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Le womentorat, c’est quoi ?

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Fanny Broyelle

Pour que les femmes trouvent mieux leur place dans le secteur culturel et se fassent mieux respecter, des programmes de womentorat rencontrent un grand succès. 

Ce n’est pas le but d’amélioration de leurs compétences qui mène les femmes au womentorat, « on part du principe que ce n’est pas une question, que les femmes présentes en ont déjà », affirme Fanny Broyelle dans un atelier dédié à cette question aux BIS, à Nantes (Loire-Atlantique). Quelques jours plus tard, la directrice adjointe de Pickup Production à Nantes précise que le sujet est de regarder un parcours, d’observer « ce qui a été empêché, ce qu’on s’empêche en raison d’un syndrome d’imposture et d’un plafond de verre ». Elle a mentoré quelqu’une au sein du programme Wah ! et a autant appris sur elle qu’elle a pu partager avec l’autre. Cette professionnelle confirmée le reconnaît : « Les questions de sororité m’échappaient un peu, je suis féministe sans être une obsessionnelle du patriarcat. » Mais elle valide absolument le mode dit de la « mixité choisie », entre femmes. « On n’a pas d’autres choix, on est obligé d’en passer par là pour débloquer des situations, mais ça ne peut pas être durable, ça doit s’ouvrir à un moment donné pour transformer des microcosmes sclérosés et ne pas en recréer d’autres qui vont se scléroser à leur tour. »

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Par Nadja Pobel

Légende photo : Fanny Broyelle, directrice adjointe de Pickup Production à Nantes 

Crédit photo : Eric Deguin

Redonner le goût des métiers de la culture ?

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Mathieu Hillereau

Devant les difficultés à recruter et à garder les professionnels de la culture, notamment dans les métiers de l’administration, des initiatives sont mises en œuvre pour améliorer les conditions d’exercice de ces fonctions.

Ces trois dernières années, la crise du Covid-19 a accéléré le phénomène de départ des professionnels du spectacle vivant dans les structures, quelle que soit leur taille. L’étude 2022 consacrée aux professionnels et professionnelles de l’administration, de la production et de la diffusion, réalisée par l’association Ce sont nos métiers, est instructive pour comprendre ce qui se joue à différents titres. L’étude réalisée à partir des propos recueillis sur 622 répondants et répondantes – dont une écrasante majorité de femmes : 83 % – montre que la majorité des personnes ayant répondu ont entre 30 et 40 ans, signifiant à la fois une entrée tardive dans le métier et une difficulté à conserver les profils les plus expérimentés, le nombre de personnes travaillant dans l’administration, la production et la diffusion diminuant nettement passé la quarantaine. « La question de la durabilité dans ces métiers se pose, remarque Anne Delmotte, gérante et directrice de production à Filage, coopérative d’accompagnement des acteurs et actrices artistiques et culturels (Nord). En compagnie, nous perdons beaucoup de monde au bout de dix ans dans les métiers administratifs. Par conséquent, il y assez peu de profils très expérimentés dans un domaine où nous exerçons toutes et tous des tâches très diverses. » 

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Par Tiphaine Le Roy

Légende photo : Mathieu Hillereau, administrateur de production aux Indépendances (Paris)

Crédit photo : D. R.

Vers des saisons réduites en 2023-2024

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Sylvie Violan

Au cœur du système de diffusion en France, les scènes nationales vont considérablement réduire la voilure la saison prochaine.

Au cours de l’hiver, alors que se finalisaient les programmations pour la saison à venir, des rumeurs circulaient déjà. L’exercice 2022-2023 s’était déjà avéré difficile et la conjugaison des baisses de subventions, de la hausse des coûts de l’énergie et des aléas de fréquentation n’augurait rien de bon. Les maisons d’opéra, ces grosses machines très dépendantes de la subvention, un écosystème très fragile, ont montré des signes de faiblesse. L’Opéra de Rouen-Normandie annonçait devoir fermer ses portes durant six semaines au printemps, en avril et mai. En situation financière délicate depuis des années, il doit affronter la hausse spectaculaire du prix de l’énergie (+ 450 000 euros en un an pour un coût global de 650 000 euros).

