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Entretien : « Ces assises répondent à un besoin profond »

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Stéphane Fiévet

Stéphane Fiévet, comédien et metteur en scène, ancien président du Syndeac (2003-2006), directeur de la culture à Paris 2024, et aujourd’hui consultant, conduit pour le compte du Syndicat national des metteuses et metteurs en scène (SNMS-CGT), les premières Assises nationales de la mise en scène (anms2024.fr) qui se déroulent, à tour de rôle, et jusqu’en janvier dans huit villes de France. 

Quel bilan pour les premières journées des Assises ?
Les deux premières dates ont eu lieu à Lille – date inaugurale – et à Strasbourg, avant Paris, le 21 octobre au CNSAD. Cela a été un vrai succès de fréquentation, avec plus de 200 personnes au Théâtre du Nord, Centre dramatique national Lille-Tourcoing, et près de 130 au Maillon, Théâtre de Strasbourg scène européenne. Pour l’étape de Paris, nous avons ouvert les inscriptions, sans publicité, et nous avons déjà 150 inscrits. Nous allons sans doute être obligés de doubler la date. Chaque édition sera différente puisque les territoires sont tous singuliers. C’est pour ça que nous coorganisons ces dates avec des théâtres très implantés, nous travaillons ensemble pour monter l’édition régionale. Là, des partenaires locaux, comme l’Agence culturelle Grand Est pour Strasbourg, les DRAC, et les lieux qui nous accueillent nous aident, notamment pour le casting des intervenants. C’est une co-construction.

Que tirer de ces deux débats ?
Le principe des huit éditions est que c’est cumulatif. Ce qui est évident, c’est que sur énormément de sujets, nous avons entendu les mêmes choses, avec des variantes locales ou un pas de côté, avec des propositions inédites. Mais des fondamentaux apparaissent, deux-trois éléments qui ressortent très nettement. D’abord, l’état d’esprit des participants. Ces assises répondent à un besoin profond, que les metteuses et metteurs en scène expriment très vite : ils se sentent un peu seuls et ont besoin de ce partage entre professionnels. Cela entraîne un état d’esprit extrêmement positif : être au travail, ensemble, c’est inédit. Ce sentiment d’isolement de ces artistes conduit à une véritable satisfaction d’être dans le partage.

Comment se déroulent ces journées ?
Il faut comprendre qu’on pose les mêmes questions sur les mêmes territoires, car ce sont des assises nationales et qu’on veut avoir une consolidation nationale, avec trois thématiques d’ateliers-débats : la trajectoire [pour définir le métier et les parcours], le processus [pour mettre en tension la question des publics] et la responsabilité [sur le rôle du professionnel face aux défis contemporains]. Mais il y a aussi une dimension territoriale. Ce qui peut changer, selon le lieu, ce ne sont pas les questions qu’on traite mais la méthodologie. Nous avons trois rapporteurs qui sont de toutes les éditions. Et des modérateurs venus des territoires. Et, en fin de journée, une plénière de restitution. 

Et ça marche ?
Les premiers retours valident les sujets mais on doit affiner certaines méthodes (par exemple, réduire certains temps) et donner plus de temps à la proposition. On est dans la dialectique du constat, parfois douloureux, parfois non, mais aussi de la proposition. Ce qui est fort, c’est que ça valide le fait qu’il y a un impensé de la définition de ce métier alors qu’il est au cœur de la plupart des projets. On travaille pour dire ce qu’est être metteur en scène en France aujourd’hui. En tous les cas, nous sommes très satisfaits des premiers pas. J’étais un peu inquiet au début de savoir si cela allait être compris, mais non seulement c’est entendu, mais aussi très attendu ! Cette réalité a d’ailleurs été pressentie par tous les partenaires des assises qui ont tout de suite compris qu’il y avait un enjeu, quelque chose qui n’était pas travaillé.

Quels sont vos moyens ?
Le budget global est de l’ordre de 250 000 euros, sans les interventions en industrie des partenaires. Les Assises sont à l’initiative du SNMS, le producteur, mais chaque date est montée avec les lieux qui accueillent, avec à chaque fois un vrai investissement en ce qui concerne l’accueil et la coordination. Il y a aussi d’autres partenaires, financiers et en industrie (Afdas, Audiens, SACD, ASTP) et, bien sûr, le ministère avec la DGCA qui nous accompagne, ainsi que les DRAC.  

Propos recueillis par Jérôme Vallette

En partenariat avec La Lettre du spectacle n°568

Crédit photo : D. R.

