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La création dans les musiques traditionnelles

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La création dans les musiques traditionnelles

L’écho d’un monde musical en effervescence

Collectif

Voici plus de quarante ans que, dans le sillage de Jack Lang, les musiques traditionnelles ont été peu à peu réhabilitées en France. Le cheminement fut long, non dénué d’embûches, mais force est de constater que les danses et musiques populaires sont aujourd’hui l’un des foyers parmi les plus vivants de la création contemporaine.

L’ouvrage destiné à un très large public entend « rendre compte d’un monde musical composite et pluriel en pleine effervescence ». Il est ici question de cultures orales, de musiques populaires, anciennes et nouvelles, ancrées ou migrantes. Les prises de position et témoignages se succèdent. Ils sont artistes, chercheurs en sciences humaines ou programmateurs. Et tous disent ici leur amour de la diversité, leur curiosité de l’autre et des musiques qu’il transporte avec lui. Les entrées sont multiples, tant le champ est vaste. On interroge autant les croisements artistiques nouveaux avec les musiques électroniques que la dimension politique des engagements artistiques ou la nécessaire conservation des musiques patrimoniales.

La troisième partie de l’ouvrage n’est pas la moins intéressante. On y trace des perspectives et l’on met en débat les grands sujets qui traversent ce paysage : faut-il labelliser un réseau de lieux de création et de diffusion ? Le disque peut-il encore accompagner le développement de ce secteur ? Quelle place pour les musiques traditionnelles dans les SMAC, ou dans les médias grand public ?

Pour finir, ils sont quelques-uns à se projeter dans l’avenir, dans vingt ans, pour imaginer un futur radieux pour ces musiques, nourries tout à la fois de tous les métissages et du désir nouveau de la plupart de nos contemporains de s’imprégner aussi d’une culture de proximité, ancrée et fédératrice. Un bel objet de réflexion qui met en avant le savoir et l’enthousiasme de passionnés.

Famdt - Cpmdt - Le Nouveau Pavillon, Éditions Mélanie Seteun, 326 pages, 20 euros.

Scènes contemporaines - Le guide

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Scènes contemporaines - Le guide

Philippe Noisette

L’auteur de ce guide, le critique Philippe Noisette, a le goût et le talent de la synthèse, qui permettent de dresser un panorama à l’instant « T » d’un paysage complexe et protéiforme. Dans ce dernier opus, il livre ce qui lui semble composer le corpus d’œuvres phares, artistes à suivre et idées neuves à partager dans cet espace de la création contemporaine, dont les frontières ne cessent d’éclater. Ses choix en témoignent. Philippe Noisette évoque ici le renouveau du cabaret, ce qui s’invente au musée ou hors les murs, le sursaut contemporain de l’opéra ou la diversité exemplaire de la marionnette. Il trace des lignes directrices dans les thématiques abordées, entre sexe, sport, identité de genre et adresse au jeune public. Au terme de cet ouvrage, le journaliste des Inrocks distingue vingt noms, vingt artistes qui, pour lui, font la scène d’aujourd’hui, de Rébecca Chaillon à Miet Warlop en passant par Gisèle Vienne, Angélica Liddell ou Marlene Monteiro Freitas.

Éditions Flammarion, 224 pages, 24,90 euros.

Le développement local par les politiques culturelles

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Le développement local par les politiques culturelles

Adrienne Alexis-Ferré

Responsable de l’administration et des finances de la chambre régionale d’économie sociale et solidaire (CRESS) de Bretagne, l’autrice entend démontrer ici, de manière très didactique, comment il est possible de « faire progresser les politiques publiques de la culture vers une meilleure participation au développement local ». Pour cela, elle dresse le panorama des textes légaux et conventionnels entourant le sujet, présente l’outil de l’Agenda 21 de la culture et un état des lieux des ressources à activer. Elle n’occulte en rien la méthodologie d’évaluation, que l’on sait décisive dans la pérennisation des projets. Des retours d’expérience sur quatre thèmes clés (gouvernance, éducation populaire, présences d’artistes et tiers-lieux culturels) donnent à l’ensemble une dimension plus concrète, qui engage à l’action.

