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Hénin-Beaumont : escalade de la crise à l’Escapade

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Escapade

Y aura-t-il une saison 2024/2025 à l’Escapade, théâtre de ville d’Hénin-Beaumont ? Il est permis d’en douter. Du moins, pas celle annoncée dans la plaquette. 

Jeudi 3 octobre, le spectacle d’ouverture, L.O.L.A, du collectif L’Intruse, n’a pas eu lieu en raison de la grève des artistes qui souhaitent « alerter sur la reprise en main imminente du théâtre de l’Escapade par la mairie Rassemblement national ». L’équipe artistique de Bord de mer, programmée le 10, a été « acculée à la grève » alors qu’il s’agissait de la première de la pièce. La compagnie Protéo, qui devait jouer le 17, refuse, elle aussi, d’être au plateau. Depuis plusieurs mois, le feu couvait en coulisse et la totalité des compagnies programmées cette saison ont rejoint le collectif « Escapade en danger ». Sur le site Internet du lieu, la billetterie est inopérante, « en cours de construction ». La chargée de médiation est partie ; le régisseur, un intermittent du spectacle qui a débuté à l’Escapade il y a 25 ans, a suivi. Le directeur, Jean-Yves Coffre, en poste depuis 2020, est en arrêt maladie. Jusqu’à présent, il était parvenu à maintenir une programmation exigeante, saluée par tous, coproduisant de nombreux artistes notamment des Hauts-de-France, sans que la mairie n’intervienne dans ses choix artistiques. 

Relations dégradées
Mais, en interne, les relations étaient très dégradées. En janvier, le président de l’association renégocie seul la convention qui lie l’Escapade à la mairie, propriétaire des lieux. Cette convention prévoit que la mairie peut, sous préavis de quinze jours, disposer de la salle et même la reprendre, dans un délai de deux mois, pour une gestion culturelle municipale. « Je travaillais avec un pistolet sur la tempe », commente sobrement Jean-Yves Coffre. La mairie exige une dizaine de créneaux cette saison, parfois incompatibles avec la programmation déjà arrêtée. 
Pour sortir de cette situation, une délégation du collectif a rencontré le président. « Nous lui avons tendu la main, car l’objectif est de sauver l’outil de travail », explique Maxime Séchaud, de la CGT Spectacle. En vain. « Il nous a même proposé de négocier nous-mêmes avec la mairie, c’est un comble... », rapporte le metteur en scène Stéphane Titelein, membre du collectif. 

La grève continue
La grève va se poursuivre, annonce Maxime Séchaud, « mais ce n’est qu’une des modalités de l’action. Nous travaillons avec le Synavi pour mettre en place une caisse de grève et trouver des reprogrammations pour les compagnies. »
Malheureusement, constate Laurence Raoul, juriste de formation et directrice déléguée du SNSP, « les leviers de la contestation d’une convention sont peu nombreux, dès lors qu’elle ne contrevient pas aux règles de sécurité. Les cas où des exécutifs décident de rompre brutalement une convention ne sont pas si rares et toujours sur des positionnement politiques. » De fait, lorsque l’on est propriétaire et principale financeur, on est en position de force pour imposer ses clauses.  

Bruno Walter

En partenariat avec La Lettre du Spectacle n°568

Crédit photo : D. R.

« Le festival du Chainon manquant est arrivé à maturité et s’est installé dans le paysage »

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François Gabory

Le Chainon manquant à Laval (Mayenne), festival porté par le réseau Chainon, a connu (du 17 au 22 septembre) un succès d’affluence tant des professionnels que du public. Un bilan qui récompense une structure arrivée à maturité. Rencontre avec François Gabory, son président. 

Êtes-vous satisfait de cette nouvelle édition ?
Oui, c’est un bon bilan. Cela fait plus de 15 ans que je suis président du réseau et chaque année, c’est de mieux en mieux. Nous arrivons à quelque chose de vraiment abouti. Cette année, 805 professionnels ont été accueillis, 400 professionnels sont venus en repérage de spectacles, nous avons eu plus de 13 500 entrées pour 74 spectacles...

C’est l’âge de la maturité ?
C’est un festival qui s’est vraiment installé sur Laval, qui plaît aux Lavalois dans sa singularité. Mais le Chainon manquant est à usage professionnel. Après Avignon, c’est vraiment l’autre plateforme de repérage pluridisciplinaire en France. Chaque année, ce sont autour de 1 300 à 1 500 dates qui sont achetées après le festival. Le réseau c’est autour de 400 lieux adhérents. Quand j’ai commencé ma présidence, nous étions 80.

