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Derniers réglages avant le Off d'Avignon

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Didier Perrier

Relance des professionnels, plan de tractage, calages techniques… Comment se préparer avant le jour J.

Affronter le contexte particulier du Off d’Avignon – un mois de représentations, des enjeux considérables en diffusion, la concurrence de 1 400 spectacles… – requiert une préparation minutieuse. Mais c’est dans les trois semaines qui précèdent son lancement que l’on doit redoubler d’efforts et régler d’ultimes détails dans différents domaines.

Affiner la stratégie
Le premier concerne la (re)prise de contact avec les professionnels, afin de leur signaler la présence de la compagnie dans tel lieu et fixer des rendez-vous. « Nous les relançons par mail, leur adressons des invitations papier mais privilégions le contact téléphonique », explique Denis Fayollat, codirecteur de la Compagnie Clandestine (Manosque), partisan de cibler les appels en les limitant à une vingtaine. La concentration importante de programmateurs (et coproducteurs potentiels) à Avignon impose, par ailleurs, de prévoir un briefing avec le chargé de diffusion pour affiner sa stratégie : faire le point sur le développement du projet de la compagnie, les dates de tournée déjà calées, ce que l’on peut imaginer pour booster telle ou telle production, et le discours à tenir selon le diffuseur.

[…] Lire La suite dans La Scène n°89 – Eté 2018.

Marie-Agnès Joubert

Légende photo : Didier Perrier, directeur artistique de la Compagnie L’Échappée : « Se dire qu’on ne joue pas la vie de la compagnie sur un festival est important. »

Crédit photo : Amin Toulors

Crowdfunding : comment se démarquer ?

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Marielle Rossignol

Réussir une campagne demande un investissement en temps, une bonne organisation, ainsi qu’une dose d’inventivité pour se distinguer dans la multitude de projets.

 

Le crowdfunding concerne aujourd’hui aussi bien les petites compagnies que des lieux et artistes reconnus qui tentent parfois de renforcer le financement d’un projet par ce biais, comme L’échangeur, centre de développement chorégraphique de Château-Thierry (02), qui proposait un crowdfunding sur Helloasso afin de compléter le financement du festival C’est comme ça ! l’an dernier, certaines aides n’ayant pas été obtenues. Ou encore la chanteuse Barbara Carlotti qui, sans maison de disque, appelait sa communauté de fans à l’aider à financer son projet de disque sur KissKissBankBank (KKBB). La démultiplication d’initiatives oblige les porteurs de projet à proposer une campagne aussi efficace en communication qu’originale, afin de se faire remarquer. « Le crowdfunding est aujourd’hui inscrit dans les pratiques de nombreux porteurs de projets », prévient Charles Babinet, directeur de projets chez KKBB.

 

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Tiphaine Le Roy

Légende photo : Marielle Rossignol, chargée de communication et coach en crowdfunding à Illusion & Macadam : « Nous faisons un rétroplanning afin d’échelonner les différents types de publics à cibler en fonction de la progression de la collecte. »

Crédit photo : Margot Valeur

Haro sur les sites de revente en ligne

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Yoann Le Nevé

Les spectateurs sont encore nombreux à acheter leurs billets de spectacles sur des sites Internet douteux. Les ripostes juridiques sont rares.

 

La revente de billets sous le manteau à l’entrée des spectacles serait-elle en déclin ? De plus en plus d’acheteurs se procurent des tickets sur Internet, via des sites de revente généralistes, comme leboncoin.fr, ou des sites spécialisés dans les spectacles, comme Viagogo. Le phénomène s’est accentué depuis environ 4 ans grâce au billet à imprimer chez soi, le « print at home ». Les

escrocs et les spéculateurs profitent du système : l’achat en ligne permet d’obtenir des centaines

de places dès l’ouverture des ventes, grâce à des programmes informatiques, des botnets, quitte à assécher le marché pour ensuite proposer des places beaucoup plus chères. Près de 60% des billets de la dernière tournée américaine de Justin Bieber auraient été achetés par des robots. Autre problème : le billet à imprimer peut être édité ou photocopié plusieurs fois et revendu à différents acheteurs. Seul le premier billet scanné permettra l’accès au spectacle. Producteurs, salles ou festivals sont touchés par ce phénomène. Le cas est fréquent au festival Hellfest, à Clisson (44).

