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Faire label - Les Centres culturels de rencontre

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couv Faire label

Julien Audemard, Aurélien Djakouane, Emmanuel Négrier

Le réseau des centres culturels de rencontre a plus de 50 ans. Il reste, pour une part, méconnu des acteurs culturels, alors qu’il pose depuis sa création les bases d’une rencontre entre le patrimoine et les arts visuels et vivants. Fort de 23 lieux en France, et de quelques autres à l’étranger, où ce concept a essaimé, il constitue un intéressant creuset de création, aujourd’hui ouvert aux industries culturelles, qui en font un réseau de pointe en matière d’innovation et d’hybridité artistiques. Parmi ceux-ci, certains sont porteurs de projets forts, connectés au champ du spectacle vivant, tels que la Chartreuse de Villeneuve-lez-Avignon (Gard) l’Abbaye de Noirlac (Cher), l’ARIA (Haute-Corse), Le Plus petit cirque du monde (Hauts-de-Seine), l’Abbaye et Fondation de Royaumont (Oise), la Maison Maria-Casarès (Charente)… S’il est trop peu connu, c’est sans doute pour sa très grande hétérogénéité. Chaque projet y est singulier, en écho à un patrimoine et à son territoire. Les chercheurs Julien Audemard, Aurélien Djakouane et Emmanuel Négrier nous apportent ici des clés de compréhension pour mieux appréhender le réseau des centres culturels de rencontres. Ils analysent ensemble leurs activités, mais aussi leurs modèles économiques et leur gouvernance. Ils présentent aussi la nature et la qualité des partenariats à l’œuvre. En fin d’ouvrage, chacun des 23 sites bénéficie d’une fiche de présentation qui permet d’identifier les axes de son projet. Si, aujourd’hui, le dialogue entre le patrimoine et les arts vivants est parfaitement compris, intégré, par les politiques publiques, confirmant l’intuition de départ, celle des années 1970, il n’en reste pas moins que « la reconnaissance publique, collective comme propre à chaque centre, se révèle très inégale selon les territoires et les institutions partenaires, sans que l’intervention de l’état soit en mesure de pallier une telle inégalité ». À travers cet ouvrage, on traverse une histoire des politiques culturelles, du processus de labellisation à celui de la déconcentration, en passant par l’enjeu de l’internationalisation. Le réseau est méconnu, mais d’importance. En 2023, il pesait pour 80 millions d’euros dans l’économie de la culture.

Éditions de l’Attribut, 228 pages, 17,50 euros.

Scènes artistiques : au-delà de la ville créative

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Couv Scènes artistiques

Charles Ambrosino, Basile Michel et Dominique Sagot-Duvauroux (dir.)

Le concept de « ville créative » aura-t-il fait long feu ? Les nombreux contributeurs réunis autour de cet ouvrage interrogent ce modèle si prégnant dans les années 2010, ses enjeux (nombreux) et ses limites (intrinsèques). On se souvient que cette vision participative des politiques urbaines reposait notamment sur l’implication des classes dites créatives – celle des artistes et de certaines catégories d’entrepreneurs – pour piloter des politiques urbaines innovantes. Est-on vraiment certain que les activités artistiques et culturelles interagissent autant que nous l’imaginons avec les dynamiques urbaines ? En croisant leurs regards, les auteurs se questionnent sur la manière dont ces activités peuvent « résonner au-delà du seul objectif d’attractivité ».
Dans quel rapport aux habitants et à l’espace urbain se demandent-ils, et avec quels types de créations ?

Après une première partie théorique, le propos se recentre sur l’étude de cas concrets illustrant la diversité des approches. On interroge ici les transformations de la ville, la manière dont la création peut changer des ambiances, mettre en mouvement habitants ou visiteurs, en déployant ici le concept de scène… Un ouvrage intéressant pour mieux saisir les liens existants ou à construire entre art, culture et développement urbain, que l’on soit un acteur de la culture ou de l’aménagement du territoire. Avec les contributions de Charles Ambrosino, Étienne Capron, Sandrine Emin, Gérôme Guibert, Rainer Kazig, Isabelle Leroux, Basile Michel, Nathalie Moureau, Vanessa Nicolazic, Mariella Pitombo, Dominique Sagot-Duvauroux, Vincent Sorrel, Raphaël Suire et Nicolas Tixier.

Presses universitaires de Grenoble, 160 pages, 22 euros.

