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CNM : la locomotive est sur les rails, et en attente de moyens nouveaux

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Jean-Philippe Thiellay

Le nouvel établissement a remplacé le CNV dès janvier et poursuit sur la même voie, en attendant l'entrée des autres organismes. Et peut-être des crédits nouveaux.

« D’abord continuer, ensuite commencer. » Jean-Philippe Thiellay, le premier président du Centre national de la musique (CNM), pourrait prendre à son compte cette maxime. Le CNM a succédé au Centre national de la chanson, des variétés et du jazz (CNV) le 1er janvier. La promesse du ministre de la Culture est donc tenue sur le plan juridique, mais, dans la vie des producteurs de concerts et des artistes, rien n’a encore changé. Les dispositifs d’aides du CNV ont été prolongés, de même que la composition des commissions chargées de sélectionner les dossiers. Trois mois après la création du nouvel établissement public, les salariés de l’ex CNV travaillent toujours au même endroit et les collègues des associations qui doivent intégrer le CNM cette année ne sont pas encore arrivés. Il s’agit de l’Irma (Centre d’information et de ressources pour les musiques actuelles), le FCM (Fonds pour la création musicale), le Bureau export de la musique et le Calif (Club action des labels et disquaires indépendants). Leur fusion au sein du CNM commencera dès lors que leurs assemblées générales respectives auront approuvé leur dissolution. Ce qui devrait avoir lieu en juin.

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Par Yves Perennou

Légende photo : Jean-Philippe Thiellay, président du Centre national de la musique, disposera de 50 M€ pour la première année du CNM.

Crédit photo : E. Bauer

A quand la parité dans les programmations ?

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Marie Buscatto

Les femmes sont mal représentées sur les scènes de concerts ou de théâtres, ou restent coincées dans des stéréotypes sexués. Le changement viendra de programmations volontaristes.

Les femmes sont toujours aussi peu nombreuses à certains postes : direction de lieux ou de festivals, direction artistique, métiers techniques… les chiffres sont connus. Cette sous-représentation existe aussi sur les scènes de concerts de musiques actuelles. Les causes de ces disparités entre sexes sont multiples. Marie Buscatto, sociologue et autrice de l’étude « Femmes du jazz : musicalités, féminités, marginalisations », analyse : « Les obstacles que rencontrent les femmes sont des processus sociaux cumulatifs dans le temps. Ils commencent dès la petite enfance. Les réseaux de cooptation – très importants dans les arts – favorisent davantage les hommes, à cause des stéréotypes sexués et parce que les membres de ces réseaux sont plutôt masculins, poursuit-elle. Les conventions de travail favorisent les hommes dans l’affirmation de leur position. Et vers 30-35 ans, les femmes envisagent souvent d’avoir des enfants, ce qui représente une contrainte dans leur carrière, contrairement aux hommes. » À ces trois processus s’en cumulent d’autres, portés par les parents (qui poussent vers la pratique ou non, vers tel instrument), les enseignants de musique, les compagnes et compagnons, les programmateurs, les producteurs, les autres musicien(ne)s, les journalistes… 

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Par Nicolas Dambre

Légende photo : Marie Buscatto, sociologue

Crédit photo : Julien Pebrel

Vrai / Faux : les grèves de décembre ont eu un impact sur la saison.

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Vrai / Faux

Vrai !

Le sujet est sensible car la réforme des retraites portée par le gouvernement n’a sans doute trouvé que de rares partisans dans le monde du spectacle. Souvent solidaires du mouvement social, les professionnels se sont pour certains engagés, tandis que d’autres ont assumé sans trop de contestations les conséquences des grèves de décembre dernier. Pourtant, les baisses des réservations liées aux difficultés à se déplacer dans les transports en commun ont été sensibles, de même que les annulations de spectacles en raison de grèves des techniciens ou des artistes mobilisés contre la réforme des retraites…

L’impact fut réel en région en Île-de-France. Au tout début du mouvement, le 5 décembre, la moitié des théâtres parisiens avaient fermé leurs portes. Le théâtre privé a été particulièrement affecté, les directeurs annonçant souvent une diminution de 50 % des réservations par rapport à la même période l’année précédente. La grève de l’Opéra de Paris – impliquant 120 danseurs sur les 154 que compte le corps de ballet – a sans doute été la plus médiatisée. 

