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« Prendre soin, c’est la condition de la créativité »

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Micha Ferrier-Barbut

Interview de Micha Ferrier-Barbut, sociologue, consultante en management.

Dans votre dernier ouvrage, vous évoquez le « manque de vision managériale » de la grande majorité des directions dans le secteur culturel. Pourquoi ? 
Ce sujet apparaît beaucoup dans les témoignages. Il ne s’agit pas d’incriminer dès le début les managers pour dire qu’ils sont responsables de la situation, au regard des conditions de travail, de l’ambiance qui règne dans les structures culturelles. Les équipes dirigeantes elles-mêmes ne sont pas formées. Elles ont peu de goût à cela. Ce qui est encouragé, c’est véritablement la vision artistique. On peut s’en féliciter, mais on ne peut pas mettre en œuvre un projet artistique en ne s’appuyant que sur une vision artistique. Les équipes doivent être considérées. Le pilotage d’un projet artistique, le management et la transmission de ses valeurs, encadrés dans une vision professionnelle, c’est quelque chose d’assez peu présent dans les entreprises culturelles, dont je rappelle qu’elles sont souvent très petites. Se pourvoir d’outils managériaux, c’est difficile et ce n’est pas une priorité.

Être artiste et dirigeant, est-ce vraiment compatible ?
Les artistes ne sont pas du tout accompagnés dans ces fonctions managériales, qui sont pourtant indissociables de la fonction artistique. Le secteur a du mal à recruter et voit beaucoup de départs pour ces deux raisons : le management et les conditions de travail. Pourtant, c’est un secteur attractif sur ces valeurs, sur le plan du vivre- ensemble. Là, ça ne suffit plus du tout. La question des conditions dans lesquelles on travaille, ce que l’on donne pour son travail, cela compte de plus en plus. C’est une tendance lourde. Le secteur culturel n’est pas plus concerné qu’un autre, sauf que les personnes qui y travaillent ont été très sérieusement malmenées depuis un certain nombre d’années. Après la crise sanitaire, il a été rattrapé par ses manquements.

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Propos recueillis par Cyrille Planson

Légende photo : Micha Ferrier-Barbut

Crédit photo : Julien Pebrel

Compagnies : faut-il revoir les critères du conventionnement ?

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Christophe Laluque

Hors-sol, déconnectés de la réalité des compagnies, inaccessibles pour les plus fragiles, discriminants envers les artistes minorisés… Les critiques abondent sur les critères d’éligibilité au conventionnement, deux ans après la circulaire de Roselyne Bachelot qui les précise. 

Stupeur et tremblement. En cette fin de printemps, des compagnies franciliennes bien installées apprennent que leurs dossiers de renouvellement de conventionnement ne seront pas examiné en commission, faute de satisfaire aux critères. « Nous avons travaillé le dossier pendant six mois et quinze jours avant la commission, oralement, on nous apprend que notre dossier ne sera pas examiné. C’est de la maltraitance ! s’insurge Christophe Laluque, de l’Amin Théâtre, compagnie installée à Grigny (et du théâtre Dunois, à Paris). Nous sommes sept compagnies dans ce cas de figure, sans aucune explication sur notre sort. Nous sommes dans un flou total, puisqu’on ne nous a pas dit que nous étions déconventionnés, même si ça ressemble à une sortie de conventionnement… » Virginie Girard, administratrice de la compagnie Fabrik Théâtre, dirigée par Christine Letailleur, a elle aussi appris que ça ne passerait pas cette année. « Les conseillers de la DRAC ont été charmants, au demeurant, très pédagogues, et ils ont pris le temps de nous expliquer ce qui n’allait pas », explique-t-elle. Le problème principal vient du nombre de dates de représentations. Conventionnée sur deux ans – contre trois auparavant – la compagnie n’atteint pas le seuil des 50 représentations nécessaires. Même écueil pour l’Amin Théâtre, conventionné sur trois ans, et qui n’a pas les 90 dates, seuil minimum pour son renouvellement. Mais dans un cas comme dans l’autre, le décompte des dates valides est remis en cause. 

