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Bataclan - Histoire d’une salle

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couv Bataclan

Daniel Habrekorn

Le petit-fils de l’un des directeurs de cette salle mythique (Gaston Habrekorn) livre ici le récit d’une aventure artistique qui débute au XIXe siècle. C’est d’ailleurs son grand-père qui fit l’acquisition des murs voici plus d’un siècle. Daniel Habrekorn fut d’ailleurs à la manœuvre lorsqu’il s’est agi de rénover le bâtiment pour lui redonner son aspect historique. On parcourt alors l’évolution d’un projet artistique qui a croisé un temps l’univers du café-concert, puis celui du music hall, du rock et de la pop. L’historique « Grand Café Chinois-Théâtre Ba-ta-clan » a ouvert ses portes en 1865, et l’on découvre au fil des pages que s’y produisirent, au gré des modes et des époques, Aristide Bruant, Buffalo Bill, Colette, Raimu, The Velvet Underground, Bashung, jusqu’au concert des Eagles of Death Metal qui, un soir de novembre 2015, fut le théâtre du massacre de 90 personnes.

Éditions Robert Laffont, 336 pages, 45 euros.

Les groupements culturels coopératifs

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Les groupements culturels coopératifs

Philippe Henry

Chercheur en socio‑économie de la culture, maître de conférences aujourd’hui retraité de l’Université Paris 8 Vincennes - Saint-Denis, Philippe Henry s’est toujours évertué à analyser les mécanismes de coopération dans le secteur culturel. Il était donc logique qu’il se penche sur le phénomène des tiers-lieux culturels et autres formes d’expérimentation, « lieu culturel partagé, grappe d’entreprises culturelles, coopérative d’activité et d’emploi, groupement d’employeurs, structure collective de soutien et d’accompagnement ». Le champ est vaste et, pour le délimiter, l’auteur a fait le choix d’appuyer ses réflexions sur un certain nombre d’exemples.

Il s’attache à dépeindre leurs modalités de création et de fonctionnement, la nature des activités qu’ils déploient et livre une analyse détaillée des potentialités de chaque type d’entité. Surtout, il ne se prive pas d’en partager aussi les limites, liées aux choix de gouvernance, aux inerties induites ou à leur difficulté à s’insérer dans un paysage institutionnel peu enclin à partager l’expérimentation. C’est pourtant là, dans ces interstices qu’explorent les coopératives, friches, tiers-lieux, réseaux professionnels et autres projets culturels de territoire, que s’inventent de nouvelles relations aux usagers.

L’ouvrage est utile, il offre un panorama complet des modèles existants et des repères, souvent difficiles à trouver, dans un monde aussi inventif que mouvant. L’histoire s’écrit aujourd’hui et Philippe Henry, grâce à cet ouvrage, permettra à de nombreux professionnels de gagner du temps en collectant ici de précieuses informations pour aider à la prise de décision. Et susciter l’envie d’inventer et d’expérimenter par soi-même.

Presses universitaires de Grenoble, coll. Politiques culturelles, 240 pages, 21 €

Penser les musiques populaires

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Penser les musiques populaires

Gérôme Guibert et Guillaume Heuguet (dir.)

Une trentaine de contributions permettent de faire ici un état des lieux de la recherche francophone sur les formes et les pratiques musicales contemporaines des musiques populaires. Les chercheurs portent leur regard sur les transformations à l’œuvre, tant dans le domaine de la production, de la marchandisation que de la circulation des œuvres. Certaines contributions sont souvent inédites en français, notamment celles de Jonathan Sterne, Stuart Hall, Simon Frith, Simon Reynolds.

Éditions de la Philharmonie, coll. « La Rue musicale », 480 pages, 25 €

Art, culture & management - Arts en entreprise et spécificités de l’économie culturelle

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Art, culture & management

Jean-Michel Huet et Christelle Vandrille (dir.)

L’ouvrage s’attache dans sa première partie à dresser des correspondances entre des thématiques et techniques de la sphère du spectacle (fantastique, improvisation, rapport au corps…) et le monde plus cartésien de l’entreprise, ici destiné à s’enrichir au contact de caractéristiques artistiques. Dans une seconde partie, ce gros volume, destiné notamment aux étudiants en école de commerce et aux professionnels de la culture, détaille un certain nombre de caractéristiques contemporaines de l’économie de la culture et des industries culturelles.

Pearson, 306 pages, 28 €

Le Prato - Un théâtre international de quartier

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Le Prato

Patricia Kapusta (dir.)

Codirectrice avec Gilles Defacque du Prato, à compter de 1991, Patricia Kapusta a coordonné cet ouvrage qui témoigne d’une aventure théâtrale de près de cinquante ans, de la création de ce « théâtre international de quartier » à Lille en 1973 au départ des deux codirecteurs en 2021. L’histoire est belle, un projet interdisciplinaire marqué par son ancrage fort dans les arts du cirque, dont on perçoit l’évolution esthétique sur la période retracée ici. Gilles Defacque, Yannic Mancel et Jean Vinet ont contribué à cet ouvrage, rejoints ici et là par de grands artistes qui ont fréquenté la structure lilloise : Jacques Bonnaffé, David Bobée, Yolande Moreau, Catherine Germain, Marie-Claire Colignon… Un bel ouvrage, riche de plus de 200 illustrations couleur.

