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Communication : comment s’adresser aux primospectateurs ?

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Apolinne Locquet

Celles et ceux qui accèdent pour la première fois à un lieu de spectacle vivant doivent faire l’objet de toutes les attentions.

Apolline Locquet a fait en début de saison une expérience aujourd’hui commune, plus encore après la pandémie : elle a quitté Paris pour s’installer sur un territoire sans doute plus accueillant et, pour le moins, à plus faible densité de population. Désormais dans le sud-ouest de la France, la directrice de l’expérience client d’Arenametrix est donc devenue, elle aussi, primospectatrice des lieux de spectacle de son environnement immédiat. Elle y a découvert de nouveaux lieux, des habitudes qui ne sont pas les siennes. Surtout, elle s’est étonnée que, à la suite de son premier achat, aucun e-mail spécifique n’ait été adressé à une primospectatrice. « On aurait pu me présenter en quelques mots la configuration des lieux, me dire que je trouverais un bar, que je devais me présenter à l’heure pour éviter les retards que j’ai pu constater et le démarrage tardif de la représentation. Ça fonctionne, pourtant, les taux d’ouverture de ce type d’e-mail (entre 65 et 90 %) montrent bien que le public y voit de la valeur. » Pourtant, témoigne cette spécialiste du marketing culturel, peu de lieux investissent cet espace de la toute première rencontre entre un lieu et son spectateur. Une étape pourtant décisive si l’on espère le fidéliser. 

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Lire la suite dans La Scène n°115 - Décembre 2024

Par Cyrille Planson

Légende photo : Apolline Locquet, directrice de l’expérience client, pour Arenametrix

Crédit photo : Julien Pebrel

Vers une certification pour le Off

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Laurent Domingos et Harold David

AF&C, qui coordonne le Festival Off d’Avignon, a travaillé à la création d’un label qui incitera à la professionnalisation des salles et des compagnies qui participent à la manifestation. Avec un contrôle extérieur à la clé.

Réguler le Off ? Plusieurs directions d’AF&C se sont cassé les dents à tenter d’organiser le plus grand marché du spectacle vivant. La loi de l’offre et de la demande pousserait à de la spéculation, voire à des pratiques trompeuses ou hors la loi côté compagnies, mais surtout théâtres. L’idée d’un label est ancienne et a effleuré plus d’une structure. La Fédération des théâtres indépendants d’Avignon (FTIA), organisation créée en opposition à la direction d’alors d’AF&C, y avait réfléchi.

Côté compagnies, les Sentinelles avaient envisagé en 2018 un guide des théâtres assorti de nombreux critères. Initiative reprise par les États généraux du Off. « Est alors apparue l’idée de symétrie entre théâtres et compagnies en leur appliquant à chacun des critères, pas seulement aux lieux, mais à tous les acteurs du Off. » explique Laurent Domingos, coprésident d’AF&C, qui fut représentant des Sentinelles, fédération de compagnies du spectacle vivant.

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Lire la suite dans La Scène n°111 - Décembre 2023

Par Nicolas Dambre

Légende photo : Laurent Domingos (à g.), coprésident d’AF&C, ici avec Harold David, également coprésident

Crédit photo : Jérémie Jung / Signatures

« Le problème qu’on traverse est celui du partage de la richesse au sein du jazz et de l’ensemble du champ musical »

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Antoine Bos

Le réseau Association Jazz Croisé (AJC), organise ses rencontres du 2 au 4 décembre à La Dynamo de Banlieues bleues (Pantin). Au programme, des débats sur la situation du jazz et deux soirées concerts avec les lauréats des programmes d’accompagnement du réseau : l’historique Jazz Migration, et le nouveau-né Jazz With. Rencontre avec Antoine Bos, délégué général d’AJC.

Ces rencontres AJC, c’est le temps fort de votre réseau ?
C’est un moment pour se retrouver tous ensemble, en physique et non pas en visioconférence, calé aussi sur un temps associatif assez important (une journée et demie de travail avec nos invités). Cette année, on a un focus sur les programmateurs de lieux et de festivals de la Réunion. C’est assez intense pour nos adhérents qui vont discuter de coopération dans la diffusion, de meilleure circulation des artistes, d’international, et le temps associatif, avec les présentations des activités 2024, des chantiers 2025, et de leurs grands enjeux.

Est-ce ouvert à tous ?
Oui, nous avons aussi des temps qui concernent tous les professionnels du jazz, car il y a très peu d’espaces pour que les acteurs du jazz se retrouvent. Il y a deux soirées de concerts ouvertes avec, au milieu, un buffet qui permet à la profession de se retrouver, et une table ronde dédiée aux dynamiques de coopération entre acteurs du jazz. C’est un débat qui dépasse le cadre d’AJC : comment notre secteur fait face aux contraintes économiques, aux complexités d’ordre écologique, aux questions de diversité, d’égalité de genre, etc. Il y aura le Centre national de la musique, la DGCA, car l’idée c’est aussi de questionner nos partenaires sur leur accompagnement de ces structures de diffusion et de ce travail d’artisanat de la musique.

