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Festivals : le Chaînon a repris sa progression

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François Gabory

Adhésions et tournées en hausse, le réseau pluridisciplinaire a su reprendre son envol.
Et rêve de développement.

Le Chaînon a connu le creux de la vague, voici quelques années. Son développement n’était plus possible dans des villes – Figeac ou Cahors – peu équipées, éloignées des grands axes de transport et offrant une capacité hôtelière réduite. Aujourd’hui à Laval (53), le réseau pluridisciplinaire a renoué avec son histoire. Redescendu à 80 adhérents au plus fort de la crise interne, il a remonté la pente et affiche même une belle santé avec 300 adhésions cette année. À Laval, sont accessibles trois théâtres et autant de salles gradinées, deux autres salles à Changé et le 6par4 pour les concerts. Aujourd’hui, le Chaînon est «le seul réseau propriétaire de son festival», selon les termes de Philippe Viard, le directeur de l’Atelier à spectacle, à Vernouillet (78). «C’est là une vraie singularité», souligne son président, François Gabory, par ailleurs directeur du Jardin de Verre, à Cholet (49). 

Promesse
Côté programmateur, le festival du Chaînon, en septembre, est un rendez-vous de cinq jours. Et une promesse : «Un professionnel a la possibilité de voir 7 à 8 spectacles par jour. Et généralement, sur le lot, il y en a bien 5 à 6 qui vont l’intéresser pour sa programmation», explique François Gabory.

[…] Lire La suite dans La Scène n°91 – Hiver 2018.

Cyrille Planson

Légende photo : François Gabory, président du Chaînon : «Le Chaînon doit lutter contre l’uniformisation, ouvrir d’autres fenêtres de programmation

Crédit photo : D. R.

CND : Mathilde Monnier souhaite retourner à Montpellier

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El Baile

C’est au personnel du Centre national de la danse, le 6 novembre, que Mathilde Monnier a annoncé qu’elle quitterait son poste en juin 2019, six mois avant le terme de son mandat. Le soir même, un appel à candidatures paraissait et donnait jusqu’au 7 décembre aux intéressés pour y répondre. Ce calendrier et l’absence de toute communication officielle ont nourri quelques interrogations. Mais l’explication est simple. Mathilde Monnier est victime de l’inédite vacance du ministère de la Culture. Son départ avait été mûrement réfléchi et discuté avec le président de l’institution et la tutelle. Dès la mi-septembre, le principe et les modalités étaient arrêtés.

Mathilde Monnier qui souhaite revenir à la création et à qui les lourdeurs de l’institution pèsent de plus en plus, s’est engagée dans une création qui doit être donnée au théâtre Vidy-Lausanne, la saison prochaine. Ce travail l’aurait éloignée de son bureau pendant de longues semaines, comme cela avait été le cas pour El Baile (2017), sa création avec Alan Pauls. Elle avait alors obtenu, tandis qu’elle négociait le renouvellement de son mandat à la tête de l’institution, en 2016, de s’absenter plusieurs mois. Cet arrangement aurait encore été nécessaire, mais la chorégraphe veut retourner au studio et a déjà repris contact avec la DRAC Occitanie pour reprendre sa pleine activité de compagnie.

Son départ anticipé permettra d’organiser, pour la première fois, un recrutement en bonne et due forme. Un tuilage de la direction est même souhaité au premier semestre 2019, la nouvelle direction devant arriver dans la seconde quinzaine de février. Tout cela devait figurer dans un communiqué, mais celui-ci a trop attendu sur un bureau qu’un cabinet soit enfin en activité et mette à la signature du ministre les documents nécessaires au bon fonctionnement des institutions culturelles.

Philippe Verrièle

En partenariat avec La Lettre du Spectacle n°438

Légende photo : El Baile, création 2017 de Mathilde Monnier
Crédit photo : Christophe Martin

Musiques actuelles : Corida et Super ! font alliance

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Because group

Corida, filiale spectacle du groupe Because, basé à Paris, a pris une participation de 50% dans la société de production Super !. Le fondateur et directeur de cette dernière, Julien Catala, confie : «Nous ne sommes pas en difficultés financières, mais je souhaitais faire partie d’un groupe indépendant face à un marché du live de plus en plus concurrentiel, avec notamment Live Nation ou AEG. J’étais le seul associé depuis la création de Super !, il y a 12 ans. Cet accord me permettra de développer des artistes français, des festivals et de reprendre des salles de concerts

Super ! réalise un chiffre d’affaires avoisinant les 8 millions d’euros, gère la salle du Trabendo à Paris, en coopération avec Détroit Média, et produit les festivals Cabourg mon amour, Pitchfork Paris et Biarritz en été. Corida, outre le management et les tournées, organise les festivals We Love Green et Peacock à Paris, et est lié, au sein de Because, avec les tourneurs The Talent Boutique et PiPôle. Because est propriétaire de la Cigale et de la Boule noire à Paris.

