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So schnell – Dominique Bagouet / Giselle – Mats Ek

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So schnell - Giselle

Philippe Verrièle (dir.), Raphaël de Gubernatis, Agnès Izrine

Deux ouvrages consacrés à deux pièces majeures de l’histoire de la danse viennent de paraître dans une toute nouvelle collection, que dirige le journaliste, grand spécialiste de la danse, Philippe Verrièle. Pour chaque volume, un même schéma se décline. Il s’ouvre sur une introduction replaçant l’œuvre dans son contexte, puis vient un essai analytique et critique de l’œuvre, un entretien avec un témoin de celle-ci, des éléments de réception critique, une biographie du chorégraphe et un cahier d’images, placé en toute fin d’ouvrage, qui prend la forme d’un dépliant. Une bonne synthèse qui reprend le « profil d’une œuvre » utilisé en littérature, mais de manière moins scolaire et plus riche visuellement. D’autres chorégraphies majeures de l’histoire viendront bientôt rejoindre ces deux premiers titres.

Nouvelles éditions Scala, coll. Chefs-d’œuvre de la danse, 98 pages, 12 euros.

Politique et gestion de la culture - Publics, financement, territoire, stratégie

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Couv Politique et gestion de la culture

Jean-Michel Tobelem

Comment développer son ancrage territorial, sa stratégie à l’égard des publics, et l’internationalisation de son projet ? De quelle manière poser les bases d’une gouvernance saine ? Quelles pistes étudier au moment de trouver de nouvelles sources possibles de financement pour son lieu de création ou de diffusion ? L’ouvrage de Jean-Michel Tobelem, professeur associé à l’université Paris 1 Panthéon–Sorbonne et éminent spécialiste de la gestion culturelle, tente d’apporter des réponses claires et une méthodologie précise à chacune de ces questions. Il intègre à son raisonnement l’environnement dans lequel évoluent aujourd’hui les structures culturelles, celui « de la commercialisation et de la financiarisation de la culture », qui contraint les responsables de lieux à « composer avec de nouvelles notions dont ils sont peu familiers : marketing, management, évaluation, leadership… ». Il tisse patiemment un lien entre politiques de la culture et gestion des institutions culturelles, en mettant au centre de sa réflexion leur mission de service public. Dans cette quatrième édition, et bien plus que dans les précédentes, il fait entrer dans sa réflexion de nouveaux paramètres, éthiques, sociétaux, environnementaux, ces nouveaux défis qui traversent désormais les projets des lieux. À un moment où chaque responsable de structure peine à se projeter à moyen et long terme, il est intéressant de voir que Jean-Michel Tobelem consacre un chapitre entier à l’élaboration de stratégies et à l’amélioration des conditions de gouvernance des projets. Un ouvrage de référence pour faire le point et peut-être s’ouvrir de nouveaux horizons dans le développement de sa structure.

Éditions Armand Colin, 416 pages, 35 euros.

Anti-manuel de projet de territoire - Processus, déconvenues et réjouissances

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Couv Anti-manuel

Jonathan Macias et Caroline Melon

Le performeur/ plasticien et l’ancienne directrice de Chahuts, autrice et metteuse en scène, livrent ici un ouvrage singulier qui explore le lien entre le travail sur un projet artistique, les mise en valeur des territoires, la réaction des habitants et des institutions. Ensemble, ils évoquent les ressorts des commandes artistiques in situ et illustrent leur propos d’une plongée très approfondie dans Bons baisers de Libourne, projet qui a vu le jour après trois ans de résidence sur ce territoire girondin.

Éditions de l’Attribut, coll. Boulevard des utopies, 274 pages, 19 euros.