Enquête : le rap, genre disputé entre festivals

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SCH au festival Golden Coast

Les vedettes de rap étaient partout cet été dans les festivals dits « généralistes ». PLK aux Vieilles Charrues, aux Nuits secrètes, à Garorock et aux Francofolies, Josman et Luidji également aux Francos et au Main Square, Shay à We Love Green, aux Eurockéennes ou au Cabaret Vert… À l’inverse, à Marseille, terre de hip-hop, la Fiesta des Suds (du 10 au 12 octobre) n’a pas proposé de têtes d’affiche rap, hormis MC Solaar. Son programmateur, Frédéric André, confie : « On se place par rapport aux salles et festivals marseillais, comme Marsatac, Delta ou Hip Hop Society. Inutile de marcher sur leurs platebandes. Et je recherche des propositions live étoffées sur scène, ce qui n’est pas toujours le cas dans le rap. »
Ce que confirme Éric Bellamy, président de Nouëva Productions, tourneur de Dinos ou d’Aya Nakamura : « Beaucoup de festivals généralistes misent sur les mauvaises têtes d’affiche de rap pour assurer leur billetterie et rajeunir leur public. Ils sont au final parfois déçus par la pauvreté du show et la fréquentation, vu le prix que demandent les artistes, jusqu’à 200 000 à 300 000 euros. Car l’économie d’une tournée se base surtout sur les festivals pour rattraper les pertes financières en salles. » 

Festivals 100 % rap
Pourtant, des festivals 100 % rap sont apparus ces dernières années, comme Grünt en 2022, Yardland ou Golden Coast cette année, affichant complet. Grünt (lire ci-dessous) et Yardland ont été créés en région parisienne par des médias spécialisés rap. Anthony Ferrat, producteur exécutif du Grünt Festival, analyse : « Notre force : Grünt existe depuis 2012 et il a un public très engagé. Il défend notamment une nouvelle scène apparue après la pandémie, avec La Fève, NeS ou Luther. Un public et une scène permettent de lancer un événement. Aujourd’hui, des professionnels de la musique viennent découvrir des artistes au festival, qui joue un peu le rôle de MaMA du rap ! » 

Cachets
À Dijon, la première édition de Golden Coast a rassemblé plus de 50 000 spectateurs, les 13 et 14 septembre, avec une programmation plutôt axée sur des têtes d’affiche comme SCH, Zola ou Booba. Pourquoi des festivals 100 % musiques urbaines maintenant ? « Aujourd’hui, il y a un public qui n’est que hip-hop et qui aime les textes en français, analyse Christian Allex, un des programmateurs de Golden Coast. Il y a aussi une offre artistique énorme qui impose aux artistes d’exister en permanence par les réseaux sociaux, le streaming et la vidéo. Que ce soient les festivals généralistes ou spécialisés, ce ne sont pas eux qui font monter les cachets des artistes de rap, leurs prix ne sont pas irréalistes par rapport à la pop ou aux artistes internationaux ». Ce festival qu’il a monté avec Matthieu Pigasse, Live Affair et Play Two Live a déboursé de 1 000 à 250 000 euros en cachets. « Les cachets augmentent parce que ces artistes sont très suivis mais aussi parce que l’on part de très bas », estime Éric Bellamy. La période est-elle un nouvel âge d’or pour le rap français ?  

Le festival de rap Grünt reste mesuré  
Pour sa troisième édition, le festival Grünt a déménagé du fort d’Aubervilliers au  parc de la Bergère, à Bobigny (Seine-Saint-Denis), proposant près de 30 artistes sur deux scènes les 20 et 21 septembre. Il est coproduit par le site Grünt Mag (qui réalise notamment 
des captations et des documentaires) et MadLine, structure créée par Mad Minute Music et Blue Line pour gérer l’établissement FGO-Barbara à Paris. Anthony Ferrat, ex-agent d’Alias a rejoint Structure (Yann Dernaucourt et Pierre Cornet) qui est désormais producteur exécutif de l’événement. Il affirme : «Nous n’avons aucune envie de devenir un gros festival, nous limitons notre jauge à 10 000 spectateurs par jour autour d’une programmation émergente et sans compromis.» Le budget artistique ne représente qu’environ 20 % du budget total, de moins d’un million d’euros, du festival. Le tout sans aucun partenaire alors qu’il peut être du double dans d’autres festivals. Les artistes invités ont tous réduit leurs cachets.

Nicolas Dambre

Légende photo : Le rappeur SCH au festival Golden Coast, le 14 septembre à Dijon.

Crédit photo : D. R.

Hénin-Beaumont : escalade de la crise à l’Escapade

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Escapade

Y aura-t-il une saison 2024/2025 à l’Escapade, théâtre de ville d’Hénin-Beaumont ? Il est permis d’en douter. Du moins, pas celle annoncée dans la plaquette. 

