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Hilaire Multon : « Il y aura une saison au Channel cette année »

Infoscènes
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Hilaire Multon

Dans la tourmente à la fin du printemps, le Channel a retrouvé de la visibilité avec ses partenaires qui maintiennent leur soutien, une mission d’accompagnement et une saison complète à venir, détaille Hilaire Multon, DRAC des Hauts-de-France.

Un nouvel audit a été rendu. Que révèle-t-il sur le Channel ?
L’audit présenté au conseil d’administration en transparence montre la soutenabilité d’une saison, aménagée dans ses temporalités, mais en soutien au projet artistique de la directrice. Il met des points de vigilance de moyen terme sur la question de la diversification des ressources, mais rappelle aussi que tous les partenaires se sont fortement mobilisés et ont consolidé ses ressources pour 2026. C’est le cas de la ville, principale contributrice, qui est revenue à un montant [800 000 euros, NDLR] supérieur aux années précédentes, avec un engagement sur 2026 et 2027. C’est le cas de l’État qui, dans le contexte de baisse de 5 % du programme 131, est en stabilité à l’euro près (700 000 euros), avec, le cas échéant, des aides au projet (l’option théâtre au lycée Berthelot, et l’option cirque sont maintenues), et probablement dans le cadre de l’itinérance et des missions auprès des habitants. C’est le cas de la région. Le département, très volontariste – nous avons trois scènes nationales dans le Pas-de-Calais –, maintient son niveau de 2025. Depuis un mois, nous sommes tous mobilisés, 7 jours sur 7 sur le cas du Channel. De ce fait, l’équipe est de nouveau en activité. La saison sera présentée à la rentrée, et commencera de manière légèrement décalée pour les grandes formes. Mais le Channel est un lieu hybride avec la librairie Actes Sud, l’activité liée au partage de l’outil, à l’accueil des structures, qui reprendront dès la rentrée.

Pas de saison blanche, donc ?
Pas du tout. Il y aura une saison au Channel, revue en partie, mais respectueuse du cahier des charges d’une scène nationale. Elle sera un peu décalée par la force des choses, car il fallait sécuriser l’activité des équipes approchées. Ce sera le cas.

Faut-il revoir le modèle ?
C’est l’enjeu de la négociation d’une nouvelle convention pluriannuelle d’objectifs. Le Channel a des coûts de fonctionnement qui ne se sont pas améliorés avec le temps. Nous allons installer des comités de suivi pour travailler sur le coût énergétique du bâtiment. La mission d’attention au personnel va se poursuivre. Les partenaires ouvrent une réflexion sur les tarifs et la fidélisation des publics. La DRAC y sera attentive. L’enjeu est de faire vivre l’esprit du Channel et de le repenser avec cette confiance renouvelée. Après un travail intense et le concours de deux experts très capés, nous sommes arrivés à une situation où les partenaires sont unis autour d’un projet de soutien à la directrice et d’un nouveau récit. Le climat que l’on a créé permettra de consolider ces ressources. L’État, qui n’a pas vocation à se substituer à la gouvernance, est le garant d’un accompagnement qui va se poursuivre, parce qu’on a identifié, après 30 ans de direction de Francis Peduzzi, cette nécessité.

Son départ pèse-t-il encore financièrement sur le Channel ?
Je suis respectueux de clauses de confidentialité définies dans la rupture conventionnelle. Les partenaires publics ont assumé largement ce départ en le prenant en charge. Cela n’a pesé que très marginalement sur la structure. Et c’est derrière nous. 

Propos recueillis par Jérome Vallette

En partenariat avec La Lettre du spectacle n°608

Crédit photo : P. Brounais