Vous présentez aussi vos projets : Jazz Migration, bien installé, et Jazz With, plus jeune.
Il a fallu du temps pour mettre Jazz Migration, créé en 2002, à cet endroit-là et ses fondations sont encore relativement fragiles, parce qu’il y a une tension autour de la diffusion des artistes. Mais c’est un projet d’accompagnement de musiciens émergents de jazz et musiques improvisées qui fonctionne bien et qui a porté ses fruits : 250 musiciens, plus de 1 000 concerts en France et en Europe. Depuis 2016, il apporte aux lauréats et finalistes des outils de structuration et de professionnalisation dans le cadre d’un parcours global, adapté aux spécificités du jazz. On reçoit plus d’une centaine de candidatures chaque année, on travaille avec 30 musiciens sur deux ans parce que les cycles de génération durent deux ans [les quatre lauréats 2024 sont Marsavril, Nubu, Sėlēnę et [Na]]. 

C’est un vrai projet d’accompagnement d’artistes émergents ?
Oui. Le monde du jazz et des musiques improvisées de manière générale souffre cruellement d’un manque d’entourage. Et les artistes d’un manque de formation à ces questions. Je pense qu’il n’y a rien de mieux que des structures de diffusion pour le faire. Et avec cette idée, à chaque fois, d’accompagner des artistes français à aller à l’étranger. Pour les programmateurs et pour les musiciens, il y a besoin d’avoir ces connexions. 

Et Jazz With ? 
C’est notre dernier né pour accompagner les groupes français et européens qui ont plusieurs nationalités en leur sein et qui ont des difficultés à trouver des partenaires. AJC travaille depuis des années aux questions de développement international. On invite chaque année autour de 100 professionnels étrangers à découvrir des artistes français, on a soutenu des festivals à Rome, à Berlin, on a des partenariats... Pour Jazz With nous avons fait un appel à candidatures européen, et reçu plus de 100 réponses, ce qui est énorme pour une première. On en a sélectionné trois : TIM, le trio Volkmann/Jarret/Andrzejewski et Weave 4. On travaille avec eux depuis plusieurs mois en les guidant dans leur diffusion, en France et en Europe. C’est un travail d’intermédiaire. On donne à chacun une bourse de 3 000 euros et ils vont jouer devant des professionnels des pays dans lesquels ils veulent travailler, qu’on invite. Notre ambition, c’est que cet argent ne serve qu’à des tournées.

Vous avez des fonds européens ?
Non, ce sont des fonds de nos partenaires, le CNM, le ministère de la Culture, et aussi des fonds propres. Je ne désespère pas d’arriver à en faire quelque chose d’un peu plus lourd pour qu’on soit en mesure de les accompagner un peu plus, car 3 000 euros ce n’est pas énorme dans le montage d’une tournée. C’est un coup de pouce. Ce serait bien qu’on ai non pas trois mais quatre groupes. On avance tout doucement, j’espère mettre autour de la table différents partenaires pour aller un peu plus loin. 

De votre poste d’observation, quelle est la situation du Jazz ?
On sortira début 2025 des données 2023 de nos adhérents. En ayant vu ces chiffres de loin, je vois déjà qu’entre 2023 et 2024 il y a une baisse assez relative de la diffusion, ou en tout cas de l’accueil d’artistes, donc de l’emploi artistique. ça fait quelques mois qu’on nous dit dans le réseau que c’est compliqué et là ça se manifeste en chiffres. Je vois qu’on est face à un problème réel. On a des lieux et des festivals, des structures de diffusion qui ont de moins en moins de marge artistique pour travailler. On a plusieurs structures qui ont préparé leur programmation de septembre à décembre avec beaucoup de coproduction et pas de programmation pure. 

Observez-vous, vous aussi, une hausse des cachets ?
Oui, on a une hausse du coût des cachets pour les grandes têtes d’affiches, aux alentours de 10 %. Mais on a aussi besoin de ces têtes d’affiche dans le développement des publics. Alors que les émergents ou des artistes de longue date se retrouvent avec des cachets équivalents depuis 10 ans. Le problème qu’on traverse est celui du partage de la richesse au sein de ce secteur-là et au sein du champ musical. 

Vos adhérents sont soutenus ?
Au sein du réseau AJC, j’ai une vingtaine, voire une trentaine de structures qui ont des budgets en dessous de 150 000 euros. Ce sont des structures qui sont pourtant de grands organes de diffusion de la musique, qui programment de manière très professionnelle les artistes, et qui, aujourd’hui, ne trouvent pas auprès des tutelles publiques le moindre soutien. Et ça va devenir problématique.

