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Chroniques d’une intranquillité 1965-2005

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Chroniques d’une intranquillité

Jean-François Marguerin

On connaît le haut fonctionnaire, en centrale comme en DRAC, qui a intégré le ministère de la Culture en 1983. Jean-François Marguerin s’est déjà raconté et projeté, également, avec Bernard Latarjet dans Pour une politique culturelle renouvelée (2022). Dans cet ouvrage, la plume est volontiers plus intime. Le récit d’une vie dédiée à l’art et à la culture s’ouvre ici sur le décès d’un père qui lui est resté étranger. De là, Jean-François Marguerin déroule la pelote de ses engagements multiples qui furent les siens. La vie politique croise une trajectoire intime et révèle les contours de ce que furent les grands idéaux de la démocratisation culturelle.

Au fil des pages, on s’interroge sur les « Mao » d’hier, la figure de Messine, on vit de l’intérieur les luttes indépendantistes en Nouvelle-Calédonie… Mais aussi l’aventure militante du théâtre d’improvisation au Théâtre-Tract qui fut le sien, les prémices de l’art en prison, la naissances des centres d’action culturelle – les futures scènes nationales – ou son expérience de directeur d’un centre culturel au Maroc au début des années 2000. On découvre alors par le menu la mécanique de l’état, ces moments de bascule, aussi, où le fonctionnaire risque gros pour provoquer une décision. Sous nos yeux se déploie une vie de militant, celle de la génération des pionniers de l’action culturelle, qui a posé les bases des politiques culturelles telles que nous les connaissons. On s’étonne de voir combien, en ces temps, « tout paraissait possible » et l’on s’amuse aussi du regard que porte un DRAC sur les acteurs culturels et les élus des régions dont il administre la culture. Un témoignage tout à la fois humain et politique.

Editions ArtsPo, coll. Le Temps qu’il fait, 400 pages, 19 euros.

Dans les coulisses de Réditec

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redites

Régis Vasseur, Jean-Jacques Monier et Joseph André

L’ouvrage retrace la trajectoire et les grandes actions mises en œuvre par Réditec, l’association professionnelle des responsables techniques du spectacle vivant, qui compte à ce jour quelque 400 adhérents. Pour cela, les trois coauteurs  ont à la fois fait appel à leurs propres souvenirs et aux témoignages de directrices et directeurs techniques. Ils ont aussi sollicité d’autres intervenants évoluant en marge de ces métiers, en observateurs attentifs ou en partenaires du quotidien : scénographes, architectes, ergonomes, sociologues, administrateurs, etc. Une mine d’informations sur le métier, son évolution et ses enjeux du moment.

Les Cahiers de Réditec, 296 pages, 15 euros. 

Les sorties culturelles des Français et leurs pratiques en ligne en 2023 : cinéma, concert et théâtre

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Couv Les sorties culturelles des Français

Léa Garcia, Anne Jonchery, Claire Thoumelin

Menée voici presque un an, à l’automne 2023, l’étude du ministère de la Culture révèle que, cette année-là, « plus de la moitié des Français sont allés au cinéma, près d’un quart ont assisté à un concert et un peu plus d’un sur dix à une représentation de théâtre ». On y apprend ou l’on y redécouvre que « les concerts attirent […] un jeune public, mais aussi les cadres et les plus diplômés. Les individus plus âgés, diplômés et urbains se rendent, plus que les autres, au théâtre. Près de quatre personnes sur dix n’ont quant à elles fréquenté ni cinéma, ni concert, ni théâtre en 2023 ». Dans ce document, on lit aussi que les principaux freins à ces pratiques culturelles sont « le prix des billets, le manque d’intérêt ou le fait de préférer consacrer son temps libre à autre chose », puis « la distance aux équipements, le fait d’éviter les lieux très fréquentés ou de ne pas s’y sentir à sa place ». On note aussi que d’autres freins affectent une partie des publics, comme « les difficultés à se déplacer, la dégradation de l’état de santé ou encore l’absence de personnes avec qui sortir ». Interrogées sur l’évolution récente de leurs pratiques culturelles in situ et en ligne, « quatre personnes sur dix ne constatent pas de changement, mais près de cinq sur dix déclarent sortir moins souvent qu’avant la crise sanitaire du Covid-19 ». Concernant le théâtre, les chercheurs du ministère de la Culture remarque que « 14 % de la population déclare être allée au théâtre au cours des douze derniers mois, la fréquence de sortie est moins soutenue que pour le cinéma et les concerts (6 % y sont allés une fois, 4 % deux fois et 4 % trois fois et plus) ».

