Aller au contenu principal

Infoscènes

Décret son : toujours du flou

Infoscènes
Image
No One is Innocent au VIP, à Saint-Nazaire

Le 1er octobre entrera en vigueur le décret sur les niveaux sonores. Son arrêté d’application ne devrait cependant pas être prêt dans les temps, laissant libre cours à des interprétations par les agents de contrôle. «Les professionnels sont inquiets car ils perçoivent que des agents zélés sont prêts à utiliser ce texte», rapporte Angélique Duchemin, coordinatrice de l’association Agi-Son. Des incertitudes demeurent, concernant l’affichage et l’enregistrement des niveaux sonores dans les salles et les lieux en plein air. Le matériel permettant de mesurer à la fois les dB(A) et dB(C) n’existe pas. 

Agi-Son a proposé un protocole de mesure «en U» des niveaux sonores, validé par le Conseil national du bruit. L’objectif est de répondre à la mesure en tout point accessible au public, exigée par le décret, tout en utilisant des sonomètres, à un seul micro, existants. Les événements en plein air devront eux aussi réaliser une étude d’impact. Comme elle est impossible à imaginer in situ avant l’événement, Agi-Son demande que cette étude puisse être simulée sur ordinateur puis menée de façon évolutive, en partenariat avec les agences régionales de santé et les préfectures. Une façon de sensibiliser les agents de contrôle aux éléments (météo, masse de public…) qui modifient la gestion du son. L’un des premiers festivals à essuyer les plâtres du décret sera la Fiesta des Suds, à Marseille. 

Nicolas Dambre

En partenariat avec La Lettre du Spectacle n°434

Légende photo : No One is Innocent au VIP, à Saint-Nazaire
Crédit photo : Eric Deguin

La mesure 8 du Fonpeps : une bouffée d’air pour l’emploi

Infoscènes
Image
l’Inizio (Cie Chriki’z)

L’entrée en vigueur de la mesure 8 du Fonds pour l’emploi pérenne dans le spectacle (Fonpeps), le 6 juillet, a été accueillie avec enthousiasme par les producteurs présents dans le Off d’Avignon, rapportait Philippe Chapelon, délégué général du Syndicat national des entrepreneurs de spectacles (SNES). Cette mesure permet aux employeurs d’équipes artistiques de bénéficier d’une aide pour la rémunération d’un à six artistes et d’un technicien pour des représentations dans des lieux de moins de 300 places. «Nous avons organisé une formation à ce sujet le 23 juillet qui a réuni une centaine de personnes, précise Philippe Chapelon. Cette aide concerne une grande partie des structures présentes en Avignon. Notre plus grande difficulté est de créer des spectacles aux distributions nombreuses

Le formulaire est à télécharger depuis début août sur le site de l’Agence de services et de paiement (ASP). Les employeurs pourront bénéficier d’une aide de 35 à 75% de la rémunération minimale (107,10 euros brut au cachet), soit 37 à 80 euros par artiste. La structure demandeuse ne devra pas dépasser un chiffre d’affaires d’un million d’euros et l’aide est limitée à 42 représentations par année civile. Les demandes devront être reçues par l’ASP au plus tard six mois après la représentation. Du côté des musiques actuelles, Aurélie Hannedouche, déléguée générale du SMA (Syndicat des musiques actuelles), observe : «Cela représentera un peu d’oxygène pour les petits lieux. En revanche, l’obligation de relever d’une convention collective du spectacle vivant exclut les structures de la convention de l’animation».

Pour sa part, Elodie Guitot, coprésidente du RIF (fédération des musiques actuelles en Île-de-France), s’interroge : «Les producteurs bénéficiant de cette mesure la répercuteront-ils entièrement sur le prix de cession de leurs spectacles ?». Philippe Chapelon veut y croire. Cette mesure restera en vigueur jusqu’à fin 2022. Le ministère de la Culture va choisir un opérateur chargé de gérer les paiements, mais aussi la communication sur les mesures, à la place de l’ASP, à partir de 2019.