Territorial Éditions, coll. Dossiers d’expert, 148 pages, 55 euros. 

Décarboner la culture

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Décarboner la culture

David Irle

Dans le cadre de la collection Virus de la recherche des Presses universitaires de Grenoble, David Irle a réalisé une courte synthèse du livre paru chez le même éditeur voici quelques années, Décarboner la culture. L’auteur a vu là « l’occasion de reprendre l’essentiel des idées qu’on ne trouve pas déjà dans le rapport du Shift Project Décarbonons la culture », de les mettre un peu à jour, et d’utiliser des termes et des éléments d’analyse absents de l’original, comme la notion majeure de cobénéfices.

Presses universitaires de Grenoble, Le Virus de la recherche, 9 pages, en téléchargement libre. 

Le poids économique direct de la culture en 2021

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Le poids économique direct de la culture en 2021

Nicolas Pietrzyk

Les chiffres livrés par le ministère de la Culture sont toujours riches d’enseignements. Pour l’année 2021, on lit que le poids économique direct de la culture, « c’est-à-dire la valeur ajoutée de l’ensemble des branches culturelles », s’établit à 45,3 milliards d’euros, soit 2 % de l’ensemble de l’économie, contre 2,1 % en 2020. Une légère baisse qui trouve aussi son origine dans la situation très contrastée de cette année « de reprise modérée d’activité pour les branches culturelles ». Les niveaux d’activité restent inférieurs à ceux d’avant-crise, avec pour certains secteurs un retentissement significatif : ainsi, pour la projection cinématographique (– 52 % en volume entre 2019 et 2021), le spectacle vivant (– 36 %) et le patrimoine (– 29 %). Pour d’autres, la reprise est plus efficace, comme pour les branches de l’audiovisuel (+ 2 %), du livre (+ 4 %) ou de l’enseignement artistique et culturel (+ 4 %), qui dépassent leur niveau d’activité de 2019. On découvre que le spectacle vivant a généré une valeur ajoutée de 6,6 milliards d’euros, soit 14,5 % de ce que « pèse » le secteur culturel, après l’audiovisuel (12,4 milliards d’euros, soit 27,5 %), mais devant la publicité (4,4 milliards d’euros, 9,8 %) et le patrimoine (4,4 milliards d’euros, 9,8 %).

En 2021, l’ensemble des branches des secteurs culturels génère une production totale de 93,9 milliards d’euros courants répartis entre la production marchande (81 % du total) et la production non marchande (19 % du total). La photographie du paysage est vraiment intéressante, elle permet de resituer le poids réel de la culture dans l’économie française et singulièrement celle du spectacle vivant, aujourd’hui mise à mal par des politiques qui ne l’envisagent que sous l’angle des dépenses et non sur celui des recettes (et du bien-être social qu’il apporte !).

DEPS – ministère de la Culture, Coll. Culture chiffres, 26 pages, en téléchargement.

Plinth – L’Art du réemploi

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Plinth

Collectif

La parution du guide juridique Plinth - L’Art du réemploi permet aux acteurs culturels de faire le don des matériaux ou matériel de scénographie dont ils n’ont plus l’usage. Ce guide présente la bonne méthode pour utiliser la solution Plinth (plinth.fr), plateforme de mise en relation qui vise à réduire les déchets générés par les événements culturels, en respectant le droit public, afin « de conjuguer l’obligation de privilégier le réemploi et les règles du Code général de la propriété des personnes publiques (CG3P) », selon ses fondateurs. Il est réalisé par le cabinet d’avocats en droit public Skov (Lyon), spécialisé dans l’accompagnement à la transition vers l’économie circulaire et durable.

