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Villeurbanne 2022, capitale des jeunes et de la culture

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affiche Villeurbanne

Villeurbanne, où la moitié des 150 000 habitants a moins de trente ans, met en avant la jeunesse pour le projet qui lui a valu, le 30 mars, le label de la Capitale française de la Culture, créé pour « mettre à l’honneur, tous les deux ans, le projet d’une commune ou un groupement de communes de 20 000 à 200 000 habitants se distinguant par le soutien à la création, la valorisation du patrimoine, la transmission artistique et culturelle et la participation des habitants ». La ville accolée à Lyon possède déjà des établissements culturels majeurs, entre autres, un centre dramatique national (CDN), un centre national des arts et de la rue et de l’espace public (Cnarep) et va déployer avec eux un « socle pérenne » et un autre « événementiel », de septembre 2021 à décembre 2022. Il s’agit d’embrasser l’année scolaire puisque de nombreuses actions seront en lien avec les écoles comme les Mini-mixes (mini centres culturels) ou via un atelier itinérant imaginé par Jean Bellorini. Le directeur du TNP poursuit dans ce cadre sa troupe éphémère et travaillera avec le chorégraphe Nicolas Musin à un spectacle mêlant sport et culture, Archipel.

Des projets déjà engagés seront amplifiés comme la venue du théâtre du Soleil avec L’Île d’or, en juin 2022. Cette troupe pourra, grâce à ce label, développer des rencontres entre les habitants et la troupe. Le Théâtre de l’Iris va pouvoir proposer Les Petites Cantines, projet social de quartier dans lequel des habitants sont invités à concevoir des repas chez eux pour les amener au théâtre et rencontrer les comédiens, assister à des impromptus théâtraux. Le Cnarep Ateliers Frappaz aura l’honneur d’inaugurer ce programme dès septembre 2021 avec son festival des arts de la rue, les Invites, puis de poursuivre en 2022 avec la Caravane des quartiers, une coopération entre la Côte d’Ivoire et une vingtaine de garçons et filles manipulateurs de la marionnette géante de Tchangara.

De nombreux appels à projets auront lieu pour que se mettent en place les 600 projets prévus. Le point d’orgue sera une « Grande Fête de la jeunesse », les 4 et 5 juin, dont le programme est encore vierge : « On ne sait ce que voudront construire les jeunes : de la musique, des déambulations, des restitutions de spectacles, des écrans…. Tout au long de l’année, ils auront été encadrés par des professionnels locaux issus de structures comme le TNP, les Ateliers Frappaz, l’Institut d’art contemporain, la compagnie KompleX KapharnaüM, l’école nationale de musique, le pôle Pixel dédié aux arts visuels et au cinéma… », précise Bernard Sevaux, directeur général adjoint à la culture, galvanisé par les possibilités qu’offre ce label. Le budget total de cette opération est de 3,5 millions d’euros (état 1 M€, Ville 1,5 M€, Métropole-Région 500 000 €, mécénat 500 000 €).

Nadja Pobel

En partenariat avec La Lettre du spectacle n°492

Crédit photo : D. R.

Ministère : que font les DRAC des crédits de la relance ?

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carte france

La ministre de la Culture avait annoncé, lors de la présentation du plan de relance 2021-2022 de la culture, une enveloppe de 432 millions d’euros au niveau national pour le soutien au spectacle vivant, dont 60 M€ déconcentrés en DRAC (soit 30 M€ en 2021 et 30 M€ en 2022). S’y sont ajoutés depuis le deuxième confinement, 20 M€ supplémentaires. Mais l’utilisation de ces crédits dans les DRAC reste une inconnue pour beaucoup d’opérateurs culturels. Nous avons interrogé les 12 DRAC de métropole. Deux d’entre elles ont immédiatement répondu, sur la part qui leur revient des 30 M€ de la  première annonce. Le dossier de presse national publié le 31 mars détaille certes des actions dans les territoires, avec une carte (culture.gouv.fr/carte-france-relance), mais il s’agit des chantiers de modernisation de transition écologique sur des bâtiments. Nous publierons la suite des réponses dans nos prochains numéros.

