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L’avenir du conservatoire pose question au Cube

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Cube

C’est sous l’angle du numérique que Garges-lès-Gonesse (Val-d’Oise) envisage désormais la culture. En témoigne Le Cube, nouveau complexe mêlant théâtre, auditorium, salle d’exposition, médiathèque. Des moyens importants ont été injectés en co-maîtrise d’ouvrage par la communauté d’agglomération Roissy Pays de France et par la Ville désormais dirigée par l’UDI Benoît Jimenez. Un budget de « 24 millions d’euros a ici été investi en construction » selon Julie Ageron, directrice communication et relations avec les publics, qui précise que « ce montant est pourvu à hauteur de 90 % par la Mairie, la Communauté d’agglomération finançant la médiathèque intercommunale » tandis que le défunt centre de formation Le Cube apporte le reliquat.

« Par rapport à l’Espace Lino Ventura, nous avons plus que triplé la surface et atteignons 8 000 m2, remarque Florian Blache, directeur du spectacle vivant. Il y a deux jauges : la Scène avec 615 places assises et 2 000 debout, le Ring avec 250 places ». Un EPCC a vu le jour pour l’occasion. Mais des inquiétudes sur la petite vingtaine d’enseignants du conservatoire, dont le bâtiment du 14, rue Philibert Delorme a été vendu à un collectif de médecins, émergent. « Les enseignants théâtre, art plastique et danse ont été remplacés par des associations locales, décrit Karine Huet, secrétaire générale adjointe du SNAM-CGT. Quel service public de la culture ? Et je ne parle pas du respect de la réglementation pour les changements de contrats des enseignants du public en privé ».

Nicolas Mollé

En partenariat avec La Lettre du spectacle n°532

Légende photo : Le numérique constitue le fil rouge du Cube. 

Crédit photo : Mathieu Delmestre

Ballet : Kader Belarbi fait les frais du changement d’ère

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Kader Belarbi

Le 12 février, Toulouse Métropole a annoncé le licenciement du directeur du ballet du Théâtre du Capitole, Kader Belarbi. L’étoile de l’Opéra de Paris, 60 ans, dirigeait la compagnie depuis août 2012. La collectivité fait état d’« une enquête administrative interne menée au sein du ballet du Capitole » et de « défaillances managériales ». Pourtant, les témoins qui, le 10 février, ont assisté à la générale du spectacle Malandain-Carlson donnée par le Ballet sous la direction de celui qui en était encore directeur, n’ont remarqué aucun signe, ni de la part de Kader Belarbi, ni des danseurs. Un signalement a été effectué par un danseur auprès du procureur de la République de Toulouse pour des faits qui s’apparenteraient à du « harcèlement moral » mais que conteste formellement le directeur (une plainte est déposée pour dénonciation calomnieuse) et le turn-over (15 danseurs sur 35 en deux ans) est présenté comme un argument attestant de ces faits.

Belarbi avait pour le Ballet du Capitole les ambitions d’un « ballet classique » à l’ancienne, mais peu de moyens, du moins pas ceux pour engager des stars ou débaucher des danseurs de grandes compagnies. Le choix a donc été de prendre des risques en engageant des danseurs encore très jeunes, ou bien, venant d’autres cultures et d’autres formations (kazakhs, pays de l’Est, coréens...). Le chiffre du turn-over amalgame aussi les départs en retraite et effectivement certaines ruptures, parfois conflictuelles. Ce qui pondère beaucoup cet argument du « turn-over » comme preuve des dites « défaillances ». La seule personnalité à avoir pris la parole, notamment sur France Info, pour justifier la décision, Yves Sapir, est délégué CGT au sein du Théâtre du Capitole (membre de la commission paritaire qui a pris la décision à l’encontre de Kader Belarbi), évoquant l’enquête interne plus que le signalement au procureur comme fondement du licenciement : « Et ce qu’il se passe avec M.Belarbi, c’est un signal en direction de toutes les personnes qui ont cette vision complètement archaïque de ce qu’est la pratique des arts, qui montre qu’aujourd’hui, c’est fini. » Il se pourrait aussi qu’à l’occasion du changement de tutelle le départ forcé d’un directeur de ballet avec lequel des désaccords persistaient arrive opportunément. 

Philippe Verrièle

En partenariat avec La Lettre du spectacle n°532

Légende photo : Kader Belarbi

Crédit photo : D. R.