L’Opéra national du Rhin a été contraint d’annuler une représentation à la Filature, à Mulhouse (Haut-Rhin), et d’en transformer une autre en concert, moins coûteux. De même, il a réduit d’une journée la diffusion du Couronnement de Poppée à Strasbourg (Bas-Rhin). Outre la hausse de ses charges, la structure est confrontée à une baisse de 2,5 % de la subvention octroyée par les Villes de Mulhouse et Strasbourg (- 200 000 euros). Enfin, l’Opéra Orchestre national Montpellier-Occitanie a reporté Scènes de Faust, de Goethe, qui devait être présenté en mai. À Rouen, Nicolas Mayer-Rossignol, maire et président de la métropole, a annoncé « qu’il sera proposé aux élus de voter 300 000 euros de financement métropolitain exceptionnel supplémentaire », et l’état a ajouté une enveloppe de 200 000 euros, mais le signal est fort. Le réseau est à bout de souffle.

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Par Cyrille Planson

Légende photo : Sylvie Violan, directrice de Carré-Colonnes, scène nationale de Blanquefort-Saint-Médard-en-Jalles

Crédit photo : Pierre Planchenault

La transmission d’une création à l’étranger

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Elise Vigneron

L’artiste marionnettiste élise Vigneron a transmis à une équipe américaine, constituée ad hoc, son spectacle « Anywhere ». Près de deux ans de travail ont été nécessaires.

L’origine du projet
Le Théâtre de l’Entrouvert, compagnie dirigée par Élise Vigneron, vient tout juste d’achever, en janvier, la transmission de sa pièce Anywhere aux artistes réunis sur ce projet par le Chicago International Puppet Theater Festival, dirigé par Blair Thomas. Au tout début de cette aventure artistique, il y a une rencontre entre élise Vigneron et Blair Thomas, lors des représentations du spectacle L’enfant, une autre création de la compagnie, au Festival mondial des théâtres de marionnettes à Charleville-Mézières (Les Ardennes). Quelques mois plus tard, le programmateur découvre une autre pièce, Anywhere, dans le cadre du Festival de Casteliers, à Montréal (Québec). Ce spectacle atypique utilise notamment pour matière la glace. C’est l’un des succès de la compagnie, joué plus de 150 fois dans plus de 15 pays différents.

De retour de la tournée en Amérique du Nord, il poursuit les contacts engagés avec Élise Vigneron. Ensemble, ils commencent à rêver de la transmission du spectacle à une jeune équipe nord-américaine. « Si sa première idée a été d’organiser une tournée nord-américaine, l’idée de la transmission répondait à plusieurs enjeux, dont certains tiennent à nos engagements écologiques. Je me souviens d’être allée en tournée en Chine pour trois jours, en Corée pour quatre jours. »

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Par Cyrille Planson

Légende photo : Élise Vigneron, artiste marionnettiste

Crédit photo : Julien Pebrel

Former les directions : un enjeu

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Emmanuelle Queyroy

Des réseaux de lieux labelisés ont mis en place des parcours de formation à destination des directrices et directeurs entrants. Et songent à les étendre à celles et ceux qui postulent.

Les premières sessions ont débuté fin février 2023 dans les locaux du Centre national de la musique, à Paris. Le parcours « Accompagnement à la fonction de direction d’un lieu de musiques actuelles » se divise en sept modules d’un jour et demi à deux jours chacun. Les grandes thématiques : histoire des lieux de musiques actuelles, communication, modes de gestion, gouvernance, management, ressources humaines et outils de gestion.

Isolement
Cette formation s’adresse à des personnes ayant pris des fonctions de direction au sein d’un lieu adhérent à la Fédération des lieux de musiques actuelles (Fedelima) ou au Syndicat des musiques actuelles (SMA). Ces deux structures, à l’origine de ce parcours, sont parties de deux constats. D’abord, de plus en plus de personnes qui accèdent aujourd’hui aux postes de direction d’équipements de musiques actuelles n’en sont pas issues, et un renouvellement a lieu, dû à de nombreux départs en retraite et à des difficultés à recruter au sein des Smac. Second constat, la fonction de direction, entre artistique et administratif, provoque un certain isolement de son titulaire.

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Par Nicolas Dambre

Légende photo : Emmanuelle Queyroy, secrétaire générale de l’ACDN

Crédit photo : Julien Pebrel

Jeux olympiques, plus de peur que de mal

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Jean-Paul Roland

Les inquiétudes nées de l’impossibilité de faire cohabiter été festivalier et Jeux olympiques en 2024 ont laissé place à un vent d’optimisme.