La situation s’aggrave ?
Cette tension économique dure depuis très longtemps. On commence à se rendre compte qu’on a déjà gratté jusqu’à l’os. Je ne connais aucune structure chez moi qui peut s’enorgueillir d’être confortable en ce moment. Je sens la tension partout, à tous les endroits, et pour la première fois de manière aussi importante. 

Pourtant, les projets vivent ?
Sur l’artistique, on a des projets incroyables, et il y a une énergie qui est folle sur Jazz Migration et Jazz With. Notre réseau est parmi les plus actifs, avec une vitalité dingue. C’est bien d’avoir creusé dedans, mais il faut la cultiver. Les politiques publiques auraient à cœur de se rendre compte que le secteur ne peut pas vivre que de cette vitalité. Il faut aussi des moyens pour le faire. 

Propos recueillis par Jérôme Vallette

En partenariat avec La Lettre du Spectacle n°570

Légende photo : Antoine Bos, délégué général d’AJC

Crédit photo : D. R.

Comédie musicale : Les Misérables, retour gagnant ?

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Les Misérables

Fin de la malédiction pour Les Misérables en France ? La comédie musicale la plus vue au monde revient au Théâtre du Châtelet (Paris), à partir du 20 novembre pour 50 représentations. 

Le spectacle n’avait rencontré son public ni à Mogador (1991), ni au Châtelet (2010). Cette version a été revue côté orchestration et réécrite côté paroles pour près d’un tiers, en français, par Claude-Michel Schönberg (compositeur) et Alain Boublil (parolier d’origine). Le tout sous le contrôle du producteur britannique Cameron Mackintosh (ayant droit) qui propose toujours la version londonienne et de nombreuses tournées. Contrairement à de grandes comédies musicales montées en anglais au Châtelet (Un Américain à Paris, 42e Rue…), celle-ci est constituée de comédiens-danseurs-chanteurs français. Ils sont 50 (en alternance ou remplacements), soit 39 sur scène, accompagnés d’un orchestre de 14 musiciens (le double en alternance) dans une nouvelle mise en scène, de nouveaux décors et de nouveaux costumes.

Un budget de 5,3 millions
À l’origine imaginé pour la Salle Pleyel ou le Palais des sport, le spectacle tiré du roman de Victor Hugo, a été porté par la précédente direction du Théâtre du Châtelet, avant l’arrivée en 2023 d’Olivier Py, qui avait mentionné ce projet dans sa candidature. Cette nouvelle version est née de la rencontre en 2016 d’Alain Boublil avec Stéphane Letellier, qui produisait alors la comédie musicale Oliver Twist, salle Gaveau, mis en scène par Ladislas Chollat, qui met en scène les Misérables cette année. « Nous avons mis un an et demi avant de pouvoir rencontrer Cameron Mackintosh à Londres. Mais après 2h30 de rendez-vous il était convaincu par notre projet, disant qu’il ne comprenait pas le public français », se souvient Stéphane Letellier, gérant de SPJL Production, qui coproduit le spectacle (en apport d’industrie) avec le Théâtre du Châtelet et France Télévisions Distribution (en apport de marketing). Le budget de production et d’exploitation est de 5,3 millions d’euros, deux fois moins que Starmania. La production et le montage ont été plus rapides que pour d’autres spectacles, lancés 4 ou 5 ans avant leur première représentation. Pourtant, l’ambition est importante, avec près de 300 costumes, une machinerie complexe, deux énormes pentes motorisées ou encore des projections vidéo. « Nous avons bon espoir d’organiser une tournée en Zénith à partir de 2026, mais elle sera coûteuse vu le nombre de personnes sur la route », confie Stéphane Letellier.

Nicolas Dambre

En partenariat avec La Lettre du Spectacle n°570

Légende photo : Les répétitions à la Fondation Fiminco de Romainville

Crédit photo : Thomas Amouroux

« L’enjeu actuel pour le Glob Théâtre est la fidélisation des publics »

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Yoann Lavabre

Après 3 ans de fermeture (dont 18 mois pour travaux), le Glob Théâtre (Bordeaux), a rouvert en février 2023. À la tête de cette scène conventionnée depuis septembre 2023, Yoann Lavabre revient sur sa première année de mandat et commente les enjeux de sa première programmation.

Pourquoi le Glob ? 
Pour moi, c’est un retour au théâtre contemporain. Alors qu’avant, je dirigeais un théâtre municipal, avec une programmation au spectre plus large. Mais j’ai commencé comme administrateur au Théâtre-Studio d’Alfortville, avec un théâtre de répertoire contemporain – Sarah Kane, Edward Bond… C’est aussi un retour à un théâtre intimiste, avec une proximité scène-salle que j’affectionne. Les travaux en ont fait un outil sobre et performant, avec un plateau généreux et une jauge quasi doublée (190 places). Enfin, le Glob est une SCOP (société coopérative), un statut juridique qui m’intéressait pour le management collaboratif qu’il implique.

