Des containers modulables pour une autre empreinte écologique du théâtre

    containers

    Le ministère de la Culture et le CDN de l’océan Indien basé à La Réunion ont passé commande d’un Mobil Téat’ au scénographe Raymond Sarti. « L’ADN du projet, c’est d’être une boîte à outils modulable pour favoriser les résidences artistiques sur les territoires », éclaire Luc Rosello, qui dirige le CDN centré autour du théâtre du Grand Marché de Saint-Denis, chef-lieu. Le Mobil Téat’ faisait partie du premier projet de candidature de Luc Rosello en 2017 et devrait voir le jour fin 2022, au cours de son second mandat. Pour le réaliser, il a fait appel à Raymond Sarti, qui s’était déjà fait remarquer lors de Marseille-Provence 2013 dans le hangar J1 du port autonome phocéen avec une exposition de 60 containers. Or ceux-ci sont précisément au cœur de ce projet développé, qui plus est, sur l’axe d’une des plus puissantes lignes de transit actuelles du fret maritime, l’océan Indien. Le Mobil Teat’ est à la fois un réceptacle mobile de diffusion mais aussi un outil de création. Outre sa scène, il comprend en effet deux ateliers intégrés. De quoi lui permettre de créer ses propres décors et costumes sur place à partir des ressources des zones géographiques traversées.

    Il se présente sous forme de quatre containers en acier Corten : un dédié au théâtre (diffusion, coin régie, douche, WC), à la un construction (pour les décors), un pour la couture (pour les costumes) et un pour la billetterie/bar. Plusieurs modulations sont possibles dans des configurations pouvant aller de 50 à 200 places. « J’ai choisi de poser la question de l’autonomie énergétique qui ne figurait pas au départ dans le cahier des charges, ajoute Raymond Sarti. Avec la possibilité d’un approvisionnement hybride s’appuyant autant sur le secteur 220 volts que sur des groupes électrogènes, des éoliennes (de 500 à 5 000 watts) et des panneaux voltaïques rigides, souples ou en toile. Une réponse à l’urgence écologique. « Au départ, je souhaitais même impliquer l’armée sur ce projet car le génie militaire sait par exemple travailler dans le désert en autonomie mais cela s’est révélé très compliqué politiquement », poursuit-il.

    Le ministère de la Culture finance ce projet à hauteur de 180 000 €, la Ville de Saint-Denis pour 100 000 €, l’enveloppe de 12 440 € de la région réunionnaise, plus modeste, concerne néanmoins l’axe décisif de l’autonomie énergétique. Depuis l’intérêt marqué par Roselyne Bachelot lors de sa récente venue à La Réunion, le projet a désormais les faveurs des Antilles et de Mayotte. Raymond Sarti travaille pour ce projet avec Benoît Probst, remarqué lorsqu’il a revisité la cour d’honneur du palais des Papes d’Avignon.

    Propos recueillis par Nicolas Mollé

    En partenariat avec La Lettre du Spectacle n°506

    Légende photo : Une des configurations, dans 2 ou 4 containers

    Crédit photo : D. R.