Aller au contenu principal

Tourneurs : quelles stratégies ?

Infoscènes
Image
La meute

Très convoités par les artistes musicaux, les tourneurs parviennent-ils encore à accompagner l’émergence ? Quelles sont leurs stratégies  et de quels moyens disposent-ils ? 

Il n’y a qu’à déambuler Place des tournées aux BIS pour se rendre compte de la vivacité du métier. Il est cependant difficile de jauger la part laissée à l’émergence dans les catalogues. Face aux multiples crises du secteur, elle semble s’amenuiser. Fin 2025, après vingt ans d’activité, l’une des figures de ce créneau met la clef sous la porte : les Tontons tourneurs ne font plus recette. David Rapetti rebondit et monte La Meute booking. S’il reste combatif, son constat est clair : « Le principe même de tournée est mis à mal. » Dans son viseur, le changement de fonctionnement des premières parties, un des leviers principaux de découverte, aujourd’hui réduit à peau de chagrin. « Les agents anglais et américains ont commencé à imposer leurs premières parties, puis les gros bookers français. Les scènes de musiques actuelles [SMAC] mettent également en avant des artistes locaux, comme demandé par leur cahier des charges. Je caricature, mais il reste 1 % de place », déplore-t-il. Pour faire émerger des artistes, il compte à présent sur des réseaux annexes de diffusion – tels que des associations non subventionnées ou des festivals non aidés. C’est ainsi, en « acceptant de jouer partout, tout le temps », que le groupe de rock Madam s’est fait sa place. Des dates à perte et un investissement financier important pour le tourneur, mais qui a permis « que le groupe se fasse une réputation scénique ». Après plus de 300 dates, Madam devrait accéder aux SMAC pour sa prochaine tournée. Pour Jimmy Kinast, responsable de projet à 3C, société de production de spectacles et de tournées, si l’émergence rejoint l’idée de découverte, « il ne faut pas la confondre avec le développement, nécessaire sur quasiment 100 % de notre catalogue. Cela consiste à trouver des ressorts supplémentaires pour développer la notoriété du groupe », explique-t-il. Parmi ceux-ci, les premières parties et les festivals restent « des accélérateurs de carrière et d’identification », comme les collaborations avec des artistes renommés. Jimmy Kinast s’appuie par ailleurs sur des concepts de tournée « qui doivent être en phase avec l’identité de l’artiste ».

[...] Lire la suite dans La Scène n°120 - Printemsp 2026

Par Julie Haméon

Légende photo : La meute

Crédit photo : Lore Jarocinski