Six mois après l’incendie de leurs locaux, l'équipe du Centre chorégraphique de Rillieux-la-Pape rentrent à la maison.
Enfin, Moncef Zebiri et son équipe du Centre chorégraphique de Rillieux-la-Pape (Métropole de Lyon) rentrent à la maison ! Il y avait dix ans qu’entre l’incendie de 2017 – l’enquête n’a jamais trouvé le “gone” qui en brûlant une voiture a gravement endommagé le bâtiment –, et celui de mars 2026, déclenché pendant des troubles qui visaient la municipalité, les équipes du CCN n’avaient plus accès à leur lieu de travail. Elles assuraient leur mission depuis les locaux temporaires à Velette Services [du nom du quartier où est installé le CCN].
« Tous les obstacles sont aujourd’hui levés »
Mais en juillet, l’équipe a enfin réintégré ses bureaux et le Grand Studio, situé au troisième niveau ; en janvier le « studio fosse » et le rez-de-chaussée seront aussi disponibles et en novembre tout sera terminé. « Il y a une volonté de tout le monde, ville comme ministère, pour que tout s’achève bien », se félicite Moncef Zebiri qui assure que tous les obstacles y compris financiers sont aujourd’hui levés : « C’est le toit qui posait problème. Certains éléments n’existent plus, mais comme l’architecture est classée “bâtiment remarquable” il fallait le refaire à l’identique. Aujourd’hui tout est réglé. »
Travail de terrain
Quant à l’insertion dans le quartier, le chorégraphe, nommé il y a un an, assure qu’elle ne pose aucun problème : « Nous faisons un gros travail de terrain, sur le rapport humain, dans la discussion avec les familles. Elles ont été impliquées même dans le choix de la charte graphique. » Et d’ajouter qu’il y a une attente de la part des habitants. « Il n’y a pas longtemps, une mère du quartier est entrée dans le bâtiment pour nous demander où l’on pouvait s’inscrire et qu’est-ce que l’on pourrait voir ! » Dès que seront levées les réserves quant aux espaces qui ont été réaménagés – la campagne de travaux récente (mars 2025) visait à « renforcer la connexion » au quartier – mais n’ont pu faire leurs preuves avant d’être endommagés, la priorité sera de renforcer cette implication. « La ville de Rillieux est divisée par des frontières invisibles ; pour le quartier, avoir le CCN c’est une fierté et quand nous proposons des fins de résidences, il y a des gens de Lyon qui viennent, mais aussi beaucoup de gens du quartier. » Jusqu’ici, c’était dans une école où un gymnase. Moncef Zebiri espère rapidement retrouver la même ferveur au cœur même du bâtiment restauré. Car, tout en assurant mettre l’accent sur la création – une grande pièce est prévue pour mai 2027 –, Moncef Zebiri cache mal une impatience certaine à clore, avec cette réouverture, un chapitre qui reste douloureux pour tout le monde.
Philippe Verrièle
En partenariat avec La Lettre du Spectacle n°610
Légende photo : Moncef Zebiri, directeur du CCN de Rillieux-la-Pape
Crédit photo : Tony Noel