 

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Nicolas Dambre

Légende photo : Yoann Le Nevé, directeur de la communication du Hellfest : « On ne peut pas faire grand-chose, à part calmer les gens qui ont été floués. »

Crédit photo : D. R.

Le pass culture en 10 questions

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Pass culture

Les caractéristiques d’un pass culture inventé au pas de course ne sont pas encore définitives. Pourra-t-il d’ailleurs fonctionner correctement ?

 

Le ministère de la Culture a lancé, courant mai, l’expérimentation de son pass culture, promesse de campagne d’Emmanuel Macron à laquelle le président de la République et sa ministre de la Culture semblent particulièrement attachés. L’application permettra au jeune de consulter sur son smartphone des propositions culturelles de proximité, grâce à la géolocalisation, et de bénéficier à terme d’un crédit de 500 € à dépenser sur ces offres. Le ministère en distingue trois grandes catégories : les sorties culturelles, l’achat de « biens culturels » et les pratiques artistiques. Un conseil d’orientation composé d’une quarantaine de personnalités du monde de l’art et de la culture (Thomas Jolly, Abd Al Malik, Laurence Engel, Didier Fusillier, Vincent Carry...) a été constitué au cours du printemps pour débattre du périmètre couvert par le pass culture. 5 M€ ont été inscrits au budget du ministère en 2018 pour lancer une start-up d’État – la première de l’ère Macron – chargée de réaliser l’application que chacun pourra télécharger sur son smartphone. Le ministère a sélectionné quatre départements pour une expérimentation opérationnelle en septembre prochain : la Seine-Saint-Denis, le Bas-Rhin, l’Hérault et la Guyane. Une première phase test a débuté le 22 mai, mais le pass sera-t-il la réussite annoncée ?

 

 

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Cyrille Planson

Légende photo : Françoise Nyssen, à Strasbourg le 18 mai, à l’occasion du lancement de la première phase d’expérimentation.

Crédit photo : D. R.

CRM : la fin d'un tabou ?

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Pierre-Henri Deballon

Le renouvellement générationnel au sein des structures culturelles pourrait mettre fin à un tabou encore très présent : celui des bases de données et de la relation au « client ».

 

La gestion des relations avec les clients, en anglais « Customer Relationship Management » (CRM), était l’un des grands sujets débattus aux Biennales internationales du spectacle (BIS) en janvier dernier, à Nantes (44). Avec une question : comment introduire dans la relation aux publics des méthodes de travail proches de la grande distribution ? Xavier Dupont présentait la manière dont Digitik avait développé de nouvelles solutions, avec des campagnes ciblées dont le pilotage est quotidien. Olivier Chandès (5B Event) détaillait son offre de conseil en marketing et CRM auprès des opérateurs culturels, tandis qu’Arnaud Averseng (France Billet) énonçait les nouvelles possibilités qui s’offraient aux producteurs : « le retargeting, qui s’adresse à un public déjà sollicité, et le display publicitaire, utilisé dans le but de faire connaître des offres de manière très ciblée. » Un nouveau marché s’ouvrait. Les débats semblaient traduire un intérêt certain pour le sujet et peut-être la fin d’un grand tabou dans la sphère du spectacle vivant, notamment public.

 

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Cyrille Planson

Légende photo : Pierre-Henri Deballon, cofondateur et dirigeant de Weezevent : «Pour moi, c’est un peu le même phénomène qu’à l’apparition du cashless.»

Crédit photo : Flavien Prioreau

Publics : « Qui pour remplacer les baby-boomers »  ?

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Olivier Donnat

À l’heure où il relance une nouvelle étude sur les pratiques culturelles des Français, Olivier Donnat (Deps - ministère de la Culture) constate une forte prévalence générationnelle. Et un risque réel de désaffection.

 

Vous avez publié voici quelques années une approche générationnelle des pratiques culturelles. Le sont-elles vraiment ?

On se rend compte que les pratiques culturelles sont profondément générationnelles. Mais aussi que l’on conserve ses pratiques en vieillissant. Contrairement à ce que l’on pourrait penser, il n’y a pas d’effet d’âge susceptible de modifier les pratiques culturelles. C’est un effet de génération. Prenons l’exemple du rock. Écouter cette musique, acheter des albums, aller au concert sur ce répertoire que l’on a découvert jeune, c’est la pratique d’une génération, non exclusive mais dominante. On le voit, la population des artistes rock comme des fans est aujourd’hui plus âgée.