Concevoir un festival du spectacle vivant

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Couv Festival

Enjeux, territoires, organisation

Bénédicte Dumeige, Jean-Louis Patheiron

Les deux consultants, bien connus dans le secteur culturel, ont réalisé ici un guide simple qui propose un cadre méthodologique croisant tout à la fois la réglementation et les enjeux territoriaux. Car c’est bien là la difficile tâche des organisateurs de festivals, tout à la fois ancrés sur un territoire, dans un quotidien organisationnel parfois très complexe, et tenus de se projeter pour déployer des stratégies multiples (de conquête des publics, de financement, de programmation et de coopération…). L’ouvrage pose ici les enjeux sociaux, éducatifs et culturels de ces manifestations dont on sait qu’elles font la singularité du « modèle culturel français ». Ses auteurs n’oublient pas non plus les grands sujets du moment : la lutte contre les VHSS sur les festivals, la transition écologique, l’inclusion des publics éloignés…

Territorial éditions, coll. Dossier d’experts, 180 pages, 55 euros.

Évaluer l’éducation artistique et culturelle

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couv Evaluer l'EAC

Enjeux épistémologiques et politiques de la recherche

Marie-Christine Bordeaux, Alain Kerlan

Si l’injonction politique est « de plus en plus prégnante », soutenue par des financements ciblés, « la demande d’évaluation peut contrevenir à la définition d’objets de recherche, qui ne sauraient se réduire à la seule traduction des objectifs des acteurs institutionnels ». Les deux chercheurs - en collaboration avec Christine Détrez et Myriam Lemonchois - étayent leurs réflexions d’un important corpus de recherches menées en France comme à l’étranger. Ils n’hésitent pas, ici, à revisiter les méthodologies à l’œuvre (quantitative, qualitative,  multimodale…), les résultats obtenus, ainsi que les « postures épistémologiques » de celles et ceux qui s’y investissent. Dans un dernier chapitre, il est même question de méthodologies à réinventer, à l’épreuve du terrain et à partir des caractéristiques du dispositif étudié. Un ensemble inspirant sur un sujet bien délicat à appréhender.

Presses universitaires de Science Po, ministère de la Culture (DEPS),
coll. Questions de culture, 184 pages, 18 euros.

La Culture dans les parcs naturels régionaux

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Couv parcs naturels régionaux

François Pouthier

Enseignant-chercheur à l’université de Bordeaux Montaigne, l’ancien directeur de l’agence culturelle départementale de Gironde (Iddac) est un expert des politiques culturelles territoriales. Il nous plonge ici dans les projets des parcs naturels régionaux (PNR), fondés voici cinquante ans et dont, contrairement à ce que l’on pourrait imaginer, l’activité se déploie bien au-delà du seul patrimoine. François Pouthier consacre notamment un chapitre entier à l’innovation culturelle avec laquelle les PNR ont su faire levier (résidences de territoire, gouvernance partagée, actions intersecteurs, etc.).

L’Harmattan, coll. Logiques juridiques, 25 pages, 27 euros

 

En piste ! Clowns, pitres et saltimbanques 

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Couv En piste

Macha Makeïeff et Vincent Giovannoni

L’ancienne directrice de La Criée, Théâtre national de Marseille, également autrice et metteuse en scène de théâtre, créatrice de décors et de costumes, s’est associée au conservateur en chef du musée des civilisations de l’Europe et de la Méditerranée, à Marseille (Mucem) pour produire une exposition consacrée à l’univers du cirque. L’ouvrage édité en fin d’année dernière en est le prolongement. On y croise de célèbres figures de saltimbanques tels Yanco, Mae West, Buster Keaton, Monsieur Hulot, Bartabas, Zouc, Grock ou les Fratellini, des objets, des affiches, des accessoires. Et l’on se confronte dans leur sillage aux œuvres inspirées du cirque qu’ont pu produire Agnès Varda, Pierrick Sorin, Niki de Saint Phalle ou Pablo Picasso… Passionnant.

Éditions La Martinière / Mucem, 176 pages, 35 euros.

La Billetterie

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Couv La Billetterie

Corinne Lefebvre

L’autrice de cet ouvrage édité par le CNM, consultante et formatrice, partage ici sa riche expérience aux services des grandes organisations (Lille 3000, Pinault Collection, etc.) pour présenter un ouvrage extrêmement complet qui doit permettre à son lecteur d’adopter la meilleure stratégie de billetterie. Du marketing à la commercialisation, en passant par le cadre juridique et les indicateurs d’activité, Corinne Lefebvre ne laisse rien au hasard et donne ici un panorama exhaustif de tout un environnement professionnel, aussi passionnant que complexe.