Le festival Radio France se recentre

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Michel Orier

La nomination de Michel Orier à la direction du Festival Radio France Occitanie Montpellier signe une évolution de la manifestation presque quadragénaire. Montpellier et son agglomération redeviendront le centre du festival, alors que depuis 2017 ce dernier rayonnait sur les 13 départements de la région Occitanie. « Une superficie équivalente à celle de l’Autriche, ce qui compliquait l’organisation du festival. Il était impossible de travailler en amont ou en aval d’une représentation. Comme dans le théâtre classique, un festival, c’est une unité de temps, de lieu et d’action », livre Michel Orier. Financièrement, la Ville et la Métropole de Montpellier deviendront les premiers partenaires de l’événement. De 2022 à 2023, leur part passera de moins de 500 000 à plus de 800 000 €, celle de la Région de 1,6 M€ à 1,3 M€, pour un budget en hausse, à 2,6 M€. Radio France ne finance pas mais apporte la programmation, ses quatre formations permanentes ou les antennes de France Musique et de plusieurs radios européennes. Le festival va développer ses ressources propres, qui ne sont aujourd’hui que de 13 % de son budget.

À terme, la manifestation de musique classique proposera trois académies à de jeunes musiciens. Contrairement aux festivals de Verbier ou Lucerne, ces académies mêleront des artistes en voie de professionnalisation à des musiciens expérimentés, sous la direction d’un chef, Mikko Franck (qui dirige l’Orchestre philharmonique de Radio France), pour la première académie cet été. La question de la transmission est au cœur du projet de Michel Orier. La gratuité de nombre de concerts, jusqu’en 2019, n’est plus à l’ordre de jour. Un espace de réflexion sur la musique (scientifique, économique, technologique...) prendra la forme d’un colloque de 2 ou 3 jours, mené en partenariat avec l’Université Paul-Valéry de Montpellier. L’édition 2023 (du 17 au 28 juillet) sera une édition de transition. Dès 2024, le festival aura lieu une semaine plus tôt afin de mieux capter artistes et publics. La programmation sera détaillée début mars. Le festival est partie prenante de la candidature de Montpellier au titre de capitale culturelle européenne 2028. 

Nicolas Dambre 

En partenariat avec La Lettre du spectacle n°530

Légende photo : Michel Orier

Crédit photo : D. R.

Réforme des retraites : la CGT-Spectacle dénonce une « double peine »

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retraites

Ce sont 1,12 million de personnes qui ont manifesté ce jeudi en France, selon le ministère de l'Intérieur, dont 80 000 à Paris. Les syndicats avaient appelé à protester contre la réforme des retraites du gouvernement, fixant l'âge légal de départ à la retraite à 64 ans. La CGT-Spectacle, majoritaire dans le secteur, est totalement opposée au report de l’âge légal de la retraite, de 62 à 64 ans. Estimant que « la situation de l’emploi est [dans le spectacle] pire que la moyenne », Elle dénonce une « double peine », arguant que le report de deux ans et l’allongement de la durée de cotisation va fortement pénaliser artistes et techniciens du spectacle dont « les périodes de précarité avant d’atteindre l’âge de départ vont augmenter ».

La Fédération nationale des syndicats du spectacle, du cinéma, de l'audiovisuel et de l'action culturelle souligne qu’une « forte proportion d’artistes et de technicien.nes du spectacle » ne sera pas concernée par la retraite minimale à 1 200 euros brut mensuels, pour une carrière longue, « du fait même des périodes de précarité ». Reprenant les arguments de sa confédération, la CGT-Spectacle plaide pour un retour à un départ à 60 ans et une pension minimum au niveau du smic qu’il voudrait à 2 000 euros. Le syndicat souhaiterait aussi une indexation des retraites sur les salaires, un retour aux 10 meilleures années pour le privé et aux 6 derniers mois dans le secteur public pour le calcul des pensions ainsi qu’une hausse du taux de cotisation. Les deux régimes spéciaux du spectacle – à l’Opéra national de Paris et à la Comédie-Française –, répondant à des sujétions spécifiques, ne seraient pas concernés par le projet de l’exécutif. L’ensemble des syndicats et l’essentiel des oppositions appellent à une nouvelle journée d’action ce mardi 31 janvier.

Nicolas Mollé 

En partenariat avec La Lettre du spectacle n°530

Légende photo : Lors des manifestations à Paris, le 19 janvier 2023

Crédit photo : D. R.