Bretagne : 1,2 M€ pour le spectacle vivant
La DRAC Bretagne dispose, à ce stade, pour le spectacle vivant dans le cadre du plan de relance, d’une enveloppe de 1,5 M€ en faveur de la transition énergétique et numérique des lieux de création (un appel à projets est en cours) et d’une enveloppe de 1,2 M€ pour la sauvegarde et la relance du secteur du spectacle vivant. « Il est trop tôt pour vous donner une réponse détaillée de l’affectation de ces crédits dans la mesure où celle-ci est en cours d’examen et nécessite une évaluation au cas par cas de chaque situation », indique La directrice de la DRAC Bretagne, Cécile Duret-Masurel. Toutefois, les grands axes sont :
• Le soutien aux équipes artistiques, particulièrement touchées par la crise ;
• Le soutien aux labels et réseaux du spectacle vivant pour accompagner la reprise d’activité et l’emploi à travers divers soutiens. Sont cités en exemples : 50 000 euros pour aider Spectacle vivant en Bretagne à financer des aides aux répétitions de reprise de spectacles et à la captation en sus de l’aide à la diffusion des compagnies et ensembles bretons ; 140 000 euros pour l’aide à la création théâtre, cirque, marionnettes-théâtre d’objets, arts de la rue et de l’espace public de la DRAC Bretagne : 26 projets de compagnies, ayant eu un avis favorable de la commission, seront aidés en 2021 pour un total de 445 000 euros. Sont également prévues des « enveloppes globales » pour répondre aux besoins et projets des labels et réseaux de l’état, mais aussi les scènes de territoire.

Pays de la Loire : trois priorités
La DRAC des Pays de la Loire va gérer 2,6 M€ dans le cadre des 30 M€ de la relance initiale annoncée pour 2021 (autant à venir pour 2022). La relance du secteur vivant musical est une des trois priorités. Il sera doté de 1,2 M€ en Pays de la Loire sur trois axes :
1) les équipes artistiques, les producteurs, la permanence artistique sur les territoires, l’emploi des artistes-interprètes (résidences) ;
2) les compositeurs et la création musicale (accompagner les structures de création et de diffusion : orchestres, opéras, SMAC, conservatoires) ;
3) les projets liés aux tiers-lieux et ateliers de fabrique artistique, portant sur un projet musical significatif et fortement impacté par la crise.
La deuxième priorité est la relance de la programmation spectacle vivant hors musique. Cela mobilisera 1,4 M€ pour la diffusion de spectacles des labels et réseaux, pour les équipes indépendantes les plus fragilisées par la crise et pour les projets en coopération liés aux lieux intermédiaires et ateliers de fabrique artistique non éligibles à d’autres dispositifs. La DRAC a réuni l’ensemble des acteurs concernés (60 lieux, 120 compagnies) par ces mesures de relance afin de préciser les axes de soutien et débattre de la reprise. Les dossiers qui s’inscrivent dans la relance seront largement majoritaires. On peut citer en exemple le laboratoire Dance, mené par la compagnie Yvann Alexandre (La Lettre du Spectacle du 2 avril) ou encore l’action du centre dramatique national Le Quai, à Angers, qui donnera une visibilité à l’automne aux compagnies régionales, en particulier vis-à-vis des programmateurs. Parmi les actions de sauvegarde prévues vis-à-vis des acteurs très sensibles à leur taux de recettes propres, la DRAC Pays de la Loire interviendra auprès de la scène de musiques actuelles Stereolux de Nantes. « Ce type de dossiers est toutefois minoritaire », précise-t-on à la DRAC. La part dévolue à la Région sur les 20 M€ supplémentaires annoncés par Jean Castex le 11 mars n’est pas encore connue.

Yves Perennou

En partenariat avec La Lettre du spectacle n°492

Crédit photo : D. R.

