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En coproduction avec une compagnie étrangère

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Denis Athimon

Une telle coopération permet de se confronter, avec plus ou moins de succès, à des modèles de production différents.

Volonté de mener une recherche commune autour d’une thématique, découverte d’une proximité entre deux univers artistiques ou encore sollicitation émanant d’un auteur ou d’un metteur en scène étranger : les motivations conduisant à travailler avec une équipe d’un autre pays sont multiples. La perspective d’élargir son réseau de diffusion est également séduisante, mais nécessairement précédée du montage de la production ; une étape cruciale, où la coopération peut s’avérer enrichissante mais aussi exposer à certaines difficultés, liées aux systèmes de fonctionnement différents selon les pays.

Le premier bénéfice lié à une telle collaboration réside dans la possibilité de s’épauler dans la recherche de financements, en mobilisant conjointement des dispositifs internationaux. Leur aide s’est avérée déterminante dans la réussite du projet mené par la Compagnie Ariadne (Villeurbanne) et le Théâtre du Clou (Montréal) aboutissant en janvier dernier à la création de Je suis le contrepoids du monde, de Karin Serres, pièce participative associant des adolescents.

[…] Lire La suite dans La Scène n°95 – Hiver 2019

Par Marie-Agnès Joubert

Légende photo : Denis Athimon, directeur artistique du Bob Théâtre

Crédit photo : Géraldine Le Tirant

Muriel Mayette-Holtz : « A Nice, le texte est star »

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Muriel Mayette-Holtz

Muriel Mayette-Holtz a pris la direction du Théâtre national de Nice, centre dramatique national le 1er novembre. L’ancienne directrice de la Villa Médicis et administratrice de la Comédie-Française annoncera sa saison 2020-2021 au printemps. Celle en cours a été construite par Thierry Tordjman et Ella Perrier, directeur adjoint et secrétaire générale. Interrogée sur son appréciation de la situation, après le départ volontaire d’Irina Brook, la directrice confie : « Le Théâtre est un peu en souffrance. Il a toute sa légitimité, mais pas encore de déploiement, ni d’ADN clair. Il a des difficultés de fréquentation, de budget. » Elle précise que le déficit atteint 500 000 euros. Le nombre des abonnés, tombé à 4 000, est remonté cette saison à 6 800. « Nous avons beaucoup de travail pour retisser une confiance avec le public, surtout adulte, ajoute-t-elle. Irina Brook a fait un magnifique travail en direction des générations plus éloignées, mais le théâtre a perdu beaucoup de public plus classique. » 

Sa thématique prioritaire sera le répertoire de l’Europe de la Méditerranée. Le texte, aussi bien classique que contemporain, aura la vedette. « Et faire des tournées. Qu’elle soit vivante, cette Europe de la Méditerranée ! Et, petit à petit, mettre en scène des textes contemporains. Mais il faut avancer dans l’ordre. Il n’y aura pas de trop d’un théâtre national public référentiel sur ce genre de répertoire. » Cette orientation lui permettra aussi d’être complémentaire du théâtre Anthéa, à Antibes : « Là, les acteurs sont stars, ici, ce sera le texte. Il ne faut pas sans arrêt nous mettre en rivalité. » Elle a commencé à proposer des cours d’oralité gratuits « pour que le public puisse s’emparer de l’instrument plateau, qu’il soit acteur et pas seulement consommateur ».

A partir de janvier, se rajoutera aussi un rendez-vous mensuel d’une soirée sous forme de conversation intime avec Catherine Ceylac. Cela commencera en janvier avec Jacques Weber, ancien directeur du lieu. à la rentrée prochaine, elle sera elle-même sur la scène du TNN avec Les Parents terribles, de Jean Cocteau, pièce pour laquelle elle est engagée avec le metteur en scène Christophe Perton. Elle y jouera avec Charles Berling qui dirige le Théâtre Liberté à Toulon. Muriel Mayette-Holtz déclare qu’elle conserve l’équipe du TNN : « J’adore cette équipe. Nous ne sommes pas nombreux, mais la situation est fragile. L’équipe sera une force. »

Yves Perennou

En partenariat avec La Lettre du Spectacle n°460

Crédit photo : D. R.
 