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Par Bruno Walter

Légende photo : Christophe Laluque, directeur de l’Amin Théâtre

Crédit photo : Julien Pebrel

Les festivals toujours sous tension

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Fat White Family

Malgré une bonne fréquentation dans le contexte social et politique troublé de l’été 2024, les festivals ne parviennent souvent plus à trouver leur équilibre. Certains pourraient ne pas repartir.

L’équation est assez simple. Déjà bien éprouvés par la crise sanitaire, qui a souvent conduit à l’annulation d’une, voire de deux éditions, les festivals sont aujourd’hui de plus en plus contraints dans leurs projets. Et certains sont au bord de l’asphyxie. Tous les coûts (achats, sécurité, salaires, etc.) ont grimpé en flèche à la faveur de l’inflation et de la « bulle spéculative » – c’est ainsi qu’Aurélie Hannedouche, directrice du Syndicat des musiques actuelles (SMA), la qualifie – qui entoure les cachets des artistes internationaux. L’année 2023, souvent record en matière de fréquentation, avait pourtant laissé bon nombre de manifestations exsangues. Les soutiens du Centre national de la musique aux entreprises en difficulté ont permis à certaines de rester à flot. D’autres se sont interrogées, ont hésité et réservent encore leur réponse sur de futures éditions. Le modèle économique des festivals, plutôt prospère jusqu’alors, est mis à mal depuis que ce fragile écosystème a été ébranlé par la hausse exponentielle des coûts. En 2023, 43 % des festivals en France étaient déficitaires, selon les chiffres du SMA, malgré ces éditions records en matière de fréquentation. Les premiers éléments de bilan de l’été 2024 donnent à voir une situation contrastée, et parfois ubuesque. Si certains ont pâti d’un contexte peu favorable (JO, législatives, météo, etc.) qui a affecté leurs résultats, d’autres ont pu profiter d’une fréquentation record ou à la hausse qui, même dans le meilleur des cas, ne suffit pas à compenser la folle montée des coûts. 

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Par Cyrille Planson

Légende photo : Fat White Family, à Lévitation France, à Angers

Crédit photo : Eric Deguin

Conseillers DRAC au bord de la crise de nerfs

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Stéphane Werchowski

Recrutement, statut, rémunération et considération... En DRAC, les conseillers sont en attente de réponses. Leur situation serait jugée insupportable.

Au téléphone, au bout de quelques minutes, l’émotion est trop forte. La conseillère sectorielle craque, les larmes surgissent. « C’est dur. On lutte pour garder une identité au sein des DRAC, pour défendre un service public de la culture. On peut suivre jusqu’à 50 compagnies, les lieux labellisés. On explose. » Touchée par la situation qu’elle traverse, elle témoigne : « On n’a plus de temps pour le repérage des initiatives qui auraient besoin de nos conseils, plus vraiment pour l’émergence non plus. On prend sur nous, on essaie de le dégager, ce temps… mais, on est comme tout le monde, on croule sous les appels à projets qui deviennent peu à peu la norme. On est en retard sur tout. Parfois, j’ai honte. Je sens que je ne suis pas au niveau des attentes des opérateurs sur le terrain, de ce qu’ils pourraient attendre de moi en matière d’accompagnement individuel aux porteurs de projets. » Comme beaucoup d’autres, elle a fait grève le 18 juin. Les inspecteurs, inspectrices, conseillers et conseillères de la création, des enseignements artistiques et de l’action culturelle (ICCEAAC) du ministère de la Culture étaient en grève, sur site, et des délégations ont été reçues par les directions. « Cette grève, c’était du jamais vu en DRAC, assure cette conseillère désabusée, à bout de force et de conviction. Honnêtement, au ministère et en DRAC, vous avez des agents experts, qualifiés, engagés, avec une haute considération de la défense du service public de la culture. Il n’y avait jamais eu de grève. »

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Par Cyrille Planson

Légende photo : Stéphane Werchowski, conseiller spécial au sein de la CFDT Culture

Crédit photo : Julien Pebrel

Avec les artistes en situation de handicap

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Malo Lopez

Même si la présence des comédiens et comédiennes en situation de handicap est encore très parcellaire, des artistes, des ESAT et de grandes écoles se mobilisent.

