Faute de moyens pour mener à bien leurs projets, les compagnies tentent de faire preuve de résilience. Jusqu’à quand ?
Que faire lorsque les moyens de produire un spectacle font défaut ? Faut-il renoncer, décaler son projet ou bien « y aller » malgré tout et jouer son va-tout sans trop réfléchir ? C’est à ce dilemme que sont désormais confrontées toutes les équipes artistiques ou presque, lorsqu’elles sont dans l’incapacité de réunir suffisamment de coproductions. « La vie de compagnie a tellement changé, note Julien Rocha, metteur en scène de la compagnie Le Souffleur de verre, conventionnée DRAC. C’était il n’y a pas si longtemps, peut-être dix ans. On se projetait assez rapidement sur la saison suivante avec un nouveau projet. Aujourd’hui, c’est comme si le temps s’était étiré. Monter une production est quasiment impossible sans une anticipation à trois ou quatre ans. Et encore, les coproducteurs retardent toujours leur décision. »
Lui garde l’espoir de monter Gynt, un texte de Marion Aubert commandé par sa compagnie dans une libre adaptation du Peer Gynt d’Ibsen, sur la saison 2027-2028. Elle devait être créée plus tôt, mais l’avalanche de désistements l’en a dissuadé. Alors, la compagnie a dû se réadapter, « créer des formes satellites, se redéployer dans un projet de territoire ». Non pas que Julien Rocha mésestime ce travail, mais la création, au cœur de la vie d’une compagnie, est entravée. « Je m’attache à ce qui vit, souligne-t-il, j’essaie d’avancer. »
Par Cyrille Planson
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Légende photo :Avec un Spiritueux, Laurent Cazanave tient un beau succès, mais en réduisant considérablement les marges de production.
Crédit photo : D. R.