Du montage à la maintenance, le jumeau numérique commence à trouver sa place dans les équipements culturels. S’il promet de fiabiliser les données et de réduire les temps de préparation, son déploiement reste exigeant.
Qu’il soit issu d’une modélisation 3D brute ou d’un nuage de points capturé par un scanner, le jumeau numérique est une réplique virtuelle qui permet de corriger les imprécisions des plans d’architectes, souvent faux ou obsolètes. Mur pentu, parois aux courbes organiques, aspérités dans le sol, trappe ou décalage de quelques centimètres sur une passerelle, la numérisation à l’aide de capteurs enregistre avec une précision millimétrique le moindre détail.
À la Philharmonie de Paris, l’investissement dans la modélisation des trois salles ouvre ainsi des perspectives inédites. Si le travail s’annonce particulièrement fastidieux en raison des courbes iconiques du bâtiment imaginé par Jean Nouvel, les usages potentiels sont nombreux. Grâce à cette maquette 3D enrichie de données dans le logiciel Vectorworks, les équipes peuvent non seulement se balader virtuellement dans le bâtiment, sur le gril, au plateau, dans les dessous, mais aussi s’asseoir dans un fauteuil en salle pour vérifier la visibilité du spectacle. Surtout, elle permet d’extraire des informations comme des listes de matériel, des données techniques liées aux appareils d’éclairage, ou de tester différents éléments techniques et artistiques.
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Par Arzelle Caron
Légende photo : À la Philharmonie de Paris, un nuage de points quadrille l’intégralité de la grande salle Pierre-Boulez.
Crédit photo : D. R.