CDN : David Bobée s’installe au Théâtre du Nord

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David Bobée

David Bobée vient de terminer les auditions pour recruter la prochaine promotion de l’école du Théâtre du Nord : 800 candidats, 2 500 scènes de trois minutes dont 1 000 Musset ! Un parcours du combattant qui débouchera sur 50 présélectionnés et 14 élues ou élus. Le nouveau directeur du Théâtre du Nord s’avoue surpris, il n’a pas eu besoin d’action positive pour affirmer la diversité : « Je m’étais préparé à être volontariste. Quelque chose a changé. Beaucoup de classes préparatoires se sont développées et le niveau de ces jeunes est excellent parce que de grands artistes s’y sont engagés. Si, objectivement, je prends les meilleurs, il y a de la diversité. » L’école supérieure était une des motivations de David Bobée pour se porter candidat au centre dramatique national de Lille. à 42 ans, il sent que c’est le bon moment pour commencer à transmettre et il aime la ville, son ouverture sur l’Europe du nord : « Je suis un vrai viking, j’aurais du mal à travailler dans une ville du sud », lâche-t-il. Son arrivée a été mouvementée. à la crise de la Covid s’est ajoutée l’occupation du théâtre. Il assure de sa totale solidarité « avec les interluttants », et l’adaptation à l’événement lui a permis de rencontrer les interlocuteurs à la Ville, la préfecture, la police...

Alors qu’il reste à mi-temps directeur du CDN de Rouen jusqu’en septembre en attendant un successeur, il prépare aussi la programmation de Lille à partir de janvier 2022. Il y appliquera ses principes : du théâtre de texte sans opposer répertoire et auteurs vivants, porté par des formes transdisciplinaires, hybrides, des actions de médiation « redéfinies à l’endroit de l’humanité », c’est-à-dire pour nouer du lien au sein de populations « souvent tenues à distance », et puis des démarches pour attirer le plus grand nombre au théâtre avec des outils de communication, voire de marketing. Le mot de lui fait pas peur. « La dernière enquête décennale sur les pratiques culturelles des Français montrent un taux de fréquentation effrayant des théâtres », justifie-t-il. David Bobée restera à Lille un défenseur de l’égalité (parité dans la programmation et les moyens de production), de la diversité (un tiers de la programmation), des équipes régionales (un quart de propositions) et du public de demain : il engagera une démarche de responsabilité sociale des entreprises (RSE). Les artistes associés sont Armel Roussel, Eva Doumbia et Virginie Despentes qui écrira sa première pièce au Théâtre du Nord. En raison de la crise, David Bobée a levé le pied pour ses créations. Il répétera en mai un spectacle jeune public qui sera créé au Grand Bleu, il prépare un Edouard II « pour plus tard » et réfléchit à une création avec Joey Starr sur les littératures caribéennes (Black Label). Il reprendra Lucrèce Borgia à l’été 2022, pour lancer le rendez-vous Grand’place, en extérieur, devant le Théâtre du Nord. « Chaque année, je demanderai à un metteur en scène de monter une grand œuvre avec la façade en fond de décor ».

Yves Perennou  

En partenariat avec La Lettre du Spectacle n°491

Légende photo : David Bobée

Crédit photo : Julien Pebrel

Budgets culturels : la Fnadac craint l’onde de choc

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Christophe Bennet

De bonnes intentions qui peinent à se traduire en crédits. Tel est l’enseignement de l’enquête flash que publie la Fédération nationale des directeurs d’affaires culturelles (Fnadac). 150 DAC ont répondu à 7 questions. 14 % des collectivités seulement ont voté une hausse des budgets culturels cette année. Or, les Régions et Départements qui sont en période préélectorale occupent une bonne place dans cette minorité. « La tendance est à la baisse du côté des villes », confirme Christophe Bennet, président de la Fnadac et directeur de la culture et du patrimoine de Cergy. Il souligne des risques de décalage entre l’affichage et la réalité, « entre le budget prévisionnel et le budget qui sera réalisé à l’aune d’une situation en 2021 comparable à celle de l’an passé. » Or la non consommation des crédits est une incitation à la baisse des budgets futurs. L’inquiétude porte donc à ses yeux sur 2022, quand les collectivités feront face à la crise sociale, tout en ayant perdu la bienveillance de l’état sur la limitation de leurs dépenses.