Quel bilan faites-vous de votre première année ? 
Le fonctionnement en SCOP est très agréable. Le projet est porté par toute l’équipe, chaque décision est discutée. Ce qui bouscule aussi, et réinterroge le rôle du directeur. Par exemple, j’ai soumis ma programmation pour la saison 2024-2025 au vote lors de l’assemblée générale. 

Comment l’avez-vous pensée ? 
Un des impératifs était de s’inscrire dans l’histoire du Glob. C’est pourquoi je porte une attention particulière aux compagnies locales, comme ce théâtre l’a toujours fait. Ce qui répond aussi à des contraintes budgétaires autant qu’à des enjeux écologiques. Sur 33 propositions, au moins 23 sont régionales et 16 sont bordelaises. J’ai souhaité une grande ouverture, en recevant une centaine de compagnies en entretien. Je programme également des artistes habitués du lieu, tel Renaud Cojo, et dont j’aime le travail. Enfin, je souhaite asseoir le Glob comme scène dédiée aux compagnies émergentes, en programmant parfois leurs toutes premières expériences pour favoriser leur visibilité. 

Comment qualifieriez-vous cette programmation ? 
Je la souhaite généreuse, inclusive, critique et pleine d’espoir. Et qu’elle traduise ma vision du théâtre comme un outil utile et nécessaire de compréhension du monde, à la fois en le reflétant et en le pensant.

Quelles autres orientations proposez-vous ? 
Je développe la programmation jeune public, sur le temps familial et scolaire, en créant notamment des parcours de 3 spectacles pour chaque niveau (maternelle, élémentaire, collège). De même que l’instauration d’abonnements, cela va permettre une fidélisation des publics, véritable enjeu actuel pour le Glob. Aussi, je souhaitais une saison coopérative avec l’extérieur, pour donner plus d’envergure aux projets et renforcer les collaborateurs – le Glob compris. Ainsi, outre l’accueil de spectacles lors de festivals tels Trente Trente, le FAB et Bienvenue, je lance aussi des festivals thématiques aux enjeux sociétaux importants, comme « Cultivons nos singularités ! » et « Cultivons le matrimoine ». Dans ce cadre-là, je cherche à embarquer d’autres structures du territoire (l’Opéra, la Manufacture CDCN, etc.) pour accueillir des propositions. Les festivals offrent aussi une meilleure synergie pour les publics.

Vos objectifs pour la suite ? 
Rencontrer le public avec ce projet-là. Et, à l’avenir, pouvoir programmer des représentations sur plus de 4 soirs, pour favoriser le bouche à oreille. La représentation en série fait partie de l’histoire du Glob (jusqu’à 8 soirs), ce qui est important pour les artistes – même si j’ai préféré être prudent pour cette réouverture. 

Propos recueillis par Hanna Laborde

En partenariat avec La Lettre du Spectacle n°570

Légende photo : Yoann Lavabre

Crédit photo : Marianne Efstathiou-Lavabre

En crise de modèle, les festivals esquissent des pistes pour rester vivants

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Royal Republic

L’écosystème des festivals, en grandes difficultés économiques, est prêt à évoluer, mais veut être accompagné en ce sens pour inventer un modèle de demain. 

Les festivals français de toute taille sont à la croisée des chemins. Si le public répond toujours, et majoritairement, présent, des changements de pratiques pointent. Sur le plan économique, « les dépenses augmentent plus vite que les recettes, le taux de remplissage ne suffit plus à lui seul pour atteindre l’équilibre », résumait au MaMA, Stéphane Krasniewski, directeur des Sud (Arles) et président du Syndicat des musiques actuelles (SMA). « Il a augmenté et est passé de 66 % à 95 % en moyenne de remplissage des jauges en 20 ans, analysait récemment (Midi Libre, le 8 septembre), Emmanuel Négrier, chercheur au CNRS. Les festivals ne peuvent plus se louper. » D’autant que les prix d’entrée sont arrivés à un plafond. 

Une mission de réflexion ministérielle
Le cul-de-sac, pressenti déjà avant le Covid, pourrait devenir délétère. La situation est telle qu’Ekhoscènes, syndicat du spectacle vivant privé, a officiellement demandé au ministère de la Culture un « groupe de travail » sur le modèle des festivals. Message reçu par Rachida Dati qui, en audition à l’Assemblée nationale, le 23 octobre, a annoncé « une mission de réflexion » à venir, pilotée par la Direction générale de la création artistique, sur le spectacle vivant, les festivals, la création. « L’État est prêt à accompagner les professionnels dans la réflexion sur leurs modèles », a-t-elle synthétisé, « pour réfléchir à la pérennisation et à la pérennité des festivals ». Ce sujet sera dans le rapport sur le budget du député Erwann Balanant (Les Démocrates). Ses pistes ? « Une moins grande concentration sur la période estivale, une politique d’aller-vers, la mise dans l’équation de l’enjeu climatique », et une réflexion sur des dispositifs fiscaux. 