Vanves subit une baisse de subventions de 30 %

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Anouchka Charbey

Même si les têtes ne sont pas à la fête, le festival Artdanthé célèbre sa 25e édition du 11 mars au 1er avril avec toujours cette acuité qui a fait de la manifestation créée par José Alfarroba à Vanves et dans son théâtre municipal l’un des révélateurs le plus intéressant pour les arts du spectacle. Mais si la manifestation a repris dès l’année dernière son fonctionnement normal, Anouchka Charbey qui dirige à la fois la manifestation et le théâtre, a été informée dans le courant du dernier trimestre 2022 que le budget global sera diminué d’environ 30 %.

« Le festival 2023 est assuré et il ne sera pas affecté, rassure-t-elle d’emblée, avant de préciser, mais je ne sais pas pour l’année prochaine. Nous avons une année pour trouver une solution. Il n’y a pas de budget spécifique pour le festival, il est intégré dans celui du théâtre et s’il n’est pas question de supprimer cette manifestation, il est clair qu’avec 25 ou 30 % de baisse de subvention, il n’est pas possible de l’envisager sous la forme actuelle ». La directrice n’accable pourtant pas la municipalité qui a toujours soutenu cette manifestation emblématique : « la Ville a accumulé les difficultés de financement. Elle est bien gérée, mais avec l’augmentation du point d’indice, de l’énergie, l’inflation il manque un million pour boucler le budget ! Tous les services municipaux sont impactés. Certes la culture plus que d’autres, mais c’est aussi le plus gros poste budgétaire en dehors des services régaliens. En prenant le poste [Anouchka Charbey a succédé à José Alfarroba en 2015], je savais qu’il me faudrait gérer des baisses, mais là, c’est dur. »

Pourtant, l’édition 2023 du festival ne baisse pas pavillon et Vanves invite 7 festivals internationaux à présenter des chorégraphes émergents, dont beaucoup n’ont jamais été vus en France. « Nous avons une chance : la Ville nous laisse gérer l’artistique comme nous le voulons. On nous dit qu’il y aura des baisses mais on ne nous impose rien. Cela éloigne le vrai risque qui est celui du déconventionnement, comme pour certain de nos collègues de la région, reconnaît encore Anouchka Charbey qui admet cependant qu’il va lui falloir trouver une forme nouvelle pour assurer la pérennité de la  manifestation.

Philippe Verrièle 

En partenariat avec La Lettre du spectacle n°530

Légende photo : Anouchka Charbey

Crédit photo : D. R.

« L’institution continue de trop se focaliser sur le grand format »

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Aline César

3 questions à Aline César, autrice, metteuse en scène, directrice de la Compagnie Asphalte, copilote du groupe ÉgalitéS du Syndeac.

Les grands plateaux, les grosses productions sont-elles toujours la destination, l’objectif à atteindre ? 
Pour un artiste, c’est encore souvent un horizon, un graal. C’est l’idée de ne pas se limiter dans son imaginaire, envisager une scénographie conséquente, des moyens, beaucoup d’artistes au plateau. C’est ce qu’on projette spontanément, car notre éducation artistique s’est forgée au travers de cela. Mais aujourd’hui, cela ne correspond plus forcément aux imaginaires, aux esthétiques et aux désirs des artistes. Il y a un décrochage. L’institution continue de trop se focaliser sur le grand format comme critère de réussite. Cela est lié à la décentralisation et au maillage territorial : il faut remplir «les grandes salles», et le grand format est gage de visibilité, de rentabilité économique, de retentissement médiatique. Ce décrochage est aussi lié à la question de la transition écologique. Un grand plateau a un coût écologique important quant à la construction, au transport, au stockage...

Que permettrait une plus grande pluralité de formats ?
Le grand plateau n’est pas ce qui va correspondre à tous les propos. Il y a un enjeu à ouvrir à une diversité de formes, pour permettre d’autres récits, une relation plus proche avec le public. Des formats plus immersifs, sortir de la boîte noire et proposer des créations in situ, des promenades. Il y a un enjeu à habiter le monde autrement en tant qu’artiste. On pose un jugement esthétique sur ce qui est avant tout un modèle économique. Dans l’inconscient collectif, l’art monumental serait un gage du génie. Tout cela est très viriliste. Des récits de l’intime, du théâtre d’objets, de la marionnette, sont tout autant de la dentelle, or on leur attribue moins de valeur car ce sont des formats plus petits.