L’étude confirme qu’une majorité de collectivités n’a pas fait jouer le principe de solidarité en payant les cessions annulées et les subventions. 55 % des DAC interrogés estiment que le soutien au secteur culturel par leur collectivité a été minimal voire insuffisant. « Peut-être qu’il y avait des besoins ailleurs, et qu’il y avait un manque à gagner de recettes fiscales, convient Christophe Bennet. 80% des maires se disent solidaires. Mais certains ont choisi d’indemniser totalement, d’autres à 50 %, d’autres non. Certains se sont engagés à donner à travailler aux artistes et techniciens du spectacle, autrement que sur les actions annulées. » Pour y remédier, Christophe Bennet ne voit guère d’autres solutions qu’une concertation dynamique entre collectivités sur les questions culturelles : « Parfois les élus, même militants, vont préférer privilégier les structures de proximité plus que soutenir des opérateurs culturels nationaux dont ils considèrent qu’eux sont aidés par l’état. Pire, parfois, comme ils voient que l’état, la Région ou le Département donnent davantage à cause de la crise, ils se disent qu’ils peuvent utiliser ces fonds pour d’autres choses. »

Yves Perennou  

En partenariat avec La Lettre du Spectacle n°491

Légende photo : Christophe Bennet

Crédit photo : D. R.

Covid-19 : pas de risque aggravé avec les instruments à vent

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Orchestre de chambre de Paris

La recherche PIC-PIV lancée voici un an par la Chambre syndicale de la facture instrumentale (CISV) avec de multiples partenaires a livré une moisson de résultats, fin mars. L’objectif était de répondre à des questions essentielles pour les professionnels de la musique : est-il dangereux de pratiquer des instruments de musique ? Que doit-on savoir pour manipuler ces instruments ? Fanny Reyre-Ménard, vice-présidente, peut aujourd’hui répondre avec assurance : « Non, ce n’est pas dangereux. Les particules projetées sont moins nombreuses, plus petites, moins chargées en virus. Et elle sortent à petite vitesse. » Toute l’intérêt de cette affirmation repose sur le sérieux du travail mené depuis un an, confronté aux résultats d’une quinzaine d’autres programmes dans le monde. « Au début de la pandémie, on a entendu tout et n’importe quoi à propos de la pratique instrumentale, jusqu’à des gens en Allemagne qui prétendaient qu’il fallait se tenir à 12 mètres d’un trompettiste. Il était nécessaire de mener un travail de fond. »

Bien nettoyer l’instrument
Le programme a commencé par construire des fiches pratiques sur la désinfection des instruments : quels produits, quelles techniques en fonction des matériaux ? Des ingénieurs de la facture instrumentale, des scientifiques, des spécialistes de la circulation des liquides et des gaz ont aidé à déterminer des modèles qui ont finalement été confrontés au virus réel, dans le laboratoire UVE (Unité des virus émergents) de la Faculté d’Aix-Marseille : « On a ainsi fait valider des protocoles que chacun peut s’approprier, poursuit Fanny Reyre Ménard. Nous avons mis certains produits de côté et nous avertissons contre l’usage des UV. » Des études ont porté sur la propagation des aérosols pendant que joue un ensemble instrumental. Une expérience menée dans une salle de répétition de la Philharmonie de Paris a permis de mesurer l’importance de la ventilation. Si le protocole recommande une distance de deux mètres entre chaque musicien, c’est en raison de la règle sanitaire en France qui impose cette distance sur le lieu de travail en cas de non-port du masque.

Chanter masqué 
Le chant a fait l’objet d’études particulières. Là, les résultats confirment malheureusement l’intuition. « L’idée qu’avec 2 mètres de distanciation, on pouvait chanter sans masque n’a pas résisté. Donc les chanteurs doivent porter des masques, sauf à être testés, évidemment. La bonne nouvelle, c’est l’efficacité totale des masques, même en situation de chant ».
Une des conséquences de l’étude est de montrer que les conservatoires pourraient être ouverts aux adultes, un enjeu important pour la pratique en amateur. Du côté professionnel, la recherche signifie aussi la possibilité d’accueillir du public en salle ou en plein air, assis et masqué, dans une salle où joue un orchestre, avec des chanteurs masqués. Ces constats seront-ils suivis d’effet dans la réglementation ? Le ministère de la Culture accompagne et même finance cette recherche. Il a fait référence aux guides PIC-PIV pour la désinfection des instruments. Reste à franchir tous les étapes du parcours administratif. Autre enseignement essentiel pour Fanny Reyre-Ménard, le monde musical et la filière de la facture instrumentale ont montré leur capacité à travailler main dans la main sur un projet au service de toute la communauté musicale.

