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Nous actualisons le projet du 104 à l’aune de nouveaux enjeux de société

Infoscènes
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Valérie Senghor

À la tête du Centquatre-Paris (104) depuis fin octobre 2025, Valérie Senghor signe sa première programmation pour la saison 2026-2027. Elle en commente les grandes lignes, entre continuité et nouveaux temps forts.

Comment définiriez-vous cette programmation ?  

Elle est l’actualisation du projet du 104 à l’aune de nouveaux enjeux de société et se structure autour de grands moments et du triptyque exposition, spectacles, musique. Elle réaffirme notre soutien à la création, avec trois productions déléguées, et aux jeunes artistes, en particulier par notre politique de résidence – 200 équipes environ accueillies. Elle s’accompagne d’une nouvelle identité visuelle, qui incarne un caractère fédérateur, une vision combative de l’art et la présence du 104 sur le territoire. À ce jour, une soixantaine de projets sont programmés et une trentaine le sont à l’international, avec une attention à la parité et à la diversité des esthétiques.  Le tout mêle des fidélités à des artistes, dont les associés, et des nouveautés.  

Quelles sont-elles ? 

Ce sont des temps forts. Le festival De bouche à oreille célèbre des créations hybridant texte et scène, telle Ce que le ventre dit, de Lisette Lombé, avec diverses manières de porter l’oralité, jusqu’au rap et au slam. Ce désir s’inscrit dans le prolongement de mes années en poste au Centre des monuments nationaux, qui m’ont amenée à m’intéresser aux enjeux linguistiques de la francophonie.  Aussi, nous accentuons la présence des expositions dans cet espace dont la scénographie s’y prête, avec deux biennales : la première édition d’Habiter le monde, alliant art et architecture (des projets et en grandeur nature), et la deuxième édition d’Art Emergence, dédiée à la jeune création, accompagnée d’un festival de performances.  

Vous nouez de nouveaux partenariats… 

Habiter le monde est en partenariat avec le Pavillon de l’Arsenal,  et Art Emergence avec Artagon, ce qui amènera aussi de nouveaux publics au 104. L’édition 2026 du festival Impatience rassemble également de nouveaux partenaires, qui permettent de couvrir ainsi l’ensemble du territoire parisien : Nanterre-Amandiers, le Théâtre de Vanves, la MAC, le JTN. Quant au volet ingénierie, nous avons eu l’opportunité de programmer la sélection française de la Nuit blanche de Taipei en octobre.  

Quid de vos financements ? 

Notre modèle est dynamique : 50 % de notre budget (18 millions d’euros) est financé par nos recettes propres, englobant la billetterie, l’activité d’ingénierie (avec un chiffre d’affaires prévisionnel  de plus de 2 millions d’euros, un record), les aides au mécénat et sponsoring, les partenariats avec des entreprises et les forfaits versés par l’incubateur de start-up.  Aussi, la ville de Paris continue de soutenir le projet (8,5 millions d’euros en 2025). Nous rencontrons bientôt notre nouveau conseil d’administration, recomposé après les élections municipales. 

Par Hanna Laborde 

En partenariat avec La Lettre du Spectacle n°607

Crédit photo : Quentin Chevrier