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« Des ajustements en cours de saison, ce n’est pas idéal »

Infoscènes
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Harriague

Martin Harriague, directeur du Ballet d'Avignon, vient de présenter  la prochaine saison... qu'il ne finira pas, puisque son mandat au CCN Ballet Biarritz débute le 1er janvier 2027. Une situation complexe  à négocier avec doigté. 

Vous avez donné votre dernière création avec le Ballet d’Avignon. Quel est votre prochain projet ?
Ce n’est pas la dernière création ! Les projets se montent à l’avance et Synergy inc., « ou comment réparer un cœur brisé », doit être co-chorégraphié avec Emilie Leriche, ma partenaire dans le duo Crocodile, pour une première le 27 avril à Berne et mi-mai à Avignon. Car c’est une coproduction entre le Ballet de l’Opéra Grand Avignon et le Bühnen Bern Ballett rassemblant l’ensemble des danseurs. Ils seront 26 ! Et d’ici là, je vais créer un Don Quichotte, pour le CCN Ballet Biarritz en décembre 2026, pour un programme mixte avec l’Amour Sorcier, de Thierry Malandain [fondateur et actuel directeur du CCN Ballet Biarritz, NDLR]. Ce sont l’un et l’autre des projets très importants.

Le Ballet Biarritz va-t-il changer ?
Pour le moment, il est prévu de recruter quatre danseurs, sans aller au-delà de l’effectif actuel  (22). La difficulté vient de ce que ces danseurs choisis par Thierry se sentent à l’aise dans mon travail. Des ajustements en cours de saison, ce n’est pas idéal. Cela revient à envisager une double programmation avec certains danseurs qui vont partir. Nous y verrons un peu plus clair lors du Temps d’Aimer 2027. Je pense au thème d’une pièce pour l’ensemble de la compagnie. Une grande forme adaptable à des théâtres plus petits pour répondre aux enjeux de diffusions. Par ailleurs, je voudrais inviter d’autres chorégraphes, mais se pose la question budget. Chaque production avec un invité demande un budget supplémentaire. J’attends de savoir où nous en serons, avec les coupes budgétaires réelles, et d’avoir élaboré des stratégies pour des financements complémentaires. J’aimerais faire revenir Thierry Malandain pour une création en 2028, à l’occasion des 30 ans du CCN. Lui n’a plus trop envie ; il a besoin de se détacher. Mais d’ici quelques mois, ce serait très bien.

Comment est perçue votre arrivée ?
Très bien. Les habitants me connaissent. Mais il a fallu envisager la problématique du conseil d’administration [Catherine Pégard en a quitté la présidence]. Le président, Clément Hervieu-Léger [administrateur général de la Comédie-Française], malgré ses fonctions, s’implique beaucoup. Tout le monde est très vigilant, mais sans inquiétude. Nous allons vers 4 à 6 % de réduction des financements quand un remontage d’une pièce d’un autre chorégraphe représente 50 000 euros de droits ! Dans l’immédiat, mon projet le plus important, c’est d’apprendre le basque. Bien que né à Anglet, je ne le parle pas et je sais que dès qu’on pratique la langue, une confiance particulière s’installe. C’est surtout vrai de l’autre côté de la frontière. Et comme je souhaite continuer à nourrir et à développer le travail transfrontalier, il me semble important de faire cette démarche, même pour des raisons artistiques. 

Propos recueillis par Philippe Verrièle

En partenariat avec La Lettre du spectacle n°608

Crédit photo : D. R.