Jeudi 3 octobre, le spectacle d’ouverture, L.O.L.A, du collectif L’Intruse, n’a pas eu lieu en raison de la grève des artistes qui souhaitent « alerter sur la reprise en main imminente du théâtre de l’Escapade par la mairie Rassemblement national ». L’équipe artistique de Bord de mer, programmée le 10, a été « acculée à la grève » alors qu’il s’agissait de la première de la pièce. La compagnie Protéo, qui devait jouer le 17, refuse, elle aussi, d’être au plateau. Depuis plusieurs mois, le feu couvait en coulisse et la totalité des compagnies programmées cette saison ont rejoint le collectif « Escapade en danger ». Sur le site Internet du lieu, la billetterie est inopérante, « en cours de construction ». La chargée de médiation est partie ; le régisseur, un intermittent du spectacle qui a débuté à l’Escapade il y a 25 ans, a suivi. Le directeur, Jean-Yves Coffre, en poste depuis 2020, est en arrêt maladie. Jusqu’à présent, il était parvenu à maintenir une programmation exigeante, saluée par tous, coproduisant de nombreux artistes notamment des Hauts-de-France, sans que la mairie n’intervienne dans ses choix artistiques. 

Relations dégradées
Mais, en interne, les relations étaient très dégradées. En janvier, le président de l’association renégocie seul la convention qui lie l’Escapade à la mairie, propriétaire des lieux. Cette convention prévoit que la mairie peut, sous préavis de quinze jours, disposer de la salle et même la reprendre, dans un délai de deux mois, pour une gestion culturelle municipale. « Je travaillais avec un pistolet sur la tempe », commente sobrement Jean-Yves Coffre. La mairie exige une dizaine de créneaux cette saison, parfois incompatibles avec la programmation déjà arrêtée. 
Pour sortir de cette situation, une délégation du collectif a rencontré le président. « Nous lui avons tendu la main, car l’objectif est de sauver l’outil de travail », explique Maxime Séchaud, de la CGT Spectacle. En vain. « Il nous a même proposé de négocier nous-mêmes avec la mairie, c’est un comble... », rapporte le metteur en scène Stéphane Titelein, membre du collectif. 

La grève continue
La grève va se poursuivre, annonce Maxime Séchaud, « mais ce n’est qu’une des modalités de l’action. Nous travaillons avec le Synavi pour mettre en place une caisse de grève et trouver des reprogrammations pour les compagnies. »
Malheureusement, constate Laurence Raoul, juriste de formation et directrice déléguée du SNSP, « les leviers de la contestation d’une convention sont peu nombreux, dès lors qu’elle ne contrevient pas aux règles de sécurité. Les cas où des exécutifs décident de rompre brutalement une convention ne sont pas si rares et toujours sur des positionnement politiques. » De fait, lorsque l’on est propriétaire et principale financeur, on est en position de force pour imposer ses clauses.  

Bruno Walter

En partenariat avec La Lettre du Spectacle n°568

Crédit photo : D. R.

« Le festival du Chainon manquant est arrivé à maturité et s’est installé dans le paysage »

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François Gabory

Le Chainon manquant à Laval (Mayenne), festival porté par le réseau Chainon, a connu (du 17 au 22 septembre) un succès d’affluence tant des professionnels que du public. Un bilan qui récompense une structure arrivée à maturité. Rencontre avec François Gabory, son président. 

Êtes-vous satisfait de cette nouvelle édition ?
Oui, c’est un bon bilan. Cela fait plus de 15 ans que je suis président du réseau et chaque année, c’est de mieux en mieux. Nous arrivons à quelque chose de vraiment abouti. Cette année, 805 professionnels ont été accueillis, 400 professionnels sont venus en repérage de spectacles, nous avons eu plus de 13 500 entrées pour 74 spectacles...

C’est l’âge de la maturité ?
C’est un festival qui s’est vraiment installé sur Laval, qui plaît aux Lavalois dans sa singularité. Mais le Chainon manquant est à usage professionnel. Après Avignon, c’est vraiment l’autre plateforme de repérage pluridisciplinaire en France. Chaque année, ce sont autour de 1 300 à 1 500 dates qui sont achetées après le festival. Le réseau c’est autour de 400 lieux adhérents. Quand j’ai commencé ma présidence, nous étions 80.

Quel sont ses point forts ?
La majorité des professionnels restent trois jours et voient de 20 à 30 spectacles dont les durées sont bien coordonnées. À Laval, nous n’avons que de vrais lieux de diffusion. Et c’est simple d’accès. Enfin, tous les spectacles du Chainon ont été vus : on peut ne pas aimer mais on sait que sur 5 ou 6 spectacles il y en a toujours au moins 1 ou 2 qui sortent du lot pour soi-même. Cette année, nous avons vu un peu plus de producteurs parisiens en musique, car nous sommes pluridisciplinaires. Ce qui montre que le réseau est beaucoup plus identifié qu’il y a 15 ans. En la matière, notre programmateur, Kevin Douvillez, nous aide beaucoup.