Nicolas Dambre

En partenariat avec La Lettre du Spectacle n°438

Crédit photo : D. R.

Arcadi : dissolution actée au 31 décembre

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Arcadi

Le conseil d’administration de l’établissement public Arcadi Île-de-France, le 7 novembre, a entériné la volonté de la présidente de Région Valérie Pécresse de retirer la Région de l’établissement bien qu’étant son principal financeur. L’EPCC sera donc dissous à la fin de cette année et un protocole, qui en précisera les modalités, sera présenté à un nouveau CA, le 19 novembre. «Ces délais nous apparaissent intenables, insensés et irrespectueux», réagissent les représentants des salariés.

Ils ont reçu le soutien des membres du CA représentant les  groupes d’opposition au conseil régional. élus des groupes Alternative écologique et citoyenne, Front de gauche et RCDEC-Le rassemblement, ils ont écrit au ministre, à la DRAC, au préfet, à la présidente de région. Ils demandent «l’engagement de la région d’intégrer l’ensemble des salariés volontaires sur leur mission actuelle et à leurs salaires actuels et des modalités pour les salariés qui ne souhaiteraient pas être intégrés au conseil régional.» Ils demandent aussi le maintien de l’ensemble des missions d’Arcadi.

Yves Perennou

En partenariat avec La Lettre du Spectacle n°438

Crédit photo : D. R.

Visas : toujours des refus

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Lemma au festival Africolor

Deux ans après l’évolution de la loi concernant l’accueil d’artistes en France, la situation ne s’améliore guère. Le festival francilien Africolor (du 16 novembre au 22 décembre) a traversé des semaines d’imbroglios pour faire venir dix musiciennes algériennes en France, membres du groupe Lemma. Le rappeur Camerounais Krotal a vu sa demande refusée, au motif qu’il n’avait pas fait preuve de moyens de subsistance en France, malgré les certificats de travail et d’hébergement du festival qui fête sa trentième année.

Son directeur, Sébastien Lagrave, témoigne : «La suppression de l’autorisation provisoire de travail pour les activités salariées inférieures à trois mois et la création du Passeport talent, permettant des allers-retours aux artistes renommés, auraient dû simplifier les démarches administratives. Cela les a plutôt complexifiées. Ces avancées n’ont souvent pas été bien notifiées au niveau local. Les critères ou justificatifs demandés restent trop à la discrétion de chaque service consulaire.» Il estime que les instituts français locaux ont un rôle à jouer pour déterminer, auprès des consulats, si les demandes de visas proviennent de vrais artistes ou pas. 

Le Passeport talent devait concerner 10 000 personnes par an (pas seulement dans le spectacle), il n’en toucherait que 500 à 1 000… Un dispositif jugé quasi inutile par beaucoup de producteurs. Animé depuis 2009 par le réseau Zone Franche, le Comité Visas Artistes compte une représentante du ministère de l’Intérieur depuis deux ans. Il permet de fluidifier le traitement des demandes de visas refusées pour des raisons litigieuses. Le cas du rappeur Krotal lui a été soumis. «Mais quelle humiliation ! Quelle image pour notre pays à l’extérieur ! Beaucoup d’artistes préfèrent ne pas atterrir en France lorsqu’ils arrivent en Europe», se désole Sébastien Lagrave, qui a déjà essuyé le refus d’un artiste de venir à Africolor, jugeant les formalités dissuasives.

Nicolas Dambre

En partenariat avec La Lettre du Spectacle n°437

Légende photo : Lemma au festival Africolor
Crédit photo : Joël Bonnard

Val de rock arrive en Seine-et-Marne

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Festival

L’agglomération du Val d’Europe (77) a voté à l’unanimité, le 11 octobre, la création du festival Val de rock et l’octroi d’une subvention de 600 000 euros à la manifestation. Un montant correspondant à l’aide accordée, par exemple, par la Région Île-de-France au festival Rock en Seine. L’organisation a été confiée à l’association VDK, créée pour l’occasion par le régisseur Pierre Musso, par plusieurs membres du prestataire technique MX Événement, par Jean-Philippe Amos, en charge des partenariats, ou encore Antoine Thévenot, directeur artistique et responsable de la communication. Ce dernier relate : «L’idée est venue en 2017 lors d’un concert pour les 30 ans de l’agglomération au parc du Bicheret, à Chessy (77). La collectivité n’a pas souhaité faire appel à de gros producteurs mais favoriser un festival indépendant. Il sera intergénérationnel, pop-rock mais pas seulement musical, avec fooding ou gaming

