Le grand marasme des compagnies

    Fanny Spiess

    Coup de frein sur la diffusion, coproductions en berne, charges en hausse, subventions en baisse. La situation des compagnies est certes contrastée, mais peu échappent à une crise inédite qui va nécessairement faire des dégâts, humains comme artistiques.

    « Je ne sais pas ce que je vais faire l’année prochaine. Il faut bien que je mange. » Comédienne et performeuse, Stéphanie Chamot est aussi épuisée que révoltée. Membre de la compagnie Faut le faire, elle voit l’agenda de celle-ci proche de l’encéphalogramme plat. « La compagnie a travaillé sur un gros projet, Western, explique-t-elle. Nous avons fait quelques dates en 2019 et le Covid est passé par là. Tout s’est effondré et nous avons été victimes de “l’embouteillage Covid” en sortie de crise. Un gros projet qui tombe à l’eau, après avoir tant travaillé, c’est épuisant psychologiquement. Alors oui, c’est la grosse fatigue, mais oui, il faut lutter. » Et Stéphanie Chamot, également musicienne, ne voit pas d’échappatoire de ce côté-ci, peut-être, aussi, un effet de son épuisement. « Dans la musique, ça ne va pas mieux, je crois même que c’est pire. Je fais partie des Vaginites, avec Corinne Masiero, mais on ne va pas assommer les gens au niveau de la billetterie. Nous sommes aussi des militantes, nous nous produisons dans les lieux alternatifs… »

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    Par Bruno Walter

    Légende photo : Fanny Spiess, codirectrice de la Compagnie 8-avril

    Crédit photo : Moland Fengkov