Quel est le rôle du Chainon dans la diffusion des spectacles ?
C’est un remède, une aubaine, une opportunité. On n’a jamais un artiste qui s’est plaint de venir. Le réseau n’a fait que se développer avec ce souci de la diffusion, car c’est vraiment un réseau de diffuseurs, premiers prescripteurs de la découverte. On met 400 personnes « autour d’une table » qui forment un réseau de repérage de tout ce qui se passe en France. Le Chainon est un grand entonnoir qui filtre tout ça. Et ce que nous choisissons, c’est voulu et validé par le conseil d’administration qui porte la programmation, même si Kevin Douvillez (directeur artistique) nous conseille. Désormais, nous avons une place à côté de l’outil ministériel qu’est l’Onda. Le ministère de la Culture nous reconnaît vraiment dans cette mission, avec notre singularité et nos fragilités. Le Chainon est un tout-en-un avec un esprit qui reste quand même militant.

C’est un réseau associatif ?
C’est un réseau qui n’a pas énormément de moyens, qui est associatif oui : la disponibilité des collègues n’est jamais facile, car tout le monde est investi sur dix milliards de choses. Nous nous adressons essentiellement à des lieux non conventionnés, en grande majorité des théâtres de ville, des projets culturels de périphérie, en milieu rural, etc. Notre adhérent « moyen » est un service culturel d’une commune de minimum 10 000-12 000 habitants, avec un théâtre qui a entre 300 et 400 places, et un budget de programmation à l’année autour de 100 000 euros, avec évidemment de gros écarts.

Comment les adhérents choisissent-ils les spectacles ?
Nous organisons des réunions de tournées, par région, d’octobre à décembre où les adhérents choisissent les spectacles sur un catalogue tout simple, avec un prix, les conditions techniques, etc. Chaque année, on commence par une région différente, car les disponibilités ne sont pas les mêmes en début ou fin de cycle.  

Propos recueillis par Jérôme Vallette
 

En partenariat avec La Lettre du Spectacle n°567

Légende photo : François Gabory

Crédit photo : D. R.

Des musiciens du Concert d’Astrée sérieusement impactés par des artifices

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Offrande musicale

Lors d’un spectacle du festival de l’Offrande musicale, des musiciens ont reçu des projectiles de feu d’artifice et subi des traumatismes auditifs parfois très sérieux.

Que s’est-il passé le 13 juillet au soir, sur le lac de Payolle (Hautes-Pyrénées), lors du spectacle Music for the Royal Fireworks, de Haendel, donné par le Concert d’Astrée, en clôture du 4e Festival de l’Offrande musicale ? Pour nombre de musiciens, ce fut un choc auditif et émotionnel d’une intensité rare. Cet événement, couplé à un feu d’artifice qui monte en puissance jusqu’à un final tonitruant, a donné lieu a des « traumatismes auditifs » documentés, une sidération et un accident du travail déclaré par le Concert d’Astrée pour ses 38 artistes. Trois musiciens seront d’ailleurs en arrêt le lendemain du concert. Une catastrophe.

Astrée déclare l’accident du travail
Les témoignages que nous avons recueillis sont éloquents et recoupent ceux publiés par La Lettre du Musicien. Plusieurs artistes ont comparé cela à « des bombardements » étant donné l’intensité des explosions sur la scène flottante, face à la montagne. Leur cheffe, Emmanuelle Haïm, s’en est elle-même émue dans un courriel du 16 juillet aux membres de l’ensemble. Le concert, admet-elle, « a été particulièrement éprouvant et traumatisant […] Malgré nos efforts, les dysfonctionnements ont été importants jusqu’à ce feu d’artifice catastrophique, incontrôlé et tonitruant […] L’équipe met tout en œuvre pour que nous puissions vous aider au mieux. » Dès le lendemain, sa directrice de production écrit aux personnels intermittents du spectacle afin de proposer « la consultation (au moins à distance) d’un médecin ORL si vous avez des symptômes persistants sur place ». Le courriel propose aussi « le contact d’un ORL parisien », connu de l’ensemble, « un formulaire » afin d’avoir « le retour le plus rapide possible » et de faire part « d’autres symptômes ». « Les déclarations d’accident du travail » pour tous seront faites, dit-elle. Pour conclure : « Si vous avez des dégâts sur vos instruments, éventuellement vos tenues, ou avez reçu des projectiles [veuillez me] l’indiquer. » Le 15 juillet, l’administratrice financière et RH informe que l’ensemble est « en train de faire les déclarations d’accident du travail » et pousse les artistes à faire « établir un certificat médical ». Le 16 juillet, elle prévient « des possibilités de consultations auprès du service médecin direct 24/24 h et 7/7j dans le cadre du contrat santé ». Une cellule d’écoute est en place pour ceux qui relèvent de la mutuelle d’Audiens. 

