Un rideau rouge qui tombe pour la dernière fois est moins spectaculaire que des grilles d’usine qui se ferment, mais tout aussi cruel pour celles et ceux qu’il laisse sur le carreau. Longtemps craint, un plan social diffus est bien en cours dans le spectacle vivant.
Encore difficile à chiffrer globalement, le véritable plan social aujourd’hui à l’œuvre se traduit par des suppressions de postes dans les structures, des saisons écourtées et donc des artistes qui ne jouent plus ou plus suffisamment. Conséquence logique de la baisse des financements, idéologique ou contrainte, dans un écosystème déjà fragilisé par de multiples crises, ce plan social pourrait s’aggraver encore ces prochaines années. « Pour continuer bon an mal an, nous n’avons pas eu d’autre choix que de nous séparer de la moitié de l’équipe. Nous étions cinq et elles ne seront bientôt plus que deux, car pour ma part, je vais reprendre l’intermittence. Cela coûtera moins cher à la structure. » Basé à Cholet (Vendée), l’ex-Théâtre régional des Pays de la Loire (TRPL), rebaptisé Troupe réunie pour la poésie et la liberté, fait partie de ces nombreuses structures contraintes de réduire la voilure, comme on dit pudiquement. Autrement dit, de licencier.
Son directeur, Camille de la Guillonnière, assure avoir fait ce qu’il pouvait pour sauver cette compagnie historique fondée par Jean Guichard dans les années Malraux. Après la suppression brutale des financements de la Région Pays de la Loire, qui représentaient 30 % du budget, le TRPL s’est tourné vers le mécénat, « notamment auprès d’entreprises très impliquées sur leur territoire comme le groupe Liebot, aux Herbiers. Les spectateurs nous font des dons, ce qui nous fait chaud au cœur, bien sûr, reprend le metteur en scène, car cela donne le sentiment que nous ne sommes pas qu’une ligne de dépense parmi d’autres, facile à supprimer ».
Par Bruno Walter
[...] Lire la suite dans La Scène n°121 - Été 2026
Légende photo : Contraint de licencier la moitié de l’équipe, le TRPL joue sa survie. Ici, à Feneu (Maine-et-Loire, avec L’Avare).
Crédit photo : D. R.