Ministère de la Culture, coll. Culture Études, 48 pages, en téléchargement libre.

Les intermittents du spectacle, 35 ans de lutte

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Couv Les intermittents du spectacle

Serge Proust

Avec cet ouvrage, Serge Proust, maître de conférences émérite à l’université Jean-Monnet (Saint-Étienne), s’efforce « d’analyser les raisons pour lesquelles cette lutte connaît une telle pérennité, mobilise une diversité d’agents sociaux et recueille l’attention soutenue de nombreux médias ». De conflits en conquêtes, de remise en cause en affirmation d’un rôle pilier de la culture, l’auteur parcourt le régime de l’intermittence, « combinaison floue de rationalité instrumentale et d’engagement vocationnel total », qui implique « une lutte permanente » pour se maintenir. Pour cela, il a mené un long et patient travail d’enquête, commencé dans les années 1990, pour évoquer ces métiers, le capital culturel des intéressés, leur engagement dans la culture, mais aussi le déclassement social dont ils sont aujourd’hui l’objet.

Presse universitaires de Lyon, 288 pages, 22 euros.

Vers un nouveau référentiel du métier de DAC

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Couv Vers un nouveau référentiel du métier de DAC

Collectif

Après avoir amorcé une réflexion collective autour d’un « référentiel métier », la Fédération nationale des associations de directeurs et directrices des affaires culturelles (Fnadac) poursuit un long travail. Celui-ci a abouti à un ouvrage qui permet de faire le point sur un métier qui a profondément changé au cours de la dernière décennie. Entre transformations de la société, incidence des outils numériques, enjeux environnementaux, droits culturels et conséquences de la crise sanitaire, le périmètre de réflexion et d’action d’un DAC s’est considérablement élargi. La loi de modernisation de l’action publique territoriale et d’affirmation des métropoles (MAPTAM) et la loi portant sur la nouvelle organisation territoriale de la République (NOTRe), qui a maintenu la compétence partagée entre les différentes collectivités en matière culturelle, ont aussi façonné un nouvel environnement juridique. L’ouvrage ainsi réalisé présente donc le métier de DAC, en pose les enjeux, précise la relation aux élus, définit le cadre de l’action.

Éditions Weka, 78 pages, en téléchargement libre.

1982-2022, la Fête de la musique a 40 ans !

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Couv 1982-2022, la Fête de la musique a 40 ans

Agathe de Legge et Michel Kneubühler (coord.)

Ce document publié par le Comité d’histoire du ministère de la Culture rassemble les Actes des Rencontres du 16 juin 2022, à l’Opéra-Comique, à Paris, qui ont permis d’interroger les singularités d’un événement qui rayonne aujourd’hui sur les cinq continents et dans une centaine de pays. Trois chapitres structurent l’ouvrage : « Genèse et évolution de la Fête de la musique » ; « La Fête de la musique aujourd’hui, ici et ailleurs » ; « La Fête de la musique au miroir des pratiques musicales à l’ère numérique ». Des contributions de chercheurs (Jean-Pierre Saez, Maryvonne de Saint-Pulgent…) et d’acteurs culturels (Béatrice Macé, Jean-Philippe Thiellay), ainsi que de Jack Lang, viennent porter un regard sur quarante ans d’histoire. Ce livre offre également une riche iconographie, dont toutes les affiches officielles de la Fête de la musique.

Comité d’histoire du ministère de la Culture, La rumeur libre éditions, coll. Politiques culturelles et territoires, 200 pages, 15 euros.

Loisirs des villes, loisirs des champs

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Couv Loisirs des villes, loisirs des champs

Edwige Millery et Léa Garcia

En croisant l’enquête Pratiques culturelles, du DEPS avec la grille communale de densité, les autrices ont enquêté sur « une quinzaine de pratiques relevant des loisirs culturels (sorties au musée, au spectacle, en festival, à la bibliothèque ou encore au cinéma), médiatiques (écouter la radio, des podcasts ou regarder la télévision) et ordinaires (activités d’autoproduction comme bricoler, tricoter, jardiner ou cuisiner) ». On y apprend notamment que « la sortie au spectacle est un loisir urbain déterminé par le capital culturel plutôt que par un effet territorial ». À lire, donc.

DEPS – ministère de la Culture, coll. Culture études, 33 pages, en téléchargement libre. 