L’Offrande tarde
Ce n’est que le 17 juillet que la présidente du festival, Jéselyne Vallé, écrit aux artistes : « Nous déplorons vivement les désagréments que vous nous avez exposé avoir subis […]. Le festival présente ses plus vives excuses à ceux des musiciens qui souffriraient encore des nuisances sonores qu’ils auraient subies. » Un conditionnel mal à propos et tardif, pour les artistes. « David Fray, en sa qualité de pianiste, est particulièrement sensible aux problèmes liés à l’audition et tient à faire personnellement preuve de la plus grande compassion si des artistes souffraient encore », poursuit encore Jéselyne Vallé qui met la balle dans le camp de l’artificier, « celui qui organise les feux d’artifice privés de Versailles […] Nous lui adressons immédiatement un courrier pour l’interroger sur les points que vous soulevez : trop grande proximité des barges, point de départ des fusées, avec la scène et intensité des décibels, points sur lesquels nous n’avons nous-mêmes pas cessé d’insister.» 

Et l’artificier ?
Léopold Decourcelle se dit très surpris, « bousculé » par ces retours, d’autant que le festival de l'Offrande l'a encouragé à « lever toute suspicion sur ce qui s'est passé ». Il assure ne pas avoir reçu ce courrier. Sur la distance de sécurité, qui conditionne la prévention des risques auditifs, il affirme que « les 5 barges du tir de lancement des artifices étaient placées à 65 mètres de celle des musiciens alors que la distance réglementaire est de 50 mètres ». 
Et pour les effets de bombes ? « Le tir de lancement était placé à 145 mètres au lieu des 125 mètres réglementaires ». Pour lui, « aucune retombée de débris sur les musiciens », ni aucun incident dans le public signalé. Un déni de réalité ? Des membres du Concert d’Astrée le contredisent : « J’ai vu ce débris aux pieds de ma collègue et j’en ai reçu », dit l’un, étonné de cette assurance. Des photos ont été prises par l’ensemble. Pour un des musiciens, rompus à ces spectacles avec feux, « quand vous tirez sur l’eau, c’est un amplificateur. Et en plus entouré d’une chaîne de montagnes… C’était n’importe quoi. » Selon lui, l’artificier aurait averti de la configuration. Léopold Decourcelle assure même avoir envoyé à la cheffe d’orchestre les informations au mois de mai, avec les moments où le bruit serait plus intense : deux temps successifs de 2 minutes et 40 secondes, sur 19 minutes et 40 secondes de feu silencieux, dit-il. 
L’orchestre ne nous a pas répondu sur d’éventuels griefs envoyés à l’artificier ou au festival. L’Offrande musicale n’a pas plus levé nos interrogations sur son plan de prévention et sur l'envoi du dossier de sécurité (plan de tir et dispositions pour limiter les risques) à la mairie et à la préfecture. Une préfecture, elle aussi, insensible à nos questions. Le choc du 13 juillet les a-t-il rendu sourds ?

Arzelle Caron et Jérôme Vallette
 

En partenariat avec La Lettre du Spectacle n°567

Légende photo : Capture d’écran d’une vidéo réalisée par un spectateur.

Crédit photo : D. R.

Montpellier : le Domaine d’O annule sa saison artistique jusqu’en 2025

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Domaine d'O

La direction du Domaine d’O à Montpellier (Hérault) vient d’annuler son festival de cirque Ekilibr ainsi que de sa saison jusqu’à la fin de l’année.

«C’est avec regret que nous avons dû faire le choix de l’annulation du festival de cirque Ekilibr ainsi que de notre saison artistique jusqu’en décembre 2024 », a annoncé par courrier la direction du Domaine d’O à Montpellier (Hérault) aux équipes techniques, les prévenant « qu’il ne sera procédé à aucune embauche d’intermittents de septembre à décembre 2024 ». 

Une structure en déficit depuis 2023
La raison invoquée ? « Un contexte budgétaire tendu » en raison de la création, le 1er janvier 2025, de la Cité européenne du théâtre et des arts associés, un EPCC qui viendra remplacer le Domaine d’O. 
Cette situation de « fragilité financière » (le déficit s’élèverait à 600 000 euros pour la saison 2023-2024), la Métropole de Montpellier, l’explique par « la très forte inflation des derniers mois et l’épuisement des réserves financières de la période Covid, entraînant une réduction des moyens pouvant être consacrés à la programmation artistique ». 