CNM Éditions, coll. Métiers de la musique, 324 pages, 30 euros.

Pour une histoire des metteuses en scène

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Couv metteuses en scène

Agathe Sanjuan et Joël Huthwohl (coordination)

Le rapport de Reine Prat, en 2006, a marqué une étape. Depuis, quelques avancées significatives dans le combat pour l’égalité entre les hommes et les femmes ont été constatées dans le champ du théâtre. Il faut reconnaître que, dans ce domaine, toute une profession, très marquée par une prédominance masculine, et patriarcale, partait de très loin. Dans ce numéro fort bien documenté, la Revue d’histoire du théâtre s’intéresse à la place des femmes dans la mise en scène en France du XVIIe siècle au début du XXIe siècle. L’ouvrage préfacé par Julie Deliquet, metteuse en scène, directrice du Théâtre Gérard Philipe de Saint-Denis, s’intéresse aussi aux comédiennes, à Mademoiselle Dumesnil, « proto-metteuse en scène », à Sarah Bernhardt, ou encore à Louise Lara, artiste de l’avant-garde. Elle met aussi en relief les portraits de ces « collaboratrices » oubliées des metteurs en scène, comme Simone Jollivet, la « femme-théâtre » éclipsée par Charles Dullin, Véra Korène, comédienne, metteuse en scène et directrice de théâtre, ou encore Catherine Dasté et Silvia Monfort, toutes deux femmes de théâtre, si importantes dans son histoire récente. En contrepoint à ces études universitaires, et à un article de Sophie Proust sur les femmes metteuses en scène des deux dernières décennies, des artistes apportent un éclairage intéressant sur les réflexions ici déployées. C’est le cas avec Ariane Mnouchkine et Hélène Cixous, si intelligentes dans leurs analyses. L’ensemble est loin d’être indigeste. Au contraire, il est vivant de toutes ces histoires individuelles, de ces engagements, d’actes et de paroles souvent à l’avant-garde d’une époque qui a tardé à les reconnaître à leur juste valeur.

Revue d’histoire du théâtre, numéro 299, tome 2, 354 pages, 22 euros.

Les Associations culturelles

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Les Associations culturelles

John Baude

La France compterait 289 000 associations culturelles (soit 23 % du secteur associatif dans son ensemble), dont 127 000 œuvrant dans le champ du spectacle vivant (44 % des associations culturelles). Ces associations culturelles « disposent de ressources courantes de 7,2 milliards d’euros, dont 79 % sont concentrés dans les associations employeuses ». Leur poids dans l’économie de la culture est donc loin d’être négligeable. L’étude du DEPS – ministère de la Culture actualise la connaissance que nous en avons en donnant des clés de lecture selon les territoires, les disciplines ou l’emploi. On y lit que si l’on compte « peu de salariés par association culturelle », celles-ci ont « un poids important dans l’emploi associatif ». On découvre aussi que seul un tiers des associations culturelles est subventionné, que les retraités sont surreprésentés dans les instances dirigeantes ou encore que si les adhérents y sont moins nombreux que dans d’autres secteurs, les bénévoles y sont aussi très sollicités.

DEPS - ministère de la Culture, coll. Culture chiffres, 30 pages, en téléchargement libre.

Guide du foncier culturel

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Guide du foncier culturel

Laura Aufrère, Joséphine Dresler, Mayeul Beaudet

Édité par La Main, une foncière culturelle, solidaire et citoyenne, c’est un document très précieux pour tous ceux qui ont l’ambition de doter les lieux d’art et de culture « nés d’initiatives collectives, citoyennes, indépendantes et ingénieuses, d’outils leur permettant de poursuivre leurs aventures singulières ». Ce guide décline les enjeux spécifiques de la maîtrise foncière pour les lieux du secteur artistique et culturel. Il s’adresse aux acteurs intermédiaires et aux tiers-lieux culturels qui s’engagent dans la pérennisation de leur bâtiment, ainsi qu’aux collectivités territoriales, détaillant le chemin menant à la maîtrise foncière.

La Main foncièrement culturel, 105 pages, en téléchargement libre.