 

Les pratiques ne survivent pas forcément aux générations, donc ?

Ces pratiques naissent et grandissent avec une génération. Elles subsistent ensuite, mais pas avec la même force, pas avec la même « religiosité » que les fans développent à l’égard de leur pratique. Ce sont les générations qui portent en elles le renouvellement des pratiques artistiques et des esthétiques.

 

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Propos recueillis par Cyrille Planson

Légende photo : Olivier Donnat

Crédit photo : Julien Pebrel

Vrai/Faux : Les gobelets réutilisables sont-ils écologiques ? 

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Gobelets réutilisables

Vrai !

« La France est le seul pays où la bataille a totalement été gagnée par le gobelet réutilisable en festivals », se réjouit Emmanuel Torrent, le fondateur d’Ecocup, le leader en matière de gobelet réutilisable. En effet, de moins en moins de festivals doivent gérer des gobelets jetables qui jonchent le sol ou emplissent les poubelles. Le gobelet réutilisable réduit la production de déchets par les manifestations et le recyclage ou l’enfouissement des verres en plastique. 

Le gobelet réutilisable est conçu, comme le gobelet jetable, en polypropylène (PP). « L’écologie du système n’est pas dans la matière utilisée mais dans l’usage. Soit le gobelet est réutilisé d’année en année, soit il est gardé par le festivalier qui l’utilisera pour le pique-nique ou l’apéro à la place de gobelets jetables, soit il est recyclé. Je ne pense pas que l’on retrouve beaucoup de gobelets Ecocup jetés dans la nature », soutient Emmanuel Torrent.

Plusieurs études montrent que la production d’un gobelet PP jetable consomme davantage de ressources naturelles non renouvelables qu’un gobelet PP réutilisable.

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Nicolas Dambre

Crédit photo : David Ademas

Art Rock : un départ très négocié

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Art Rock 2016

A Saint-Brieuc (22), la succession du directeur du festival Art Rock suscite des remous.

Jean-Michel Boinet souhaite partir à la retraite cette année et propose d’être rémunéré 25 000 € pour la mise à disposition de la marque Art Rock auprès de l’association Wild Rose. Wild Rose gère le festival Art Rock depuis sa création en 1983 par Jean-Michel Boinet et Marie Lostys.

En 2003, Jean-Michel Boinet a déposé la marque Art Rock auprès de l’Institut national de la propriété industrielle. Il explique : «Je suis l’inventeur de cette marque que j’aurais dû déposer dès 1983. Les statuts de l’association actent ma position de créateur du festival, j’ai donc cette légitimité. Je ne suis pas dans un état d’esprit vindicatif. Nous discutons avec le conseil d’administration.» Certains de ses membres n’étaient pas au courant de ce dépôt, comme Loïc Haffray, président de Wild Rose, qui souhaite néanmoins valoriser le travail du directeur et fondateur.

S’il ne veut pas s’étendre sur le montant proposé, Jean-Michel Boinet fait valoir qu’il a beaucoup œuvré bénévolement ou à temps partiel ces 35 années à la tête d’Art Rock, étant par ailleurs administrateur de la scène nationale de la Passerelle ou responsable du projet Gaîté lyrique.

Dans un courrier envoyé en octobre au conseil d’administration, Jean-Michel Boinet prenait en exemple les montants des cessions du Printemps de Bourges et du nom Hellfest, pour lesquels les sommes de 2 M€ ont circulé. Mais la société organisant le festival berruyer a été reprise avec son équipe par C2G, tandis qu’une concession internationale de la marque Hellfest a été octroyée à Gérard Drouot Productions.

Autre point à éclaircir pour Wild Rose : qui succédera au directeur ? Ce dernier penche pour sa fille, Alice Boinet. «Elle nous a rejoint il y a deux ans et assure toute la direction artistique de l’édition 2018. Même si elle est compétente et déjà en poste, il est difficile de faire valoir les qualités de quelqu’un de sa famille», concède Jean-Michel Boinet.

Les collectivités financent le festival pour un peu moins de 30%. Dans une interview à Ouest-France, l’élu chargé de la culture au Département émet des réserves. La Ville, très impliquée notamment par des mises à disposition d’espaces et de moyens techniques et humains, ne s’est pas exprimée. Le conseil d’administration, réuni le 21 février, n’a pas tranché. L’assemblée générale se tiendra pendant la prochaine édition, prévue du 18 au 20 mai. Le festival avait délivré 38 000 entrées payantes l’année dernière. Son budget est de 2,7 M€.