Quel sont ses point forts ?
La majorité des professionnels restent trois jours et voient de 20 à 30 spectacles dont les durées sont bien coordonnées. À Laval, nous n’avons que de vrais lieux de diffusion. Et c’est simple d’accès. Enfin, tous les spectacles du Chainon ont été vus : on peut ne pas aimer mais on sait que sur 5 ou 6 spectacles il y en a toujours au moins 1 ou 2 qui sortent du lot pour soi-même. Cette année, nous avons vu un peu plus de producteurs parisiens en musique, car nous sommes pluridisciplinaires. Ce qui montre que le réseau est beaucoup plus identifié qu’il y a 15 ans. En la matière, notre programmateur, Kevin Douvillez, nous aide beaucoup.

Quel est le rôle du Chainon dans la diffusion des spectacles ?
C’est un remède, une aubaine, une opportunité. On n’a jamais un artiste qui s’est plaint de venir. Le réseau n’a fait que se développer avec ce souci de la diffusion, car c’est vraiment un réseau de diffuseurs, premiers prescripteurs de la découverte. On met 400 personnes « autour d’une table » qui forment un réseau de repérage de tout ce qui se passe en France. Le Chainon est un grand entonnoir qui filtre tout ça. Et ce que nous choisissons, c’est voulu et validé par le conseil d’administration qui porte la programmation, même si Kevin Douvillez (directeur artistique) nous conseille. Désormais, nous avons une place à côté de l’outil ministériel qu’est l’Onda. Le ministère de la Culture nous reconnaît vraiment dans cette mission, avec notre singularité et nos fragilités. Le Chainon est un tout-en-un avec un esprit qui reste quand même militant.

C’est un réseau associatif ?
C’est un réseau qui n’a pas énormément de moyens, qui est associatif oui : la disponibilité des collègues n’est jamais facile, car tout le monde est investi sur dix milliards de choses. Nous nous adressons essentiellement à des lieux non conventionnés, en grande majorité des théâtres de ville, des projets culturels de périphérie, en milieu rural, etc. Notre adhérent « moyen » est un service culturel d’une commune de minimum 10 000-12 000 habitants, avec un théâtre qui a entre 300 et 400 places, et un budget de programmation à l’année autour de 100 000 euros, avec évidemment de gros écarts.

Comment les adhérents choisissent-ils les spectacles ?
Nous organisons des réunions de tournées, par région, d’octobre à décembre où les adhérents choisissent les spectacles sur un catalogue tout simple, avec un prix, les conditions techniques, etc. Chaque année, on commence par une région différente, car les disponibilités ne sont pas les mêmes en début ou fin de cycle.  

Propos recueillis par Jérôme Vallette
 

En partenariat avec La Lettre du Spectacle n°567

Légende photo : François Gabory

Crédit photo : D. R.

Des musiciens du Concert d’Astrée sérieusement impactés par des artifices

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Offrande musicale

Lors d’un spectacle du festival de l’Offrande musicale, des musiciens ont reçu des projectiles de feu d’artifice et subi des traumatismes auditifs parfois très sérieux.

Que s’est-il passé le 13 juillet au soir, sur le lac de Payolle (Hautes-Pyrénées), lors du spectacle Music for the Royal Fireworks, de Haendel, donné par le Concert d’Astrée, en clôture du 4e Festival de l’Offrande musicale ? Pour nombre de musiciens, ce fut un choc auditif et émotionnel d’une intensité rare. Cet événement, couplé à un feu d’artifice qui monte en puissance jusqu’à un final tonitruant, a donné lieu a des « traumatismes auditifs » documentés, une sidération et un accident du travail déclaré par le Concert d’Astrée pour ses 38 artistes. Trois musiciens seront d’ailleurs en arrêt le lendemain du concert. Une catastrophe.

Astrée déclare l’accident du travail
Les témoignages que nous avons recueillis sont éloquents et recoupent ceux publiés par La Lettre du Musicien. Plusieurs artistes ont comparé cela à « des bombardements » étant donné l’intensité des explosions sur la scène flottante, face à la montagne. Leur cheffe, Emmanuelle Haïm, s’en est elle-même émue dans un courriel du 16 juillet aux membres de l’ensemble. Le concert, admet-elle, « a été particulièrement éprouvant et traumatisant […] Malgré nos efforts, les dysfonctionnements ont été importants jusqu’à ce feu d’artifice catastrophique, incontrôlé et tonitruant […] L’équipe met tout en œuvre pour que nous puissions vous aider au mieux. » Dès le lendemain, sa directrice de production écrit aux personnels intermittents du spectacle afin de proposer « la consultation (au moins à distance) d’un médecin ORL si vous avez des symptômes persistants sur place ». Le courriel propose aussi « le contact d’un ORL parisien », connu de l’ensemble, « un formulaire » afin d’avoir « le retour le plus rapide possible » et de faire part « d’autres symptômes ». « Les déclarations d’accident du travail » pour tous seront faites, dit-elle. Pour conclure : « Si vous avez des dégâts sur vos instruments, éventuellement vos tenues, ou avez reçu des projectiles [veuillez me] l’indiquer. » Le 15 juillet, l’administratrice financière et RH informe que l’ensemble est « en train de faire les déclarations d’accident du travail » et pousse les artistes à faire « établir un certificat médical ». Le 16 juillet, elle prévient « des possibilités de consultations auprès du service médecin direct 24/24 h et 7/7j dans le cadre du contrat santé ». Une cellule d’écoute est en place pour ceux qui relèvent de la mutuelle d’Audiens. 