Yves Perennou  

En partenariat avec La Lettre du Spectacle n°491

Légende photo : Avec les musiciens de l’Orchestre de chambre de Paris

Crédit photo : D. R.

Que faudra-t-il garder des idées de 2020 ?

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Marc Lainé

Des vidéos, des lectures mais aussi des rencontres en chair et en os avec le public ou des échanges individuels d’artiste à spectateur…. Certaines actions seront pérennisées.

« Ne pas surcharger les propositions mais que les projets fassent sens pour l’équipe. » Voilà comment Sandrine Mini définit son état d’esprit presque un an après l’apparition de la Covid en France. En 2020, passé le temps de la sidération, au Théâtre Molière de Sète qu’elle dirige, elle a cousu de la dentelle en auscultant les besoins précis des artistes et spectateurs autour d’elle. Avec ces derniers, elle a fait faire une série de portraits. Assis dans un fauteuil rouge « marqueur du théâtre » posé dans le quartier qu’ils habitent, ces visages témoignent de la diversité du public dans le bassin de Thau sur lequel s’implante cette scène nationale. « On va continuer cette série de photos avec des portraits de nos partenaires – hôteliers, traiteurs… » pour montrer les métiers annexes du théâtre et que cela est une économie induite sur la ville. » Ces clichés seront exposés en grand sur les barrières de l’immense chantier en face au théâtre. Ainsi « de ces idées nées dans un contexte particulier, nous développons des méthodologies de travail ».

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Par Nadja Pobel

Légende photo : Marc Lainé, directeur de la Comédie de Valence

Crédit photo : Christophe Raynaud de Lage

Régions : les budgets vont-ils tenir ?

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Alain Rousset

L’impact d’une année de crise sur les budgets culture des Régions faisait craindre le pire pour un secteur fortement fragilisé. Tours d’horizon en Bretagne, Grand-Est et Nouvelle-Aquitaine.

La rumeur d’une baisse des aides régionales à la culture pour 2021 était montée en flèche entre avril et mai dernier, l’incertitude gagnant les équipes artistiques avec certains votes de budgets tardifs, à l’instar du Grand-Est, intervenu dans la seconde quinzaine de janvier. Régions de France chiffrait d’ailleurs, selon des scénarios plus ou moins pessimistes, les pertes de recettes entre 1,21 Md€ et 1,38 Md€ sur 2020. Les bruits de couloir annonçaient ça et là jusqu’à –10% de baisse pour la culture, mais il n’en fut rien. « Pas une surprise en cette année d’élections régionales », pour Thierry Le Nédic, DAC à la Région Bretagne et président de l’Andacre (Association nationale des DAC des Régions), qu’aucune majorité régionale n’ait laissé tomber le secteur. L’État a joué son rôle de compensation, octroyant 10 milliards d’euros d’aides exceptionnelles aux collectivités territoriales pour faire face à la crise due à la Covid-19 par le biais de mécanismes de garantie compensant les pertes de recettes fiscales, de dispositifs exceptionnels de soutien à l’investissement et du fameux plan de relance. Sans oublier les fonds européens. Un déluge de chiffres qui « fait perdre tout sens à la volumétrie des budgets » selon Pascal Mangin, président (LR) de la commission culture du Grand-Est. « Ils sont fongibles, à l’instar de ceux votés en 2019 qui ont rebougé, et pas qu’un peu, en mars et en octobre 2020. Le budget 2021 est sincère, mais je ne doute pas qu’il subira des décisions modificatives dans l’année. » L’édile strasbourgeois pointe surtout « la dépendance à 95% du transfert de l’État par dotations ». 

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Par Thomas Flagel

Légende photo : Alain Rousset, président de la Région Nouvelle-Aquitaine

Crédit photo : CRA/Alban Gilbert

Baptême du feu pour le jeune CNM

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Jean-Philippe Thiellay

Sitôt créé, le Centre national de la musique a dû gérer avec réactivité les conséquences de la crise sanitaire. Retour sur une année hors normes.