Nicolas Dambre

En partenariat avec La Lettre du Spectacle n°433

Légende photo : Aux Hivernales d’Avignon, l’Inizio (Cie Chriki’z)
Crédit photo : Eric Deguin

Nouvelle phase de concertation pour le projet de CNM

Infoscènes
Image
Lo’Jo au VIP de Saint-Nazaire

Les députés Emilie Cariou et Pascal Bois ont présenté, fin août, un “point d’étape”, à Matignon sur la préfiguration du Centre national de la musique qui remplacera le CNV (Centre national de la chanson, des variétés et du jazz). «Nous avons eu un bon retour sur la manière dont nous réorganisons les missions, entre ce qui reste dans la sphère publique et ce qui relèvera du CNM, explique Emilie Cariou. La ligne de démarcation que nous traçons, c'est qu'il aura vocation à s'occuper d'acteurs privés, y compris ceux qui bénéficient de subventions.» Lors d’une réunion aux Francofolies de la Rochelle, en juillet, les organisations professionnelles se sont accordées sur les missions de gestion des aides économiques, d’observation, de ressource. Le consensus est moins solide sur la formation et il s’étiole sur l’éducation artistique et culturelle (EAC). Plusieurs organisations ont rappelé que le CNM s’entendait dans la perspective d’une «politique publique forte pour la musique portée par le ministère de la Culture» et ont mis en garde sur l’ambiguïté de confier des missions d’EAC au CNM.

«Nous leur disons que c’est du plus, eux ils voient du moins, répond Emilie Cariou. S'ils considèrent, au niveau des musiques savantes, que l'EAC est au top, ils se trompent. Le réseau des conservatoires est loin de répondre à tous les besoins.» Elle juge intéressante la proposition de l’Adami de reverser au CNM sa part de crédits à l’action culturelle dédiée à l’EAC. La perspective d’augmenter de 20 à 25 millions d’euros le budget du CNM par rapport à l’actuel CNV avait suscité un courrier de l’Union des syndicats d’employeurs du spectacle vivant public (USEP-SV) au Premier ministre, en juillet : «Un effort public de 25 millions d'euros concentrés sur cet outil, alors que le ministère de la Culture peine à consolider son action sur des missions essentielles, est difficilement acceptable pour nous», écrivait la fédération. Emilie Cariou rétorque que rien n’est encore décidé et que l’augmentaion budgétaire peut être progressive, ne nécessitant pas d’arbitrage budgétaire urgent. «Nous avons proposé un financement par une taxe. Ce n'est pas prendre aux uns pour donner aux autres.» Ce pourrait être une part de recette de la taxe sur les opérateurs de télécommunication électronique (TOCE).

Chez les supporteurs du CNM, ce sont les flottements au ministère qui inquiètent : «Françoise Nyssen a inscrit le CNM dans une notion d’intérêt général, en incluant la diversité culturelle», rappelle Aurélie Hannedouche, déléguée du SMA. Deux conseillers du cabinet qui ont suivi le dossier, Pierre-Emmanuel Lecerf et Claire Guillemain, sont en partance. Luc Gaurichon, président du Prodiss, expose : «Notre secteur et le CNM ne semblent pas une urgence pour le ministère, d’autant qu’il y a eu vacance à la DGCA. Nous avons rencontré de nombreux parlementaires pour leur expliquer le projet de CNM. Beaucoup ne maîtrisent pas ce sujet. Françoise Nyssen a toujours soutenu le CNM». La concertation se poursuit sur la gouvernance jusqu’à mi-octobre.

Yves Perennou et Nicolas Dambre

En partenariat avec La Lettre du Spectacle n°433

Légende photo : Lo’Jo au VIP de Saint-Nazaire
Crédit photo : Eric Deguin

Capitales françaises de la culture

Infoscènes
Image
Bernard Faivre d’Arcier

La ministre de la Culture et France urbaine ont lancé cet été le projet de «capitales françaises de la culture». L’association France urbaine qui réunit les métropoles, agglomérations et grandes villes s’inspire du succès des capitales européennes de la culture (Lille 2004, Marseille 2013 en France). Un titre de Capitale française de la culture sera attribué tous les trois ans sur la base de l’innovation artistique et de l’attractivité culturelle d’une ville. Bernard Faivre d’Arcier, ancien directeur du Festival d’Avignon, va définir la procédure, les critères de sélection et la constitution d’un jury.