L’Offrande tarde
Ce n’est que le 17 juillet que la présidente du festival, Jéselyne Vallé, écrit aux artistes : « Nous déplorons vivement les désagréments que vous nous avez exposé avoir subis […]. Le festival présente ses plus vives excuses à ceux des musiciens qui souffriraient encore des nuisances sonores qu’ils auraient subies. » Un conditionnel mal à propos et tardif, pour les artistes. « David Fray, en sa qualité de pianiste, est particulièrement sensible aux problèmes liés à l’audition et tient à faire personnellement preuve de la plus grande compassion si des artistes souffraient encore », poursuit encore Jéselyne Vallé qui met la balle dans le camp de l’artificier, « celui qui organise les feux d’artifice privés de Versailles […] Nous lui adressons immédiatement un courrier pour l’interroger sur les points que vous soulevez : trop grande proximité des barges, point de départ des fusées, avec la scène et intensité des décibels, points sur lesquels nous n’avons nous-mêmes pas cessé d’insister.» 

Et l’artificier ?
Léopold Decourcelle se dit très surpris, « bousculé » par ces retours, d’autant que le festival de l'Offrande l'a encouragé à « lever toute suspicion sur ce qui s'est passé ». Il assure ne pas avoir reçu ce courrier. Sur la distance de sécurité, qui conditionne la prévention des risques auditifs, il affirme que « les 5 barges du tir de lancement des artifices étaient placées à 65 mètres de celle des musiciens alors que la distance réglementaire est de 50 mètres ». 
Et pour les effets de bombes ? « Le tir de lancement était placé à 145 mètres au lieu des 125 mètres réglementaires ». Pour lui, « aucune retombée de débris sur les musiciens », ni aucun incident dans le public signalé. Un déni de réalité ? Des membres du Concert d’Astrée le contredisent : « J’ai vu ce débris aux pieds de ma collègue et j’en ai reçu », dit l’un, étonné de cette assurance. Des photos ont été prises par l’ensemble. Pour un des musiciens, rompus à ces spectacles avec feux, « quand vous tirez sur l’eau, c’est un amplificateur. Et en plus entouré d’une chaîne de montagnes… C’était n’importe quoi. » Selon lui, l’artificier aurait averti de la configuration. Léopold Decourcelle assure même avoir envoyé à la cheffe d’orchestre les informations au mois de mai, avec les moments où le bruit serait plus intense : deux temps successifs de 2 minutes et 40 secondes, sur 19 minutes et 40 secondes de feu silencieux, dit-il. 
L’orchestre ne nous a pas répondu sur d’éventuels griefs envoyés à l’artificier ou au festival. L’Offrande musicale n’a pas plus levé nos interrogations sur son plan de prévention et sur l'envoi du dossier de sécurité (plan de tir et dispositions pour limiter les risques) à la mairie et à la préfecture. Une préfecture, elle aussi, insensible à nos questions. Le choc du 13 juillet les a-t-il rendu sourds ?

Arzelle Caron et Jérôme Vallette
 

En partenariat avec La Lettre du Spectacle n°567

Légende photo : Capture d’écran d’une vidéo réalisée par un spectateur.

Crédit photo : D. R.

Montpellier : le Domaine d’O annule sa saison artistique jusqu’en 2025

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Domaine d'O

La direction du Domaine d’O à Montpellier (Hérault) vient d’annuler son festival de cirque Ekilibr ainsi que de sa saison jusqu’à la fin de l’année.

«C’est avec regret que nous avons dû faire le choix de l’annulation du festival de cirque Ekilibr ainsi que de notre saison artistique jusqu’en décembre 2024 », a annoncé par courrier la direction du Domaine d’O à Montpellier (Hérault) aux équipes techniques, les prévenant « qu’il ne sera procédé à aucune embauche d’intermittents de septembre à décembre 2024 ». 

Une structure en déficit depuis 2023
La raison invoquée ? « Un contexte budgétaire tendu » en raison de la création, le 1er janvier 2025, de la Cité européenne du théâtre et des arts associés, un EPCC qui viendra remplacer le Domaine d’O. 
Cette situation de « fragilité financière » (le déficit s’élèverait à 600 000 euros pour la saison 2023-2024), la Métropole de Montpellier, l’explique par « la très forte inflation des derniers mois et l’épuisement des réserves financières de la période Covid, entraînant une réduction des moyens pouvant être consacrés à la programmation artistique ». 