Des solutions pour pivoter
Pour ce pivot inéluctable, la filière veut être aidée. « Il n’y a pas de réponse unique, ajoute Stéphane Krasniewski. Chaque festival doit faire son aggiornamento, et va travailler sur un modèle de décroissance, sur l’affirmation d’une identité forte, ou sur une diversification. Mais comment les accompagner pour que ces solutions soient modélisables et utiles à l’ensemble de la filière ? » Son syndicat plaide pour l’ouverture du fonds festivals (32 millions d’euros reconduits en 2025) à  des événements qui voudraient « prendre des risques ». France Festivals vient de caler son Forum national des festivals (les 13 et 14 mars 2025 à la Comédie de Reims), pour faire pivoter la filière, et pointe comme piste un accompagnement de long terme des festivals, et non plus au projet. Dans une lettre ouverte à Rachida Dati, l’organisation demande « une plus forte affirmation de l’importance du fait festivalier dans le discours politique ». « L’État répond présent, mais le soutien public ne peut pas être à l’infini », lui répond Rachida Dati. Et de pointer les festivals soutenus en DRAC passés de 169 à 772 (2019 -2023), les crédits de 10,6 à plus de 20,2 millions d’euros, ou encore le soutien du Centre national de la musique à 250 festivals en 2023.

Petits, mais costauds ?
Le Collectif des festivals (Rennes) vise, lui, des solutions à l’échelle de la filière avec une saison des festivals plus longue, et des fêtes plus petites. De quoi désengorger des événements devenus, parfois, des mastodontes à l’empreinte carbone discutable, dopés par des têtes d’affiche aux cachets délirants. Une question qui ne peut être mise de côté. Sans retourner à l’équilibre « d’avant », quand aller dans un festival était un acte culturel et social plus que de consommation, où l’on venait voir des artistes émergents, la fin de la course est peut-être arrivée.  

Jérôme Vallette

En partenariat avec La Lettre du spectacle n°569

Légende photo : Royal Republic, aux Escales à Saint-Nazaire (44)

Crédit photo : Eric Deguin

Pierre Guillois : « La comédie donne confiance au public »

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Pierre Guillois

Plus de 800 représentations et 323 000 spectateurs ! Les Gros patinent bien, poursuit son succès avec une importante tournée 2024-2025, tout en jouant au Théâtre Saint-Georges (Paris) jusqu’à fin 2024. Onze comédiens travaillent sur ce duo comique, joué jusqu’à trois fois par soir. Pierre Guillois, auteur, comédien et directeur de la Compagnie le Fils du grand réseau, défend un élargissement des publics en misant sur la combinaison privé-public.

Comment fonctionne la tournée des Gros patinent bien ?
La Compagnie le Fils du grand réseau est implantée en Bretagne et conventionnée par la DRAC. D’autre part, Ki m’aime me suive produit au Théâtre Saint-Georges et, avant cela, produisait au Tristan-Bernard. Cette année, le spectacle va jouer essentiellement sur ce qui est plus leur réseau que le nôtre, de théâtres municipaux. Des théâtres où la compagnie ne va pas souvent. Là, on a atteint une telle notoriété que c’est possible.

La diffusion est gérée par Ki m’aime me suive ?
Une grosse partie de la tournée est prise en charge par la compagnie : les scènes nationales, l’international… Les “ une seule date ”, c’est Ki m’aime me suive. Pour cela, ils ont fabriqué un nouveau décor (450 cartons). C’est un gros chantier. Maintenant, il y en a même trois. Et les équipes : 6 maigres et 5 gros. C’est la seule façon d’assurer tant de dates et le spectacle est éprouvant physiquement. J’ai passé les trois  dernières années à former des gens et composer des équipes. Aujourd’hui, c’est plutôt Olivier Martin-Salvan qui prend le relais. C’est un gros travail de répétition et un investissement.

Pourquoi ce succès ?
C’est compliqué de le savoir… Dès les balbutiements, le concept a emballé les gens, avant le  Molière. Que ce soit comique, c’est indéniable : la comédie donne confiance aux gens. Le bouche à oreille fonctionne fort partout où on joue plusieurs jours. Et il y a un élément intergénérationnel. Les parents viennent avec des enfants de tous les âges. Au théâtre, souvent le texte nous sépare à un endroit. Cette histoire, on ne l’a pas calculée.

Ressentez-vous tout de même les difficultés économiques des théâtres ?
Non. On est un peu honteux, mais on est à contre-courant. Nous devenons une valeur refuge. On ne se rend plus compte des difficultés sur nos nouvelles productions.

Et sur l’idée de programmateurs plus frileux sur les sujets dits sensibles ?
Je verrai avec les prochains projets qui sont des textes que j’ai écrits avec un humour assez vachard et des problématiques un peu sensibles. Le prochain, c’est Josiane, à partir du 22 novembre, au Théâtre de la Pépinière (Paris) qui est producteur, et non par ma compagnie. C’est un humour un peu rosse, parfois même un peu violent. Et la saison prochaine, avec la compagnie, je monte un spectacle avec des partenaires du théâtre public : un drame rural qui aborde le sujet du racisme.

