Présidentielle : le Syndeac constate l’absence de récit culturel

    Nicolas Dubourg

    « Quel programme pour la culture ? ». La question sera restée, jusqu’au bout, épineuse et l’USEP-SV n’aura pas pu finaliser son film ainsi intitulé, faute d’investissement personnel des principaux candidats à l’élection présidentielle. Seuls Anne Hidalgo (tinyurl.com/2kk3af7y) et Yannick Jadot (tinyurl.com/mss3w4rp) auront joué le jeu d’exposer leur vision du secteur face caméra. Tous, hormis le président sortant, avaient répondu favorablement au départ. Mais, finalement, Valérie Pécresse a annulé sa participation et Jean-Luc Mélenchon n’a pas pu dégager dans son emploi du temps la demi-heure nécessaire. Nicolas Dubourg, président du Syndeac qui portait la démarche avec le SNSP, les Forces musicales et Profedim, se félicite même de la très bonne tenue du débat organisé le 30 mars au Théâtre Ouvert à Paris : « Il s’agissait d’intervenants de haut niveau qui maîtrisaient vraiment le sujet, nous nous sommes vite rendu compte que deux heures n’allaient pas suffire ». Parmi eux, des représentants des candidats comme Aurore Bergé (LREM), Martin Mendiharat (LFI), Laure Darcos (LR) ou Alain Hayot (PCF).

    Pourtant, Nicolas Dubourg ne peut que constater la désinvolture avec laquelle les responsables politiques traitent généralement la culture : « L’agriculture pèse comme la culture 3,5 % du PIB, il y a 700 000 professionnels de la culture, bien plus que d’agriculteurs et pourtant, c’est au Congrès de la FNSEA que les candidats se déplacent ». Les principaux présidentiables étaient, en effet, tous à Besançon le 30 mars au rassemblement de la Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles, à l’exception notable d’Emmanuel Macron, pris par le conseil de défense et le conseil des ministres, qui avait transmis une vidéo. « La culture est aujourd’hui considérée comme futile alors qu’au sortir de la guerre des gens comme Malraux ont précisément construit des politiques culturelles qui ont aidé à s’en sortir, rappelle Nicolas Dubourg. Il y a une vraie absence de vision de nos politiques alors que nous vivons aujourd’hui en Europe un bouleversement militaire incroyable. L’enjeu est de savoir dans quel récit on se place. Car les premières victimes de la guerre sont aussi les artistes et les journalistes. Poutine sait combien la question du récit est primordiale, il fait tout pour interdire la possibilité que d’autres histoires soient racontées. » Nicolas Dubourg admet que quelques politiques l’ont compris. « Les autres sont pris dans une spirale médiatique. Mais c’est à eux de créer ce qui intéresse les gens. La politique actuelle répond à une demande au lieu de créer de l’offre, un espace de débat ».

    Nicolas Mollé

    En partenariat avec La Lettre du Spectacle n°513

    Légende photo : Nicolas Dubourg

    Crédit photo : Julien Pebrel