Il y a bien la tournée française du Hamlet de Chela de Ferrari qui fait escale dans de très nombreuses villes avec les huit comédiens porteurs du syndrome de Down, ou la récente adaptation de Milo Rau du Salo de Pasolini avec une troupe porteuse de trisomie 21, mais les artistes en situation de handicap se font encore rares sur nos scènes. Cependant, Malo Lopez le reconnaît : « Les choses sont enfin en train de bouger. » En 2021 est né le Centre national pour la création adaptée, issu de l’Atelier Catalyse des années 1980. Et la directrice artistique de la compagnie Insolite Fabriq (Lyon) de citer la récente journée au Sénat le 17 mai sur les « 20 ans de la loi 2005 dans l’art et la culture : inclusion, de l’accessibilité à la participation ». Puis les rencontres professionnelles nationales des compagnies inclusives au TNP en octobre prochain. Sur le terrain, elle entreprend un travail de fourmi auprès de travailleurs en ESAT et fonde en 2013 une compagnie sur le modèle de la Bulle Bleue, à Montpellier, ou la pionnière Oiseau Mouche, de Roubaix, à la différence près que ces dernières travaillent avec des artistes associés. La première pièce d’Insolite Fabriq fait justement écho à la loi de 2005 obligeant les entreprises à embaucher 6 % de personnes en situation de handicap. 

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Par Nadja Pobel

Légende photo : Malo Lopez, directrice artistique de Insolite Fabriq

Crédit photo : Julie Cherki

Basculer sur une saison hors les murs

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Alexandra Tobelaim et Ophélie Barat

En attendant la construction d’un théâtre, le Nest a dû se projeter dans un temps très court vers une première saison délocalisée.

En juin dernier, pour clore la saison du Nest, scène nationale de Thionville, Alexandra Tobelaim a organisé une immense fête. Pour la directrice et son équipe, entourées d’artistes et d’anciens directeurs de la structure, il s’agissait de célébrer la fin du théâtre en bois et de matérialiser « le passage du Nest dans l’avenir du théâtre ». En effet, dans le cadre d’un vaste plan d’aménagement urbain, le site du théâtre en bois – une friche de 17 hectares – est destiné à accueillir un théâtre, en dur cette fois-ci, en 2028. En juillet dernier, le Nest a quitté provisoirement les berges de la Moselle pour trois années, le temps de la construction d’un nouveau théâtre, et commencera son itinérance sur le territoire mosellan. Créé en 1963 par Jacques Kraemer, ce qui allait devenir le Nest a commencé sa vie en itinérance, puis s’est « posé » au théâtre municipal de la ville de Thionville à la fin des années 1970. Depuis 2004, sur une idée de son ancien directeur, Laurent Gutmann, le théâtre en bois, qui avait vu le jour pendant les travaux de l’Odéon en 1996, était devenu le lieu du Nest. À vingt minutes de la Belgique et du Luxembourg, trente de l’Allemagne, ce territoire transfrontalier est en pleine expansion. Des 42 000 habitants actuels, les projections envisagent qu’ils seront plus de 50 000 dans vingt-cinq ans. 

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Par Cyrille Planson

Légende photo : Alexandra Tobelaim, directrice, et Ophélie Barat, responsable du développement territorial du Nest (Thionville)

Crédit photo : D. R.