Étienne Blanchot, qui fut conseiller artistique du festival Villette Sonique, fait partie de l’équipe de programmation. Val de Rock aura lieu du 28 au 30 juin, avec près de 25 artistes programmés, soit une semaine après Solidays et le même week-end que Rock in Évreux. Il devrait être doté de 3,6 millions d’euros, dont un tiers pour l’artistique. L’équilibre financier serait atteint avec 17 000 entrées par jour, le parc du Bicheret pouvant en accueillir 30 000. Le vice-président à la culture de l’Agglomération souhaite que soient associés les acteurs locaux. La scène de musiques actuelles File 7 devrait l’être. D’abord baptisé Val d’Eurock, le festival a opté pour Val de rock, suite à la protestation du festival des Eurockéennes de Belfort.

Nicolas Dambre

En partenariat avec La Lettre du Spectacle n°437

Crédit photo : Eric Deguin

Amandiers-Nanterre : un maître d’œuvre

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Amandiers-Nanterre

Le conseil municipal de Nanterre a retenu, le 16 octobre, le projet de l’équipe Snøhetta en vue d’une rénovation de grande ampleur du théâtre Nanterre-Amandiers, CDN dirigé par Philippe Quesne. Le projet prévoit l’ouverture d’une troisième salle de 200 places. Son coût de 37 millions d’euros est porté par la Ville (11 M€), l’état (10 M€), le Département des Hauts-de-Seine (10 M€), et la Région (6 M€). Le chantier démarrera en janvier 2020 pour une livraison début 2022. Le théâtre continuera à fonctionner sur le site pendant cette période. 

Yves Perennou

En partenariat avec La Lettre du Spectacle n°437

Crédit photo : Filippo Bolognese

Blue Line et Mad Minute Music pour FGO et Les 3 Baudets

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3 Baudets

Les producteurs de spectacles Blue Line Productions et Mad Minute Music exploiteront à partir du 1er janvier les salles Fleury Goutte d’Or (FGO) et Les 3 Baudets. Ils ont emporté l’appel d’offres de la Ville de Paris pour gérer, désormais de façon mutualisée, les lieux de 300 et 200 places. En redressement judiciaire, Atla continuera de piloter l’école de musique au sein de FGO. Deux artistes, Mouss (Zebda, Tactikollectif) et Mathias Malzieu (Dionysos), assureront la direction artistique, respectivement de FGO et des 3 Baudets. La SAS Mad Line exploitera les deux équipements, présidée par Christian Bourgault (Blue Line) et dirigée par Corinne Serres (Mad Minute Music). Leurs enfants, Naïma Bourgault et Léo Jouvelet, codirigeront les deux salles.

«Ces lieux ont des identités très ancrées et des fonctions différentes que nous souhaitons préserver. Les 3 Baudets sont axés chanson, que nous élargirons à des formes plus diverses, et nous y proposerons des représentations en séries. Pour FGO, nous tenterons de rendre le lieu plus ouvert et plus attractif, en y programmant des musiques du monde urbaines», relate Corinne Serres. La SAS et la Ville ont signé une convention pour 5 années. Les négociations de la subvention vont débuter, celle-ci couvrira au minimum les salaires de la trentaine de permanents déjà en poste. Blue Line Productions a également obtenu la gestion d’un lieu de création et de résidence à Ivry, l’Aiguillage, qui accueillera des compagnies de cirque, de théâtre et des musiciens.

Nicolas Dambre

En partenariat avec La Lettre du Spectacle n°436

Légende photo : Les 3 Baudets
Crédit photo : D. R.

Le 11 Gilgamesh face aux risques de la décision d’ouvrir

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Gilgamesh

Le 21 novembre, le tribunal correctionnel d’Avignon dira à Fida Mohissen et Laurent Sroussi, les directeurs du théâtre 11 Gilgamesh, à Avignon, la conséquence de leur décision d’ouvrir leur salle 1, en juillet, malgré l’arrêté de fermeture. «Je ne sais pas combien cela va coûter, reconnaît Laurent Sroussi, gérant. Nous pouvons être redevables d’une amende de 1 500 € par infraction constatée. Certains jours, il y a eu jusqu’à six constatations. Nous saurons si le tribunal veut nous mettre un grand coup ou pas». Cette affaire a défrayé la chronique du Off 2018 et valu d’acerbes critiques aux dirigeants de ce théâtre. Ils auraient péché par précipitation à vouloir agrandir. Laurent Sroussi rappelle : «La sécurité du public n’a pas été mise en danger. Nous avons pris des mesures compensatoires très importantes et beaucoup de précautions.» 