La première édition est prévue dès 2021, ce qui présage une ouverture prochaine des candidatures. Les villes devront s’inscrire dans une démarche solidaire en prenant en compte les habitants et territoires les plus éloignés de l’offre culturelle. La durabilité et la pérennité des propositions seront importants, souligne le ministère : les projets devront se poursuivre au-delà de l’année, «toucher toutes les générations, mobiliser les habitants et les visiteurs et impliquer les artistes et acteurs culturels implantés sur le territoire».

Yves Perennou

En partenariat avec La Lettre du Spectacle n°433

Légende photo : Bernard Faivre d’Arcier
Crédit photo : Julien Pebrel

Du mobilier et des tentes en carton

Infoscènes
Image
Hugo Duval

Fort de nombreux atouts, dont son caractère écologique, le carton s’impose peu à peu sur les sites des festivals ou événements.

Festivals, salons et événements, compagnies théâtrales… De plus en plus d’acteurs culturels sont séduits par le mobilier en carton. L’offre est elle-même très diversifiée puisqu’elle va des tabourets – appréciés des spectateurs qui déambulent d’un site de concert à un autre ou assistent à des spectacles dans l’espace public – tables basses, banques d’accueil ou mange debout, jusqu’aux décors de théâtre et tentes de camping.

Léger, robuste et recyclable
Les premiers avantages de ce matériau résident dans sa légèreté, sa facilité de montage (pas de vis ni de colle, il suffit de le plier) et sa robustesse. Une chaise proposée par la société Orika par exemple, pèse moins de 2 kg et supporte une charge de plus de 470 kilos, et le tabouret créé par Breen 400 g pour une résistance équivalant à plus de 300 kg. Plus besoin ainsi de recourir à des véhicules de fort cubage lors du transport de mobiliers de stands ou de la scénographie d’un spectacle : tout sera installé sur place en peu de temps. Pour les festivals, toujours soucieux d’accroître leur visibilité, le carton s’offre par ailleurs comme un excellent support de communication. «Il est possible d’y apposer son logo et tout type de décoration», explique Hugo Duval, PDG de Breen, qui commercialise ses tabourets notamment auprès des marques partenaires d’un événement ; lesquelles les mettent gracieusement à disposition en échange de la diffusion de leur image. À l’instar des gobelets, les spectateurs pourront les rapporter chez eux pour garder un souvenir du festival.

[…] Lire La suite dans La Scène n°90 – Automne 2018.

Marie-Agnès Joubert

Légende photo : Hugo Duval, PDG de Breen : «Le carton est un excellent support de communication

Crédit photo : D. R.

Stéphan Kutniak et Marc Thonon, les hommes forts de l’export

Infoscènes
Image
Stéphan Kutniak et Marc Thonon

Respectivement directeur du département des échanges et coopérations artistiques de l’Institut français et directeur général du Bureau Export, ils sont tous les deux à la manœuvre sur les échanges internationaux. Entretien croisé sur fond d’évolutions majeures.

La diplomatie culturelle «à la française» diffère-t-elle vraiment du soft power anglo-saxon ?
Stéphan Kutniak : La mission de diplomatie culturelle de l’état français repose d’abord sur ce maillage assez incroyable, universel, d’un réseau à la fois composé des services culture extérieurs de la France, des Instituts français et des Alliances françaises, qui ont pour vocation de diffuser la culture française, mais aussi une mission linguistique. Si le soft power, c’est arriver à positionner au mieux les forces de la France et de sa politique publique dans le monde entier sur des territoires prescripteurs, oui, évidemment, mais nous nous rapprochons de cela. La mission de l’Institut français, qui était auparavant une mission de diffusion de la culture française, est aujourd’hui complétée par des actions de repérage de territoires prescripteurs, d’accompagnement des acteurs dans leurs projections à l’international, de définition partagée avec eux des coopérations bilatérales et des axes prioritaires.
Marc Thonon : Le Bureau Export n’a pas de mission diplomatique. Notre mission est très pragmatique, au service d’une filière. Nous sommes une association initiée au départ par des producteurs de disques et par des éditeurs, rejointe ensuite par les producteurs de spectacles et les artistes. Notre intime conviction est que si vous pouvez aider des professionnels et des artistes à être remarqués, remarquables, ensuite la qualité fera que par ricochet, ils feront rayonner la France. Notre mission statutaire, c’est d’aider les artistes à se développer dans un maximum de territoires.

