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Anniversaires : June Events et La Maison Danse Uzès, une vie de longue durée

Infoscènes
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LL604 Anniversaires

L’un fête ses 30 ans du 3 au 7 juin, l’autre ses 20 ans du 26 mai au 13 juin. Et comme au premier jour, les festivals La Maison Danse Uzès porté par le CDCN Uzès Gard Occitanie, et June Events par l’Atelier de Paris / CDCN ont toute leur vitalité. Rien que les taux de fréquentation le disent : 91 % en 2025 pour le premier, et 92 % pour le deuxième. Selon Anne Sauvage, à la tête de l’Atelier de Paris, un festival est « une matière perméable, se régénérant » au gré des contextes. Une qualité qui n’est pas étrangère à la longévité dont June Events peut se targuer. « Les transformations du projet de l’Atelier de Paris et du lieu à la Cartoucherie de Vincennes ont renforcé June Events, grâce à la reprise du Théâtre du Chaudron en 2012 et la labellisation en 2015 », résume-t-elle. Soit, pour le festival : des doubles soirées entre « découvertes » à l’Atelier de Paris et grands formats au Théâtre de l’Aquarium, et plus de spectacles coproduits par le CDCN (11 sur les 14 créations de l’édition 2026). Pour Émilie Peluchon, le festival La Maison Danse Uzès, renommé ainsi à son arrivée en 2023, « n’est pas distinct du travail mené à l’année ». Elle développe un projet autour de l’enfance et de la jeunesse pour le CDCN, qui irrigue désormais le festival, et encore davantage à l’avenir depuis que la structure est PIPD (Pôle international de production et de diffusion) Danse enfance jeunesse.

La force des  partenariats
Si un festival dure, c’est parce qu’il est entouré. Parmi ses tutelles, La Maison Danse CDCN bénéficie du soutien du même maire depuis 1996 et d’« une complicité » avec les équipes techniques pour déployer le festival dans l’écrin patrimonial qu’est Uzès – sur les 300 000 euros de son budget (sans aides fléchées), 80 000 euros sont dédiés à son installation, le CDCN n’ayant pas de lieu propre. À quoi s’ajoute l’aide des « forces vives du territoire », dont les commerçants et les habitants, au diapason de cet événement qui a vite trouvé son succès : « Didier Michel, son fondateur, est arrivé avec un fort désir de danse, des aficionados et un réseau large de professionnels. » De son côté, June Events (200 000 euros de budget) fait preuve « d’inventivité et d’expertise » pour (re)construire sans cesse des partenariats, dans un dialogue au long cours. S’il prend en charge 100 % du plateau artistique et technique dans les espaces de la Cartoucherie, le CDCN peut compter notamment sur l’aide de nombreux lieux en coréalisation et le soutien des centres culturels étrangers à Paris et des délégations internationales pour l’accueil des artistes étrangers.

Une acuité de regard
Quid de la substance artistique ? Anne Sauvage souligne : « La vitalité du festival est liée à notre sensibilité envers la force de l’invention chorégraphique, sans forcément suivre les modes. » Depuis sa création par Carolyn Carlson, June Events n’a en effet cessé d’être un tremplin parisien pour les artistes (Katerina Andreou, Aina Alegre, Maud Le Pladec…), en privilégiant la pluralité des « écritures ». Pour cette édition, le chorégraphe Selim Ben Safia est invité à concevoir un pan de la programmation, dans le cadre de la Saison Méditerranée. Une démarche d’ouverture aux artistes que la directrice entend développer pour ce festival qui accroît aussi la place faite à l’émergence. Celle-ci a vite trouvé sa visibilité à La Maison Danse Uzès, dès sa création par Didier Michel qui souhaitait « faire vivre les écritures du moment », celles de la nouvelle danse, constate Emilie Peluchon. Depuis son arrivée, celle qui tient à la diversité des esthétiques infléchit la ligne du festival pour « faire vivre des héritages autant que donner à voir la création de demain ». Pour preuve, l’affiche de 2026 fait se côtoyer entre autres Maguy Marin, avec sa pièce May B (déjà programmée en 1996), et Sati Veyrunes, jeune artiste montante. Une édition où les filiations se questionnent pour mieux penser l’avenir.

Hanna Laborde

En partenariat avec La Lettre du Spectacle n°604

Légende photo : A gauche : Anne Sauvage, directrice de l’Atelier de Paris. A droite : Émilie Peluchon, à la tête de La Maison Danse Uzès.

Crédits photos : Patrick Berger / Peter Avando