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Villes et métropoles : se projeter dans l’après

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Hélène Amblès

Fonds d’urgence, aies exceptionnelles : les villes se sont vite mobilisées, coordonnant leurs efforts avec les autres collectivités. À l’heure d’envisager l’avenir, certains directeurs des affaires culturelles imaginent que le contexte pourrait induire une forte évolution des pratiques professionnelles et des rapports des acteurs entre eux. 

Hélène Amblès est directrice générale adjointe de la culture et du patrimoine de la Ville de Poitiers et de Grand Poitiers Communauté Urbaine (86). Également présidente de l’Association des directeurs des Affaires culturelles des grandes villes et des agglomérations de France. Au terme du confinement, elle a l’impression d’avoir essuyé une vraie tempête. Avec, entre autres boussoles, le groupe What’s app de son association « pour échanger en temps réel nos expériences et le peu d’informations que nous avions ». S’exprimant comme ses collègues à titre personnel, la DAC de Rennes (35), Ville et Métropole, Rachel Fourmentin, concède que « s’il faut bien sûr se montrer inventifs, il faut aussi reconnaître que ce que nous affrontons est vertigineux ». Se félicitant de la réactivité de la réponse des collectivités territoriales, pilotant fonds d’urgence et enquêtes alors que l’état demeurait muet en centrale, elle pose trois sujets prioritaires dans sa réflexion du moment : « le soutien aux acteurs culturels qui souffrent le plus (par l’aide à l’activité et la production), aux populations les plus fragiles (en densifiant l’offre à leur adresse), sans oublier les enjeux sociétaux qu’il faut relever, au premier rang desquels la crise climatique et les solutions qu’elle nous enjoint de trouver. » 

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Par Cyrille Planson

Légende photo : Hélène Amblès, directrice générale adjointe de la culture et du patrimoine de la Ville de Poitiers et de Grand Poitiers Communauté Urbaine

Crédit photo : D. R.

Programmation : entre équilibre et solidarités

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Céline Bréant

Sans spectacle à voir pendant plusieurs mois, les programmateurs ont dû s’organiser différemment pour imaginer leurs saisons futures. Avec plus d’échanges, de réseau et peut-être d’écoute auprès des artistes de leur territoire. Des habitudes nouvelles que certains aimeraient conserver à l’avenir. 

Les reports possibles ont été réalisés, les annulations négociées. Quelques semaines plus tard, des incertitudes fortes demeurent sur la situation sanitaire du pays en septembre. Les saisons seront exceptionnelles, avec un nombre record de projets « recasés » dans des plannings déjà bien chargés. La plupart des lieux ont décalé la sortie de leur plaquette de saison, souvent transformée en support trimestriel. Cette urgence-ci – le rattrapage d’une saison tronquée – sera encore d’actualité mais, tous en conviennent, l’impact de l’annulation des fins de saison et des festivals se fera ressentir sur plusieurs années.

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Par Cyrille Planson

Légende photo : Céline Bréant, directrice du Gymnase, CDCN de Roubaix

Crédit photo : Julien Pebrel

Comment les artistes ont surmonté le confinement

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Keren Ann

En s’assurant de la survie économique de leurs projets, en se plongeant dans une création future ou en maintenant le lien à distance avec les publics, les artistes ont fait preuve réactivité dans un contexte qui, pourtant, accroissait encore leur précarité.

Passé le choc de l’annonce de la fermeture des établissements culturels, les artistes n’ont pas eu le temps de se laisser aller dans une posture d’abattement. Malgré l’incertitude des mois à venir, ceux qui ont une création ont dû déployer toute leur énergie pour continuer à imaginer leur projet à distance avec leurs équipes. La charge administrative et l’impossibilité d’accéder à des lieux de création ont aussi, pour beaucoup d’entre eux, limité leur capacité à s’investir artistiquement. Metteuse en scène de la compagnie jeune public La Boîte à Sel, Céline Garnavault avoue n’avoir eu ni le temps, ni les espaces possibles pour créer. « Je n’ai pas pu pas faire mon travail artistique car nous, artistes, nous n’avons pas eu accès à nos maisons, les théâtres, à nos outils, nos matériaux de travail, a-t-elle regretté. Je n’avais qu’une envie : reprendre cela mais pour le moment, quand on a la double casquette d’être artiste et de porter le projet d’une compagnie, nous sommes dans le très concret de l’activité de la structure. » 

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Par Tiphaine Le Roy (avec Cyrille Planson)

Légende photo : Keren Ann, autrice-compositrice

Crédit photo : Ann Amit Isareli

Créations et Avignon : la double peine

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Catherine Hargreaves

Pour les pièces qui devaient être créées au printemps, puis vues à Avignon, le coup est rude. Les artistes évitent de céder à, la panique mais craignent que certains de ces projets ne voient jamais le jour ou ne manquent d’une visibilité indispensable à leur développement. 