Les intermittents comme variable d’ajustement ?
Pour ne pas hypothéquer l’avenir de cette nouvelle structure qui rassemblera l’association Printemps des Comédiens et l’EPIC Domaine d’O, la Métropole qui finance cette dernière à hauteur de 3 millions d’euros a donc fait le choix en urgence de « limiter les engagements contractuels de l’EPIC pendant la période de transfert ». 
Si la Métropole préfère parler d’un « allègement » plutôt que d’une annulation de saison (4 spectacles restent à l’affiche en partenariat avec le CDN Treize Vents et le théâtre Jean-Vilar), pour autant ce désengagement a des conséquences directes sur les promesses d’embauche faites à la centaine d’intermittents du spectacle qui travaillent à l’année pour la structure. Considérant la situation comme « inadmissible », le Synptac-CGT déplore que les intermittents « servent de variable d’ajustement budgétaire ». Le syndicat s’étonne également que la direction ait attendu le 23 septembre pour faire ces annonces, « alors qu’elle ne pouvait qu’être au courant de cette fameuse situation budgétaire tendue, qui n’a pas pu apparaître au cœur de l’été ». 
Concernant les compagnies, le Domaine d’O étudie « au cas par cas une reprogrammation ou un accompagnement dédié » dans le cadre de création de la nouvelle structure qui verra le jour en 2025.  

Arzelle Caron

En partenariat avec La Lettre du Spectacle n°567

Crédit photo : Marie Caroline Lucat

Seine-Saint-Denis : La Maison des jonglages part à Bondy

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Copyleft (Compagnie Nicanor de Elia)

La scène conventionnée art et création pour les jonglages va quitter La Courneuve (Seine-Saint-Denis) où elle est née pour Bondy (Seine-Saint-Denis). 

La Maison des jonglages, scène conventionnée art et création pour les jonglages, implantée dans le centre culturel Jean-Houdremont de La Courneuve (Seine-Saint-Denis) depuis sa création en 2008, va déménager dans le courant de l’automne à Bondy (Seine-Saint-Denis). C’est là qu’à l’horizon 2029 elle occupera un lieu dédié, permettant la mise en place de la programmation, de la formation, des résidences artistiques et du Festival annuel (Rencontre des jonglages, dont la 18e édition aura lieu les 15, 16, 17 et 18 Mai 2025 à Bondy). « Nous allons occuper des bureaux provisoires le temps de la construction du projet architectural qui se trouvera dans une opération de rénovation urbaine financée par l’ANRU », précise Vincent Berhault, directeur de la Maison des jonglages.

Montée à La Courneuve, le projet associatif arrive peu à peu au terme de son partenariat avec la Ville. Bondy, la commune des bords du canal de l’Ourcq, à 9 kilomètres de Paris, et qui accueille déjà la Maîtrise de Radio France, le Bondy Blog, une université populaire, une Micro-Folie, ouvre ses bras à la Maison des jonglages. Avec un aspect pratique : « C’est le même département, donc nous conservons nos partenaires (DRAC, Département, Région) et notre appellation », poursuit Vincent Berhault. Seule change la communauté de communes, mais la Maison des jonglages a déjà engagé des projets avec Est Ensemble, l’agglomération d’accueil, pour 2025.

Du côté de la Courneuve, des actions vont se terminer en douceur en 2025, et la transition commence déjà sur les rives du canal de l’Ourcq : la 18e édition du festival Rencontre des jonglages (15, 16, 17 et 18 mai 2025), sera la première à Bondy, avec une quinzaine de représentation en coeur de festival. Mais l’évènement est aussi francilien, l’association reçoit l’aide à la permanence artistique et culturelle de la Région. Résultat, une trentaine de représentations se dérouleront sur l’ensemble de l’Île-de-France sur tout le mois de mai.

Jérôme Vallette

En partenariat avec La Lettre du spectacle n°566

Légende photo : Copyleft (Compagnie Nicanor de Elia) lors de la Rencontre des jonglages 2023.

Crédit photo : Rosina Rojo

Le SMA se mobilise face aux crises

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SMA

Le Syndicat des musiques actuelles (SMA) a tenu son congrès annuel les 10 et 11 septembre à la Carène, à Brest (Finistère). La salle de concert aurait dû être labelisée scène de musiques actuelles au même moment, mais l’irrésolution au sommet de l’État l’en a empêché. Différents ateliers étaient proposés aux adhérents sur la mobilité des publics, l’adaptation au changement climatique, ou encore la question des addictions dans les équipes. Le grand débat, « Mobilisation : quelle implication de notre filière face aux défis actuels ? », interrogeait l’attitude du secteur face aux crises démocratique, économique, sociale ou environnementale. Aurélie Hannedouche, la directrice du SMA, relate : « Quel récit et quelle vision de la société souhaitons-nous porter face au Rassemblement national ? Nous devons dépasser nos intérêts sectoriels pour nous emparer de sujets sociétaux. Mais nous savons très bien communiquer avec nos communautés, moins avec le reste de la population. » 