Les intermittents comme variable d’ajustement ?
Pour ne pas hypothéquer l’avenir de cette nouvelle structure qui rassemblera l’association Printemps des Comédiens et l’EPIC Domaine d’O, la Métropole qui finance cette dernière à hauteur de 3 millions d’euros a donc fait le choix en urgence de « limiter les engagements contractuels de l’EPIC pendant la période de transfert ». 
Si la Métropole préfère parler d’un « allègement » plutôt que d’une annulation de saison (4 spectacles restent à l’affiche en partenariat avec le CDN Treize Vents et le théâtre Jean-Vilar), pour autant ce désengagement a des conséquences directes sur les promesses d’embauche faites à la centaine d’intermittents du spectacle qui travaillent à l’année pour la structure. Considérant la situation comme « inadmissible », le Synptac-CGT déplore que les intermittents « servent de variable d’ajustement budgétaire ». Le syndicat s’étonne également que la direction ait attendu le 23 septembre pour faire ces annonces, « alors qu’elle ne pouvait qu’être au courant de cette fameuse situation budgétaire tendue, qui n’a pas pu apparaître au cœur de l’été ». 
Concernant les compagnies, le Domaine d’O étudie « au cas par cas une reprogrammation ou un accompagnement dédié » dans le cadre de création de la nouvelle structure qui verra le jour en 2025.  

Arzelle Caron

En partenariat avec La Lettre du Spectacle n°567

Crédit photo : Marie Caroline Lucat

Seine-Saint-Denis : La Maison des jonglages part à Bondy

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Copyleft (Compagnie Nicanor de Elia)

La scène conventionnée art et création pour les jonglages va quitter La Courneuve (Seine-Saint-Denis) où elle est née pour Bondy (Seine-Saint-Denis). 

La Maison des jonglages, scène conventionnée art et création pour les jonglages, implantée dans le centre culturel Jean-Houdremont de La Courneuve (Seine-Saint-Denis) depuis sa création en 2008, va déménager dans le courant de l’automne à Bondy (Seine-Saint-Denis). C’est là qu’à l’horizon 2029 elle occupera un lieu dédié, permettant la mise en place de la programmation, de la formation, des résidences artistiques et du Festival annuel (Rencontre des jonglages, dont la 18e édition aura lieu les 15, 16, 17 et 18 Mai 2025 à Bondy). « Nous allons occuper des bureaux provisoires le temps de la construction du projet architectural qui se trouvera dans une opération de rénovation urbaine financée par l’ANRU », précise Vincent Berhault, directeur de la Maison des jonglages.

Montée à La Courneuve, le projet associatif arrive peu à peu au terme de son partenariat avec la Ville. Bondy, la commune des bords du canal de l’Ourcq, à 9 kilomètres de Paris, et qui accueille déjà la Maîtrise de Radio France, le Bondy Blog, une université populaire, une Micro-Folie, ouvre ses bras à la Maison des jonglages. Avec un aspect pratique : « C’est le même département, donc nous conservons nos partenaires (DRAC, Département, Région) et notre appellation », poursuit Vincent Berhault. Seule change la communauté de communes, mais la Maison des jonglages a déjà engagé des projets avec Est Ensemble, l’agglomération d’accueil, pour 2025.

Du côté de la Courneuve, des actions vont se terminer en douceur en 2025, et la transition commence déjà sur les rives du canal de l’Ourcq : la 18e édition du festival Rencontre des jonglages (15, 16, 17 et 18 mai 2025), sera la première à Bondy, avec une quinzaine de représentation en coeur de festival. Mais l’évènement est aussi francilien, l’association reçoit l’aide à la permanence artistique et culturelle de la Région. Résultat, une trentaine de représentations se dérouleront sur l’ensemble de l’Île-de-France sur tout le mois de mai.

Jérôme Vallette

En partenariat avec La Lettre du spectacle n°566

Légende photo : Copyleft (Compagnie Nicanor de Elia) lors de la Rencontre des jonglages 2023.

Crédit photo : Rosina Rojo

Le SMA se mobilise face aux crises

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SMA

Le Syndicat des musiques actuelles (SMA) a tenu son congrès annuel les 10 et 11 septembre à la Carène, à Brest (Finistère). La salle de concert aurait dû être labelisée scène de musiques actuelles au même moment, mais l’irrésolution au sommet de l’État l’en a empêché. Différents ateliers étaient proposés aux adhérents sur la mobilité des publics, l’adaptation au changement climatique, ou encore la question des addictions dans les équipes. Le grand débat, « Mobilisation : quelle implication de notre filière face aux défis actuels ? », interrogeait l’attitude du secteur face aux crises démocratique, économique, sociale ou environnementale. Aurélie Hannedouche, la directrice du SMA, relate : « Quel récit et quelle vision de la société souhaitons-nous porter face au Rassemblement national ? Nous devons dépasser nos intérêts sectoriels pour nous emparer de sujets sociétaux. Mais nous savons très bien communiquer avec nos communautés, moins avec le reste de la population. » 