Vous différenciez les codes d’expression entre théâtre privé et public ?
Non, c’est la même chose. Le spectacle que je monte à la Pépinière, j’aurais pu le monter dans le public. On a créé Les Gros patinent bien, et Bigre, dans le théâtre public. C’est le privé qui nous a invités. La directrice de la Pépinière connaît bien mon travail et je ne fais pas quelque chose de plus édulcoré ou plus comique. C’est le même registre.

Où en êtes-vous à l’international ?
On a fait le Fringe d’Édimbourg, à l’été 2023, sous le titre The Ice Hole. C’était un gros succès. On a de vraies perspectives avec le Canada, l’Australie, mais c’est très compliqué. La compagnie travaille l’international en direct. C’est un gros investissement, un peu effrayant. Autant l’Institut français est, pour l’instant, complètement absent et ne nous a pas accompagnés à Édimbourg, autant la DRAC Bretagne nous a soutenus en 2023 pour le Fringe d’Édimbourg, c’est tellement cher ! En Grande-Bretagne, vous faites un gros succès à Édimbourg, sans date derrière, parce qu’il n’y a pas d’argent. Il faudrait tourner à la recette. On cherche des productions à même de nous porter. Il faut être patient.

Un autre motif de patience, c’est votre idée d’un théâtre de la comédie.
Là, j’ai un peu laissé tomber. J’en ai parlé à deux ministres, ça n’a rien donné. Ce n’est pas grave. On tourne dans les scènes nationales, les centres dramatiques. On prouve que la comédie continue d’exister.

Serez-vous encore candidat à une direction de théâtre ?
J’ai échoué à Saint-Étienne et j’ai été un peu refroidi d’avoir touché de près ce qu’était une grosse maison. Je ne dis pas que je n’irai pas, mais la charge, le prix à payer pour être dans un lieu est tel que quand on a la chance d’avoir une compagnie qui marche bien, aller s’engager dans cet enfer… J’en avais envie pour me rapprocher du territoire, du public, travailler les séries. Avec la compagnie, on souffre de partir trop tôt des villes, au moment où on pourrait avoir des publics nouveaux, même s’il y a des petites victoires. Mais les cahiers des charges des lieux sont hallucinants et les ressources humaines, c’est très compliqué. Je ne suis pas le seul à le dire. 

Propos recueillis par Yves Perennou

En partenariat avec La Lettre du spectacle n°569

Légende photo : Pierre Guillois

Crédit photo : Erwan Floch

FALC en Scène, le théâtre pour tous

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La Jalousie du Barbouillé

Si le FALC (Facile à lire et à comprendre) est une méthode « de plus de 40 ans », selon le comédien et metteur en scène Matt K’Danet, le théâtre FALC est, quant à lui, une révolution.

L’ambition du théâtre FALC ? Transcrire et adapter à la scène des textes pour des personnes ayant des difficultés de compréhension – en raison ou non d’un handicap. Ainsi l’explique Matt K’Danet, aussi fondateur de l’association Zigzag, qui propose des pratiques artistiques aux « personnes aux besoins spécifiques », et porteur du dispositif FALC en Scène, « une mission de service public enthousiasmante ».
Après des essais « en interne » encourageants, un projet « plus élaboré » se conçoit entre Zigzag, des chercheurs, et des transcripteurs de l’Établissement et service d’aide par le travail (ESAT) La Roseraie (Yvelines), favorisant l’insertion sociale des personnes handicapées. L’idée, « être au plus près » du public concerné. Lauréat d’un appel à projets du ministère de la Culture, FALC en Scène obtient une bourse de 15 000 euros et un an d’accompagnement, avant sa restitution féconde en mai 2023. Au programme, l’adaptation de La Jalousie du Barbouillé, de Molière, Le Corbeau et le Renard, de La Fontaine, et Le Petit Chaperon Rouge, de Perrault. Cette recherche-création allie trois enjeux. Esthétiques, notamment par « une approche multisensorielle ». Scientifique, par l’objectivisation d’une méthodologie et de « pratiques collaboratives ». Et sociétal, par la proposition de métiers « d’experts » pour les membres de l’ESAT.