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Par Cyrille Planson

Les femmes artistes sont-elles discriminées en termes de moyens de production ?

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Véronique Felenbok

Plusieurs facteurs concourent à écarter les femmes de moyens de production adaptés à des projets ambitieux.

Plus de dix ans après la parution du rapport de Reine Prat (2006) qui pointait les inégalités hommes/femmes dans le spectacle vivant, force est de reconnaître que la situation n’a guère évolué, s’agissant de l’octroi de subventions et de moyens de production. Un nouveau rapport remis en 2016 par Cécile Hamon à la ministre de la Culture indiquait ainsi que, toutes disciplines confondues (théâtre, danse, musique, arts de la rue et cirque), « les compagnies dirigées par des femmes représent[ai]ent moins de 30 % des compagnies aidées par l’État et n’obten[aient] que 23 % des aides allouées ». En outre, seuls 15 % des équipes artistiques bénéficiant du label « compagnies à rayonnement national et international » étaient dirigées par des femmes.

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Par Marie-Agnès Joubert

Légende photo : Véronique Felenbok, directrice du Bureau des filles

Crédit photo : Julien Pebrel

La transition numérique des établissements culturels

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Couv transition numérique

En modifiant notre rapport au monde, l’ère numérique a aussi transformé l’usage que chacun fait des lieux culturels. Communication, interactivité, gestion de la transition au sein d’un service et d’une collectivité, organisation de la veille technologique… L’ouvrage est complet. Il détaille, exemples à l’appui, comment les structures culturelles vont devoir s’adapter rapidement pour répondre aux nouvelles exigences d’accès qui sont celles des publics.

Par Pierre-Marie Bonnaud

Éditions Territorial, 98 pages, 62 €

Nominations : Riester n’atteint pas la parité

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Sophie Alour

La journée du 8 mars est chaque année l’occasion de publier de nouvelles données statistiques sur la place des femmes dans la culture et, pour les responsables politiques, de répéter leurs engagements pour tendre à la parité à la direction des établissements publics. Encore faudrait-il les mettre en pratique. La liste des nominations effectuées ou approuvées par Franck Riester depuis qu’il a pris le poste de ministre de la culture, en octobre 2018, montre que le ministère n’y est pas encore. Il s’agit de 37 postes de direction à des scènes sous un des labels nationaux du spectacle vivant (hors scènes conventionnées d’intérêt national). On compte 22 hommes, 14 femmes et un collectif. De plus, depuis plus d’un an, la règle de la parité dans les short-list paritaires n’est plus respectée, comme le montre la présélection du TGP Saint-Denis ou celle du Quai, à Angers. Ce n’est pas davantage le cas pour les recrutements de direction aux scènes nationales, même si, dans ce cas, le principe du secret réclamé par l’état, permet souvent de le cacher. 

Yves Perennou

En partenariat avec La Lettre du Spectacle n°467

Légende photo : Sophie Alour, programmée à Bagneux

Crédit photo : Elodie Winter

À Lignières, les Bains-Douches fragilisés

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Festival L’Air du temps 2019

Commune du Cher de 1 400 habitants, Lignières est la plus petite ville de France à disposer d’une scène de musiques actuelles (SMAC). Pour combien de temps encore ? Labellisés en 1996 et reconnus Pôle régional chanson depuis 2001, les Bains-Douches traversent une passe financière délicate depuis que la Ville a décidé de ne plus rembourser le loyer de la salle, dont elle est propriétaire. Un manque à gagner de 25 500 € par an, que la mairie justifie par un budget de plus en plus contraint et par un investissement jugé important. En plus du loyer, elle verse 25 000 € sur les 500 000 € de subventions dont bénéficie la structure (état, Région, Département et communauté de communes). « C’est un défi supplémentaire à une situation déjà compliquée », explique le directeur Sylvain Dépée.