Chambéry : un tiers-lieu culturel à la scène nationale

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scène nationale

Une scène nationale va accueillir un tiers-lieu culturel en ses murs. Après deux ans de travaux, l’Espace Malraux, à Chambéry (73), saisit l’opportunité de sa réouverture, le 2 décembre, pour l’inaugurer. Nommé La Base, le tiers-lieu comprendra un bar restaurant, une petite scène, un studio de répétition, des bureaux ainsi qu’une salle de cinéma et des galeries d’exposition. Lieu de vie ouvert en continu, doté d’un coin enfant, de mobilier pour s’installer et d’une connexion Wi-Fi en libre accès, il sera piloté par trois compagnies locales et un restaurateur. Les bénéfices du bar devraient permettre de financer les activités comme des débats, des séances de ciné, des temps de résidence et de présentation des travaux. Fruit d’une volonté de démocratisation de la culture, la Base prend sa source dans l’expérience hors les murs qu’a vécue l’Espace Malraux.

« Pendant plus de deux ans, avec notre projet en “nomadie”, on a travaillé avec les forces vives du territoire qui nous accueillaient. On a porté ensemble, avec des acteurs qui ne venaient pas toujours du secteur culturel mais parfois du tourisme ou de la coopération internationale, une programmation qui explorait différentes formes, des zombies party, des projets in situ dans la montagne qu’on n’imagine pas forcément en scène nationale, rapporte Marie-Pia Bureau, directrice. De ce travail a découlé le projet avec une volonté d’expérimenter et d’ouvrir des pistes pour accueillir autrement la demande. » Ces deux années hors les murs auront aussi permis de rénover la grande salle, d’en améliorer ses espaces périphériques et de remettre le bâtiment aux normes. Coût des travaux : 10 millions d’euros TTC. 

David Prochasson

En partenariat avec La Lettre du Spectacle n°460

Crédit photo : D. R.
 

CGT : les points chauds du front social

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Denis Gravouil

Interview de Denis Gravouil, secrétaire général de la fédération CGT-Spectacle

Que risquent les intermittents avec la réforme des retraites ?
Les questions posées par le rapport Delevoye sont multiples pour nos métiers et pas seulement pour les artistes et techniciens intermittents du spectacle. Les dangers concernent les salariés du régime général, des agents de la fonction publique, par exemple, dans les opéras ou les conservatoires, des régimes dits « spéciaux » de l’Opéra de Paris et de la Comédie-Française, et donc les intermittents, sans oublier les auteurs ! Le problème réside dans le principe de la retraite à points, à la place d’un système par annuités. Cela renforce les inégalités. C’est particulièrement le cas évidemment pour les intermittents du spectacle. Bref, il faut empêcher cette réforme et proposer une amélioration du système actuel, par exemple, en améliorant le niveau des pensions. Nous avons toutes les raisons d’appeler à la grève et aux manifestations du 5 décembre. 

Concernant l’assurance chômage, va-t-on vers un bilan de l’accord de 2016  ? 
La phase de bilan est attendue mais elle semble avoir disparu des radars ! L’important, aujourd’hui, est la remise en cause des droits dans le régime général à partir du 1er novembre. Plus de 1,2 million d’allocataires vont perdre des droits, notamment les travailleurs précaires, via un changement de mode de calcul au 1er avril. Le risque, c’est que le Medef et consorts nous disent qu’il reste des « privilégiés » en pointant les intermittents du spectacle. Nous avons, par ailleurs, noté un nouveau décret le 31 octobre qui rectifie les « coquilles » du décret du 26 juillet. 

D’autres sujets de préoccupation ?
Un point important est la réforme de la santé au travail. Le Centre médical de la Bourse (CMB) pourrait être menacé s’ils nous font un système par région comme pour la formation continue. Nous rappellerons que le CMB est l’organe qui connaît le mieux les risques spécifiques à nos métiers. Sur la formation, il n’y a toujours pas de solutions pour les intermittents sur les formations longues via le CPF de transition. C’est vrai qu’ils y ont accès grâce à un décret qui a ramené le seuil d’ouverture des droits au niveau de l’ancien CIF (congé individuel de formation). Le problème, c’est que ce n’est plus l’Afdas qui le gère, mais les commissions interrégionales qui ont comme objectif de favoriser les reconversions. Or 80 % des CIF étaient des transitions à l’intérieur de la profession.

