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Musiques actuelles : face à un tunnel politique de tous les dangers, le SMA liste ses priorités

Infoscènes
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Musiques actuelles

Le Syndicat des musiques actuelles a publié ses perspectives 2026 – « Face aux dangers, préparer l’avenir des musiques actuelles » – qui font état de ses points de vigilance et d’action.

Très inquiet de « l’instabilité politique depuis deux ans », le SMA envisage qu’elle pourrait « atteindre son paroxysme et déstabiliser une filière qui a pu se structurer et se professionnaliser grâce à son intégration dans des politiques publiques ambitieuses ».

Face à ce risque réel, le premier axe de travail du syndicat est de lutter contre la fin du consensus sur « la place des collectivités territoriales dans le financement public de la culture ». Il a ainsi produit un plaidoyer afin d’équiper ses adhérents et d’alerter les candidats. Car les communes sont, et de loin, les premiers financeurs des SMAC, et très souvent propriétaires de ces lieux labellisés. La question du financement est centrale, insiste sa directrice, Aurélie Hannedouche, « d’autant plus que l’on voit, après la séquence de suppression des subventions par la région Pays de la Loire, que c’est devenu acceptable de tailler dans les budgets culture. » Il y a donc, martèle le SMA, une bataille culturelle a tenir, même si elle semble mal engagée. « Nous devons remettre les questions de la culture sur la table, comme quelque chose d’important comme une question qui n’est pas partisane et qui dépasse les clivages politiques », détaille Aurélie Hannedouche qui vise bien au-delà des municipales.

CNM : plus de plafonds

Autre question majeure, celle de « l’équilibre territorial de la diffusion pour la survie de l’écosystème », largement malmenée par les problèmes de financement à venir du Centre national de la musique (lire page 9). Celui-ci a dû mobiliser ses réserves face aux baisses de subventions cette année. « Là, clairement, il y a vraiment quelque chose à jouer en vue du budget 2027 », assure la directrice du syndicat. La conséquence de ce budget amoindri est une baisse d’un million d’euros sur les aides aux salles de concert (de moins de 600 places), de 900 000 euros sur les tournées, notamment. « Cela va venir attaquer toutes les salles qui produisent des émergents », estime Aurélie Hannedouche, d’autant plus avec « le Fonpeps qui baisse ». En ligne de mire, le déplafonnement des taxes qui financent le CNM. Les parties prenantes y sont favorables, mais ont trouvé face à elles les commissions des finances du Parlement peu bousculées par l’ex-ministre de la Culture.

« Plus de commun »

Le SMA, très en pointe sur les questions de liberté de création va continuer de se porter partie civile où il le pourra. Car les incidents sont devenus monnaie courante : « maintenant, c’est tous les mois. » Les questions sociétales déjà bien appréhendées restent au cœur de sa politique : après avoir agi sur le carbone, il réfléchit aux adaptations climatiques pour les festivals et aux problématiques de santé publique propres aux métiers de la Culture, avec des annonces à venir. Un vaste chantier qui nécessite aussi « du commun ». Et la directrice du SMA d’insister sur la nécessité de « faire corps » au- delà des chapelles, afin que « le spectacle vivant se présente plus uni : cela au rait bien plus de poids» face à ce qui s’annonce.

Propos recueillis par Jérôme Vallette

En partenariat avec La Lettre du Spectacle n°599

Crédit photo : Éric Deguin