Un peu plus de deux mois après la naissance du Centre national de la musique (CNM), celui-ci a dû affronter la pire crise qu’ait connue le spectacle vivant. Deux semaines seulement après l’interdiction des rassemblements de plus de 1 000 personnes, le CNM met en place un fonds d’urgence pour le secteur musical. Doté de 11,5 millions d’euros, le fonds « vise à soutenir les TPE-PME disposant d’une licence d’entrepreneur de spectacle dans le domaine de la musique et des variétés », après l’arrêt des concerts, tournées et spectacles. Près de 10 millions sont issus des ressources du CNM. Ce dernier annonce au même moment la suspension des opérations « d’encaissement et de recouvrement » de la taxe de 3,5 % sur la billetterie de spectacles. Le Syndicat national des producteurs, diffuseurs et salles de spectacles (Prodiss) dénonce alors un fonds « dérisoire, en termes de montant, au regard de la situation actuelle et des nécessités réelles de la filière ». Au fur et à mesure que la crise se poursuit, les sommes et les dispositifs vont, fort heureusement, se renforcer.

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Par Nicolas Dambre

Légende photo : Jean-Philippe Thiellay, président du Centre national de la musique

Crédit photo : Eléna Bauer

En milieu rural, une culture de solutions

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Philippe Saunier-Borrell

Les opérateurs culturels en milieu rural ont inventé de nouvelles manières d’aller vers les habitants.

L’été dernier, l’annonce de la possibilité d’organiser des représentations dans des conditions sanitaires très strictes a été très tardive, cela n’a pas empêché de nombreux projets de se déployer, en milieu rural notamment. Souvent plus modestes d’un point de vue budgétaire, ces projets culturels n’en ont pas moins d’ambition artistique et dans la rencontre avec les publics. Leurs atouts sont notamment leur plus grande souplesse d’organisation. Ils impliquent parfois moins d’intermédiaires et accueillent souvent un public restreint. Au Festival Y’a pas la mer, le collectif de comédiens et de comédiennes organisateurs a longtemps réfléchi avant de décider de maintenir  son festival, sur la communauté de communes de Monmort, en Saône-et-Loire, fin août dernier. Le festival a enregistré autour de 600 entrées, stable par rapport aux années précédentes. Étienne Durot, comédien du collectif Y’a pas la mer résume : « La logistique est assez simple et nous avons pu proposer des spectacles en extérieur uniquement. Nous avons privilégié un format de “rando-lecture” que nous affectionnons. » 

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Par Tiphaine Le Roy

Légende photo : Philippe Saunier-Borrell, codirecteur de Pronomade(s)

Crédit photo : D. R.

Programmer malgré les incertitudes

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Nicolas Blanc

Saison 2020-2021 écourtée et absence de visibilité sur la rentrée : les lieux s’interrogent sur la possibilité de conserver une cohérence à leur programmation. 

Alors que la date de réouverture des salles n’a toujours pas été fixée et que la saison en cours se voit réduite à peau de chagrin, les directeurs de lieux éprouvent bien des difficultés à se projeter. « Penser à la prochaine saison oui, prétendre la construire, non », affirme d’emblée la directrice du Théâtre de la Madeleine à Troyes, Corinne Licitra. Entre les annulations et les éventuels reports, l’équilibre de la programmation qui doit aussi tenir compte des accueils en résidence, des créations et des coproductions, est totalement remis en cause. Nulle question pour autant de dupliquer la saison actuelle en 2021/2022. « Nous avons envie de tourner une page, d’apporter encore plus de magie aux spectateurs et d’être solidaires avec les artistes », souligne Maria Claverie-Ricard, directrice de Théâtres en Dracénie (Draguignan). Dans ce contexte, il apparaît compliqué de maintenir une cohérence, reflet de la ligne artistique d’un lieu. Les programmateurs sont cependant prêts à relever le défi, en s’attelant à cette tâche très ardue : effectuer des choix. « Nous ferons en sorte que les changements restent à la marge, afin de poursuivre le développement du projet artistique, nécessaire pour tisser des liens avec la population », confie Nicolas Blanc, directeur de L’Empreinte, scène nationale Brive-Tulle, nouvelle entité créée en juillet 2018, qui a récemment décidé d’annuler la saison 2020/2021. 

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Par Marie-Agnès Joubert

Légende photo : Nicolas Blanc, directeur de L’Empreinte, scène nationale Brive-Tulle

Crédit photo : Soraya Hocine