Fondés en 1978 par Annie et Jean-Claude Marchet, les Bains-Douches ont longtemps fonctionné grâce à l’engagement de ces deux figures locales. La première était directrice adjointe, de manière bénévole, jusqu’en 2018, et le second, qui avait fait valoir ses droits à la retraite à la même date, percevait un faible complément de revenus. à son arrivée en 2018, Sylvain Dépée a dû trouver les moyens financiers nécessaires au remplacement de ces postes. Un montant chiffré à 44 000 €. à cela s’ajoutait la démission de quatre salariés, en désaccord avec son prédécesseur, resté deux mois à la tête des Bains-Douches : « J’ai dû reconstruire une équipe, confie Sylvain Dépée. On a tenu le bateau sans faire d’écarts et en diminuant notre budget de fonctionnement, en sachant que la nouvelle équipe [huit équivalent temps plein, NDLR] n’avait pas forcément les réflexes de la précédente. »

Pour faire face, les Bains-Douches travaillent à des ajustements pour son festival L’Air du temps, qui a lieu chaque année en mai. « On va voir si la formule du festival fonctionne et on va faire le dos rond cette année, en lançant une cagnotte de soutien et en essayant de convaincre les partenaires de sanctuariser les financements, poursuit Sylvain Dépée. Mais il est évident qu’on ne pourra pas faire le même volume d’action qu’avant. » 

David Prochasson

En partenariat avec La Lettre du Spectacle n°467

Légende photo : Festival L’Air du temps 2019

Crédit photo : M. Eytier
 

Julie Deliquet nommée au TGP Saint-Denis

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Julie Deliquet

Après de longues semaines d’atermoiement, Julie Deliquet a été nommée pour succéder à Jean Bellorini à la direction du Théâtre Gérard-Philipe de Saint-Denis (93). La metteuse en scène d’un Conte de Noël, fondatrice du collectif In Vitro est associée au Théâtre Gérard-Philipe depuis 2014. Elle annonce qu’elle s’appuiera sur Leïla Anis, Lorraine de Sagazan et sur son collectif In Vitro afin de créer une permanence artistique à Saint-Denis (93). Elle portera une attention particulière aux jeunes éloignés des milieux de l’art et de la culture. Par ailleurs, Julie Deliquet entend faire du Théâtre Gérard-Philipe une référence pour le repérage des nouveaux talents. Elle va prendre ses fonctions « rapidement », Jean Bellorini ayant déjà pris ses nouvelles fonctions au TNP de Villeurbanne (69).

Yves Perennou

En partenariat avec La Lettre du Spectacle n°467

Légende photo : Julie Deliquet

Crédit photo : Samuel Kirszenbaum

Marionnettes : les quatre premiers centres nationaux

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Les Anges au plafond

Au moment où un lieu consacré à la marionnette cesse son activité de diffusion – La Fabrique à Meung-sur-Loire – les DRAC ont adressé des lettres de cadrage aux quatre scènes conventionnées repérées comme « centre national de la marionnette en préparation ». L’Espace Jéliote à Oloron-Sainte-Marie (64), le Théâtre de Laval (53), le Sablier à Ifs (14), et l’Hectare, à Vendôme (41), recevront dès 2020 un complément de subventions, fléché sur la création, pour les amener graduellement au plancher de 150 000 euros négocié avec les organisations professionnelles des arts de la marionnette. Globalement, le secteur accueille favorablement ce progrès. Brigitte Bertrand, codirectrice du Sablier, se « réjouit » pour les compagnies, dont le « champ d’expression » est reconnu, et espère la fin d’une forme de « mépris » pour cet art. Isabelle Bertola, directrice du Mouffetard - TMP (Paris) et coprésidente de Latitude Marionnette, salue la « reconnaissance du travail des artistes » et une « avancée nécessaire » qui « doit encore bénéficier à d’autres lieux ». Pierre Jamet, directeur du Théâtre de Laval, souligne que la marionnette demande d’importants moyens en production, ce qui rend le label « particulièrement pertinent ».