Quand la séance scolaire prévue le 6 mars à Marseille (13) est annulée par un collège qui applique déjà des mesures sanitaires fortes, Émilie Flacher, perçoit, onze jours avant le confinement, que le printemps sera chamboulé. Une quarantaine de dates s’envoleront ensuite entre mars et juin, plusieurs aussi pour Catherine Hargreaves ainsi qu’une résidence prévue en Angleterre via l’Institut français ; Emmanuel Daumas n’ira pas à Angers (49), ni à Blagnac (31) ou Béziers (34) pour poursuivre la série de Bug, fauché au deuxième soir de sa création à Lyon (69). Avignon est également rayé de leur programme. Les deux metteuses en scène devaient y aller pour la première fois avec leurs pièces respectives : les remarquables Buffles (pièce de marionnettes... masquées !) et le solo Moi, Malvolio.

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Par Nadja Pobel

Légende photo : Catherine Hargreaves, metteuse en scène (Compagnie des 7 sœurs)

Crédit photo : Claudius Pan

Sociétés civiles : pourquoi le pire est attendu en 2021

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societes civiles

Le décalage entre la perception des droits et la rémunération induit un report de plusieurs mois de l’impact de la crise sanitaire sur les revenus des artistes et des auteurs. Elle n’en sera pas moins rude. Autre conséquence : les programmes d’action culturelle seront réduits dans de fortes proportions.

Tous sont à la barre et tentent de maintenir à flot un navire qui tangue sérieusement. La crise de Covid-19 a très largement réduit les sommes perçues par les sociétés civiles au cours du printemps 2020. En conséquence, les rémunérations versées aux ayants droit sont annoncées en nette baisse sur les mois à venir et l’action culturelle ne retrouvera pas avant longtemps ses niveaux d’intervention d’avant la crise. La SACD a élaboré un nouveau budget prévisionnel pour 2020. Pour Pascal Rogard, son directeur général, celui-ci passerait « de 220 M€ à 170 M€. Les pertes sont plus conséquentes pour le spectacle vivant (-40 M€), que pour l’audiovisuel (-10 M€) bien sûr. En tout cas, il y aura 50 M€ de moins collectés pour les auteurs. Pour la copie  privée, nous estimons les pertes à -20, -25 % ». L’annulation de très nombreuses représentations depuis mars, et celle catastrophique d’Avignon In et Off, sont la cause de ces pertes historiques pour la société fondée par Beaumarchais.

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Par Cyrille Planson

Légende photo : Pascal Rogard, directeur général de la SACD, Bruno Boutleux, directeur général de l’Adami et Guillaume Damerval, gérant de la Spedidam.

Crédits photos : Julien Pebrel

Producteurs : pas de reprise avant 2022

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Zamora

Très fortement impactés, avec des tournées à l’arrêt et peu de visibilité sur la « vraie » reprise, ils font le dos rond et tente de se projeter sur une saison plus lointaine. Après les annulations et les reports, l’été 2022 pourrait marquer le retour à la normale.

Début juin, il n’était pas possible de leur demander de dessiner un scénario de sortie de crise. Même si le système hospitalier se trouvait moins sous tension, que l’épidémie semblait se résorber et que le ministre de la Culture annonçait une réouverture progressive des salles de spectacle, l’incertitude est trop grande. « J’ai quand même bien l’impression que les scenarii à venir, c’est bien le virus qui va les écrire, commentait Geneviève Girard, gérante d’Azimuth Productions. Un reconfinement ? De nouvelles fermetures à la rentrée ? Je n’y pense même pas, je ne veux pas y penser. » Pour elle, l’année 2020 ne sera pas la seule à être impactée. Et c’est cette vision à moyen et long termes qui la conduit à la plus grande prudence. « Je pense que cette crise va durer. Il faudra au moins trois ans pour que nous retrouvions l’équilibre fragile qui était celui de notre secteur avant la crise. Peut-être en 2023. Si nous le retrouvons. » Olivier Gluzman, le directeur des Visiteurs du soir ne veut pas s’avancer plus. 