NICOLAS DAMBRE

(En partenariat avec La Lettre du Spectacle du 16 mars 2018)

Légende : À Art Rock 2016. Crédit photo : D. R.

Regain d'activisme chez les auteurs dramatiques

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Alexandra Badea

Les auteurs et autrices de théâtre se sont remobilisés et attendent des pouvoirs publics qu’ils prennent mieux en compte leur place dans la chaîne de création.

Une délégation devait être reçue au ministère de la Culture le 16 mars. Un mouvement de circulation d’idées s’est établi entre les écrivains, avec l’objectif de rendre plus visible le travail des auteurs, mais aussi d’améliorer leur situation économique. «En France, tout le monde vit du théâtre, sauf les auteurs, s’étonne Mohamed Kacimi. Il faudrait un peu plus de volontarisme de la part du ministère, comme cela a été fait sur la parité».

C’est un article de Libération du 12 janvier qui a servi d’électrochoc. Le journaliste interrogeait «Auteur, où es-tu ?», en analysant les derniers grandes productions théâtrales à succès, et insistait sur des collectifs et metteurs en scène qui privilégient le travail sur l’image et l’écriture de plateau. Philippe Touzet, président des Écrivains associés du théâtre (EAT) était monté au créneau à travers une tribune (La Lettre du Spectacle du 2 février).

Au-delà de la réaction à vif, bon nombre d’auteurs à l’image de Pierre Notte ou Marion Aubert, appellent à cesser les fausses oppositions entre les métiers et mettent en avant la richesse des formes d’écritures. Des auteurs lancent des propositions, comme Jean-Marc Lanteri qui suggère de promouvoir un dispositif de contrat d’auteur d’une durée de trois ans dans les centres dramatiques nationaux.

La question de la diffusion est aussi mise en avant : difficulté à accéder aux grands plateaux pour des textes contemporains, assèchement général de la diffusion et de la prise de risque artistique de la part de scènes dont les budgets artistiques sont corsetés.

YVES PERENNOU

(En partenariat avec La Lettre du Spectacle du 16 mars 2018)

Légende : Sur la scène du TCI, à Paris, l’autrice Alexandra Badea, dans Mondes.

Crédit photo : Pierre Grosbois

Redressement réussi pour la scène nationale de Narbonne

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Marion Fouilland-Bousquet

La scène nationale du Grand Narbonne a remonté la pente et prépare une saison 2018-2019 complète.

Marion Fouilland-Bousquet, sa directrice, a tenu à faire passer le message, un an après avoir dû élaborer un plan de sauvetage. «Une réforme s’imposait et, aujourd’hui, on peut dire que le sauvetage est réussi», annonce-t-elle en saluant la mobilisation des partenaires publics : l’Etat via la DRAC et les préfectures puisque la direction du travail et de l’emploi a financé les compléments de salaires pour les salariés en chômage technique, la Communauté d’agglomération du Grand Narbonne, le Département de l’Aude et la Région Occitanie.

Le chômage partiel et l’absence de programmation au deuxième semestre 2017 ont dégagé 400 000 euros de réduction de charges et l’établissement a bénéficié d’un abandon de créances de 320 000 euros du Grand Narbonne. Ainsi ont été remontés les 700 000 euros de déficit cumulés depuis plus de dix ans.

Arrivée à la direction voici deux ans, Marion Fouilland-Bousquet regarde maintenant l’avenir : redonner à la scène sa place dans les réseaux nationaux, relancer les actions d’éducation artistique et culturelle, créer un programme d’accueil en résidence dans la salle de répétition, «redevenir une maison d’arts vivants», résume-t-elle.

La prochaine saison sera plutôt rassembleuse pour donner au public le goût de revenir. Le théâtre de Narbonne n’a cependant pas fermé, de septembre à janvier, puisque son cinéma a continué de fonctionner. L’établissement reste géré par une association, les tutelles n’ont pas profité de ce plan de redressement pour imposer un changement de statuts. Un signe de confiance que la directrice entend prolonger en renforçant la vie associative.

YVES PERENNOU

(En partenariat avec La Lettre du Spectacle du 16 mars 2018)

Légende : Marion Fouilland-Bousquet. Crédit photo : D. R.