Des « fonds » d’inquiétude 
Plusieurs dispositifs gouvernementaux interrogent le secteur des musiques actuelles. Le Fonds festivals, instauré par Roselyne Bachelot, sera-t-il reconduit après 2024 ? Pourrait-il s’articuler avec le plan Culture et ruralité voulu par Rachida Dati en faveur des festivals ruraux ? Ce plan prendra-t-il effet avec le ou la prochaine ministre de la Culture ? Le contrat d’engagement républicain imposé aux associations subventionnées pose également question. « Des évolutions seraient également nécessaires concernant la loi LCAP [loi relative à la liberté de la création de 2016, NDR] afin de la renforcer pour éviter les cas de censure », note Aurélie Hannedouche. Enfin, le plafond de 50 millions d’euros de la taxe perçue par le Centre national de la musique sur la billetterie risque d’être dépassé cette année. Le SMA souhaiterait que l’excédent reste dans la filière. Lors de ce congrès, le Conseil national du SMA a été renouvelé pour un quart de ses membres avant d’élire les membres du bureau et le nouveau président du SMA, Stéphane Krasniewski, directeur (lire aussi page 20) du festival Les Suds (Arles), qui succède à Laurent Decès, tout nouveau directeur de la SMAC Stereolux (Nantes). Le syndicat compte à ce jour 616 adhérents.

Nicolas Dambre

En partenariat avec La Lettre du spectacle n°566

Crédit photo : Sébastien Durand

Jeux olympiques : le spectacle vivant demande des mesures compensatoires

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JO Paris 2024

La séquence olympique fut belle, mais a laissé des traces bien visibles dans certains bilans. 

La question des compensations pour les pertes financières liées à l’organisation des Jeux olympiques de Paris 2024 est apparue dès l’annonce, en 2022, du décalage de nombre de manifestations culturelles par le gouvernement. « Tous les festivals qui demandent la présence d’unités de force mobiles auront bien lieu pendant l’été 2024 », avait assuré Rima Abdul Malak, en 2023. Mais avec des « ajustements ». De fait, après des mois de discussions, la plupart des événements culturels de l’été se sont déroulés, souvent sur de nouvelles dates, mais sans catastrophe globale. Même si des cas particuliers se font jour. 
À quelques semaines de la présentation des chiffres des festivals de l’été par le Centre national de la musique, mais aussi de données économiques sur l’activité des théâtres parisiens par l’Association pour le soutien du théâtre (ASTP), les demandes se précisent.

L’offensive de La Scène indépendante sur le Off
La Scène indépendante a multiplié les interventions pour avertir de la « catastrophe », alors en cours, qui touchait le Off d’Avignon au début de l’été. Les dates de l’édition 2024, et la durée raccourcie du festival ont pesé dans les comptes des compagnies et des lieux, d’autant plus que s’y sont ajoutées les élections législatives, une campagne anxiogène, et des vacances « locales » qui n’ont pas été avancées. Résultat, les pertes de billetterie du 29 juin au 8 juillet, dues aux baisses de fréquentation, semblent importantes, surtout pour les plus petites structures. Dix premiers jours catastrophiques pour lesquels, Fabrice Roux, le président du syndicat avait demandé dès juillet une aide exceptionnelle de 3,5 millions d’euros correspondant au prix de 30 % de la billetterie des premiers jours du Off. Des élus se sont fait le relais de cette demande, comme la sénatrice de la Loire-Atlantique, Karine Daniel (PS) qui veut des « mesures adaptées ». Face au silence de la ministre, il est vrai démissionnaire, la Scène indépendante a modifié son angle d’attaque : « Nous avons proposé que le gouvernement, plutôt que de donner de l’argent sur des recettes non réalisées, prenne en charge un ou deux salariés sur cette semaine problématique », résume le délégué général du syndicat, Philippe Chapelon. En ce sens, il propose que le gouvernement modifie les critères d’attribution du dispositif de soutien à l’emploi du plateau artistique de spectacles vivants pour les petites jauges (APAJ), afin qu’il s’active dès le premier artiste, et non à partir de trois artistes au plateau. Uniquement sur la période du 29 juin au 8 juillet. De 2018 à début 2023, ce dispositif spécifique du Fonds national pour l’emploi dans le spectacle (Fonpeps) s’activait dès le premier artiste, mais un décret de janvier 2023 l’a changé. « Tout le monde y gagnerait, poursuit Philippe Chapelon : les compagnies, aidées, les artistes, payés au-dessus du minimum syndical, et l’État qui récupérera une partie en cotisations sociales ». Et pour ce syndicat, qui tente depuis 2023 de revenir aux critères initiaux de l’APAJ, c’est un pied dans la porte bien précieux pour rouvrir la discussion sur le périmètre d’intervention du dispositif. 