Des « fonds » d’inquiétude 
Plusieurs dispositifs gouvernementaux interrogent le secteur des musiques actuelles. Le Fonds festivals, instauré par Roselyne Bachelot, sera-t-il reconduit après 2024 ? Pourrait-il s’articuler avec le plan Culture et ruralité voulu par Rachida Dati en faveur des festivals ruraux ? Ce plan prendra-t-il effet avec le ou la prochaine ministre de la Culture ? Le contrat d’engagement républicain imposé aux associations subventionnées pose également question. « Des évolutions seraient également nécessaires concernant la loi LCAP [loi relative à la liberté de la création de 2016, NDR] afin de la renforcer pour éviter les cas de censure », note Aurélie Hannedouche. Enfin, le plafond de 50 millions d’euros de la taxe perçue par le Centre national de la musique sur la billetterie risque d’être dépassé cette année. Le SMA souhaiterait que l’excédent reste dans la filière. Lors de ce congrès, le Conseil national du SMA a été renouvelé pour un quart de ses membres avant d’élire les membres du bureau et le nouveau président du SMA, Stéphane Krasniewski, directeur (lire aussi page 20) du festival Les Suds (Arles), qui succède à Laurent Decès, tout nouveau directeur de la SMAC Stereolux (Nantes). Le syndicat compte à ce jour 616 adhérents.

Nicolas Dambre

En partenariat avec La Lettre du spectacle n°566

Crédit photo : Sébastien Durand

Jeux olympiques : le spectacle vivant demande des mesures compensatoires

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JO Paris 2024

La séquence olympique fut belle, mais a laissé des traces bien visibles dans certains bilans. 

La question des compensations pour les pertes financières liées à l’organisation des Jeux olympiques de Paris 2024 est apparue dès l’annonce, en 2022, du décalage de nombre de manifestations culturelles par le gouvernement. « Tous les festivals qui demandent la présence d’unités de force mobiles auront bien lieu pendant l’été 2024 », avait assuré Rima Abdul Malak, en 2023. Mais avec des « ajustements ». De fait, après des mois de discussions, la plupart des événements culturels de l’été se sont déroulés, souvent sur de nouvelles dates, mais sans catastrophe globale. Même si des cas particuliers se font jour. 
À quelques semaines de la présentation des chiffres des festivals de l’été par le Centre national de la musique, mais aussi de données économiques sur l’activité des théâtres parisiens par l’Association pour le soutien du théâtre (ASTP), les demandes se précisent.

L’offensive de La Scène indépendante sur le Off
La Scène indépendante a multiplié les interventions pour avertir de la « catastrophe », alors en cours, qui touchait le Off d’Avignon au début de l’été. Les dates de l’édition 2024, et la durée raccourcie du festival ont pesé dans les comptes des compagnies et des lieux, d’autant plus que s’y sont ajoutées les élections législatives, une campagne anxiogène, et des vacances « locales » qui n’ont pas été avancées. Résultat, les pertes de billetterie du 29 juin au 8 juillet, dues aux baisses de fréquentation, semblent importantes, surtout pour les plus petites structures. Dix premiers jours catastrophiques pour lesquels, Fabrice Roux, le président du syndicat avait demandé dès juillet une aide exceptionnelle de 3,5 millions d’euros correspondant au prix de 30 % de la billetterie des premiers jours du Off. Des élus se sont fait le relais de cette demande, comme la sénatrice de la Loire-Atlantique, Karine Daniel (PS) qui veut des « mesures adaptées ». Face au silence de la ministre, il est vrai démissionnaire, la Scène indépendante a modifié son angle d’attaque : « Nous avons proposé que le gouvernement, plutôt que de donner de l’argent sur des recettes non réalisées, prenne en charge un ou deux salariés sur cette semaine problématique », résume le délégué général du syndicat, Philippe Chapelon. En ce sens, il propose que le gouvernement modifie les critères d’attribution du dispositif de soutien à l’emploi du plateau artistique de spectacles vivants pour les petites jauges (APAJ), afin qu’il s’active dès le premier artiste, et non à partir de trois artistes au plateau. Uniquement sur la période du 29 juin au 8 juillet. De 2018 à début 2023, ce dispositif spécifique du Fonds national pour l’emploi dans le spectacle (Fonpeps) s’activait dès le premier artiste, mais un décret de janvier 2023 l’a changé. « Tout le monde y gagnerait, poursuit Philippe Chapelon : les compagnies, aidées, les artistes, payés au-dessus du minimum syndical, et l’État qui récupérera une partie en cotisations sociales ». Et pour ce syndicat, qui tente depuis 2023 de revenir aux critères initiaux de l’APAJ, c’est un pied dans la porte bien précieux pour rouvrir la discussion sur le périmètre d’intervention du dispositif. 