Réinventer le management et les conditions de travail dans le secteur culturel

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Couv Réinventer le management

Micha Ferrier-Barbut, Rebecca Shankland

La crie sanitaire n’a fait qu’amplifier un phénomène déjà connu. Le secteur culturel ne séduit plus et, dans de nombreux métiers, il est aujourd’hui difficile de recruter. Outre les difficultés financières rencontrées par tous dans le financement des projets, on trouve ici aussi les racines de la crise de la production/diffusion. Un travail de longue haleine, jamais réalisé, doit être engagé sur la qualité de son management et sur ses conditions de travail dans la profession si l’on souhaite qu’elle retrouve un peu de son attractivité passée. L’ouvrage des deux spécialistes des ressources humaines et du management que sont Micha Ferrier-Barbut et Rebecca Shankland – déjà autrices d’un rapport sur le sujet en 2017 – donne la parole aux acteurs de ce secteur. En fonction de management ou managés, ils témoignent de leurs difficultés, de leurs impossibilités parfois. En contrepoint, elles délivrent conseils et outils à même de répondre aux profondes mutations du monde du travail en général, et du secteur culturel en particulier.

Territorial éditions, col. Les Essentiels, 172 pages, 49 euros.

L’Empreinte des lieux culturels sur les territoires

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Couv L’Empreinte des lieux culturels sur les territoires

Observer, représenter, évaluer

Elizabeth Auclair et Anne Herzog (dir.)

En décembre 2021, un colloque réunissait à la MC93 des professionnels de la culture et des chercheurs (Christophe Blandin-Estournet, Fériel Bakouri, Chloé Langeard, Pauline Boivineau, etc.) pour interroger les relations entre institutions culturelles et territoires et, plus particulièrement, les effets des projets artistiques sur les sociétés et leurs espaces. Cette rencontre faisait suite à une recherche-action consacrée à l’évaluation de l’empreinte civique de deux scènes nationales (la MC93, à Bobigny, et l’Agora, à Évry). Les contributions réunies dans cet ouvrage viennent d’horizons très variés (géographie, sociologie, gestion, information-communication, esthétique) et c’est bien ce qui fEn décembre 2021, un colloque réunissait à la MC93 des professionnels de la culture et des chercheurs (Christophe Blandin-Estournet, Fériel Bakouri, Chloé Langeard, Pauline Boivineau, etc.)...ait la richesse de l’ensemble. Cette diversité de points de vue permet d’apporter des éclairages, à défaut de réponses définitives. À quelles conditions se construisent les relations des lieux culturels à leur environnement, en réponse à quels enjeux et avec quelles limites ? Comment penser, représenter, évaluer l’empreinte des lieux culturels sur les territoires ? Comment évalue-t-on un projet ainsi « situé » ? Des analyses passionnantes et d’une grande actualité.

Éditions Le Manuscrit, coll. Devenirs urbains, 480 pages, 44 euros.

Pour une culture des transitions

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Couv Pour une culture des transitions

Raphaël Besson

L’auteur, Raphaël Besson, est le directeur de Villes Innovations, il est aussi chercheur associé au laboratoire PACTE-CNRS et cofondateur du Laboratoire d’usages Culture(s) Art Société (Lucas). Depuis plusieurs années, il porte son regard sur les « urbanismes alternatifs », la transformation des politiques culturelles dans le contexte de la transition écologique et de l’émergence de lieux hybrides, qu’on les nomme tiers-lieux ou lieux intermédiaires. Dans cet ouvrage, il interroge notamment le concept de « nouveaux récits », terme fourre-tout qui renvoie aussi bien à la recherche menée par les artistes qu’aux narratifs produits par les services communication des collectivités publiques. Il en distingue trois : « “l’effondrement”, fataliste, voire mortifère ; le scénario “technologiste”, qui accélère les innovations technologiques en mesure de soutenir une croissance économique verte ; et le scénario “sociétal”, qui mise sur nos capacités d’action collective, de résilience et de créativité ». Pour Raphaël Besson, la transition – celle qui nécessitera la mise en place de nouvelles politiques économiques, agricoles, sociales, urbaines – doit aussi être culturelle, car elle nécessite « une réécriture collective des valeurs et des régimes de gouvernance qui fondent nos sociétés ». Il faut donc, sur la base de ces nouveaux récits, de ces « nouvelles représentations du monde », écrire une toute nouvelle politique culturelle. L’analyse est passionnante, elle déplace le regard. L’auteur s’est ici adjoint les contributions de nombreux autres chercheurs ou tout simplement « penseurs » des politiques culturelles aujourd’hui. Évoquant, notamment, les expérimentations menées par les acteurs culturels sur les transitions, l’auteur cherche à distinguer ce qui parvient à modifier en profondeur l’action publique de ce qui relève de la production isolée et donc éphémère.

Les Éditions du Lucas, 352 pages, 20 euros.