Vers un  approfondissement
Un FALC en Scène 2 se lance avec un laboratoire « plus conséquent », le Groupe de recherche sur le handicap, l’accessibilité, les pratiques éducatives et scolaires (Grhapes – Insei). Comme soutiens, la Fondation Malakoff et la Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie (CNSA), à l’apport « majeur ». En attendant celui des collectivités, et d’autres, pour combler les 200 000 euros manquants. Le projet compte de nouveaux partenaires de poids, dont la Cité internationale de la langue française et la FabricA du Festival d’Avignon – où sera montrée la pièce en 2026, adaptation d’un texte de Shakespeare. Des structures approchées « par ricochets, grâce à des acteurs du milieu du handicap ». À l’issue (2027), sortira un Guide des bonnes pratiques FALC – « une boîte à outils » –, adjoint d’un label, garants « d’incontestabilité ». Un objectif ? L’accès au « monde du théâtre professionnel ». Par des résidences de création – une au 104Factory (Paris) en 2025. Et par une diffusion élargie, en affirmant que le théâtre FALC est « tout public ». « L’élan est là, assure Matt K’Danet, mais chaque directeur de lieu doit en prendre conscience. »

Hanna Laborde

En partenariat avec La Lettre du spectacle n°569

Légende photo : La Jalousie du Barbouillé, de Molière

Crédit photo : Céline Sturm

 

Entretien : « Ces assises répondent à un besoin profond »

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Stéphane Fiévet

Stéphane Fiévet, comédien et metteur en scène, ancien président du Syndeac (2003-2006), directeur de la culture à Paris 2024, et aujourd’hui consultant, conduit pour le compte du Syndicat national des metteuses et metteurs en scène (SNMS-CGT), les premières Assises nationales de la mise en scène (anms2024.fr) qui se déroulent, à tour de rôle, et jusqu’en janvier dans huit villes de France. 

Quel bilan pour les premières journées des Assises ?
Les deux premières dates ont eu lieu à Lille – date inaugurale – et à Strasbourg, avant Paris, le 21 octobre au CNSAD. Cela a été un vrai succès de fréquentation, avec plus de 200 personnes au Théâtre du Nord, Centre dramatique national Lille-Tourcoing, et près de 130 au Maillon, Théâtre de Strasbourg scène européenne. Pour l’étape de Paris, nous avons ouvert les inscriptions, sans publicité, et nous avons déjà 150 inscrits. Nous allons sans doute être obligés de doubler la date. Chaque édition sera différente puisque les territoires sont tous singuliers. C’est pour ça que nous coorganisons ces dates avec des théâtres très implantés, nous travaillons ensemble pour monter l’édition régionale. Là, des partenaires locaux, comme l’Agence culturelle Grand Est pour Strasbourg, les DRAC, et les lieux qui nous accueillent nous aident, notamment pour le casting des intervenants. C’est une co-construction.

Que tirer de ces deux débats ?
Le principe des huit éditions est que c’est cumulatif. Ce qui est évident, c’est que sur énormément de sujets, nous avons entendu les mêmes choses, avec des variantes locales ou un pas de côté, avec des propositions inédites. Mais des fondamentaux apparaissent, deux-trois éléments qui ressortent très nettement. D’abord, l’état d’esprit des participants. Ces assises répondent à un besoin profond, que les metteuses et metteurs en scène expriment très vite : ils se sentent un peu seuls et ont besoin de ce partage entre professionnels. Cela entraîne un état d’esprit extrêmement positif : être au travail, ensemble, c’est inédit. Ce sentiment d’isolement de ces artistes conduit à une véritable satisfaction d’être dans le partage.

Comment se déroulent ces journées ?
Il faut comprendre qu’on pose les mêmes questions sur les mêmes territoires, car ce sont des assises nationales et qu’on veut avoir une consolidation nationale, avec trois thématiques d’ateliers-débats : la trajectoire [pour définir le métier et les parcours], le processus [pour mettre en tension la question des publics] et la responsabilité [sur le rôle du professionnel face aux défis contemporains]. Mais il y a aussi une dimension territoriale. Ce qui peut changer, selon le lieu, ce ne sont pas les questions qu’on traite mais la méthodologie. Nous avons trois rapporteurs qui sont de toutes les éditions. Et des modérateurs venus des territoires. Et, en fin de journée, une plénière de restitution. 

Et ça marche ?
Les premiers retours valident les sujets mais on doit affiner certaines méthodes (par exemple, réduire certains temps) et donner plus de temps à la proposition. On est dans la dialectique du constat, parfois douloureux, parfois non, mais aussi de la proposition. Ce qui est fort, c’est que ça valide le fait qu’il y a un impensé de la définition de ce métier alors qu’il est au cœur de la plupart des projets. On travaille pour dire ce qu’est être metteur en scène en France aujourd’hui. En tous les cas, nous sommes très satisfaits des premiers pas. J’étais un peu inquiet au début de savoir si cela allait être compris, mais non seulement c’est entendu, mais aussi très attendu ! Cette réalité a d’ailleurs été pressentie par tous les partenaires des assises qui ont tout de suite compris qu’il y avait un enjeu, quelque chose qui n’était pas travaillé.

Quels sont vos moyens ?
Le budget global est de l’ordre de 250 000 euros, sans les interventions en industrie des partenaires. Les Assises sont à l’initiative du SNMS, le producteur, mais chaque date est montée avec les lieux qui accueillent, avec à chaque fois un vrai investissement en ce qui concerne l’accueil et la coordination. Il y a aussi d’autres partenaires, financiers et en industrie (Afdas, Audiens, SACD, ASTP) et, bien sûr, le ministère avec la DGCA qui nous accompagne, ainsi que les DRAC.  

