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Audrey Ardiet : « Cette saison reflète ce qui fait l’ADN du lieu depuis 50 ans »

Infoscènes
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Audrey Ardiet

Cette année, La Rose des vents, scène nationale de Villeneuve-d’Ascq (Nord) fête ses 50 ans. Sa directrice, Audrey Ardiet, revient sur son identité au long cours, mise en avant dans cette saison anniversaire. 

Que représentent pour vous ces 50 ans ?
Je suis fière de cette longévité. C’est dans la durée qu’on peut construire des fidélités et accompagner tous les publics. La Rose des vents s’est inscrite dans une forte dynamique territoriale, en lien avec des lieux qui vont aussi fêter des anniversaires : en 2028, La Maison de la culture de Tournai, un partenaire historique, aura 60 ans, et Le Méliès, le cinéma rattaché à la scène nationale, 50 ans. Et certaines périodes ont été importantes pour elle : dans les années 1990, elle a accueilli la nouvelle scène flamande, créant un vrai choc esthétique en France, et la création du Next Festival en 2008 a donné de la puissance à sa programmation internationale, déjà existante.

Comment avez-vous conçu cette saison spéciale ? 
Je ne voulais pas être dans la nostalgie, donc je n’ai pas invité des artistes phares du lieu. J’ai plutôt pensé à ce qui fait son ADN, notamment la danse : des grandes formes et une diversité d’esthétiques (du flamenco avec Rafaela Carrasco, du hip-hop avec Sofiane Chalal), la nouvelle scène française (Leïla Ka) et, bien sûr, flamande actuelle, dont la jeune chorégraphe belge Femke Gyselinck. J’ai aussi mis l’accent sur la programmation internationale, y compris dans le festival 100 % Magie qui compte une magicienne espagnole et une britannique. Par ailleurs, de manière intuitive, la dimension politique et sociétale dans cette programmation s’est révélée plus forte qu’avant.

Vous fêtez cet anniversaire dans un bâtiment rénové…
Oui, c’est continuer ainsi à célébrer sa réouverture. D’autant qu’on retrouve désormais ce qui a toujours fait sens à La Rose des vents : on peut réaccueillir des artistes en résidence, donc soutenir la création – neuf en 2026, dont Hugues Duchêne qui crée ici cette saison – et la nouvelle Grande Salle permet d’y jouer les grandes formes, dont celles en coréalisation avec nos partenaires.

Comment intégrez-vous le public à cette célébration ? 
Cette question était importante. En 50 ans, le public est resté curieux, et a aussi évolué. Certains sont là depuis le début, et nous en avons gagné d’autres lors de notre nomadisme par un travail de proximité. Outre un recueil de témoignages, on organise le 7 novembre Le Bal arrangé avec la compagnie La Halte-Garderie, une fête dansée inclusive, ouverte à tous les publics avec ou sans handicap, où les aidés deviendront les aidants.

Un vœu pour les 50 ans à venir ? 
Que La rose des vents reste un lieu de curiosité, et hospitalier pour les artistes, les publics et les équipes. 

Propos recueillis par Hanna Laborde

En partenariat avec La Lettre du Spectacle n°610

Crédit photo : D.R.