La Scène a 30 ans. Ce n’est pas rien. En trente ans, tout a changé. Ou presque. La structuration professionnelle du secteur, les politiques culturelles, nationales ou locales, les rapports public-privé, les modes de production, l’organisation de la diffusion… Mais aussi un certain engagement sur la place de l’art dans notre société, pour la culture, cette culture aujourd’hui bousculée de toutes parts quand ce qui doit être considéré comme un service public n’est pas tout simplement remis en cause dans ses fondements les plus profonds.
À l’été 1996, aucun magazine professionnel ne couvrait le champ du spectacle vivant, dans toutes ses composantes. Il faut dire que le pari était osé, dans un secteur se caractérisant (déjà) par sa fragilité économique et la fragmentation de ses acteurs. Aujourd’hui, on imagine difficilement une filière professionnelle comme le spectacle dépourvue de sa presse spécialisée. Nous avons su tenir bon, déplacer des montagnes (en particulier de papier !), maintenir nos paginations, et braver toutes les tempêtes, les « crises » qui se sont succédé en trente ans, économiques, sanitaires, multifactorielles. Souvent, nous disons que La Scène est en crise… depuis trente ans.
Depuis sa création, en juin 1996, La Scène a souvent changé de costume. Et de formule. Pour s’adapter à vos nouveaux besoins ainsi qu’à la naissance et à l’essor d’Internet et des réseaux sociaux qui ont percuté le rapport à l’information, notamment professionnelle. Mais nous avons conservé le même esprit et la même ligne directrice : rester indépendants, vivre sans subventions avec des moyens « artisanaux », être au cœur de vos métiers, de vos structures, de vos fonctions, faire vivre la pensée, scruter les évolutions et les tendances, confronter des pratiques et des expériences, animer une communauté, publier, dans le sillage du magazine, des ouvrages spécialisés, lancer des événements comme les Biennales Internationales du Spectacle. En résumé, être à vos côtés, au service de la création artistique, depuis trois décennies.
Ces trente bougies, nous sommes fiers de les souffler avec vous dans un paysage médiatique – hélas – chahuté par le contexte économique, politique et idéologique. À cette occasion, nous tenons à remercier chaleureusement et sincèrement toute l’équipe – fidèle – du magazine, dont la passion et l’engagement sont sans faille, nos lecteurs – fidèles aussi – et nos annonceurs – fidèles encore – de participer à cette belle aventure de presse.
Que sera le paysage culturel et médiatique dans dix ans ? Notre prochain défi : continuer à vous proposer un magazine utile et inspirant et fêter, avec vous, nos 40 ans !
Nicolas Marc, fondateur
Cyrille Planson, rédacteur en chef