Pour Harold David, coprésident d’AF&C, qui organise le Festival Off avignonnais, « la brutalité de Gérald Darmanin jetant négligemment sur la table », fin octobre 2022, le principe du report ou de l’annulation des grands événements sportifs ou culturels mobilisant de nombreuses forces de police et de gendarmerie durant les JO, « a eu l’avantage de nous laisser le temps d’une réelle concertation. De nous mobiliser et d’anticiper des problèmes que nous aurons dans un an et demi, là où d’habitude, ce genre de choses nous est dit trois ou quatre mois seulement avant l’échéance ! ».

De décalages en adaptations
Tiago Rodrigues a tout de suite bougé conjointement avec le Off pour trouver une hypothèse crédible de fenêtre possible pour l’édition 2024… avant même d’annoncer les dates du In pour
2023 ! Restent « beaucoup d’ajustements à tous les niveaux à prévoir, notamment le développement de stratégies locales d’ancrage territorial et de fidélisation du public avignonnais pour une première semaine festivalière hors des vacances scolaires nationales ». Aux Eurockéennes, le premier réflexe a été d’aller voir la préfecture… « qui avait moins d’infos que nous », en rigole aujourd’hui encore Jean-Paul Roland. 

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Par Thomas Flagel

Légende photo : Jean-Paul Roland, directeur des Eurockéennes

Crédit photo : Philippe Levy

Ils ont choisi la décroissance

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Eddy Pierres

Dans la course au gigantisme entre festivals, certains ont choisi de réduire leur format. Parfois pour des raisons davantage financières qu’environnementales.

Panoramas, Musicalarue, Pitchfork, Les 3 Éléphants… plusieurs festivals ont décidé de ne plus miser sur la croissance continue de leur fréquentation publique ou de leur budget. Ainsi, Musicalarue, dans les Landes, a réduit en 2022 sa jauge quotidienne de 20 000 à 15 000 spectateurs. Son président, François Garrain, livre : « Une jauge doit être en adéquation avec quatre paramètres : le projet artistique (format, disciplines…), les lieux (le village de Luxey), le modèle économique (nous gérons aussi une salle) et la programmation. Le charme de Musicalarue, c’est aussi une certaine intimité et la complicité des villageois. » Contrairement à un champ, l’espace urbain n’est pas extensible. Près de 38 000 spectateurs ont assisté aux trois jours de festival fin juillet, lequel parvient à l’équilibre financier, avec un budget réduit de 2,9 à 2,6 millions d’euros entre 2019 et 2022.

Vers d’autres publics 
Eddy Pierres, directeur du festival Panoramas, à Morlaix (Finistère), justifie son choix de décroître : « En 2022, nous avons perdu près de 200 000 euros. Les précédentes éditions étaient complètes avec 26 000 spectateurs, mais ne dégageaient que 10 000 euros de bénéfices… C’était le moment d’évoluer. Soit en devenant plus gros, avec un risque financier proportionnel, soit en réduisant la voilure. » 

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Par Nicolas Dambre

Légende photo : Eddy Pierres, directeur du festival Panoramas, à Morlaix (Finistère) 

Crédit photo : Eric Deguin

Consultants : les méthodes évoluent

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Pauline Quantin et Benoît Pinero

Facilitation, recherche-création, « encapacitation » des habitants : de nouvelles méthodes de travail se font jour sur les territoires.

Sous l’effet de l’évolution de la société, de l’attente des habitants et du personnel politique, le métier de consultant en politiques culturelles se transforme. De nouvelles méthodes d’enquête, plus participative, sont engagées et il n’est pas rare que des projets puissent inclure un volet de production/création. Ensemble, Pauline Quantin et Benoît Pinero ont fondé Ligere, sur une convergence d’idées dans leur façon de porter des missions sur les territoires. Ils s’investissent alors « sur des projets très inscrits dans la co-construction avec les acteurs », accompagnant des acteurs culturels divers (associations, collectivités, porteurs de projets…) pour des missions de concertation et de facilitation. Récemment, le duo a travaillé avec Themaa à l’organisation des rendez-vous du Commun, en faisant précéder les rencontres « d’une vaste enquête pour voir ce qui se passe en région, précise Pauline Quantin. L’objectif est vraiment de faire le lien entre le national et le local, puis de construire ensemble dans ce cadre une réflexion, avec en perspective des états généraux de la marionnette ». 