Et concernant le budget 2020 du ministère de la Culture ? 
Si on enlève le Pass culture, le budget est en baisse. Le Pass culture, c’est n’importe quoi. L’essentiel repose sur des offres de produits culturels proposés par des grands groupes et des propositions gratuites. Ce n’est pas comme cela qu’on amènera les jeunes à faire des découvertes. Nous sommes aussi contre le mouvement de déconcentration annoncé. Les décisions sur les labels doivent rester en administration centrale. Derrière la déconcentration, il y a en arrière-plan l’idée que ce sera plus facile à transférer vers les régions. Sur le Centre national de la musique, ce qui est proposé n’est pas à la hauteur des attentes. Le Fonpeps a été sauvé, dont acte, mais on est dans un entre-deux et il n’est pas aussi ambitieux que prévu, alors que l’emploi reste une préoccupation majeure. Enfin, il y a une pression un peu partout pour baisser les salaires aux niveaux les plus bas des conventions collectives.

Propos recueillis par Yves Perennou

En partenariat avec La Lettre du Spectacle n°460

Crédit photo : Marie-Pierre Moinet
 

À Strasbourg, les directeurs techniques interrogent le management

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directeurs techniques

Au Théâtre national de Strasbourg, l’association professionnelle réunissant les directions techniques du spectacle vivant organisait, le 14 octobre, trois tables rondes autour de l’avenir de leurs métiers. Les débats allaient de la précarisation au retard accumulé sur les évolutions technologiques. La dernière se penchait sur l’avenir de la hiérarchie en questionnant « la gouvernance des lieux et les rapports communs ». La modératrice Chloé Langeard, maîtresse de conférences en sociologie, relevait « la relative nouveauté dans le monde du spectacle des problématiques de ressources humaines (RH) pour les employeurs ».

Partage des responsabilités 
Le passage aux 35h a été pointé comme le premier changement important. Pour Marc Jacquemond, directeur technique de l’Agence culturelle Grand Est, « c’est à ce moment que les membres de la technique se sont changés en prestataires au service de l’artistique, aux dépens du travail collectif qui les unissait jusqu’alors. » Un constat que partage avec désarroi Daniel Jeanneteau, directeur du T2G à Gennevilliers depuis 2017. « J’ai vécu des scènes primitives à Nanterre avec Claude Régy où le technicien qui vissait du placo en fond de scène avait un rapport artistique fort avec le projet en cours. » Le pire est « ce besoin de hiérarchie forte » exprimé par toute l’équipe à son arrivée à la direction de Gennevilliers. « Chacun s’en tient à son périmètre de compétence. » Tout le contraire de l’expérience dont témoigne Romain Rhodon qui travaille au 37e Parallèle, à Tours, où « la hiérarchie a été abolie ». Le directeur technique, fraîchement diplômé du CFPTS, invite « à ne pas croire que c’est impossible ». Tourné vers les arts de la rue, ce lieu est autogéré par neuf compagnies permanentes. Toutes les décisions y sont prises de manière collégiales et horizontales, au consensus. « Bien sûr, cela demande du temps, mais émerge de ce type de décisions une intelligence collective ». À la hiérarchie, Daniel Jeanneteau préfère la « responsabilité » et les « changements réciproques » car « l’usage du pouvoir et l’obtention de quelque chose par ce biais est toujours un échec ».

Des modèles pour demain
Carole Le Rendu, titulaire d’une chaire de recherche RH et innovations sociales à Nantes, confirme le retard pris par les théâtres dans ces problématiques : « Les porteurs de projets manquent cruellement de compétences et de formation en management. En France, aucune école d’art, de théâtre ou de danse ne propose ce type de cours. » Elle propose de se pencher sur les « angles morts des innovations sociales » : coopératives d’emploi et groupements d’employeurs. Pour Micha Ferrier-Barbut, conseil en management, nous assistons à « un effondrement des statuts hiérarchiques dans les directions car la culture ne se dote pas des outils adéquats. Les RH ne sont toujours pas une priorité, même si le ministère planche sur une formation pour 2020 à destination des directeurs. »

Thomas Flagel

En partenariat avec La Lettre du Spectacle n°459

Crédit photo : Eric Deguin

La Fevis fête ses 20 ans et regarde l’avenir

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Fevis

La Fédération des ensembles vocaux et instrumentaux spécialisés (Fevis) est née en 1999 autour de neuf ensembles mus par la volonté de soutenir la vitalité de la musique baroque. Vingt ans plus tard, la Fevis compte 150 adhérents et revendique la structuration d’un mouvement d’artistes indépendants, par opposition aux orchestres permanents. Elle était reçue le 28 octobre Rue de Valois en présence de son président Jacques Toubon et de Franck Riester. « La célébration est l’occasion de faire le bilan, de voir ce qu’elle a apporté, par exemple, l’élargissement aux ensembles des dispositifs d’aide à la création, explique Louis Presset, délégué général. C’est aussi le moment de rappeler les chiffres, de montrer le développement spectaculaire à l’international. Les ensembles français sont extrêmement demandés. Le nombre de représentations à l’étranger a augmenté de 52 % depuis 2016. » C’est aussi l’opportunité de réfléchir à la façon dont la Fevis peut s’adapter à l’évolution du paysage musical. La Fédération a contribué à la structuration des ensembles, en mettant l’accent sur la professionnalisation, la présence d’administrateurs, en interne. 

