y a une dizaine d’années où l’on se souciait essentiellement de la programmation musicale. Le secteur a évolué, il s’agit désormais d’accueillir le public autrement, en lui proposant plus de confort, et des à-côtés qui enrichissent son expérience de festivalier. » Au Cabaret Vert, les espaces sont multiples et thématisés afin de permettre à chacun de vivre une aventure singulière. à côté des grosses scènes, une zone nommée « Green Floor » propose une programmation électronique dans un univers club, décorée avec des cuves de 100 litres.

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Par Mégane Arnaud

Légende photo : Frédéric Rémy, directeur du festival d’Aurillac

Crédit photo : Darek Szuster

Digital : développer une web-série

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Fabian Chappuis

Ce nouveau mode de communication ravit autant les publics que l’équipe du lieu qui se prête volontiers au jeu. 

Durant trois ans, les internautes ont pu suivre les aventures de Kelly Gowry, responsable de l’accueil au Théâtre 13 (Paris), à raison de cinq épisodes par saison diffusés sur les réseaux sociaux et le site web de la salle. Outil original qui bouscule les codes de la communication en maniant l’humour et l’autodérision, la web-série « Kelly au 13 » constituait aussi un excellent support, selon le directeur adjoint du Théâtre 13, Fabian Chappuis, pour « transmettre les valeurs portées par le théâtre ». Depuis plusieurs années, en effet, celui-ci s’attache à rendre la programmation accessible à un large public et met en place des dispositifs en direction des personnes en situation de précarité ou de handicap. « À travers cette web-série, poursuit Fabian Chappuis, il s’agissait de raconter la vie du théâtre côté coulisses, en mettant chaque fois l’accent sur une action particulière. »

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Par Marie-Agnès Joubert

Légende photo : Fabian Chappuis, directeur adjoint du Théâtre 13

Crédit photo : Julien Pebrel

Publics : choyer ses abonnés

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Karim Courty

Les lieux rivalisent d’inventivité pour faire de leurs abonnés des spectateurs privilégiés.

En s’engageant sur plusieurs spectacles d’une programmation, les abonnés apportent aux lieux un socle de publics très précieux afin de mener à bien leur projet artistique. Si l’aspect financier (un gain de 30 à 40 % par rapport à l’achat de billets pris isolément), une priorité de réservation sur l’ensemble de la saison et l’assurance d’obtenir le meilleur placement constituent des arguments de poids, les établissements culturels ont compris que ceux-ci n’étaient pas suffisants ; par souci certes de fidéliser davantage de publics, mais aussi parce qu’ils estiment nécessaire de choyer ces spectateurs particuliers.

Ainsi La Villette (Paris) et le Théâtre du Beauvaisis (Beauvais) ont-ils choisi d’élargir au fil des saisons l’éventail des avantages consentis aux abonnés. La Grande Halle de La Villette profite de la tenue d’événements (hors spectacle vivant) dans ses murs et de sa situation géographique exceptionnelle dans un parc de 55 hectares pour négocier des tarifs préférentiels offerts à ses abonnés sur nombre de manifestations : des salons comme le Mondial du tatouage et Vivez nature, des expositions (telle celle consacrée récemment à Toutânkhamon) ou encore le Cinéma en plein air avec location gratuite d’un transat proposé normalement à 7 euros.

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Par Marie-Agnès Joubert

Légende photo : Karim Courty, responsable du service des relations avec les publics à La Villette

Crédit photo : Julien Pebrel