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Par Cyrille Planson

Légende photo : Pauline Quantin et Benoît Pinero, consultants (Ligere)

Crédit photo : D. R.

Collaborer avec des influenceurs

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Florie Tribouiller

Encore peu répandue dans le spectacle vivant, cette pratique possède nombre de vertus, dont celles de contribuer à la découvrabilité et d’allier communication et médiation. 

A la différence du secteur muséal et patrimonial qui fait appel à eux depuis plusieurs années, le spectacle vivant tarde à s’appuyer sur la présence d’influenceurs dans sa communication. Il faut bien avouer que le concept peut, de prime abord, déconcerter, voire agacer, certains lieux refusant que leur projet artistique soit assimilé à une marque dont on vanterait les mérites. C’est précisément cet a priori réducteur et négatif que l’agence de communication Kiblos a souhaité déconstruire, en lançant à l’automne 2022 Influen’Scène, qui réunit à ce jour dix structures partenaires (deux centres dramatiques nationaux, quatre scènes nationales, deux scènes conventionnées, un établissement public et un pôle national cirque). « Notre objectif, observe Mélanie Guitton, responsable de communication numérique chez Kiblos, est de permettre aux salles de faire rayonner leur activité sur les réseaux sociaux, et de toucher des jeunes là où ils se trouvent, c’est-à-dire dans la sphère numérique. » Si de nombreux lieux développent déjà des contenus sur le Web, la plupart éprouvent, en effet, des difficultés à s’adresser aux publics les plus connectés ; ceci, faute de maîtriser leur langage et leurs codes. 

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Par Marie-Agnès Joubert

Légende photo : Florie Tribouiller, chargée de communication au Moulin du Roc, scène nationale de Niort

Crédit photo : Jean-Michel Monin

Etat des lieux : les femmes encore minorisées

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Assises de l’égalité femmes-hommes

Quelques jours après le rapport accablant du Haut Conseil à l’Égalité entre les femmes et les hommes sur l’état du sexisme en France, le Centre national de la musique publiait un large état des lieux sur la présence des femmes dans le secteur musical, lors des secondes Assises de l’égalité femmes-hommes, le 9 février, à Marseille (Bouches-du-Rhône). Sans surprise, les artistes féminines ou groupes menés par une femme (l’interprète le plus visible) ne représentent que 17 % de la programmation des spectacles musicaux en 2019, les hommes près de deux tiers. Un chiffre qui varie du simple au double entre les plus petits lieux et les plus grandes jauges (16 % dans les scènes de musiques actuelles). Les femmes sont sous-représentées dans les musiques électroniques et le hip-hop ou comme solistes en opéra. Les inégalités salariales sont plus marquées pour les femmes en CDI qu’en CDD, en moyenne payées de 17 à 20 % de moins que les hommes dans le spectacle vivant public et privé, notamment dans les fonctions techniques.

Inégalités qui s’accentuent avec l’âge, alors que l’on constate une « évaporation » des femmes de l’emploi après 30 ans, sans doute pour maternité. Cette disparition est également constatée après les conservatoires, avec une faible professionnalisation des musiciennes. Les clichés ont la vie dure côté pratique, les cuivres seraient, par exemple, plus masculins, la harpe plus féminine. Et le sexisme est à l’œuvre dans des remarques sur une musicienne enceinte ou sur sa jolie robe, rapportait la pianiste Lola Rossignol, lors de débats. Sans s’inscrire dans le programme de parité Keychange, Jean-Paul Roland, directeur des Eurockéennes, relevait que les artistes féminines sont parfois programmées sur une petite scène à une heure tardive. Lola Frichet, bassiste metal, défendait son association More Women On Stage pour accentuer la visibilité, à l’instar d’autres initiatives comme Majeures, Demandez à Clara, Elles Women Composers ou Rappeuses en liberté. Réseaux et entraides seront nécessaires pour améliorer le prochain état des lieux du CNM.

Nicolas Dambre

En partenariat avec La Lettre du spectacle n°532

Légende photo : Lors des Assises de l’égalité femmes-hommes.

Crédit photo : Xavier Dartayre