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Fonpeps : les critiques fusent

 

Le Fonds national pour l’emploi pérenne dans le spectacle (Fonpeps) était-il une bonne idée ? Plusieurs professionnels du spectacle ont exprimé leurs réserves, lors d’une rencontre organisée par le SMA (Syndicat des musiques actuelles), au Printemps de Bourges. Seules 4 des 9 mesures de ce fonds sont entrées en vigueur, remarquait Vianney Marzin, directeur du Pôle de coopération des acteurs pour les musiques actuelles en Pays de la Loire. Pour le moment, l’état propose une prime à l’embauche en CDI d’un bénéficiaire des annexes 8 ou 10, des aides à l’embauche d’un premier salarié en CDI, une prime aux contrats de longue durée et une aide à l’emploi de jeunes artistes diplômés. Mais surtout, ces dispositifs ne soulèvent pas l’enthousiasme. Philippe Gautier, délégué SNAM-CGT, rapportait : «Les chiffres divulgués lors d’une réunion du CNPS (Conseil national des professions du spectacle) sont très faibles et inquiétants. Ce dispositif ne fonctionne pas.» Interrogé sur le sujet, Philippe Chapelon, délégué général du SNES (Syndicat national des entrepreneurs de spectacle), le confirme : «Ces mesures ne sont pas adaptées à notre fonctionnement, explique-t-il. On ne peut pas faire un contrat de six mois à un artiste en tournée. Nous avions demandé une aide pour les distributions nombreuses qui serait dévolue à la structure d’accueil. On nous a dit que c’était trop compliqué.» à la réunion du Printemps Bourges, beaucoup, ont aussi critiqué les limitations. éric Roux, directeur de la Rock School Barbey, à Bordeaux, déplorait : «Seules les structures régies par la convention des entreprises artistiques et culturelles sont concernées, alors que beaucoup sont régies par la convention collective de l’animation.» Philippe Gautier ajoutait : «L’embauche en CDI concerne un intermittent au sens d’indemnisé la veille, les travailleurs à temps partiel ne sont pas concernés…» Mélanie Alaitru, coordinatrice de la salle associative La Bobine, à Grenoble, ne répond pas aux critères du Fonpeps, mais elle est soutenue par le dispositif CICE (Crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi), au grand dam de syndicalistes présents. Elle convenait : «C’est une déduction de cotisations sociales. Cela peut représenter une dérive facile et nous pousser vers plus d’autofinancement ou vers des dispositifs proches de ceux des entreprises, au risque de quitter notre coeur de métier, la culture.» Vianney Marzin craignait que les 90 millions d’euros alloués au Fonpeps ne soient pas complètement utilisés et donc perdus pour la profession. 

Nicolas Dambre et Yves Perennou

 

(En partenariat avec La Lettre du Spectacle du 12 mai 2017)