Les producteurs ont déjà leur montant
Du côté des plus gros producteurs de spectacles, le montant des pertes est déjà chiffré de longue date. Du fait de l’occupation par les épreuves olympiques du Stade de France, et des deux arenas parisiennes, ils ont estimé en 2023 à 150 millions d’euros leurs pertes de billetterie. Nul doute qu’ils plaideront leur cause sur ce point. En dehors de ce cas spécifique, si Malika Séguineau, directrice d’Ekhoscènes, reconnaît aujourd’hui que la majorité des festivals de ses adhérents ont pu se dérouler cet été, « certains entrepreneurs ont malheureusement subi de fortes contraintes liées aux Jeux olympiques ». Des « cas identifiés qui vont nécessiter des mesures compensatoires ». Par exemple, devant la Commission nationale chargée d’instruire les demandes d’indemnisation des professionnels qui s’estiment pénalisés économiquement par les mesures prises par l’État dans le cadre des Jeux olympiques. « De manière globale, si la saison des festivals a pu se tenir, cela ne veut pas dire que les festivals vont bien en soi », relance Malika Séguineau qui profite de la période pour demander « l’ouverture d’une réflexion plus large sur le modèle des festivals en France ». Les événements du printemps ont souffert de la météo, d’une fréquentation moindre, certains « de réglementations mal adaptées ». De quoi « perturber » les équilibres du modèle économique.
Du côté du Syndicat des musiques actuelles (SMA), la « question économique a été au centre des préoccupations » du congrès de Brest, face « aux crises ». Pour sa part, France Festivals, qui attend les données consolidées du CNM, demande la pérennisation du Fonds festivals. Et nombreux sont ceux qui souhaitent son redimensionnement à hauteur de la crise inflationniste. Un dossier à porter dans la séquence budgétaire.

Des théâtres touchés
Autres structures, les théâtres privés parisiens semblent avoir marqué le pas cet été. Du côté d’Ekhoscènes, « seuls 5 sont restés ouverts, anticipant un moment difficile ». Les cabarets ont vu leur activité se contracter. Si les données ne seront disponibles que fin octobre, nous a précisé Anne-Claire Gourbier, directrice de l’ASTP, « les théâtres sondés font état d’une diminution des visiteurs de 40 % » sur l’été. Un dossier de plus pour la commission d’indemnisation.

Jérôme Vallette

En partenariat avec La Lettre du spectacle n°566

Crédit photo : Paris 2024

Avignon : le bon retour de l’expérience TER

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avignon

L’expérimentation d’offre de trains et de bus après 23h depuis la cité des Papes, menée du 29 juin au 21 juillet, devrait être pérennisée l’an prochain.

Initiée par le Collectif des festivals éco-responsables et solidaires en Région Sud (Cofees), cette offre de transport nocturne a permis de proposer une offre de transport à 23h30 en direction d’Arles, Cavaillon, Orange et Carpentras (La Lettre du Spectacle n°558).
« Le premier retour que nous avons est que cette offre répond à un besoin, souligne Véronique Fermé, responsable développement, animation et formations du Cofees : L’horaire semble approprié, ni trop tôt, ni trop tard. La communication tardive [en avril, NDLR] a sans doute freiné certaines personnes qui avaient déjà prévu leur hébergement et leur moyen de transport. » 
Une réunion a eu lieu le 29 août entre la Région Sud (qui finance l’opération), le Cofees et deux experts du Bureau des acclimatations (soutenabilité écologique des activités culturelles) pour imaginer les suites de cette expérimentation.

Des chiffres à venir
Les chiffres de fréquentation, les catégories de festivaliers et leurs motifs de déplacement devraient être publiés et analysés courant octobre par l’Université d’Avignon. D’ores et déjà, la ligne la plus fréquentée est celle qui allait en direction de Cavaillon, sans doute parce qu’elle desservait six gares intermédiaires. Céline Guingand, responsable administrative et financière du Cofees, l’a expérimentée : « Il y avait majoritairement des jeunes entre 16 et 25 ans qui ne s’étaient a priori pas rendus à Avignon pour le Festival, mais pour retrouver des amis. J’en concluais que cette “ population bien connectée ” avait eu vent de ce nouveau service directement dans les applications mobilité du territoire. » Des compagnies de théâtre et des touristes pourraient aussi utiliser ces TER tardifs. Ces transports supplémentaires nécessitent une importante mobilisation de matériel roulant, de conducteurs, d’agents d’accueil et de sécurité. Des voyageuses ont pu les emprunter sans sentiment d’insécurité. Pour Véronique Fermé,« ce dispositif peut faciliter le partage des publics entre différentes manifestations sur un territoire et donc réduire leurs émissions de CO2 : un spectateur du Festival d’Avignon peut, par exemple, en profiter pour aller aux Chorégies d’Orange. »

Nicolas Dambre

En partenariat avec La Lettre du spectacle n°565

Crédit photo : D. R.

Un nombre impressionnant de nominations à venir à la tête des CCN

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L’Agora de Montpellier

La saison chorégraphique 2024-2025 s’annonce, sur le plan institutionnel, à la fois complexe et essentielle. Vont se succéder un nombre impressionnant de procédures de nominations à la tête des centre chorégraphique nationaux à un rythme inédit. 

