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Les artistes de rue ne veulent plus de barrières

 

La Fédération des arts de la rue a lancé son Manifeste pour la création artistique dans l’espace public, le 26 janvier, à l’occasion de l’Université buissonnière des arts de la rue qui a rassemblé 250 personnes à La Rochelle. Au moment où les politiques culturelles se voient attribuer un rôle défensif au nom de l’identité française ou de l’emploi, ce texte est d’abord une profession de foi pour les droits culturels, l’art conçu comme un échange et non une production, le lien humain plutôt que l’offre artistique, l’imaginaire partagé. «Nous sommes convaincus que les arts de la rue sont une des réponses à la question des droits culturels, insiste Lucile Rimbert, présidente de la Fédération des arts de la rue. L’Espace public est l’espace de la rencontre, que je t’y convoque ou que je t’y croise par hasard.» Or les artistes intervenant dans cet espace public font remonter d’incessantes restrictions et interdictions. Le manifeste appelle à revenir à l’esprit de l’agora, à s’opposer à la suspicion a priori de trouble à l’ordre public, à la privatisation marchande, à la multiplication des contrôles de sécurité. Ce cri du coeur en faveur de la gratuité et de la libre circulation conduit les artistes de rue à défendre des dispositifs de soutien à l’art dans l’espace public tel que le «1% travaux publics». Le texte est enrichi de contributions de personnalités extérieures au secteur, des chercheurs comme Jean-Louis Sagot-Duvauroux, Roland de Bodt, Luc Gwiazdzinski, Jean-Michel Lucas... «Le Manifeste va accompagner les campagnes électorales de cette année pour sensibiliser toutes les personnes qui ont des responsabilités par rapport à l’espace public», souligne Lucile Rimbert. La question de la liberté d’expression dans l’espace public était le sujet sensible de cette université de La Rochelle, au moment où le préfet Hubert Weigel finalise ses recommandations sur la sécurité des événements culturels, en réponse à une mission commandée par les ministères de l’Intérieur et de la Culture. Les compagnies d’arts de la rue refusent de voir se généraliser les barrières et les fouilles de spectateurs. Dans un courrier au président de la République, ils écrivent : «Nos libertés ne sont pas négociables, nous ne jouerons pas derrière des barrières».

Yves Pérennou

(En partenariat avec La Lettre du Spectacle du 3 Février 2017)