Formuler des retours aux compagnies

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Hugo Frison

Dans un climat de fortes tensions sur la diffusion, la pratique des retours devient de plus en plus délicate et nécessite une bienveillance réciproque.

Lorsqu’une compagnie convie un directeur de lieu à découvrir sa création, elle espère légitimement que celui-ci exprimera des retours sur son travail. Un tel échange s’avère néanmoins complexe, le programmateur s’efforçant d’être juste, et le metteur en scène attendant fébrilement ses appréciations et surtout une décision quant à la diffusion du spectacle. Se pose tout d’abord une question de temporalité. S’il est de coutume de saluer l’équipe artistique à l’issue d’une représentation, ce moment n’est pas toujours propice à la formulation de premières impressions, encore trop empreintes d’émotions. « Quand je ne suis pas certain de ce que j’ai à dire, je propose à l’artiste de nous reparler par la suite », explique le directeur du Bateau Feu, scène nationale de Dunkerque, Ludovic Rogeau. Bien que cette démarche apparaisse chronophage, il sera judicieux d’adresser un e-mail (quelques lignes suffiront parfois) ou, mieux, d’opter pour un échange téléphonique, plus direct. Tout dépend cependant de l’état d’esprit qui vous anime : certitude sur le choix, ou non, d’accueillir la production, ou bien tergiversations. Lorsque son sentiment est positif, Hugo Frison, directeur du Théâtre de la Renaissance, à Oullins (Rhône), le communique et demande de plus amples informations. 

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Par Marie-Agnès Joubert

Légende photo : Hugo Frison, directeur du Théâtre de la Renaissance (Oullins)

Crédit photo : D. R.

Les Départements en alerte rouge

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Dominique Poirout

Les conseils départementaux voient leur capacité à investir dans les champs de compétences non obligatoires réduite du fait des baisses de leurs recettes et des hausses des dépenses de solidarités.

Si la situation diffère d’un conseil départemental à l’autre, les Départements sont confrontés actuellement à un effet ciseau qui inquiète les milieux associatifs agissant dans des domaines de compétences partagés entre les différents échelons de collectivité, comme le sport et la culture. Les conseils départementaux font les frais du ralentissement du marché immobilier après des années fastes du fait des faibles taux d’emprunt. Alors qu’il s’agit de l’une des principales recettes de ces collectivités, celles-ci doivent gérer les dépenses croissantes relevant de l’une de leurs principales compétences obligatoires : le domaine du social et des solidarités. « Cette année, le Département de Loire-Atlantique a enregistré une chute de 86 millions d’euros des droits de mutation. Il n’y avait pas de signes avant-coureurs et nous avons dû retravailler le budget plusieurs fois », remarque Dominique Poirout, vice-présidente culture de la collectivité, et membre du réseau Culture Co (réseau national pour la culture dans les départements).

« Cet effet ciseau impacte tous les conseils départementaux. Nous n’avons plus de leviers sur les recettes, car nous ne levons plus d’impôts, indique Catherine Brunaud-Rhyn, vice-présidente culture de la Manche et vice-présidente de Culture Co. Nous subissons donc une cristallisation des recettes et une hausse des dépenses qui n’est pas seulement liée au fait qu’il y aurait plus d’allocataires, mais au fait que l’État nous impose des modifications réglementaires ou législatives qui nous impactent. Dans la Manche, en 2023, nous étions à 79 millions d’euros, et nous sommes tombés entre 70 et 72 millions d’euros en 2024. Cela baisse, mais nous avons encore des recettes et notre vice-président aux finances nous avait fait jouer la prudence en travaillant sur un budget qui tablait sur une baisse des recettes. Nous avons travaillé sur les ressources humaines, sur le nombre de postes en fonction des départs à la retraite ».