Si l’on se borne aux directions artistiques, au moins quatre structures doivent changer de tête, et compter deux de plus dont la succession, déjà en débat, doit se concrétiser au cours de cette nouvelle saison : Caen, Belfort, Nantes et Rillieux-la-Pape pour les premières, Biarritz et Aix-en-Provence pour les secondes. 

Un calendrier très dense
Et sans tenir compte de Montpellier qui empiète aussi sur la question des nominations institutionnelles (Jean-Paul Montanari, directeur du Festival Montpellier Danse et de L’Agora-Cité internationale de la danse souhaite voir fusionner le CCN avec ses deux organisations). Et la direction du ballet de Nice qui, pour ne pas relever du même univers institutionnel – le ministère n’y aura guère son mot à dire – viendra néanmoins braconner dans la même réserve de talents que pour le CCN de Biarritz et peut-être Aix-en-Provence, tant les compétences d’un directeur capable de mener une troupe d’une vingtaine de danseurs ne courent ni les scènes ni les studios. 
Le calendrier s’avère particulièrement chargé : pour Rillieux-la-Pape, publication de l’appel à candidatures la semaine prochaine ; Nantes, publication en novembre ; Biarritz, début janvier ; et Caen, fin janvier ou début février. La question d’Angelin Preljocaj, renouvelé pour 3 ans, ne se posera qu’à partir de 2027, mais ses compétences feraient merveilles à Nice, et aucune décision n’est prise à propos de Belfort à ce stade. Quant à Montpellier, la publication est annoncée au début de l’automne, mais le dossier a connu tant de péripéties... Ce décompte ne peut prétendre à la précision mathématique : la pratique du prolongement exceptionnel a déjà été – avec de très justes raisons – utilisée, comme à Tours, où Thomas Lebrun a été encouragé à prolonger son mandat pour la construction du nouveau bâtiment du CCN. Mais il touche à ses limites dans le cas de Yuval Pick qui, de travaux en retards, est en poste depuis 2011… 

Peu de profils disponibles
Certains des partants, quoiqu’ils pourraient postuler à une petite « rallonge temporelle », ne le souhaitent pas, comme Ambra Senatore (Nantes). Ce qui rappelle que, difficulté supplémentaire, le poste de directeur de CCN ne fait plus forcément rêver et qu’il faut des talents multiples pour y prétendre et accepter d’y trimer. Et des talents, il n’y en a plus guère à accepter de se confronter à ces responsabilités qui ont  perdu beaucoup de charme à voir se multiplier les charges… L’établissement des dernières short lists, Nancy et Grenoble, et auparavant Créteil, a viré au cauchemar administratif avec report, contestations, voire suspicion. Les chiffres sont parfois cruels. Il va falloir trouver entre 30 et 42 candidatures pour établir de 5 à 7 short lists d’au moins 6 noms chacune, et la moitié de candidates, sans compter les collectifs… Un résultat qui n’a rien d’acquis… D’autant que les doutes se multiplient parmi les chorégraphes, dont nombre, parmi les plus à même de prendre ces fonctions, préfèrent diriger à leur idée leur propre structure, sur le modèle de Philippe Découflé (Saint-Denis) – quoique le chorégraphe a plusieurs fois hasardé des candidatures malheureuses à des postes de CCN. Ainsi Béatrice Massin avec sa compagnie Fêtes galantes, son Atelier baroque, sa formation professionnelle, sa pépinière de chorégraphes, vaut bien pour sa bonne ville d’Alfortville le CCN dont il n’a pas le label. Abou Lagraa et sa compagnie La Baraka, sa chapelle historique restauré en studio exceptionnel, ses résidences et ses accueils d’artistes, ses présentations et ses activités, valent bien le CDC (Centre de développement chorégraphique) que la ville d’Annonay (Ardèche) peinerait à obtenir pour ce département peu avantagé institutionnellement. Difficulté supplémentaire, nombre de potentiels candidats au poste de directeurs de CCN comprennent difficilement que portent sur eux plus de contraintes – à commencer par cette limitation de durée – que sur les directeurs de CDC, qui partent en retraite au terme légal de leur CDI… D’où le choix parfois, pour un artiste, de mettre en parenthèse ou de clore sa carrière, pour continuer à œuvrer dans la danse, mais autrement. Or un CCN doit impérativement être dirigé par un chorégraphe et le réseau des CDC ne cesse de croître, ce qui se vérifiera encore la saison prochaine. Comme écrivait Rudyard Kipling : « Ceci est une autre histoire ».  

Philippe Verrièle

En partenariat avec La Lettre du spectacle n°565

Légende photo : L’Agora de Montpellier au cœur des difficultés des nominations

Crédit photo : D. R.

Spectacle vivant : ces dossiers urgents qui attendent le nouveau gouvernement

Infoscènes
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Avignon

La filière, épuisée par des successions de crises, est sur le qui-vive à l’approche du débat budgétaire au Parlement.