La visite de la commission sécurité prévue le 3 juillet n’a lieu que le 11 juillet. Dès le lendemain – sans le délai d’usage – un arrêté de fermeture est pris par la mairie. Le 13, un accord est trouvé avec le préfet pour une mise en conformité. Le 16, il ne reste qu’une seule réserve sur le désenfumage de la salle 1 et de l’escalier. Mais deux tests d’un organisme agréé montrent que le désenfumage fonctionne ce qui contredit l’interprétation du texte par le bureau de sécurité, à l’origine de l’avis défavorable. Pourtant, la fermeture de la salle 1 est confirmée. Les compagnies manifestent devant la mairie et une délégation est reçue par Michel Gontard, premier adjoint à la maire d’Avignon. Le 20, le préfet indique qu’il ne fermera pas le lieu par la force, ce qui confirme l’absence de danger immédiat pour le public. Décision qui peut s’expliquer par l’avis du bureau de contrôle, les mesures compensatoires et la présence de 2 agents de sécurité incendie et d’assistance à personnes pour la salle 1. 

Si la direction du théâtre ne peut fixer le coût réel de l’ouverture avant le jugement du 21, les frais supplémentaires représentent déjà 25 000 € et 40 000 € d’indemnisation aux compagnies pour les diverses fermetures. Par ailleurs, 30 000 spectateurs ont assisté aux représentations des pièces.
2 178 professionnels sont passés au théâtre durant le festival. Des recours seront introduits contre les entreprises défaillantes et l’indemnisation des compagnies sur le coût des créneaux annulés sera établie. Les travaux de sécurité seront achevés fin octobre. «Nous avons déjà des demandes pour participer au Off 2019, déclare Laurent Sroussi. Les compagnies continuent à nous faire confiance». Mais lorsqu’on lui demande si, avec le recul, il fallait décider d’ouvrir, le directeur met un long moment avant de répondre.

Philippe Verrièle

En partenariat avec La Lettre du Spectacle n°436

Légende photo : Quand j’aurai 1 001 ans, compagnie Les Lucioles, un succès du Off,
au 11 Gilgamesh 
Crédit photo : D. R.

Arcadi : l’enjeu des aides à la création et à la diffusion

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Arcadi

Sous le titre «Arcadi vaut bien une réconciliation», quatre syndicats (Profedim, SMA, Synavi Île-de-France, Syndeac, SNSP) ont publié, le 8 octobre, une tribune dans Libération pour appeler Valérie Pécresse à revenir sur sa décision de se désengager d’Arcadi. La commission permanente du conseil régional devait voter le retrait d’Arcadi le 17 octobre. La mission d’accompagnement d’équipes artistiques et de soutien à la diffusion de créations contemporaines est au cœur de l’activité d’Arcadi. Elle représente 1,6 M€ d’aides. Cette mission était aussi le nœud de la discussion entre Région et DRAC. La Région souhaitait gérer en direct l’ensemble des soutiens financiers. 

La DRAC, de son côté, estime que l’accompagnement des artistes par Arcadi est efficace à condition d’être appuyé par des moyens. La Région a, en plus des conventions de permanence artistique, un dispositif d’aides qui peuvent être sollicitées à partir de la quatrième création d’une compagnie. Le travail d’Arcadi intervient donc logiquement en amont. Sur ce créneau des talents émergents, la Région a aussi lancé l’année dernière le fonds Forte. Son appel à projets était doté l’année dernière de 1 M€ qui a été réparti, en mai, entre 46 projets (35 pour le spectacle vivant et la musique) chacun d’eux étant porté par un tandem artiste-structure culturelle. La méthode est différente de celle d’Arcadi. La composition des comités de sélection également. 

Chez Forte, ils comprennent des élus régionaux, des professionnels et quelques personnalités emblématiques (Jean-Jacques Aillagon, Laurence Equilbey, Brigitte Lefèvre, Michel Hazanavicius...). Chez Arcadi, ils sont composés de façon dominante par des professionnels sensibilisés à des esthétiques dites contemporaines. Les listes peuvent être consultées sur le site d’Arcadi. L’approche d’Arcadi a aussi laissé des compagnies insatisfaites et critiques. Mais, tel que s’est exprimé le Synavi dans la soirée de soutien du 15 octobre, la préoccupation n’est pas d’opposer les choix esthétiques entre les commissions d’Arcadi et les services de la Région. De façon pragmatique, Arcadi est jugée plus souple, plus réactive. Les compagnies d’Île-de-France ont subi des retards de versement des subventions PAC cet été et s’inquiètent de la capacité des services de la Région à gérer les aides d’Arcadi.

Yves Perennou

En partenariat avec La Lettre du Spectacle n°436

Légende photo : La soirée de soutien du 15 octobre
Crédit photo : D. R.