Y a-t-il des zones géographiques sur lesquelles vous développez prioritairement votre stratégie d’export ?
Stéphan Kutniak : L’établissement public a signé avec ces deux tutelles un contrat d’objectifs et de moyens qui cartographie et priorise son action. Il existe 39 pays prioritaires avec lesquels nous devons développer une collaboration plus accrue. Ce sont des pays prescripteurs, des pays avec de forts potentiels de développement d’activité. Ils sont émergents, les néo-émergents. Et puis ce sont aussi tous les pays avec lesquels la France a une histoire, donc essentiellement les pays issus de la francophonie. Nous n’avons pas la même approche en fonction des territoires, des différents marchés, et puis aussi en fonction de la réalité économique et de l’écosystème de chacun des pays. Parmi les émergents et néo-émergents, les zones dans lesquelles nous allons nous investir plus fortement dans cinq à dix ans sont celles qui composent l’Europe, qui est évidemment une priorité de ce quinquennat. Il y a bien sûr la Chine, les Etats-Unis, l’Amérique du Sud et puis l’Afrique, où nous revoyons nos modes de coopération avec les opérateurs.

[…] Lire La suite dans La Scène n°90 – Automne 2018.

Propos recueillis par Cyrille Planson

Crédit photo : Lucien Lung

Le tourisme culturel

Infoscènes
Image
Le tourisme culturel

Évelyne Lehalle

Au travers de nombreux exemples concrets, en France et à l’étranger, ce livre présente des solutions pour «travailler ensemble» et améliorer la fréquentation des sites, lieux et événements culturels. Il donne les clés pour relever les défis du tourisme culturel à l’horizon 2030, pour orienter non seulement les stratégies mais aussi les formations et la création des outils pour ce proche avenir. En s’appuyant notamment sur les cas de Nantes et de Bilbao, Évelyne Lehalle montre comment la culture participe au développement local. Cet ouvrage résolument pratique montre comment les professionnels du tourisme et de la culture peuvent travailler ensemble, dans le respect de leurs valeurs et en misant sur leurs complémentarités. 

Éditions Territorial, mars 2018, 50 €.

Le boom des ateliers parents-enfants

Infoscènes
Image
Claire Clément et Pierre Kechkeguian

Les théâtres qui proposent des ateliers intergénérationnels mettent en avant la possibilité d’un lien personnel des spectateurs à l’art. C’est aussi un moyen de toucher de nouveaux publics hors du cadre scolaire.

Les ateliers associant parents et enfants s’imaginent de plus en plus dans les théâtres, des petites aux grandes scènes. Des théâtres de ville en proposent comme le Théâtre Romain Rolland, à Villejuif (94), des scènes nationales, telles que Le Parvis à Tarbes (65), ou des centres dramatiques nationaux, à l’image du Théâtre Gérard Philipe à Saint-Denis (93). Pleinement inscrits au côté de la programmation des établissements, ils permettent de toucher le public extrascolaire et d’instaurer une relation privilégiée entre le parent et l’enfant. «Ces ateliers renforcent la dimension conviviale du théâtre pour les participants, qui ne sont pas tous habitués à y venir», estime Céline Coriat, responsable des relations presse et des relations franco-allemandes du Maillon. Frédéric Simon, ancien directeur de la scène européenne de Strasbourg (67) a instauré ces ateliers en même temps qu’il a initié une programmation jeune public pour le théâtre. L’actuelle directrice, Barbara Engelhardt a repris ce projet, coordonné par Marion Olivier, responsable des relations avec le public du Maillon. Les ateliers sont corrélés à un spectacle et pensés avec les artistes qui mènent les ateliers. Métilde Weyergans et Samuel Hercule, de la compagnie La Cordonnerie ont ainsi proposé un atelier de bruitage.

[…] Lire La suite dans La Scène n°90 – Automne 2018.

