Si le Off d’Avignon paraît toujours aussi incontournable, quelques programmateurs, pour des raisons financières mais aussi idéologiques, commencent à lui tourner le dos.
On le sait, les programmateurs tendent à réduire leur temps de présence à Avignon, pour le In et le Off, considérant la baisse de leurs finances et la hausse constante des coûts (train, hébergement, etc.). Ils sont néanmoins près d’un millier accrédités auprès du Off, à parcourir les rues de la cité papale en deuxième semaine, au plus fort de la fréquentation professionnelle. Et bien d’autres, sans accréditation. Isabelle Yamba a longtemps dédié une partie de ses étés à Avignon, d’abord en compagnie, dont elle était chargée de production et de diffusion ou codirectrice (La Fidèle idée, Les Maladroits…). « J’ai eu l’expérience du Off de ce côté-ci de la barrière, avant de le fréquenter en tant que programmatrice. Pour moi, le Off est un endroit complexe, avec une dimension marchande très affirmée, une profusion de propositions, et rien qui ne prédispose vraiment à une rencontre de qualité avec les projets comme avec les artistes. » Directrice de la saison culturelle de l’Ernée, pour la communauté de communes de l’Ernée (Mayenne), depuis 2022, elle s’interroge aussi sur la relation aux publics, une question qui apparaît comme en angle mort, à Avignon. « À Avignon, constate la programmatrice, un professionnel n’a pas de temps, il court d’un spectacle à l’autre. Et s’il ne le fait pas, s’il n’en voit que deux ou trois, plutôt que cinq ou six, il ne répond plus vraiment à cette injonction implicite qui lui est faite de voir un maximum de propositions. » Elle le reconnaît, elle a « besoin de temps » et n’est pas forcément en état de recevoir dans de bonnes conditions, pendant toute une semaine, une si grande masse de spectacles.
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Par Cyrille Planson
Crédit photo : Éric Deguin