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Par Tiphaine Le Roy

Légende photo : Dominique Poirout, vice-présidente culture du département de Loire-Atlantique

Crédit photo : Christiane Blanchard

Podcasts : comment se lancer

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Julien Villeneuve-Pasquier et Pauline Deboffles

Ce média plébiscité par les grandes chaînes de radio et de télé (Radio France et Arte notamment) est encore peu présent dans les théâtres et de façon très hétérogène. Rencontre avec celles et ceux qui les font et les imaginent.

La première fois que Marion Coutel y a pensé, c’était pendant le confinement du covid, quand les salles étaient fermées. Elle était alors (et est toujours) membre du service des relations avec les publics à la Maison de la danse de Lyon. Au retour à la normale, elle propose à sa direction, qui l’a soutenue « assez rapidement », une série hautement qualitative et ambitieuse : des entretiens avec des artistes pour qui la danse n’était pas une évidence. Les huit épisodes de « Demain, je danse » laissent tour à tour et durant environ trente minutes la parole à Aurélien Bory, Nacera Belaza, Pierre Rigal, Djino Alolo Sabin… Ils sont publiés en septembre 2021 sur le site de la salle, qui comporte déjà une autre référence : la plateforme d’archives Numéridanse. Au lendemain de la prise de poste de Tiago Guedes (qui succède à Dominique Hervieu), elle a le feu vert pour une nouvelle série documentaire sur la place des femmes dans la danse, « Non ma fille, vous n’irez pas danser », mise en ligne en mars dernier, six épisodes en duo d’interprètes, chorégraphes, directeurs d’institutions, chercheuses qui dialoguent sur la confiance, la danse de rue, la tendance ancestrale à faire danser les enfants filles plutôt que garçons, la transformation des imaginaires… 

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Par Nadja Pobel

Légende photo : Julien Villeneuve-Pasquier, chargé de relations avec le public étudiant, et Pauline Deboffles, chargée de communication numérique, au Quai, CDN d’Angers

Crédit photo : D. R.

Des scénographies plus durables

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Claire Hébert

Le Collectif de 17 h 25 et L’Augures Lab Scénogrrrraphie s’appuient sur la collaboration entre pairs pour explorer des solutions concrètes en matière d’écoscénographie.

Parce qu’elle soulève de nombreuses problématiques pas toujours simples à aborder, la transition écologique requiert plus que tout autre domaine des dynamiques de coopération. C’est pourquoi cinq maisons d’opéra (l’Opéra de Lyon, le Théâtre du Châtelet, le Festival d’Aix-en-Provence, l’Opéra national de Paris et le Théâtre royal de La Monnaie à Bruxelles), qui avaient l’habitude de collaborer via des coproductions, ont décidé en 2019 de se fédérer au sein du Collectif de 17 h 25. Après avoir échangé sur leurs avancées respectives, elles ont souhaité approfondir la question de l’écoconception des scénographies, considérée sous un angle particulier et à l’appui d’un projet concret : la standardisation d’éléments de décor. « Plusieurs directions avaient déjà amorcé un travail en ce sens, explique Claire Hébert, directrice générale adjointe de l’Opéra de Lyon. Notre ambition était désormais d’adopter une démarche commune. » Afin de mener à bien une recherche expérimentale appliquée, le Collectif de 17 h 25 a postulé au programme « Alternatives vertes » de France 2030, qui, outre l’obtention d’un soutien financier, a permis de fixer un cadre. Durant trois ans (2022-2025), les cinq lieux explorent la définition d’une norme commune pour la conception d’éléments invisibles d’un décor (escalier, châssis, fenêtre, etc.), utilisables par chacun sur ses productions. Les avantages de cette standardisation seraient multiples : ne plus être contraint de partir de zéro pour fabriquer un décor et puiser dans un stock de pièces détachées ; réduire le volume d’entreposage des décors, et de transport lors de tournées ; favoriser le réemploi et, au final, abaisser le coût des scénographies. 

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Par Marie-Agnès Joubert

Légende photo : Claire Hébert, directrice générale adjointe de l’Opéra de Lyon

Crédit photo : Blandine Soulage-Rocca