L’enjeu se situe-t-il également dans la relation aux publics ?
Ces formats peuvent permettre de décentrer – et non décentraliser – l’objet artistique, en allant plus vers le public. J’ai fait un solo à Avignon, en appartement, et je ne pouvais pas l’envisager autrement que dans un rapport très direct au spectateur que je voulais pouvoir regarder dans les yeux. Il ne s’agit pas de renoncer au grand format, mais il faut avant tout une diversité ; donner leurs lettres de noblesse à ces formats offrant d’autres rencontres avec le public, transfigurant le rapport à l’espace, au temps, renouvelant les expériences proposées. Des formes aussi moins gourmandes en énergie et en moyens.

Propos recueillis par Julie Haméon

En partenariat avec La Lettre du spectacle n°529

Crédit photo : D. R.

Suite à l’attaque, La Scala annule

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La Scala

Si le Parquet national antiterroriste ne s’est pas dans un premier temps saisi de l’enquête, l’assassinat de trois kurdes le vendredi 23 décembre, le Colt 45 au poing, par William Mallet, raciste de 69 ans, a plongé dans l’effroi une grande partie de la population française. Mîr Perwer, l’une des trois victimes mortellement touchées (trois autres personnes ont été blessées), était d’ailleurs musicien. Situé Boulevard de Strasbourg, La Scala Paris se trouve à trois croisements du Centre culturel kurde Ahmet-Kaya, rue d’Enghien, cible du tueur. Le théâtre a rapidement choisi d’annuler les trois spectacles qui étaient à son affiche ce soir-là : Une histoire d’amour, Play/Replay ainsi que la prestation d’Alexandra Pizzagali, dans la petite salle. Le restaurant du théâtre a également été fermé. « Cela s’est passé en deux temps, décrit Frédéric Biessy, directeur général de La Scala. Nous nous sommes d’abord posés la question d’une fermeture pour marquer le coup, consécutivement à l’acte lui-même. On ne peut pas tolérer ce genre d’horreur, dans un quartier, le 10e arrondissement, qui est en plus un creuset multiculturel, il y a des associations représentant 120 nationalités qui sont inscrites à la mairie. »

Rapidement, au fil des échauffourées entre forces de l’ordre et manifestants kurdes, avec l’édification de barricades et des participants aux heurts collés à sa devanture, La Scala comprend qu’elle risque de perdre la maîtrise de son lieu. « Nous ne pouvions pas risquer de faire entrer le public, constate Frédéric Biessy. Les spectateurs, qui sont quasi tous en lien avec La Scala, sont donc prévenus que les représentations n’auront pas lieu. « Ce qui nous a le plus choqués, c’est que cette déflagration est survenue au sein d’un équilibre auquel nous sommes attachés, que nous défendons, à travers un travail quasi-militant. Les Kurdes et les Turcs cohabitent ici en temps normal, il y a tout près un restaurant turc dans lequel nous allons très souvent, plein d’autres kurdes. Mais on sait aussi que tout peut démarrer au quart de tour et s’enflammer, il y a une fatigue après tout un tas d’épreuves, une grande tension dans la société, qui nécessite d’être apaisée très rapidement. Les gens ont besoin d’être considérés ». 

Nicolas Mollé

En partenariat avec La Lettre du spectacle n°529

Crédit photo : La Scala Paris

Une grande mécène à la Philharmonie

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Philharmonie

L’Institut Philharmonie de Paris-Aline Foriel-Destezet pour la jeunesse, la culture et l’éducation a été lancé le 16 décembre à Paris. L’établissement public sera soutenu à hauteur d’un million d’euros par an de 2023 à 2027 par la grande mécène fondatrice, la Philharmonie abondera de façon paritaire au financement. L’institut n’est pas une nouvelle entité juridique, ni un nouveau département, il s’intègre à celui de l’éducation. Olivier Mantei, directeur de la Philharmonie, assure : « La feuille de route n’est pas totalement écrite, afin d’être agiles face aux mouvements de la société. » Cet institut renouvellera l’ambition éducative pour la jeunesse. En soutenant des activités existantes, comme Demos (Dispositif d’éducation musicale et orchestrale à vocation sociale), ou de nouveaux projets, comme Bébé Phil pour les 0-3 ans.