Les producteurs ont déjà leur montant
Du côté des plus gros producteurs de spectacles, le montant des pertes est déjà chiffré de longue date. Du fait de l’occupation par les épreuves olympiques du Stade de France, et des deux arenas parisiennes, ils ont estimé en 2023 à 150 millions d’euros leurs pertes de billetterie. Nul doute qu’ils plaideront leur cause sur ce point. En dehors de ce cas spécifique, si Malika Séguineau, directrice d’Ekhoscènes, reconnaît aujourd’hui que la majorité des festivals de ses adhérents ont pu se dérouler cet été, « certains entrepreneurs ont malheureusement subi de fortes contraintes liées aux Jeux olympiques ». Des « cas identifiés qui vont nécessiter des mesures compensatoires ». Par exemple, devant la Commission nationale chargée d’instruire les demandes d’indemnisation des professionnels qui s’estiment pénalisés économiquement par les mesures prises par l’État dans le cadre des Jeux olympiques. « De manière globale, si la saison des festivals a pu se tenir, cela ne veut pas dire que les festivals vont bien en soi », relance Malika Séguineau qui profite de la période pour demander « l’ouverture d’une réflexion plus large sur le modèle des festivals en France ». Les événements du printemps ont souffert de la météo, d’une fréquentation moindre, certains « de réglementations mal adaptées ». De quoi « perturber » les équilibres du modèle économique.
Du côté du Syndicat des musiques actuelles (SMA), la « question économique a été au centre des préoccupations » du congrès de Brest, face « aux crises ». Pour sa part, France Festivals, qui attend les données consolidées du CNM, demande la pérennisation du Fonds festivals. Et nombreux sont ceux qui souhaitent son redimensionnement à hauteur de la crise inflationniste. Un dossier à porter dans la séquence budgétaire.

Des théâtres touchés
Autres structures, les théâtres privés parisiens semblent avoir marqué le pas cet été. Du côté d’Ekhoscènes, « seuls 5 sont restés ouverts, anticipant un moment difficile ». Les cabarets ont vu leur activité se contracter. Si les données ne seront disponibles que fin octobre, nous a précisé Anne-Claire Gourbier, directrice de l’ASTP, « les théâtres sondés font état d’une diminution des visiteurs de 40 % » sur l’été. Un dossier de plus pour la commission d’indemnisation.

Jérôme Vallette

En partenariat avec La Lettre du spectacle n°566

Crédit photo : Paris 2024

Avignon : le bon retour de l’expérience TER

Infoscènes
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L’expérimentation d’offre de trains et de bus après 23h depuis la cité des Papes, menée du 29 juin au 21 juillet, devrait être pérennisée l’an prochain.

Initiée par le Collectif des festivals éco-responsables et solidaires en Région Sud (Cofees), cette offre de transport nocturne a permis de proposer une offre de transport à 23h30 en direction d’Arles, Cavaillon, Orange et Carpentras (La Lettre du Spectacle n°558).
« Le premier retour que nous avons est que cette offre répond à un besoin, souligne Véronique Fermé, responsable développement, animation et formations du Cofees : L’horaire semble approprié, ni trop tôt, ni trop tard. La communication tardive [en avril, NDLR] a sans doute freiné certaines personnes qui avaient déjà prévu leur hébergement et leur moyen de transport. » 
Une réunion a eu lieu le 29 août entre la Région Sud (qui finance l’opération), le Cofees et deux experts du Bureau des acclimatations (soutenabilité écologique des activités culturelles) pour imaginer les suites de cette expérimentation.

Des chiffres à venir
Les chiffres de fréquentation, les catégories de festivaliers et leurs motifs de déplacement devraient être publiés et analysés courant octobre par l’Université d’Avignon. D’ores et déjà, la ligne la plus fréquentée est celle qui allait en direction de Cavaillon, sans doute parce qu’elle desservait six gares intermédiaires. Céline Guingand, responsable administrative et financière du Cofees, l’a expérimentée : « Il y avait majoritairement des jeunes entre 16 et 25 ans qui ne s’étaient a priori pas rendus à Avignon pour le Festival, mais pour retrouver des amis. J’en concluais que cette “ population bien connectée ” avait eu vent de ce nouveau service directement dans les applications mobilité du territoire. » Des compagnies de théâtre et des touristes pourraient aussi utiliser ces TER tardifs. Ces transports supplémentaires nécessitent une importante mobilisation de matériel roulant, de conducteurs, d’agents d’accueil et de sécurité. Des voyageuses ont pu les emprunter sans sentiment d’insécurité. Pour Véronique Fermé,« ce dispositif peut faciliter le partage des publics entre différentes manifestations sur un territoire et donc réduire leurs émissions de CO2 : un spectateur du Festival d’Avignon peut, par exemple, en profiter pour aller aux Chorégies d’Orange. »

Nicolas Dambre

En partenariat avec La Lettre du spectacle n°565

Crédit photo : D. R.