Tiphaine Le Roy

Légende photo : Claire Clément, secrétaire générale du Théâtre d’Auxerre et Pierre Kechkeguian, directeur : «Proposer des activités reproductibles à la maison

Crédit photo : D. R.

L’orchestre numérique des Talens lyriques

Infoscènes
Image
Pauline Lambert

L’ensemble musical dirigé par Christophe Rousset pilote le projet «t@lenschool», une plateforme numérique d’initiation à la musique baroque.

Il aura fallu cinq ans pour concevoir et expérimenter la plateforme t@lenschool, qui regroupe trois applications inédites de découverte et de pratique musicale. Toutes permettent de jouer au sein d’un orchestre ou d’un ensemble de solistes, de composer dans le style baroque, d’endosser le rôle du chef d’orchestre, ou d’offrir sa propre interprétation d’une œuvre, tout cela à partir d’une tablette. Elles sont destinées à des non-musiciens, accessibles aux personnes n’ayant aucune formation musicale. Conçue à l’origine pour un cadre scolaire, «de par leur gratuité, elles sont destinées à être utilisées par d’autres ; ainsi, de nombreuses structures, établissements scolaires, écoles de musique mais aussi salles de concert ou festivals peuvent s’en emparer», souligne Pauline Lambert, chargée des actions pédagogiques de l’ensemble. Jusqu’alors disponible uniquement sur iPad, elles seront téléchargeables à l’automne prochain pour tout le système Android, smartphones compris. Facile d’accès, et ce quel que soit l’âge des participants, le projet est né de la volonté de l’ensemble musical d’utiliser les nouvelles technologies pour faire entendre et faire jouer la musique autrement. Pauline Lambert l’assure : «Ces applications sont à la fois une école de l’écoute et permettent de nouvelles formes et pratiques, mais elles ne se substituent pas à la pratique musicale traditionnelle. Elles sont, en soi, une pratique autre

[…] Lire La suite dans La Scène n°90 – Automne 2018.

Thomas Landrein

Légende photo : Pauline Lambert, chargée des actions pédagogiques de l’ensemble musical Les Talens lyriques : «T@lenschool est à la fois une école de l’écoute et permet de nouvelles formes de pratiques musciales

Crédit photo : D. R.

Sécurité : les organisateurs doivent payer

Infoscènes
Image
Aurélie Hannedouche

Une circulaire précise l’indemnisation des services d’ordre par les festivals. Mais celle-ci reste à la discrétion de chaque préfet.

Une hausse de 700%. C’est avec stupéfaction que le festival des Eurockéennes a découvert avant l’été le montant demandé par la préfecture du Territoire de Belfort au titre de l’indemnisation des services d’ordre. Elle passait ainsi en une année de 32 000 à 254 000 euros, à effectifs constants. Sur France Inter, Jack Lang déclarait début juillet : «Gérard Collomb fait payer aux festivals d'été des frais de sécurité de plus en plus hallucinants. Pour certains, c'est supportable, pour d'autres, c'est la mort.» Le ministre de l’Intérieur a en effet publié le 15 mai une circulaire relative à l’indemnisation des services d’ordre. Première victime de ce texte : Microclimax, qui devait se tenir du 6 au 8 juillet sur l’île de Groix (Morbihan). Ce nouveau festival doté d’un budget de 16 000 euros s’est vu réclamer 19 000 euros de frais d’indemnisation…

Un outil pour interdire
La coordinatrice de Microclimax, Véronique Lapoudge, relate : «La sous-préfecture de Lorient a demandé un renfort de 40 gendarmes à notre charge, pour une fréquentation au Fort du Gripp de 450 spectateurs par jour. J’ai eu le colonel qui a établi l’évaluation. Il m’a dit qu’elle n’était ni négociable ni contestable. Le maire et les gendarmes connaissaient notre budget. Cette circulaire devient un outil pour interdire des festivals

[…] Lire La suite dans La Scène n°90 – Automne 2018.

Nicolas Dambre

Légende photo : Aurélie Hannedouche, déléguée générale du SMA : «Ce n’est pas aux manifestations de supporter les conséquences des attentats, il s’agit de missions régaliennes

Crédit photo : Julien Pebrel