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Par Cyrille Planson

Légende photo : Sébastien Zamora, gérant de Zamora Productions

Crédit photo : Frédéric Petit

Le ministère a-t-il été à la hauteur ?

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Emmanuel Macron

Un ministre « discret « selon les uns, « totalement absent » pour les autres ? Le positionnement de Franck Riester, très effacé durant cette crise, étonne et inquiète dans une profession qui a attend toujours, en vain pour le moment, un programme de relance à la hauteur des enjeux que pose l’actuelle crise sanitaire et économique.

Trois mois après le début de la crise sanitaire et l’annonce du confinement par Emmanuel Macron le 16 mars, comment peut-on évaluer l’action du ministère de la Culture ? Pas simple. Surtout lorsque l’on prend pour point de départ le 9 mars, date à laquelle Franck Riester est diagnostiqué positif au coronavirus, au sein du cluster que constituera la commission des affaires culturelles de l’Assemblée nationale. Il se met en retrait du ministère. Bien secoué par la maladie, il se confine à son domicile parisien. Dans le même temps, la moitié de son cabinet est touchée. Mi-mars, au début du confinement, ils ne sont plus que deux membres à se rendre Rue de Valois. Comme un retard à l’allumage de circonstance qui, peut-être, en dit beaucoup sur ce qui adviendra pas la suite. Même si le ministre reste impliqué sur ses dossiers, selon les dires de ses collaborateurs, nous sommes déjà en avril lorsque l’entité « politique » du ministère de la Culture – le ministre et son cabinet – reprend pleinement ses fonctions. L’administration centrale n’a pas cessé de fonctionner mais nombre de ses cadres se sont aussi retrouvés souvent confinés, sans possibilité d’accès à leur « bureau » numérique à distance. 

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Par Cyrille Planson

Légende photo : Le 6 mai, Emmanuel Macron s'exprime devant la presse et annonce une « année blanche » pour les intermittents.

Crédit photo : D. R.

Intermittents : encore beaucoup de questions

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Samuel Churin

Les contours de « l’année blanche » sont encore flous. Quels en seront réellement les bénéficiaires ? Quels seront les perdants d’un système auquel tous ne pourront pas prétendre ? Organisations professionnelles et syndicats s’interrogent et engagent une veille active sur ce sujet brûlant.

Les intermittents du spectacle arrivés en fin de droits à compter du 1er mars ont vu leur indemnisation chômage prolongée jusqu’à la fin du confinement, qu’ils justifient ou non des 507 heures nécessaires pour renouveler leurs droits ou des 338 heures pour bénéficier de la «clause de rattrapage». Les dates anniversaires de réexamen des droits prévues entre le 1er mars et la fin du confinement ont été reportées automatiquement par Pôle emploi au 30 juin 2020. Mais devant la crise qui s’annonce longue pour tous les secteurs de la culture, du spectacle vivant au cinéma, les intermittents attendent des aides bien plus conséquentes. Le 6 mai, près de deux mois après la fermeture des salles de spectacles et la mise à l’arrêt total de l’économie de la culture, le président de la République fait enfin une annonce à plus long terme concernant le système d’indemnisation des intermittents du spectacle. 

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Par Tiphaine Le Roy

Légende photo : Samuel Churin, porte-parole de la Coordination des intermittents et précaires (CIP)

Crédit photo : Julien Pebrel

Le spectacle vivant face au chômage partiel

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Nicolas Dubourg, président du Syndeac

Lieux, compagnies, festivals, tourneurs : chacun a recouru à l’activité partielle. Parfois avec difficulté, souvent dans le cadre d’une vraie opération sauvetage. L’avenir inquiète, notamment les équipes artistiques et leurs producteurs. 

Lieux : un dispositif largement utilisé 
Ayant encouragé ses adhérents à se saisir du dispositif du chômage partiel, le Syndicat national des entreprises artistiques et culturelles (Syndeac) a visiblement été entendu puisque 74 % des lieux l’ont sollicité pour une partie de leur personnel permanent. « La proportion est plutôt inverse (40 %) s’agissant des CDDU, qui concernent les intermittents. Quant aux CDD de droit commun, le pourcentage atteint 58 % », indique le président du Syndeac, Nicolas Dubourg. Toutefois, alors que la plupart des demandes avaient été validées en avril par les Direccte, une ordonnance du 22 avril a jeté le trouble en stipulant que les établissements publics à caractère industriel et commercial (EPIC) et les établissements publics de coopération culturelle (EPCC) qui percevaient plus de 50 % de subventions publiques en seraient exclus. Une décision incompréhensible aux yeux du Syndeac, qui a interpellé l’État ; lequel aurait alors récemment indiqué constituer un fonds destiné à compenser les pertes engendrées. 