Éditions Invenit, 192 pages, 25 €

L’éducation artistique et culturelle

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Couv EAC

Une utopie à l’épreuve des sciences sociales
Sous la direction d’Anne Jonchery et Sylvie Octobre

Dans ce nouvel ouvrage, Anne Jonchery et Sylvie Octobre, toutes deux chargées d’études au sein du département des études, de la prospective, des statistiques et de la documentation (DEPS) du ministère de la Culture, ont réunis douze contributions de chercheurs en sciences sociales. Tous reviennent sur la mise en place par le ministère de l’éducation nationale et le ministère de la Culture, depuis 2018, du plan d’action « à l’école des arts et de la culture », conçu pour que tous les élèves bénéficient d’un parcours d’éducation artistique et culturelle (EAC) de qualité. À travers cet exemple, les chercheurs se posent deux questions essentielles : les bénéfices de l’éducation artistique et culturelle sont-ils mesurables ? La fabrique d’un individu nourri de sa relation à l’art est-elle une utopie ? Les témoignages d’acteurs de l’EAC y sont nombreux, mais l’ouvrage ne néglige pas non plus la parole donnée aux récepteurs de ces actions, à savoir les enfants. Plusieurs chapitres sont centrés sur les questions d’évaluation, un autre est consacré au rôle des « professeurs relais dans ces dispositifs ». Les universitaires Nathalie Roucous et Denis Adam rappellent que « l’école ne représente qu’environ 20 % du temps de vie de l’enfant » et explorent les pratiques professionnelles, et les valeurs, des médiateurs des institutions culturelles. Ils pointent à cette occasion les divergences, les tensions, entre le « discours » sur la démocratisation culturelle et tout le vocabulaire « dominant » qui lui est attaché (publics empêchés, culture savante, légitime…) et des pratiques d’éducation populaire ou socioculturelle qui n’ont jamais été vraiment « reconnues » par le ministère de la Culture.

Coédition Les Presses Science Po, ministère de la Culture – Deps, coll. Questions de culture, 320 pages, 23 €

Parcours et défis des élu.e.s à la culture aujourd’hui

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Couv Parcours et défis

Jean-Pierre Saez et Emmanuel Wallon (dir.)

Le projet porté par l’Observatoire des politiques culturelles (OPC) et la Fédération nationale des collectivités territoriales pour la culture (FNCC) a le mérite d’apporter un éclairage intéressant sur le « métier » d’élu à la culture. Son principal initiateur, l’ancien directeur de l’OPC Jean-Pierre Saez, reconnaît que l’idée même de lancer une telle enquête a plus de 15 ans. Des articles de chercheurs (Vincent Rouillon et Mathias Valex, notamment) synthétisent les motivations et les engagements de ces élus, tandis que des portraits individuels témoignent de leurs réalités quotidiennes. L’étude qualitative présentée ici participe à une meilleure connaissance des enjeux des politiques culturelles contemporaines, à tous les échelons de collectivités, grandes et petites villes, métropoles ou intercommunalités rurales.

Les Éditions OPC, 114 pages, 19 €

Le Théâtre

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couv Theatre

Récits de la scène nationale de Saint-Nazaire
Sabrina Rouillé (dir.)

En début de saison, le Théâtre de Saint-Nazaire a fêté ses 30 ans et c’est à cette occasion qu’a été dévoilé l’ouvrage que lui ont consacré les Éditions 303 dans une coédition avec la scène nationale. Il est ici question d’un lieu, de son projet et des différentes équipes qui l’ont animé. Plus largement, il est aussi question des enjeux auxquels doit faire face aujourd’hui le monde la culture et du spectacle vivant. Une vingtaine d’auteurs ont contribué à sa rédaction, de Roland Auzet à Arnaud Desplechin, en passant par Olivier Py, Chloé Moglia et Jack Lang.

Coédition Le Théâtre - Éditions 303, 162 pages, 15 €

Il n’y a pas d’œuvre sans public

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Couv oeuvre sans public

Robin Renucci aux Tréteaux de France 2011-2022

Retour sur le parcours de Robin Renucci à la direction des Tréteaux de France, - CDN, sous la plume d’une dizaine de contributeurs. Parmi eux, Jean-Gabriel Carasso, Jean-Pierre Han ou encore Jean-Pierre Siméon, tous observateurs attentifs d’une aventure théâtrale dans laquelle Robin Renucci a choisi de mêler à l’itinérance artistique, l’éducation populaire et la rencontre des habitants. L’ouvrage revient tout autant sur les œuvres et les artistes programmés au fil de ces onze saisons, comme sur le parcours du directeur qui a eu l’élégance d’offrir la postface de cet ouvrage à son successeur, Olivier Letellier. Le critique dramatique Jean-Pierre Han tisse des liens, établit des parallèles entre ce qui est né en Corse, avec l’Aria imaginée par Robin Renucci, et ce qui a été développé dans un tout autre contexte au sein des Tréteaux de France. Au cœur de ces projets, comme l’indique le titre de l’ouvrage, la volonté d’aller au plus près dans la rencontre des publics.

Collectif, 232 pages, 39 €

L’œil présent

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Couv L’œil présent

Photographier le Festival d’Avignon au risque de l’instant suspendu

Sous le mandat de direction d’Olivier Py, le photographe Christophe Raynaud de Lage a pu documenter toutes les dimensions du Festival d’Avignon. De la tension artistique dans la cour d’honneur ou dans les grands lieux du festival, à l’expérimentation lors des Sujets à vif, en passant par les Ateliers de la pensée, l’émergence de la Fabrica, les coulisses des temps de création… L’ouvrage est riche de nombreux clichés qui témoignent de presque une décennie de théâtre, mais il porte aussi une réflexion plus globale sur la photographie, le corps en scène, le travail au plateau. Une installation photographique des principaux travaux de Christophe Raynaud de Lage au Festival d’Avignon est présentée jusqu’en mars 2023 à la Maison Jean Vilar. Il en restera, en témoignage, un bel ouvrage nourri des textes de Laurent Gachet.

Christophe Raynaud de Lage

Coédition Festival d’Avignon – Théâtre(s), 96 pages, 10 €.