Aujourd’hui, certains ensembles fonctionnent avec des bureaux d’administration externalisés. « Ils frappent à la porte, constate Louis Presset. Il faut aussi réfléchir à la manière de s’adresser aux musiciens individuels, aux petites formations de chambre. » Cet anniversaire intervient au moment de la création du Centre national de la musique. La Fevis s’est inquiétée d’un établissement qui fragiliserait indirectement la Direction générale de la création artistique. « L’enjeu désormais, note Louis Presset, c’est de vérifier que nos musiques non lucratives trouvent une présence dans le conseil d’administration et le comité professionnel. » Pour célébrer l’anniversaire, la Fevis a imaginé huit temps d’échange et de réflexion sous forme de débats, de tables rondes, de podcasts et de journées professionnelles. L’occasion d’aborder des thématiques qui lui sont chères : la transmission et l’éducation artistique et culturelle, les nouvelles formes de création, les stratégies de développement à l’étranger ou encore l’égalité femmes-hommes.

David Prochasson

En partenariat avec La Lettre du Spectacle n°459

Crédit photo : D. R.

L’Assemblée veut supprimer la taxe du théâtre privé en 2022

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Edmond

Le 18 octobre, en séance plénière, l’Assemblée s’est attaquée à une série de taxes fiscales à faible rendement et l’une des victimes a été la taxe sur la billetterie des spectacles privés (3,5 % sur le montant HT de la billetterie) qui alimente le Fonds de soutien au spectacle privé. L’amendement remplace la taxe par une subvention de 8 millions d’euros sur le budget du ministère de la Culture. Le total de facturation de la taxe était de 6,5 M€ pour 2018 (5,7 M€ en 2017) et l’ASTP touche une subvention d’état de 3,8 M€. La députée Frédérique Dumas a défendu la taxe : « Ses recettes ont permis de soutenir directement la production de plus de 1 200 spectacles à Paris et en tournée, dont près de 400 créations. Vous prétendez faire le bien des gens malgré eux ! » Le débat a conduit à repousser la suppression à 2022 et à demander un rapport gouvernemental. L’Association pour le soutien au théâtre privé a réagi aussitôt : « Alors que bien des rapports ont souligné dans un passé proche l’efficacité des dispositifs de l’ASTP, le gouvernement décide sans aucune concertation, au nom de la lutte contre les “petites taxes” de supprimer celle qui représente près de 50 % de ses ressources. » Selon l’ASTP, son remplacement par une subvention d’état « n’est pas compatible avec les mécanismes de régulation et les principes de solidarité qui fondent les interventions de l’ASTP ». Et si le fonds dépend à 100 % de l’état, se pose la question de l’indépendance du théâtre privé.

La Fédération CGT du Spectacle proteste également contre « la méthode autoritaire du gouvernement qui n’a organisé aucune concertation avec les organisations professionnelles ». Le 24 octobre, le ministre Franck Riester a mollement défendu la suppression de la taxe : « Nous avons le temps de voir, avec l’association qui gère cette fiscalité affectée. C’est une bonne chose de pouvoir alléger la fiscalité de ces opérateurs. Je comprends les inquiétudes sur la façon dont les moyens seront pérennisés. Il s’agit bien de compenser et maintenir les budgets. » Les représentants de l'ASTP et du Syndicat national du théâtre privé, Stéphane Hillel et Bertrand Thamin, ont été reçus le 29 octobre par Franck Riester et sont ressortis confiants. Ils disent avoir rappelé « le lien étroit entre la taxe et les principes de solidarité et de mutualisation qui fondent les mécanismes d’aide de l’ASTP, et souligné le danger que représenterait son financement intégral par des subventions publiques », ils saluent « la qualité d'écoute et le sens du dialogue » du ministre. Ils ont aussi convenu d’un réexamen du fonctionnement de l'ASTP. 