Éprouvé par les coupes budgétaires, la crise de la diffusion, ou encore la séquence législative qui a pesé sur les festivals de l’été, le spectacle vivant, attend de pied ferme le nouveau gouvernement qui tarde à venir à l’heure de notre bouclage. « Tout le monde s’attend à des politiques d’austérité, en tout les cas à ce que les financements ne bougent pas », synthétise Harold David, coprésident du Off d’Avignon, qui craint pour les compagnies qui y jouent. 
En effet, les acteurs de la filière s’inquiètent pour le budget de la création artistique, amputé comme rarement. Dans les projets du gouvernement démissionnaire, il est toujours question de trouver 10 milliards d’euros d’économie supplémentaire. Les lettres de cadrage présentées aux ministères semblent montrer que la Culture n’a pas été mise à contribution. Mais cette réalité n’engagent ni le futur gouvernement, encore moins le Parlement. 

Refinancement
Mi-juillet, l’intersyndicale (Syndeac, Forces musicales, Profedim, SNSP, Synavi, FNAR et CGT- Spectacle, CFDT Culture, etc.) a déjà averti l’Assemblée nationale de ses attentes et de son exaspération « depuis 7 ans ». Et les syndicats de citer les deux accords sur l’assurance chômage des salariés intermittents du spectacle « méprisés par le gouvernement », « les négociations salariales intenables en raison d’un contexte où les budgets s’effondrent », et « une réforme des retraites au forceps qui a totalement ignoré les spécificités du secteur culturel ». Pour eux, trois incontournables : « Qu’aucune réforme de l’assurance chômage ne soit engagée [...] Une refondation des objectifs des services publics [...] le rétablissement des crédits coupés en 2024 et un abondement de 150 millions de crédits issus de la part individuelle du Pass culture. »

Soutien aux festivals et à la ruralité
France Festivals mise de son côté sur « la poursuite de la politique de soutien au fait festivalier », et notamment la pérennisation du financement du fonds festivals, avec un ajustement aux crises successives traversées : inflation, jeux olympiques, crise du mécénat. Par delà, résume Alexandra Bobes, sa directrice, « il faut poursuivre la réflexion pour que les politiques soient bien partagées et coordonnées entre l’État et les collectivités », afin d’aboutir à une clarification et une bonne articulation. Par exemple sur le plan Culture et ruralité, doté de 98 millions d’euros sur trois ans (2024-2027), dont personne n’a vraiment de nouvelles. « Nous avons beaucoup travaillé sur ce sujet qui a été plébiscité par une grande majorité de la profession ; il y a des préconisations qui recoupent les réalités. Les attentes sont très fortes. Sauf que la mise en œuvre peine sur le terrain ». Et ce, alors que 18 millions d’euros sont programmés sur 2024 sans conséquence à ce stade.
Du côté purement musical, le Syndicat des musiques actuelles, inquiet de la saison festivalière (lire page 2), et qui a obtenu avec d’autres, l’année dernière, la taxe streaming, le (re)financement des SMAC), et le maintien des crédits d’impôt semble moins exigeant cette année. Toutefois, sa directrice, Aurélie Hannedouche, évoque, elle aussi, le fonds festivals : « C’était bien que le gouvernement fasse sienne la politique des festivals. Mais nous avons besoin que cela continue. Car il y a beaucoup de freins : la facturation des services de sécurité, la législation sonore, désormais le sujet météorologique qui vient compliquer les choses, et l’inflation, toujours là, qui vient durcir le problème ». 
Autre événement impacté par les crises, notamment politiques, le Off d’Avignon, pour lequel La Scène indépendante réclame toujours depuis mi-juillet au ministère de la Culture une aide exceptionnelle de 3,5 millions d’euros. Soit 30 % de la billetterie des dix premiers jours (lire page 3) bouleversés notamment par les élections législatives. Des élections qui laisseront des traces. 

Jérôme Vallette


A l’Assemblée, des travaux à relancer. 
La dissolution, le 9 juin, a emporté les travaux de la commission d’enquête relative aux violences commises dans les secteurs du cinéma, de l’audiovisuel, du spectacle vivant, de la mode et de la publicité, qui ont débuté fin mai à l’Assemblée. Présidée par le député réélu, Erwan Balanant (MoDem), la commission avait bien débuté ses travaux mais la plupart (tous n’avaient pas été conviés) des représentants du spectacle vivant devaient être auditionnés les 10 et 11 juin. Très attendue, cette commission devait « faire un état des lieux [...], identifier les mécanismes et les défaillances [...] établir les responsabilités de chaque acteur en la matière [...], et émettre des recommandations. » Elle devrait être relancée lors de la session parlementaire qui doit débuter en octobre, à moins que le président n’en convoque une, « extraordinaire », à la demande du nouveau locataire de Matignon. 

En partenariat avec La Lettre du spectacle n°565

Crédit photo : Eric Deguin