La Fevis fête ses 20 ans et regarde l’avenir

    Fevis

    La Fédération des ensembles vocaux et instrumentaux spécialisés (Fevis) est née en 1999 autour de neuf ensembles mus par la volonté de soutenir la vitalité de la musique baroque. Vingt ans plus tard, la Fevis compte 150 adhérents et revendique la structuration d’un mouvement d’artistes indépendants, par opposition aux orchestres permanents. Elle était reçue le 28 octobre Rue de Valois en présence de son président Jacques Toubon et de Franck Riester. « La célébration est l’occasion de faire le bilan, de voir ce qu’elle a apporté, par exemple, l’élargissement aux ensembles des dispositifs d’aide à la création, explique Louis Presset, délégué général. C’est aussi le moment de rappeler les chiffres, de montrer le développement spectaculaire à l’international. Les ensembles français sont extrêmement demandés. Le nombre de représentations à l’étranger a augmenté de 52 % depuis 2016. » C’est aussi l’opportunité de réfléchir à la façon dont la Fevis peut s’adapter à l’évolution du paysage musical. La Fédération a contribué à la structuration des ensembles, en mettant l’accent sur la professionnalisation, la présence d’administrateurs, en interne. 

    Aujourd’hui, certains ensembles fonctionnent avec des bureaux d’administration externalisés. « Ils frappent à la porte, constate Louis Presset. Il faut aussi réfléchir à la manière de s’adresser aux musiciens individuels, aux petites formations de chambre. » Cet anniversaire intervient au moment de la création du Centre national de la musique. La Fevis s’est inquiétée d’un établissement qui fragiliserait indirectement la Direction générale de la création artistique. « L’enjeu désormais, note Louis Presset, c’est de vérifier que nos musiques non lucratives trouvent une présence dans le conseil d’administration et le comité professionnel. » Pour célébrer l’anniversaire, la Fevis a imaginé huit temps d’échange et de réflexion sous forme de débats, de tables rondes, de podcasts et de journées professionnelles. L’occasion d’aborder des thématiques qui lui sont chères : la transmission et l’éducation artistique et culturelle, les nouvelles formes de création, les stratégies de développement à l’étranger ou encore l’égalité femmes-hommes.

    David Prochasson

    En partenariat avec La Lettre du Spectacle n°459

    Crédit photo : D. R.