Yves Perennou

En partenariat avec La Lettre du Spectacle n°459

Légende photo : Edmond, d’Alexis Michalik
Crédit photo : Emilie Brouchon
 

Diffusion de la danse : l’ONDA présente un état des lieux

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Bounce

L’impression d’une stagnation voire d’une dégradation de la diffusion de la danse avait déclenché le besoin d’une observation chiffrée. L’étude réalisée par Daniel Urrutiaguer pour l’ONDA s’est appuyée sur trois sources : la base de données de la SACD, les résultats d’un questionnaire en ligne renseigné par 112 compagnies et 141 structures, les comptes rendus d’entretiens auprès des responsables de 21 compagnies et 21 structures de diffusion.

Coûts de cession : paradoxe 
« Une majorité de compagnies déclare subir des pressions à la baisse, quand les structures de diffusion font état d’une stabilité ou d’une tendance à la hausse. Ce paradoxe s’explique en grande partie par la dégradation des apports de coproduction, écrit l’auteur. Nombre d’entre eux se traduisent par des préachats de représentations au coût plateau, ce qui contraint les équipes à chercher des marges bénéficiaires, nécessaires à leur fonctionnement, lors de leurs ventes à d’autres structures de diffusion ». Ainsi les compagnies se plaignent d’une « pression pour la baisse des prix de cession afin de se rapprocher du coût plateau », alors que les diffuseurs déclarent constater une stabilisation ou une hausse des prix.

1 700 représentations par an 
Sur la période 2011 à 2015, 700 spectacles chorégraphiques sont déclarés chaque année au répertoire de la SACD. Le nombre moyen de représentations par spectacle, par an, est d’environ 5,2. On compte 1 700 représentations par an, un chiffre stable sur la période. Près de la moitié des spectacles n’ont été diffusés que trois fois ou moins sur 5 ans.

Le jeune public en tête 
Les 50 spectacles les plus diffusés en France entre 2011 et 2015 (1% du total dans la base SACD), représentent 14,8 % du total des représentations. Parmi eux, 32 s’adressent à l’enfance et la jeunesse. Les spectacles jeune public représentent 6% des spectacles mais 21% du total des représentations. Les spectacles jeune public touchent aussi un nombre de lieux de diffusion plus élevé : 11,4 en moyenne contre 4 pour les autres. Le top 6 de la diffusion Les 14 équipes qui ont le plus diffusé sur cinq ans, soit 1 % du total des chorégraphes ou maîtres de ballets, sont à l’origine de 13,1% des représentations. En tête le ballet de l’Opéra national de Paris (701 dates), puis la compagnie Ouramdane, Arcosm, CCN Créteil-Käfig, étant-donné, le CCN Preljocaj, DCA.

Les conventions 
Les équipes labellisées et celles conventionnées avec l’état affichent des moyennes de diffusion supérieures. Mais la très grande majorité des compagnies pour l’enfance et la jeunesse n’est pas subventionnée par l’État et/ou la Région. La part des compagnies aidées à la structuration ou au projet par l’état s’est consolidée.

Structures de diffusion 
Le nombre de diffuseurs de spectacles chorégraphiques déclarés à la SACD a baissé de 7% entre 2013 et 2014, puis s’est stabilisé. L’étude en compte 3 990 sur les 5 ans. 40 structures (des scènes labellisées) ont programmé 19,7% des représentations. Le nombre des théâtres ou centres culturels municipaux dans la diffusion de danse a reculé en 2014, tandis que le poids des lieux labellisés dans la diffusion s’est renforcé. La danse représente encore près de 20% des représentations des scènes conventionnées, un peu moins pour les centres culturels de ville. L’étude expose les contraintes qui se posent au programmateur. Les principaux obstacles à un développement de la programmation chorégraphique sont liés au budget (64% des cas) et au lieu (34%).

Yves Perennou

En partenariat avec La Lettre du Spectacle n°458

Légende photo : Bounce, d’Arcosm, compagnie dans le top 3 de la diffusion, selon l’étude de l’ONDA
Crédit photo : J.-M. Lamboley
 

Le Maillon : ouverture en novembre

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Le Maillon

Si le 1er octobre le président de la République profitait des 70 ans du Conseil de l’Europe pour inaugurer le nouveau Théâtre du Maillon, l’équipe devra attendre début novembre pour en prendre possession. La fin des travaux, promise au début du printemps 2019, est soumise à l’urgence de l’accueil des spectateurs lors d’une pendaison de crémaillère programmée le 23 novembre avec Espæce d’Aurélien Bory et autres festivités d’usage. La municipalité est maître d’ouvrage du bâtiment de 90 m de long sur 60 m de large, soit 6 900 m2 sur trois étages, dont le coût avoisinera les 30 millions d’euros (24,5 de la Ville, 3,3 de l’État et 2 de la Région), soit 5 de plus que le budget initial. Imaginé par LAN Architecture, l’édifice de béton teinté dans la masse sera anthracite, avec de gigantesques ouvertures vitrées de six mètres.