Compositrices - L’histoire oubliée de la musique

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Couv Compositrices

Guillaume Kosmicki

Un ouvrage complet et documenté. Guillaume Kosmicki met en lumière les parcours de femmes talentueuses dont l’œuvre est aujourd’hui reconnue, mais dont le parcours d’artiste a été freiné par les préjugés et les impossibilités de leur époque. On devine ici quelle a été l’évolution du statut des femmes, parfois confrontées aux plus grandes difficultés pour avoir la liberté de composer ou de pratiquer la musique. En filigrane se dessine également une réflexion sur l’avenir des femmes dans le monde de la musique, alors même que la récente étude du CNM montre combien de chemin il reste encore à parcourir pour parvenir à plus d’égalité.

Éditions Le Mot et le Reste, 468 pages, 29 euros.

Bataclan - Histoire d’une salle

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couv Bataclan

Daniel Habrekorn

Le petit-fils de l’un des directeurs de cette salle mythique (Gaston Habrekorn) livre ici le récit d’une aventure artistique qui débute au XIXe siècle. C’est d’ailleurs son grand-père qui fit l’acquisition des murs voici plus d’un siècle. Daniel Habrekorn fut d’ailleurs à la manœuvre lorsqu’il s’est agi de rénover le bâtiment pour lui redonner son aspect historique. On parcourt alors l’évolution d’un projet artistique qui a croisé un temps l’univers du café-concert, puis celui du music hall, du rock et de la pop. L’historique « Grand Café Chinois-Théâtre Ba-ta-clan » a ouvert ses portes en 1865, et l’on découvre au fil des pages que s’y produisirent, au gré des modes et des époques, Aristide Bruant, Buffalo Bill, Colette, Raimu, The Velvet Underground, Bashung, jusqu’au concert des Eagles of Death Metal qui, un soir de novembre 2015, fut le théâtre du massacre de 90 personnes.

Éditions Robert Laffont, 336 pages, 45 euros.

Les groupements culturels coopératifs

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Les groupements culturels coopératifs

Philippe Henry

Chercheur en socio‑économie de la culture, maître de conférences aujourd’hui retraité de l’Université Paris 8 Vincennes - Saint-Denis, Philippe Henry s’est toujours évertué à analyser les mécanismes de coopération dans le secteur culturel. Il était donc logique qu’il se penche sur le phénomène des tiers-lieux culturels et autres formes d’expérimentation, « lieu culturel partagé, grappe d’entreprises culturelles, coopérative d’activité et d’emploi, groupement d’employeurs, structure collective de soutien et d’accompagnement ». Le champ est vaste et, pour le délimiter, l’auteur a fait le choix d’appuyer ses réflexions sur un certain nombre d’exemples.

Il s’attache à dépeindre leurs modalités de création et de fonctionnement, la nature des activités qu’ils déploient et livre une analyse détaillée des potentialités de chaque type d’entité. Surtout, il ne se prive pas d’en partager aussi les limites, liées aux choix de gouvernance, aux inerties induites ou à leur difficulté à s’insérer dans un paysage institutionnel peu enclin à partager l’expérimentation. C’est pourtant là, dans ces interstices qu’explorent les coopératives, friches, tiers-lieux, réseaux professionnels et autres projets culturels de territoire, que s’inventent de nouvelles relations aux usagers.

L’ouvrage est utile, il offre un panorama complet des modèles existants et des repères, souvent difficiles à trouver, dans un monde aussi inventif que mouvant. L’histoire s’écrit aujourd’hui et Philippe Henry, grâce à cet ouvrage, permettra à de nombreux professionnels de gagner du temps en collectant ici de précieuses informations pour aider à la prise de décision. Et susciter l’envie d’inventer et d’expérimenter par soi-même.

Presses universitaires de Grenoble, coll. Politiques culturelles, 240 pages, 21 €

Penser les musiques populaires

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Penser les musiques populaires

Gérôme Guibert et Guillaume Heuguet (dir.)

Une trentaine de contributions permettent de faire ici un état des lieux de la recherche francophone sur les formes et les pratiques musicales contemporaines des musiques populaires. Les chercheurs portent leur regard sur les transformations à l’œuvre, tant dans le domaine de la production, de la marchandisation que de la circulation des œuvres. Certaines contributions sont souvent inédites en français, notamment celles de Jonathan Sterne, Stuart Hall, Simon Frith, Simon Reynolds.