La répartition des lieux fait tout de même débat, en raison de leur localisation à l’Ouest. En outre, des lieux reconnus dans le secteur n’ont pas pu candidater, puisque cette première vague de labellisation a été réservée à des scènes conventionnées. Jean-Paul Lang du Théâtre de marionnettes de Belfort indique qu’atteindre les critères aurait été trop difficile pour sa structure. Aucune confirmation officielle n’est venue pour les lieux-compagnonnage (LCMC). « Reste à savoir comment les artistes qui [les] dirigent seront accompagnés eux aussi », se demande Jackie Challa, directrice de l’Espace Jéliote. Sylvie Baillon, directrice du Tas de Sable (Rivery) et ancienne présidente de Themaa, relève que la « notion d’accompagnement à la structuration » reste à préciser. Serge Boulier, directeur du Bouffou Théâtre à la Coque (Hennebont), rappelle la complémentarité des LCMC avec les scènes et appelle à un traitement paritaire dans la création et le fonctionnement des CNM, tout en soulignant la modicité des moyens mis en œuvre. Brigitte Bertrand résume le sentiment d’ensemble grâce à la ténacité collective, « l’utopie peut devenir réalité. » 

Mathieu Dochtermann

En partenariat avec La Lettre du Spectacle n°466

Légende photo : Les Anges au plafond (ici White Dog) annoncés en création au Théâtre de Laval en avril

Crédit photo : Vincent Muteau

Musique à l’export : investir pour confirmer les succès

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Vincent Peirani

L’année dernière s’est montrée dynamique pour la musique française à l’export, annonce le Bureau export de la musique. Du côté des tournées, les résultats sont jugés « excellents », avec 5 500 dates recensées auprès de 167 producteurs de spectacles pour 750 artistes. La méthode d’étude ne permet pas d’avoir les chiffres de la billetterie, mais des points sont calculés pour chaque spectacle en tenant compte de la jauge de la salle, du festival, du pays et du statut de l’artiste. L’électro est encore en tête. Les musiques urbaines arrivent en dernière place. Ce que les conseillers du Bureau export expliquent par un manque de motivation des artistes français de cette esthétique à tourner à l’étranger. Le genre world-reggae arrive en deuxième position, puis le jazz et le classique, à égalité avec la pop. Suivent le rock et metal et la chanson. Les artistes femmes sont seulement 20 % (hommes 64 % et groupes mixtes 16 %). « Le baroque français reste extrêmement prisé à l’international », relève Françoise Clerc, responsable du pôle Musiques classiques & jazz au Bureau export.

1,5 à 2 M€ espérés avec le CNM 
Marc Thonon, directeur général, estime qu’il est essentiel d’investir sur le succès du classique français à l’international. Il compte sur l’entrée dans le Centre national de la musique pour lever de nouveaux moyens financiers : « C’est le moment d’accompagner, parce que les artistes français performent mieux que le marché. Les moyens du Bureau export sont déjà passés de 3,2 à 5 millions en deux ans et on pense que sur les 7,5 millions annoncés par le ministre de la Culture pour le CNM, on peut espérer 1,5 à 2 millions d’euros de plus dès cette année. Pour en avoir discuté avec Jean-Philippe Thiellay, président du CNM, ils ont envie de poursuivre notre projet stratégique qui prévoyait une montée en puissance. » Le Bureau export a augmenté ses aides, en quatre ans, de 570 000 à 1,8 million d’euros cette année. Marc Thonon entend aussi valoriser l’effort d’expertise et d’accompagnement des adhérents. Le Bureau export de la musique devrait intégrer le Centre national de la musique au 1er juillet, après confirmation par l’assemblée générale de l’association. 

Champions à l’export 
Directo production (Gil Marsalla) réalise une belle opération avec Piaf ! Le spectacle (78 dates). Les artistes Zaz (Caramba), Polo & Pan (Caramba), Perturbator (The Link Productions) et Caravan Palace (Live Nation) complètent le quinté de tête. Dans le genre jazz-soul-musiques improvisées, Anteprima fait un doublé avec Vincent Peirani (54 dates) et Youn Sun Nah. Suivent les artistes Hannah Williams & the Affirmations (Base Concept), Tigran Hamasyan (Giansteps) et Marthe (L’Oreille en friche). Dans le classique, les cinq premiers sont le Quatuor Modigliani, Quatuor Arod, Gli Incogniti, les Arts florissants et Capella Mediterranea.

Yves Perennou

En partenariat avec La Lettre du Spectacle n°466

Légende photo : Vincent Peirani

Crédit photo : J. Pretel