L’autoproclamée « scène européenne » y jouira d’un terrain de jeu digne de ses ambitions : deux black-box modulables d’une hauteur sous gril de 14 m et 11 m, avec ponts roulants sur toute la suface. La grande salle de 1 000 m2 compte 700 places assises descendant jusque dans une fosse, 1 000 debout grâce à son gradin rétractable. La petite, moitié moins vaste, contient 250 places réparties sur quatre modules aisément déplaçables pour former un bi ou quadri-frontal. Un hall de convivialité de 500 m2 accueillera l’espace billetterie ainsi qu’un bar-restaurant au mobilier dessiné sur mesure par l’architecte Umberto Napolitano. Une cloison mobile ouvre l’ensemble sur un patio disproportionné de 800 m2 dont l’usage reste à inventer.

À l’arrière, deux ateliers menuiserie et serrurerie sont à proximité d’une cour logistique semi-fermée. Bureaux administratifs et loges au premier étage sont réunis par un espace de convivialité. S’ajoutent une modeste salle d’échauffement avec miroirs et un atelier couture pour les costumes. Au second, la direction technique et l’équipe des relations avec les publics, le dernier étage étant dévolu aux locaux techniques. La directrice Barbara Engelhardt se « réjouit d’avoir des espaces modulables permettant de partager cet outil avec des artistes accompagnés dans des temps de recherche et de résidence ». Ils devraient pouvoir poser leurs valises plus longtemps grâce à des séries de représentations allongées, même si Le Maillon fonctionnera à budget constant.

Thomas Flagel

En partenariat avec La Lettre du Spectacle n°458

Crédit photo : LAN (Local Architecture Network) Paris

Grand Paris : Mains d’Œuvres emmuré

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manifestation

L’équipe de Mains d’Œuvres a été surprise par l’expulsion ordonnée par le préfet de Seine-Saint-Denis, mardi 8 octobre, sous une pluie battante. La directrice, Juliette Bompoint, affirme : « L’expulsion semblait lointaine et hypothétique, notamment à l’approche des élections municipales. De nombreux musiciens et comédiens créaient leur spectacle à Mains d’Œuvres. Leur matériel est bloqué, ce qui pourrait avoir des répercussions sur une centaine de représentations. » Chaque année, 250 artistes sont accueillis en résidence par les 70 salariés permanents et intermittents et 300 événements y sont organisés.

Quelques spectacles ont été annulés, notamment dans le cadre du festival de théâtre Fragment(s), d’autres sont déplacés. La veille de l’expulsion, six élus de la majorité de Saint-Ouen, dont l’adjoint à la culture, avaient présenté leur démission, dénonçant le manque de concertation du maire, William Delannoy (UDI). L’association occupait ce bâtiment de 4 000 m2 depuis 2001. En conflit avec le maire de Saint-Ouen, elle ne disposait plus de bail la liant au propriétaire, la Ville, depuis le 31 décembre 2017. Le tribunal de grande instance de Bobigny l’avait condamnée, le 2 juillet dernier, à quitter les lieux. à cinq mois des élections municipales, le préfet n’a pas attendu le jugement en appel pour procéder à l’expulsion.

L’avocat de l’association, Maître Péru, se demande : « Le préfet craignait-il une décision défavorable en appel ? Quant à l’huissier qui dresse l’inventaire du matériel resté à l’intérieur, saura-t-il identifier les œuvres ou le matériel technique ? » Une réunion s’est tenue le 9 octobre à la DRAC qui pourrait soit initier une médiation, soit aider à la recherche d’un autre lieu. Mais le maire a exclu de revenir sur sa détermination à utiliser le bâtiment pour un conservatoire. Son action a déclenché une vague d’indignation dans le milieu culturel. Mains d’Œuvres a reçu le soutien de nombreux autres lieux, organisations professionnelles, artistes, personnalités politiques, dont la maire de Paris ou le ministre de la Culture.

Nicolas Dambre

En partenariat avec La Lettre du Spectacle n°458

Légende photo : Manifestation le 12 octobre, en faveur de Mains d’Œuvres
Crédit photo : François Lafite