Sur demande auprès de plinth.fr

So schnell – Dominique Bagouet / Giselle – Mats Ek

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So schnell - Giselle

Philippe Verrièle (dir.), Raphaël de Gubernatis, Agnès Izrine

Deux ouvrages consacrés à deux pièces majeures de l’histoire de la danse viennent de paraître dans une toute nouvelle collection, que dirige le journaliste, grand spécialiste de la danse, Philippe Verrièle. Pour chaque volume, un même schéma se décline. Il s’ouvre sur une introduction replaçant l’œuvre dans son contexte, puis vient un essai analytique et critique de l’œuvre, un entretien avec un témoin de celle-ci, des éléments de réception critique, une biographie du chorégraphe et un cahier d’images, placé en toute fin d’ouvrage, qui prend la forme d’un dépliant. Une bonne synthèse qui reprend le « profil d’une œuvre » utilisé en littérature, mais de manière moins scolaire et plus riche visuellement. D’autres chorégraphies majeures de l’histoire viendront bientôt rejoindre ces deux premiers titres.

Nouvelles éditions Scala, coll. Chefs-d’œuvre de la danse, 98 pages, 12 euros.

Politique et gestion de la culture - Publics, financement, territoire, stratégie

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Couv Politique et gestion de la culture

Jean-Michel Tobelem

Comment développer son ancrage territorial, sa stratégie à l’égard des publics, et l’internationalisation de son projet ? De quelle manière poser les bases d’une gouvernance saine ? Quelles pistes étudier au moment de trouver de nouvelles sources possibles de financement pour son lieu de création ou de diffusion ? L’ouvrage de Jean-Michel Tobelem, professeur associé à l’université Paris 1 Panthéon–Sorbonne et éminent spécialiste de la gestion culturelle, tente d’apporter des réponses claires et une méthodologie précise à chacune de ces questions. Il intègre à son raisonnement l’environnement dans lequel évoluent aujourd’hui les structures culturelles, celui « de la commercialisation et de la financiarisation de la culture », qui contraint les responsables de lieux à « composer avec de nouvelles notions dont ils sont peu familiers : marketing, management, évaluation, leadership… ». Il tisse patiemment un lien entre politiques de la culture et gestion des institutions culturelles, en mettant au centre de sa réflexion leur mission de service public. Dans cette quatrième édition, et bien plus que dans les précédentes, il fait entrer dans sa réflexion de nouveaux paramètres, éthiques, sociétaux, environnementaux, ces nouveaux défis qui traversent désormais les projets des lieux. À un moment où chaque responsable de structure peine à se projeter à moyen et long terme, il est intéressant de voir que Jean-Michel Tobelem consacre un chapitre entier à l’élaboration de stratégies et à l’amélioration des conditions de gouvernance des projets. Un ouvrage de référence pour faire le point et peut-être s’ouvrir de nouveaux horizons dans le développement de sa structure.

Éditions Armand Colin, 416 pages, 35 euros.

Anti-manuel de projet de territoire - Processus, déconvenues et réjouissances

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Couv Anti-manuel

Jonathan Macias et Caroline Melon

Le performeur/ plasticien et l’ancienne directrice de Chahuts, autrice et metteuse en scène, livrent ici un ouvrage singulier qui explore le lien entre le travail sur un projet artistique, les mise en valeur des territoires, la réaction des habitants et des institutions. Ensemble, ils évoquent les ressorts des commandes artistiques in situ et illustrent leur propos d’une plongée très approfondie dans Bons baisers de Libourne, projet qui a vu le jour après trois ans de résidence sur ce territoire girondin.

Éditions de l’Attribut, coll. Boulevard des utopies, 274 pages, 19 euros.

Compositrices - L’histoire oubliée de la musique

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Couv Compositrices

Guillaume Kosmicki

Un ouvrage complet et documenté. Guillaume Kosmicki met en lumière les parcours de femmes talentueuses dont l’œuvre est aujourd’hui reconnue, mais dont le parcours d’artiste a été freiné par les préjugés et les impossibilités de leur époque. On devine ici quelle a été l’évolution du statut des femmes, parfois confrontées aux plus grandes difficultés pour avoir la liberté de composer ou de pratiquer la musique. En filigrane se dessine également une réflexion sur l’avenir des femmes dans le monde de la musique, alors même que la récente étude du CNM montre combien de chemin il reste encore à parcourir pour parvenir à plus d’égalité.

Éditions Le Mot et le Reste, 468 pages, 29 euros.