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Par Marie-Agnès Joubert

Légende photo : Nicolas Dubourg, président du Syndeac

Crédit photo : Julien Pebrel

« Traiter de façon prioritaire le service public des arts vivant »

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Répétition de Britannicus

Robin Renucci, directeur des Tréteaux de France et président de l’Association des CDN, prépare la création de Britannicus sur les îles de loisirs d’Île-de-France, fin juillet.

Répéter Britannicus avec des acteurs masqués ne fait pas perdre de valeur artistique ? 
Les acteurs sont avec des masques de tissus hermétiques qui créent une muselière et le paradoxe c’est d’être dans un théâtre de langage, de profération où l’imaginaire passe par les mots. Il y a nécessité de faire entendre l’intelligibilité du texte. Plus que jamais, une attitude de réception est demandée au public qui achève ce que transmettent l’auteur et les acteurs. C’est une pensée théâtrale qui est pérenne, que certains ont un peu oubliée au profit de la violence d’être percuté au lieu d’être fécondé par l’intelligence d’un texte. Britannicus était prévu « dans le plus simple appareil », avec une mise en scène sur simple tapis. Le public sera placé de façon quadrilatérale. Tout le monde verra bien sur quatre rangées. Si nous devons jouer avec les masques, je crois que nous le ferons. Britannicus est une pièce de larmes et de sang, avec des émotions très fortes des personnages et la violence du pouvoir. Jouer avec le masque demande une prise en charge corporelle. Le texte descend dans les orteils. On a tendance à oublier cette grammaire : quand vous  êtes de dos, quel sentiment voit-on dans votre colonne vertébrale. Cela ramène à la formation Jacques Lecoq, à une relation au corps qui est parfois oubliée.

Comment se présente la saison des Tréteaux de France ? 
Nous avons ce partenariat avec la Région Île-de-France depuis trois ans, pour être au cœur de l’action envers le public qui ne va pas au théâtre d’habitude. Toutes nos équipes sont mobilisées l’été, nous serons sur les îles de loisir. Cela ne change pas, donc, on est même surchargés. Il y a aussi des demandes de Départements qui voudraient qu’on élargisse cela. Je travaille cet été sur une autre mise en scène, Oblomov, en partenariat avec le CDN Dijon. Nous jouerons au Théâtre du Parvis avec Benoît Lambert. S’il faut jouer Oblomov masqué, on le fera. Le décor, c’est une chambre de confinement : on retrouve des corrélations avec notre époque. Nous n’avons pas perdu nos relatons avec les collectivités. Ce qui a pâti, ce sont les activités prévues d’éducation artistique et culturelle avec milieu scolaire en mars, avril, mai juin. D’autres CDN, avec des salles à grandes jauges, ont des difficultés particulières.

En tant que président de l’association des CDN, qu’attendez-vous d’un plan de relance ?
Une meilleure appréciation de ce qu’est le service public. Nous ne sommes pas au même endroit qu’une boîte de nuit que je respecte par ailleurs. Il faut traiter de façon prioritaire le service public des arts vivants, la création nouvelle. Nous sommes de première nécessité. J’ose le dire. Si on ne sent pas les choses de cette  manière, on dit le spectacle attendra. C’est une crise biologique, mais c’est aussi une crise de la santé mentale, psychique. Tout ce qu’a annoncé le président dans son discours, nous en étions heureux, mais c’est déjà ne pas reconnaître ce que nous faisons tous les jours. On ne confond pas des artistes et des animateurs. C’est mépriser les métiers des animateurs et des éducateurs. Le président de l’ACDN demande plus de reconnaissance pour ce que font les uns et les autres. La reconnaissance est financière aussi. Que s’est-il passé depuis le 6 mai ?  Nous ne voyons pas venir le plan de relance de la culture.

Propos recueillis par Yves perennou

En partenariat avec La Lettre du Spectacle n°474

Légende photo : Répétition de Britannicus avec masques

Crédit photo : D. R.