Résidente fiscale au Royaume-Uni, Aline Foriel-Destezet, 81 ans, soutient de nombreuses institutions dans le domaine de la musique classique et du lyrique : le Festival d’Aix-en-Provence (La Lettre du Spectacle du 2 décembre), l’Opéra Royal de Versailles, les Arts florissants, la Scala de Milan… Ici, elle souhaite développer des actions vers les enfants : « J’ai eu la chance de baigner très jeune dans la culture et la chance de suivre mes études dans le public, au contact d’autres milieux sociaux que le mien, explique l’héritière du numéro 1 mondial du travail temporaire Adecco, 27e fortune française selon Forbes. Elle confie : Ce n’est pas une générosité, c’est un engagement. » Le déclic est venu d’une visite de la Philharmonie des enfants au printemps 2022, à laquelle Olivier Mantei l’avait conviée. Lorsque ce dernier dirigeait l’Opéra Comique, Aline Foriel-Destezet en était l’une des mécènes. 

Nicolas Dambre

En partenariat avec La Lettre du spectacle n°529

Légende photo : Aline Foriel-Destezet et Olivier Mantei.

Crédit photo : D. R.

Evaluer la consommation d’un spectacle

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LS107 - David Morel

Il y avait d’abord un rêve : organiser un concert sans être relié à un réseau électrique ni à un groupe électrogène. Autrement dit : monter un spectacle autonome en électricité. Un rêve commun au label et tourneur Jarring Effects, basé à Lyon, et à l’association Ozium. Cette dernière a monté le festival O’Zenergie en 2017 et 2018. « La deuxième année, 51 % du festival est alimenté par de l’électricité solaire. C’est de là que viennent les projets MobilVolts et SoWatt ?! », raconte Zoé Lebard, directrice générale de MobilVolts. Cette société conçoit, installe et loue des systèmes photovoltaïques, notamment dans le domaine culturel. Présent lors de ces festivals, David Morel, gérant de Jarring Effects, travaille avec MobilVolts pour organiser des spectacles en autonomie. C’est le cas d’un concert en juin 2021 à Lyon, pour lequel les lumières et la sonorisation sont alimentées par des batteries chargées grâce au soleil en journée. « La scène avec ses retours n’a consommé que 500 watts, avec une limitation du son à 90 décibels, explique-t-il. Nous avions utilisé une sonorisation basse consommation élaborée par Lu Sound. Mais s’est vite imposée la nécessité d’un simulateur, car on se pose beaucoup de questions sur la consommation de chaque élément du matériel, selon ses caractéristiques et son utilisation. »

[...]

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Par Nicolas Dambre

Légende photo : David Morel, gérant de Jarring Effects

Crédit photo : D. R.

La filière dans l’attente d’un grand plan de transition

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LS107 Rima

La ministre de la Culture a présenté de grands axes de travail sur la transition écologique. Un plan plus détaillé est prévu pour début 2023.

En 2015, le ministère de la Culture s’engageait dans une stratégie ministérielle de responsabilité sociétale, sociale et environnementale des organisations. Son volet environnemental proposait plusieurs axes d’action en interne. Depuis, et même si le ministère intervient en soutien aux initiatives, les acteurs culturels de plus en plus sensibilisés, et en contact permanent avec des publics qui le sont tout autant, attendent surtout un plan d’ensemble à décliner dans les régions et dans chaque structure. Cinq ont été énoncés. Le premier engage à « créer autrement de nouvelles pratiques durables ». Le ministère pourrait ainsi accompagner les intiatives de recyclerie des décors et costumes existantes et à venir, ou encore enjoindre ses opérateurs, comme les structures soutenues, à l’écoconception des expositions. Le Programme d’investissements d’avenir a notamment permis, récemment, à travers l’un appel à projets « Alternatives vertes » de soutenir le recyclage des décors mené par les Opéras de Lyon et de Paris. Deuxième axe présenté par la ministre, le développement d’un « numérique culturel sobre ». Il s’agirait donc de réduire autant que possible l’empreinte carbone liée à l’activité numérique culturelle, tout en maintenant, dans le même temps, l’ambition d’une forte présence de la France dans les univers virtuels du métavers. Une ambition somme toute assez contradictoire.

[...]

Lire la suite dans La Scène n°107 - Décembre 2022

Par Cyrille Planson

Légende photo : Rima Abdul-Malak, ministre de la Culture

Crédit photo : Ministère de la Culture - Thibaut Chapotot