Éditions de la Philharmonie, coll. « La Rue musicale », 480 pages, 25 €

Art, culture & management - Arts en entreprise et spécificités de l’économie culturelle

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Art, culture & management

Jean-Michel Huet et Christelle Vandrille (dir.)

L’ouvrage s’attache dans sa première partie à dresser des correspondances entre des thématiques et techniques de la sphère du spectacle (fantastique, improvisation, rapport au corps…) et le monde plus cartésien de l’entreprise, ici destiné à s’enrichir au contact de caractéristiques artistiques. Dans une seconde partie, ce gros volume, destiné notamment aux étudiants en école de commerce et aux professionnels de la culture, détaille un certain nombre de caractéristiques contemporaines de l’économie de la culture et des industries culturelles.

Pearson, 306 pages, 28 €

Le Prato - Un théâtre international de quartier

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Le Prato

Patricia Kapusta (dir.)

Codirectrice avec Gilles Defacque du Prato, à compter de 1991, Patricia Kapusta a coordonné cet ouvrage qui témoigne d’une aventure théâtrale de près de cinquante ans, de la création de ce « théâtre international de quartier » à Lille en 1973 au départ des deux codirecteurs en 2021. L’histoire est belle, un projet interdisciplinaire marqué par son ancrage fort dans les arts du cirque, dont on perçoit l’évolution esthétique sur la période retracée ici. Gilles Defacque, Yannic Mancel et Jean Vinet ont contribué à cet ouvrage, rejoints ici et là par de grands artistes qui ont fréquenté la structure lilloise : Jacques Bonnaffé, David Bobée, Yolande Moreau, Catherine Germain, Marie-Claire Colignon… Un bel ouvrage, riche de plus de 200 illustrations couleur.

Éditions Invenit, 192 pages, 25 €

L’éducation artistique et culturelle

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Couv EAC

Une utopie à l’épreuve des sciences sociales
Sous la direction d’Anne Jonchery et Sylvie Octobre

Dans ce nouvel ouvrage, Anne Jonchery et Sylvie Octobre, toutes deux chargées d’études au sein du département des études, de la prospective, des statistiques et de la documentation (DEPS) du ministère de la Culture, ont réunis douze contributions de chercheurs en sciences sociales. Tous reviennent sur la mise en place par le ministère de l’éducation nationale et le ministère de la Culture, depuis 2018, du plan d’action « à l’école des arts et de la culture », conçu pour que tous les élèves bénéficient d’un parcours d’éducation artistique et culturelle (EAC) de qualité. À travers cet exemple, les chercheurs se posent deux questions essentielles : les bénéfices de l’éducation artistique et culturelle sont-ils mesurables ? La fabrique d’un individu nourri de sa relation à l’art est-elle une utopie ? Les témoignages d’acteurs de l’EAC y sont nombreux, mais l’ouvrage ne néglige pas non plus la parole donnée aux récepteurs de ces actions, à savoir les enfants. Plusieurs chapitres sont centrés sur les questions d’évaluation, un autre est consacré au rôle des « professeurs relais dans ces dispositifs ». Les universitaires Nathalie Roucous et Denis Adam rappellent que « l’école ne représente qu’environ 20 % du temps de vie de l’enfant » et explorent les pratiques professionnelles, et les valeurs, des médiateurs des institutions culturelles. Ils pointent à cette occasion les divergences, les tensions, entre le « discours » sur la démocratisation culturelle et tout le vocabulaire « dominant » qui lui est attaché (publics empêchés, culture savante, légitime…) et des pratiques d’éducation populaire ou socioculturelle qui n’ont jamais été vraiment « reconnues » par le ministère de la Culture.

Coédition Les Presses Science Po, ministère de la Culture – Deps, coll. Questions de culture, 320 pages, 23 €