TGP Frouard : une bouffée d'air

    TGP

    La réunion des tutelles du Théâtre Gérard-Philipe de Frouard, le 14 février, a permis de parer à l’urgence et le théâtre pourra bien finir la saison. Le risque de cessation d’activité était réel car la perte de 100 000 € de subventions de la Ville (sur 150 000 €), décidée l’été dernier, n’avait pas été compensée par la communauté de communes (La Lettre du Spectacle du 17 janvier).

    L’association gestionnaire a réussi à mobiliser au cours de l’automne et un collectif de soutien s’est constitué, parvenant à obtenir 10 000 signatures sur sa pétition et à sensibiliser les élus. Pour autant, le 14 février, et malgré la présence de représentants de tous les partenaires (Etat, Région, Département, Communauté et Ville), aucune décision à long terme n’a été prise.

    Au lieu de prolonger la convention, les partenaires ont convenu de procéder par demande de subventions sur l’année, en restant sur les montants actuels, y compris du côté de l’Etat. «La baisse de la Ville de Frouard demeure, précise le président de l’association, Daniel Soibinet, ce qui ne permet pas de fonctionner sur le deuxième semestre 2018 et l’absence de convention nous prive d’accès à d’autres financements de type Europe ou politique de la ville. C’est ce que j’appelle l’appauvrissement

    D’autres rendez-vous ont été convenus et les partenaires vont travailler à une convention 2019-2022. Restera à vérifier la solidité de la volonté politique pour maintenir un projet artistique de scène conventionnée à Frouard. Le comité de soutien devra poursuivre son effort pour que les élus communautaires se mobilisent sur la mission culturelle et décident s’ils veulent, ou non, conserver les acquis d’une scène repérée au niveau national et très active sur l’action culturelle.

    Quatre syndicats nationaux appellent les tutelles à trouver des solutions budgétaires à «permettre à l’équipe du TGP de poursuivre son travail d’action artistique et de proposer une programmation en accord avec la diversité et le niveau d’exigence que sont en droit d’attendre les publics et les équipes artistiques» (Profedim, Synavi, Syndeac, Syndicat national des scènes publiques).

    YVES PERENNOU

    (En partenariat avec La Lettre du Spectacle du 2 mars 2018)

    Crédit photo : D. R.