Propos recueillis par Jérôme Vallette

En partenariat avec La Lettre du spectacle n°568

Crédit photo : D. R.

Enquête : le rap, genre disputé entre festivals

Infoscènes
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SCH au festival Golden Coast

Les vedettes de rap étaient partout cet été dans les festivals dits « généralistes ». PLK aux Vieilles Charrues, aux Nuits secrètes, à Garorock et aux Francofolies, Josman et Luidji également aux Francos et au Main Square, Shay à We Love Green, aux Eurockéennes ou au Cabaret Vert… À l’inverse, à Marseille, terre de hip-hop, la Fiesta des Suds (du 10 au 12 octobre) n’a pas proposé de têtes d’affiche rap, hormis MC Solaar. Son programmateur, Frédéric André, confie : « On se place par rapport aux salles et festivals marseillais, comme Marsatac, Delta ou Hip Hop Society. Inutile de marcher sur leurs platebandes. Et je recherche des propositions live étoffées sur scène, ce qui n’est pas toujours le cas dans le rap. »
Ce que confirme Éric Bellamy, président de Nouëva Productions, tourneur de Dinos ou d’Aya Nakamura : « Beaucoup de festivals généralistes misent sur les mauvaises têtes d’affiche de rap pour assurer leur billetterie et rajeunir leur public. Ils sont au final parfois déçus par la pauvreté du show et la fréquentation, vu le prix que demandent les artistes, jusqu’à 200 000 à 300 000 euros. Car l’économie d’une tournée se base surtout sur les festivals pour rattraper les pertes financières en salles. » 

Festivals 100 % rap
Pourtant, des festivals 100 % rap sont apparus ces dernières années, comme Grünt en 2022, Yardland ou Golden Coast cette année, affichant complet. Grünt (lire ci-dessous) et Yardland ont été créés en région parisienne par des médias spécialisés rap. Anthony Ferrat, producteur exécutif du Grünt Festival, analyse : « Notre force : Grünt existe depuis 2012 et il a un public très engagé. Il défend notamment une nouvelle scène apparue après la pandémie, avec La Fève, NeS ou Luther. Un public et une scène permettent de lancer un événement. Aujourd’hui, des professionnels de la musique viennent découvrir des artistes au festival, qui joue un peu le rôle de MaMA du rap ! » 

Cachets
À Dijon, la première édition de Golden Coast a rassemblé plus de 50 000 spectateurs, les 13 et 14 septembre, avec une programmation plutôt axée sur des têtes d’affiche comme SCH, Zola ou Booba. Pourquoi des festivals 100 % musiques urbaines maintenant ? « Aujourd’hui, il y a un public qui n’est que hip-hop et qui aime les textes en français, analyse Christian Allex, un des programmateurs de Golden Coast. Il y a aussi une offre artistique énorme qui impose aux artistes d’exister en permanence par les réseaux sociaux, le streaming et la vidéo. Que ce soient les festivals généralistes ou spécialisés, ce ne sont pas eux qui font monter les cachets des artistes de rap, leurs prix ne sont pas irréalistes par rapport à la pop ou aux artistes internationaux ». Ce festival qu’il a monté avec Matthieu Pigasse, Live Affair et Play Two Live a déboursé de 1 000 à 250 000 euros en cachets. « Les cachets augmentent parce que ces artistes sont très suivis mais aussi parce que l’on part de très bas », estime Éric Bellamy. La période est-elle un nouvel âge d’or pour le rap français ?  

Le festival de rap Grünt reste mesuré  
Pour sa troisième édition, le festival Grünt a déménagé du fort d’Aubervilliers au  parc de la Bergère, à Bobigny (Seine-Saint-Denis), proposant près de 30 artistes sur deux scènes les 20 et 21 septembre. Il est coproduit par le site Grünt Mag (qui réalise notamment 
des captations et des documentaires) et MadLine, structure créée par Mad Minute Music et Blue Line pour gérer l’établissement FGO-Barbara à Paris. Anthony Ferrat, ex-agent d’Alias a rejoint Structure (Yann Dernaucourt et Pierre Cornet) qui est désormais producteur exécutif de l’événement. Il affirme : «Nous n’avons aucune envie de devenir un gros festival, nous limitons notre jauge à 10 000 spectateurs par jour autour d’une programmation émergente et sans compromis.» Le budget artistique ne représente qu’environ 20 % du budget total, de moins d’un million d’euros, du festival. Le tout sans aucun partenaire alors qu’il peut être du double dans d’autres festivals. Les artistes invités ont tous réduit leurs cachets.

Nicolas Dambre

Légende photo : Le rappeur SCH au festival Golden Coast, le 14 septembre à Dijon.

Crédit photo : D. R.